Africa-Press – Burkina Faso. Poursuivi pour avoir frauduleusement soustrait deux téléphones et la somme de 2 700 000 francs CFA, Bouba (nom d’emprunt) a comparu devant le tribunal correctionnel ce jeudi 19 février 2026. Au terme des débats, le tribunal a estimé que les éléments produits ne permettaient pas d’établir sa culpabilité avec certitude. Il l’a, dans son jugement, renvoyé des fins de la poursuite.
Le prévenu Bouba (nom d’emprunt comme pour les autres utilisés dans cet article) comparaissait pour avoir prétendument soustrait deux téléphones portables et la somme de 2 700 000 francs CFA. À la barre, il a contesté toute implication dans un vol. D’une voix posée, ce dernier a retracé les circonstances dans lesquelles il est entré en possession de l’un des téléphones et d’une partie de l’argent.
Il ressort de ses explications qu’il projetait de se rendre à Pa, sur un site aurifère, afin d’y entreprendre des activités. Il a alors contacté un ami, Zakaria, avec qui il avait travaillé deux ans auparavant sur un autre site d’orpaillage. Ce dernier aurait exprimé le souhait de l’accompagner. Bouba s’est donc rendu à son domicile pour organiser le déplacement. C’était à Ouagadougou.
À son arrivée, Zakaria se trouvait en compagnie d’un ami, Salam. Le prévenu affirme qu’ils ont tous deux été envoyés effectuer un retrait de 1 350 000 francs CFA. Plus tard dans la journée, Zakaria serait sorti avant de revenir annoncer que le départ était prévu pour le lendemain. Pressé, il dit avoir indiqué qu’il souhaitait voyager dès le soir même.
C’est dans ce contexte, poursuit-il, que son ami lui aurait remis un téléphone portable. Il lui aurait demandé de le transmettre, une fois arrivé à Boromo, à une personne dont il lui aurait communiqué le numéro. Dans le même temps, Bouba reconnaît avoir emprunté de l’argent à Zakaria, qui lui a remis 250 000 francs CFA. Cette somme, dit-il, devait l’aider à ouvrir une boutique sur le site d’orpaillage où il se rendait.
Arrivé à Boromo, le prévenu affirme n’avoir pu joindre le destinataire du téléphone. Informé de la situation, Zakaria lui aurait demandé de conserver l’appareil, en attendant de venir lui-même le récupérer. Bouba assure qu’il n’y voyait rien d’anormal et était resté en contact avec son ami. Il soutient par la suite avoir poursuivi ses activités avant de revenir plus tard à Ouagadougou.
De retour dans la capitale, il se serait rendu chez son ami, Zakaria. Les voisins lui auraient alors appris que ce dernier était détenu à la maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO). Le lendemain, il dit avoir été contacté par la police. Convoqué au commissariat, il affirme avoir découvert que le téléphone en sa possession provenait d’un vol.
Face aux enquêteurs, le prévenu reconnaît avoir détenu l’appareil, mais nie totalement avoir su qu’il était d’origine frauduleuse. Interrogé à l’audience de ce jour, jeudi 19 février 2026, il soutient qu’il n’avait aucune raison de suspecter son ami car, selon ses dires, Zakaria disposait de ressources issues de ses activités liées à l’orpaillage et envisageait même l’achat d’une moto.
Dans ses réquisitions, le ministère public a estimé que les faits relevaient davantage du recel que du vol initialement poursuivi. Il a donc sollicité une requalification des faits, et requis une peine de douze mois d’emprisonnement ferme, assortie d’une amende d’un million de francs CFA, le tout ferme. Dans ses derniers mots, le prévenu a imploré la clémence du tribunal.
Il a rappelé n’avoir jamais été condamné pour des faits de vol et avoir toujours vécu du fruit de son travail. Après en avoir délibéré, le tribunal a estimé qu’un doute subsistait quant à l’infraction qu’on lui reproche. En conséquence, il a renvoyé Bouba des fins de la poursuite, consacrant ainsi le principe du doute au bénéfice du prévenu.
Pour plus d’informations et d’analyses sur la Burkina Faso, suivez Africa-Press





