{"id":22062,"date":"2021-10-03T17:13:55","date_gmt":"2021-10-03T17:13:55","guid":{"rendered":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/?p=22062"},"modified":"2021-10-03T18:24:11","modified_gmt":"2021-10-03T18:24:11","slug":"richard-tiene-ce-film-sur-sankara-cest-toute-ma-vie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/culture-et-art\/richard-tiene-ce-film-sur-sankara-cest-toute-ma-vie","title":{"rendered":"Richard Ti\u00e9n\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Ce film sur Sankara, c\u2019est toute ma vie\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #ff6600\"><strong><a href=\"https:\/\/www.africa-press.net\/\">Africa-Press<\/a> &#8211; <a href=\"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\">Burkina Faso<\/a>. <\/strong><\/span>\u00c0 environ trois semaines du clap d\u2019ouverture de la 27e \u00e9dition du Festival panafricain du cin\u00e9ma et de la t\u00e9l\u00e9vision de Ouagadougou (Fespaco), Richard Ti\u00e9n\u00e9, journaliste, r\u00e9alisateur et producteur de 44 ans, donne les derniers coups de ciseaux \u00e0 son biopic consacr\u00e9 au \u00ab Che \u00bb africain. Intitul\u00e9 \u00ab Thomas Sankara, l\u2019humain \u00bb, ce documentaire a \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9 dans la nouvelle cat\u00e9gorie Section Burkina. Elle r\u00e9compense des \u0153uvres \u00ab repr\u00e9sentatives du paysage cin\u00e9matographique burkinab\u00e8 \u00bb.<\/p>\n<p>R\u00e9sultant de sept ans de travail et autoproduit, ce film 100 % made in Burkina Faso nous transporte des routes caboss\u00e9es menant au village natal du r\u00e9volutionnaire burkinab\u00e8 jusqu\u2019aux recoins glauques et froids \u2013 film\u00e9s en noir et blanc \u2013 du b\u00e2timent o\u00f9 il fut ex\u00e9cut\u00e9 avec douze de ses compagnons \u00e0 Ouagadougou le 15 octobre 1987. Une version \u00ab grand format \u00bb de 2 h 30 avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e au public burkinab\u00e9 en octobre 2020. Cette nouvelle mouture de 80 minutes en est \u00e0 la fois un condens\u00e9, et pourrait constituer le \u00ab teaser \u00bb d\u2019un projet de s\u00e9rie d\u2019une dizaine d\u2019\u00e9pisodes de 26 minutes.<\/p>\n<p>La mati\u00e8re est l\u00e0. Richard Ti\u00e9n\u00e9 exhume et accumule depuis des ann\u00e9es des archives, publiques et priv\u00e9es, sur Thomas Sankara. Il a rencontr\u00e9 ses compagnons de route, sa famille, des acteurs politiques ou diplomatiques, et aussi des contempteurs de la r\u00e9volution. Ni une hagiographie ni un d\u00e9nigrement de cette ic\u00f4ne qui \u00ab fascine \u00bb le r\u00e9alisateur depuis l\u2019enfance, le documentaire Thomas Sankara, l\u2019humain entend poser un regard \u00e9quilibr\u00e9 sur ce h\u00e9ros national. Le Point Afrique l\u2019a rencontr\u00e9 dans les locaux de sa soci\u00e9t\u00e9 de production audiovisuelle, Gcom.<\/p>\n<p><b>Le Point Afrique :<\/b><\/p>\n<p>Vous aviez 10 ans lorsque Thomas Sankara est arriv\u00e9 au pouvoir. Quels souvenirs avez-vous gard\u00e9s de la p\u00e9riode r\u00e9volutionnaire ?<\/p>\n<p><b>Richard Ti\u00e9n\u00e9 :<\/b><\/p>\n<p>Je suis arriv\u00e9 au Burkina Faso deux ans apr\u00e8s son assassinat survenu le 15 octobre 1987. Pendant la r\u00e9volution, j\u2019\u00e9tais en C\u00f4te d&rsquo;Ivoire, \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire. Mais d\u00e9j\u00e0 enfant, j\u2019\u00e9tais subjugu\u00e9. Je voyais ce Monsieur en treillis, poing lev\u00e9. Avec des camarades de classe burkinab\u00e8, on disait : \u00ab Notre pr\u00e9sident est plus jeune et plus beau que le pr\u00e9sident ivoirien Houphou\u00ebt-Boigny \u00bb (rires). Et puis j\u2019entendais parler des trois luttes, contre la coupe du bois, la divagation des animaux, les feux de brousse. C\u2019\u00e9tait nouveau. J\u2019ai eu envie de comprendre. Ma m\u00e8re tenait une mercerie et m\u2019envoyait acheter des journaux pour emballer les articles de couture. Je d\u00e9vorais les articles qui parlaient de lui dans la presse ivoirienne, et chacune de ses interviews.<\/p>\n<p>Arriv\u00e9 au Burkina Faso, j\u2019ai v\u00e9cu un bout de la \u00ab rectification \u00bb engag\u00e9e par Blaise Compaor\u00e9. Durant mon ann\u00e9e de cm2, j\u2019ai fait partie des derniers pionniers de la r\u00e9volution. On portait encore l\u2019\u00e9charpe, le foulard et le b\u00e9ret, juste avant que ces symboles ne disparaissent. J\u2019\u00e9tais d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de classe et quand un invit\u00e9 se pr\u00e9sentait, le d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 tapait du poing sur la table. Toute la classe se mettait debout et d\u00e9clamait : \u00ab Pionnier ! Oser, lutter, savoir, vaincre, vivre en r\u00e9volutionnaire, mourir en r\u00e9volutionnaire, les armes \u00e0 la main ! La patrie ou la mort, nous vaincrons ! \u00bb L\u2019invit\u00e9 r\u00e9pondait \u00ab Merci camarade \u00bb, puis on s\u2019asseyait.<\/p>\n<p>Dans mon village, en tant que pionniers, on avait aussi anim\u00e9 la premi\u00e8re \u00e9dition du festival des masques traditionnels de Pouni. J\u2019aimais cet esprit, mais il n\u2019a pas souffl\u00e9 tr\u00e8s longtemps \u00e0 travers le pays. Quand je suis entr\u00e9 au coll\u00e8ge, en 1990, on ne parlait plus de r\u00e9volution, c\u2019\u00e9tait fini.<\/p>\n<p><b>Certaines actions n\u00e9es durant la r\u00e9volution perduraient-elles n\u00e9anmoins ?<\/b><\/p>\n<p>Oui, comme la plantation d\u2019arbres. Pendant la r\u00e9volution, le programme \u00ab un village, un bosquet \u00bb avait \u00e9t\u00e9 mis en \u0153uvre, avec le slogan \u00ab 8 000 villages, 8 000 for\u00eats \u00bb. Les gens continuent aujourd\u2019hui de planter des arbres, c\u2019est un h\u00e9ritage de la r\u00e9volution. Je me souviens qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9cole, on avait aussi des jardins \u00e9ducatifs. On devait semer, arroser et r\u00e9colter des produits, comme du chou, des tomates, qu\u2019on retrouvait dans nos repas.<\/p>\n<p><b>Comment l\u2019id\u00e9e de ce film a-t-elle germ\u00e9 ?<\/b><\/p>\n<p>Ce film sur Sankara, c\u2019est toute ma vie. Au coll\u00e8ge, j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 lire tout ce qui \u00e9tait disponible sur Thomas Sankara. J\u2019\u00e9tais fascin\u00e9. Chaque 15 octobre, je me rendais au cimeti\u00e8re de Dagno\u00ebn, o\u00f9 il \u00e9tait cens\u00e9 \u00eatre enterr\u00e9. Les sankaristes et les proches des victimes de l\u2019assassinat de 1987 s\u2019y retrouvaient. Et puis, en 1998, le journaliste Norbert Zongo a \u00e9t\u00e9 \u00e0 son tour assassin\u00e9. On a dit que c\u2019\u00e9tait le crime de trop. J\u2019\u00e9tais en terminale \u00e0 l\u2019\u00e9poque, et \u00e7a m\u2019a beaucoup marqu\u00e9, car j\u2019aimais ses enqu\u00eates, ses \u00e9ditos, son style cru. Peu apr\u00e8s, je me suis orient\u00e9 vers le journalisme. Et j\u2019ai toujours gard\u00e9 \u00e0 l\u2019esprit ce que Thomas Sankara disait sur ce m\u00e9tier, qu\u2019il fallait d\u00e9noncer et dire, au service du peuple, ne pas rester muet, ne pas se laisser corrompre. Et puis je lui ai consacr\u00e9 de nombreux sujets pour la radio. Sankara a toujours \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent dans mon parcours.<\/p>\n<p>Ce film, c\u2019est toute ma vie, aussi car j\u2019ai mis du temps pour le boucler \u2013 plus de sept ans ! \u2013, et parce que la r\u00e9alisation est rythm\u00e9e d\u2019ingr\u00e9dients dont je suis fan. Le slam, le rap, la danse contemporaine\u2026<\/p>\n<p><b>La narration est en effet entrecoup\u00e9e d\u2019extraits d\u2019un spectacle de danse qui met en sc\u00e8ne cinq officiers en treillis et rangers\u2026<\/b><\/p>\n<p>Oui, je ne voulais pas me cantonner \u00e0 d\u00e9rouler des t\u00e9moignages sur Sankara. Une cr\u00e9ation de danse contemporaine a donc \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue pour ce film. La bande-son est un slam de l\u2019artiste Nathanael Minougou. Il retrace la vie du r\u00e9volutionnaire, du premier cri du nourrisson jusqu\u2019au dernier souffle du capitaine, avec en toile de fond une certaine tension, et une m\u00e9taphore sur le poisson capitaine en eaux troubles, confront\u00e9 aux pr\u00e9dateurs.<\/p>\n<p>Sur la base de ce slam, les danseurs du Centre de d\u00e9veloppement chor\u00e9graphique La Termiti\u00e8re (CDC) ont \u00e9labor\u00e9 une chor\u00e9graphie. Les r\u00e9p\u00e9titions et la captation vid\u00e9o du spectacle ont \u00e9t\u00e9 organis\u00e9es dans nos locaux. On a cr\u00e9\u00e9 une ambiance tr\u00e8s obscure, avec des fumig\u00e8nes, et c\u2019est le r\u00e9alisateur de vid\u00e9o-clips Raywox Mensa qui l\u2019a restitu\u00e9e. Les chants et la musique qui composent la bande-son du film sont quant \u00e0 eux sign\u00e9s Mai Lengani, Nael Melerd, Ro Bayala et Asley.<\/p>\n<p><b>Un film 100 % burkinab\u00e8, fid\u00e8le \u00e0 la doctrine r\u00e9volutionnaire du \u00ab produire et consommer burkinab\u00e8 \u00bb ?<\/b><\/p>\n<p>Oui, et c\u2019est un documentaire enti\u00e8rement autoproduit, sur fonds propres. D\u2019o\u00f9 le temps pass\u00e9 ! Chemin faisant, je me suis demand\u00e9 combien de Burkinab\u00e8 avaient r\u00e9alis\u00e9 des films sur Thomas Sankara. J\u2019ai constat\u00e9 que la filmographie existante se composait essentiellement de documentaires produits \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Peut-\u00eatre parce que les r\u00e9alisateurs burkinab\u00e8 avaient peur d\u2019aborder ce sujet sous le r\u00e9gime de Blaise Compaor\u00e9. Personnellement, j\u2019ai eu la chance de terminer ce film alors qu\u2019il n\u2019\u00e9tait plus au pouvoir. N\u2019oublions pas que les \u00e9tablissements publics baptis\u00e9s \u00ab Thomas Sankara \u00bb sont r\u00e9cents au Burkina Faso.<\/p>\n<p><b>Quelle est l\u2019intention de ce film ?<\/b><\/p>\n<p>Il s\u2019intitule Thomas Sankara, l\u2019humain. \u00ab Humain \u00bb, cela signifie \u00e0 mes yeux \u00ab affable \u00bb, \u00ab disponible \u00bb, \u00ab accessible \u00bb, mais aussi \u00ab faillible \u00bb. Il a commis des erreurs, et je ne voulais pas occulter cet aspect-l\u00e0. Les documentaires existants, de tr\u00e8s bonne facture, n\u2019abordent gu\u00e8re les limites de la r\u00e9volution, voire ses d\u00e9rives. Sankara y est plut\u00f4t mythifi\u00e9. Alors que certains accordent beaucoup d\u2019importance \u00e0 des personnages tels que Chantal Compaor\u00e9 (\u00e9pouse franco-ivoirienne de Blaise Compaor\u00e9, NDLR), ils font par ailleurs l\u2019\u00e9conomie d\u2019acteurs phares de la p\u00e9riode r\u00e9volutionnaire. Comme le leader politique Soumane Tour\u00e9 (fervent opposant \u00e0 Thomas Sankara, emprisonn\u00e9 sous la r\u00e9volution, NDLR) ou B\u00e9atrice Damiba, qui fut haut-commissaire et ministre de l\u2019Environnement sous la r\u00e9volution, puis ministre de l\u2019Information et pr\u00e9sidente du Conseil sup\u00e9rieur de la communication sous la pr\u00e9sidence de Blaise Compaor\u00e9. Ce sont des voix plus critiques de la r\u00e9volution. J\u2019ai d\u00fb les tanner durant des ann\u00e9es pour les convaincre de t\u00e9moigner. Selon eux, \u00e0 chaque fois qu\u2019ils avaient accept\u00e9, leurs propos n\u2019avaient pas \u00e9t\u00e9 gard\u00e9s au montage. Des fanatiques de Sankara m\u2019ont reproch\u00e9 d\u2019avoir donn\u00e9 la parole \u00e0 Soumane Tour\u00e9, en me disant que c\u2019\u00e9tait \u00ab un vieux fou \u00bb. Mais j\u2019ai recoup\u00e9 les chiffres, les dates, et ce qu\u2019il a dit m\u2019a paru pertinent. Selon moi, il est comptable de l\u2019histoire politique de notre pays.<\/p>\n<p>Il s\u2019agit donc d\u2019un film de plus sur Sankara, mais pas d\u2019un film de trop.<\/p>\n<p><b>Soumane Tour\u00e9 d\u00e9nonce notamment dans ce film les Comit\u00e9s de d\u00e9fense de la r\u00e9volution (CDR), qu\u2019il accuse d\u2019avoir \u00ab cass\u00e9 la mobilisation du d\u00e9but \u00bb, et reproche au Conseil national de la r\u00e9volution de ne \u00ab jamais \u00bb avoir souhait\u00e9 discuter avec les travailleurs\u2026<\/b><\/p>\n<p>Soumane Tour\u00e9, qui est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 cette ann\u00e9e au mois de mars, critique les abus de membres z\u00e9l\u00e9s des CDR, qui profitaient du couvre-feu pour outrepasser leurs droits, se croyant tout permis. Thomas Sankara lui-m\u00eame a reconnu certaines d\u00e9rives des CDR. De nombreux civils se sont mobilis\u00e9s pour que la r\u00e9volution voie le jour, et imaginaient que Sankara leur remettrait ensuite le pouvoir. Soumane Tour\u00e9, longtemps engag\u00e9 dans la lutte syndicale, puis politique, fait partie de ceux-l\u00e0. Mais Sankara est rest\u00e9 arc-bout\u00e9 sur les chantiers \u00e0 accomplir, fustigeant les privil\u00e8ges des fonctionnaires, cette minorit\u00e9 qui buvait du champagne quand une majorit\u00e9 avait besoin d\u2019eau, selon lui. Il entendait donc poursuivre les sacrifices jusqu\u2019\u00e0 ce que les masses b\u00e9n\u00e9ficient des changements.<\/p>\n<p><b>Avez-vous approch\u00e9 Blaise Compaor\u00e9 pour les besoins de ce film ?<\/b><\/p>\n<p>Nous avons vu des interm\u00e9diaires qui nous ont promis une interview, mais \u00e7a n\u2019a rien donn\u00e9. Personnellement, j\u2019ai lanc\u00e9 une bouteille \u00e0 la mer lors d\u2019un passage sur la cha\u00eene burkinab\u00e8 3TV au mois d\u2019ao\u00fbt, mais je n\u2019ai pas eu de retour.<\/p>\n<p>Blaise Compaor\u00e9 n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s loquace sur cette p\u00e9riode.<\/p>\n<p><b>Il est m\u00eame tr\u00e8s peu loquace dans les archives que vous avez recueillies \u2013 sur la p\u00e9riode r\u00e9volutionnaire. On le voit souvent \u00e0 l\u2019image, mais on ne l\u2019entend quasiment pas.<\/b><\/p>\n<p>Oui, il s\u2019exprime rarement. Des quatre mousquetaires de la r\u00e9volution, il \u00e9tait le moins disert. Tout juste l\u2019entend-on remercier dans une archive des Comit\u00e9s de d\u00e9fense de la r\u00e9volution pour leur \u00ab promptitude \u00e0 combattre les valets locaux de l\u2019imp\u00e9rialisme \u00bb. Mais il ne semble pas \u00e0 l\u2019aise dans cet exercice.<\/p>\n<p><b>Votre film contient de nombreuses images d\u2019archives. D\u2019o\u00f9 viennent-elles, et les avez-vous obtenues facilement ?<\/b><\/p>\n<p>La majorit\u00e9 des images d\u2019archives appartiennent \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision publique burkinab\u00e8, et nous pouvons les utiliser librement. Nous avons aussi pu r\u00e9cup\u00e9rer des discours de Thomas Sankara conserv\u00e9s \u00e0 Alger \u00e0 l\u2019issue de ses visites dans ce pays, en nous adressant au minist\u00e8re alg\u00e9rien des Affaires \u00e9trang\u00e8res. Nous avons \u00e9galement obtenu des archives libres de droits sur la plateforme de l\u2019INA (Institut national de l\u2019audiovisuel). Enfin, nous avons pay\u00e9 des archives, sonores ou audiovisuelles, \u00e0 des particuliers au Burkina Faso.<\/p>\n<p>On aurait pu faire un film extraordinaire si nos archives nationales avaient \u00e9t\u00e9 bien conserv\u00e9es. Malheureusement, certaines ont disparu. Nous n\u2019avons rien, par exemple, sur les interventions de Blaise Compaor\u00e9 au cours de la p\u00e9riode qui a suivi la mort de Thomas Sankara. Il manque aussi de nombreuses images sur la politique ext\u00e9rieure de Thomas Sankara, qu\u2019il s\u2019agisse de ses d\u00e9placements \u00e0 l\u2019\u00e9tranger ou des visites \u00e0 Ouagadougou de chefs d\u2019\u00c9tat \u00e9trangers. Pourtant, ces s\u00e9quences \u00e9taient diffus\u00e9es dans les journaux t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s de l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n<p><b>Pour quelles raisons, selon vous ?<\/b><\/p>\n<p>On nous a dit que c\u2019\u00e9tait d\u00fb dans certains cas \u00e0 des difficult\u00e9s de conservation des cassettes VHS, expos\u00e9es aux intemp\u00e9ries. Y a-t-il eu par ailleurs des intentions de faire dispara\u00eetre certaines traces ? On ne sait pas. Il n\u2019emp\u00eache que Thomas Sankara est le chef d\u2019\u00c9tat burkinab\u00e8 sur lequel nous avons le plus d\u2019archives.<\/p>\n<p><b>Et quelles archives ! On est \u00e9videmment happ\u00e9 par l\u2019orateur Sankara, sa faconde, son charisme et son sens de la formule. On est \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1980 et c\u2019est d\u00e9j\u00e0 un professionnel de la communication\u2026<\/b><\/p>\n<p>Sankara \u00e9tait un tr\u00e8s bon communicant qui accaparait la sc\u00e8ne m\u00e9diatique. C\u2019\u00e9tait une qualit\u00e9 inn\u00e9e chez lui. Tout comme son esprit rebelle, ancr\u00e9 d\u00e8s l\u2019enfance. Il n\u2019est encore qu\u2019un petit gar\u00e7on quand il remplace avec ses camarades le drapeau fran\u00e7ais de son \u00e9cole par le drapeau burkinab\u00e8.<\/p>\n<p><b>Dans une archive du Sommet franco-africain de Vittel d\u2019octobre 1983, il parle de l\u2019importance de produire et de consommer local. Il prend comme exemple les tenues en danfani \u2013 un coton produit au Burkina Faso \u2013 port\u00e9es par la d\u00e9l\u00e9gation burkinab\u00e8, et raille ses pairs africains en arguant qu\u2019aucun officiel burkinab\u00e8 n\u2019arbore \u00ab de cravates venues de Londres \u00bb ou de \u00ab costumes venus de Paris \u00bb. On voit les regards noirs, g\u00ean\u00e9s ou circonspects de certains d\u2019entre eux\u2026<\/b><\/p>\n<p>La communication \u00e9tait, certes, un de ses talents, mais quel \u00e9tait le revers de la m\u00e9daille ?<\/p>\n<p>Il avait en effet un franc-parler qui tranchait avec la langue de bois habituelle, et il faisait passer des messages en maniant l\u2019ironie. Avec un sourire taquin, une s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 d\u00e9concertante, qui ne plaisaient pas forc\u00e9ment \u00e0 tout le monde. Mais cette aisance \u00e0 communiquer exprimait aussi la na\u00efvet\u00e9 d\u2019une antilope d\u00e9fiant les lions dans la savane. Certains l\u2019ont tax\u00e9 d&rsquo;\u00ab impertinent \u00bb, d&rsquo;\u00ab insolent \u00bb. Le diplomate burkinab\u00e8 M\u00e9l\u00e9gu\u00e9 Traor\u00e9 estime, lui, que Sankara allait parfois trop loin, par exemple quand il d\u00e9clarait : \u00ab Le peuple malien a besoin d\u2019une r\u00e9volution. \u00bb C\u2019\u00e9tait en quelque sorte un appel \u00e0 la d\u00e9sob\u00e9issance civile au Mali !<\/p>\n<p>Ses discours, comme ses actes, remettaient aussi en cause des pratiques existantes. Son fr\u00e8re Valentin raconte par exemple que lorsque sa Renault 5 (v\u00e9hicule de fonction du gouvernement sous la r\u00e9volution, NDLR) a commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre us\u00e9e, \u00e7a a \u00e9t\u00e9 tout un dilemme. Fallait-il la revendre ? Acheter un v\u00e9hicule neuf en puisant dans les caisses de l\u2019\u00c9tat, alors que cet argent aurait pu \u00eatre mieux investi ailleurs ? Il a opt\u00e9 pour l\u2019achat d\u2019un v\u00e9hicule d\u2019occasion en France. Mais certains de ses collaborateurs tombaient des nues, et se disaient qu\u2019en tant que pr\u00e9sident du Burkina Faso, il aurait tout de m\u00eame pu s\u2019offrir un v\u00e9hicule neuf. Ce n\u2019\u00e9tait pas toujours bien compris, au Burkina Faso comme en Afrique. Un officier haut grad\u00e9 est cens\u00e9 vivre dans un certain luxe.<\/p>\n<p>En revanche, sa fa\u00e7on de communiquer r\u00e9pondait aussi \u00e0 ce que la jeunesse africaine avait besoin d\u2019entendre, de voir. Un pr\u00e9sident hors du commun, parlant \u00e0 tout le monde de mani\u00e8re \u00e9gale, sans d\u00e9tour. Il \u00e9tait proche des jeunes, du monde paysan, fonci\u00e8rement engag\u00e9 aux c\u00f4t\u00e9s des femmes. Et il mettait en pratique tout ce qu\u2019il disait. Il vivait ses discours, il donnait l\u2019exemple, sans d\u00e9magogie. Thomas Sankara \u00e9tait le premier \u00e0 accepter les sacrifices qu\u2019il imposait, qu\u2019il s\u2019agisse de la r\u00e9duction des salaires des fonctionnaires, de l\u2019utilisation raisonnable des biens de l\u2019\u00c9tat, ou de tendre \u00e0 un exercice du pouvoir peu budg\u00e9tivore. Cette application \u00e0 la lettre des principes de la r\u00e9volution faisait sa force aupr\u00e8s de la jeunesse.<\/p>\n<p><b>L\u2019universitaire Serge Th\u00e9ophile Balima rappelle dans votre film qu\u2019il \u00e9crivait ses discours lui-m\u00eame, car \u00ab aucun conseiller n\u2019avait pu le satisfaire \u00bb. On apprend aussi que lors de la visite de Fran\u00e7ois Mitterrand \u00e0 Ouagadougou en novembre 1987, sept projets de discours lui ont \u00e9t\u00e9 soumis. Mais il a finalement pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 improviser face au pr\u00e9sident fran\u00e7ais. L\u00e0 encore, cela ne devait pas \u00eatre toujours bien per\u00e7u ?<\/b><\/p>\n<p>Serge Th\u00e9ophile Balima dit aussi que c\u2019\u00e9tait un iconoclaste, au discours peu ordinaire, parfois mal compris. Mais il est vrai qu\u2019en plus de ses entorses \u00e0 la biens\u00e9ance diplomatique, cette fa\u00e7on de froisser et de jeter les pages de discours qu\u2019on lui pr\u00e9parait a pu se retourner contre lui. Ce genre d\u2019\u00e9pisode au cours duquel il d\u00e9cide sans concertation de donner du grain \u00e0 moudre \u00e0 Blaise Compaor\u00e9 et \u00e0 ceux qui l\u2019ont accus\u00e9 d\u2019avoir pris des d\u00e9cisions cavali\u00e8res et, surtout, d\u2019avoir trahi la r\u00e9volution.<\/p>\n<p><b>Au moment d\u2019\u00e9voquer sa mort, et la discorde avec son fr\u00e8re d\u2019armes Blaise Compaor\u00e9, un de vos intervenants minimise l\u2019importance de Chantal Compaor\u00e9. On a beaucoup glos\u00e9 \u00e0 propos de son influence, de son go\u00fbt pour le faste, \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 du mode de vie asc\u00e9tique de la famille Sankara, et sur l\u2019agenda cach\u00e9 de Houphou\u00ebt-Boigny soup\u00e7onn\u00e9 d\u2019avoir arrang\u00e9 le mariage entre Chantal Terrasson de Foug\u00e8res et Blaise Compaor\u00e9\u2026<\/b><\/p>\n<p>Il s\u2019agit de l\u2019historien Jean-Marc Palm, qui fut le premier ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res de Blaise Compaor\u00e9. Il analyse un peu plus froidement la situation aujourd\u2019hui, il a pris de la distance. Et il d\u00e9ment en effet la version selon laquelle Houphou\u00ebt-Boigny aurait \u00ab mis Chantal dans les pattes de Blaise \u00bb Compaor\u00e9. Selon lui, ils se sont rencontr\u00e9s par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019un ami officier. Il n\u2019exclut pas que Houphou\u00ebt-Boigny, qui connaissait le p\u00e8re de Chantal Terrasson de Foug\u00e8res, ait par la suite cherch\u00e9 \u00e0 tirer profit de la situation. Mais il estime qu\u2019on exag\u00e8re l\u2019influence de son \u00e9pouse, et que si les relations entre Blaise Compaor\u00e9 et Thomas Sankara se sont d\u00e9t\u00e9rior\u00e9es, c\u2019est uniquement d\u00fb \u00e0 des divergences de vues, qui \u00e9taient \u00e0 leur paroxysme.<\/p>\n<p><b>Vous vous appr\u00eatez \u00e0 pr\u00e9senter ce film au Fespaco. Qu\u2019en attendez-vous ?<\/b><\/p>\n<p>On serait heureux d\u2019\u00eatre invit\u00e9s \u00e0 des festivals, de voir le film \u00eatre projet\u00e9 hors de nos fronti\u00e8res, car nous l\u2019avons fait avec notre \u0153il, nos limites techniques, et notre c\u0153ur. Ce qui r\u00e9pond \u00e0 un id\u00e9al sankariste.<\/p>\n<p>Nous travaillons aussi sur un projet de s\u00e9rie. Initialement, on avait pr\u00e9vu six \u00e9pisodes. Avec le proc\u00e8s sur l\u2019assassinat de Thomas Sankara qui doit s\u2019ouvrir le 11 octobre, on va peut-\u00eatre revoir le nombre d\u2019\u00e9pisodes \u00e0 la hausse.<\/p>\n<p>Cette fois, on aimerait \u00eatre accompagn\u00e9 par un producteur. Pour le film documentaire, on nous avait sugg\u00e9r\u00e9 au d\u00e9part de solliciter des financements aupr\u00e8s de l\u2019Union europ\u00e9enne et de l\u2019Unesco. Mais on craignait que ce soit mal per\u00e7u au Burkina Faso, que le public dise que telle ou telle entit\u00e9 avait infl\u00e9chi notre d\u00e9marche ou que les critiques \u00e9crivent que c\u2019\u00e9tait un film financ\u00e9 par l\u2019imp\u00e9rialisme. C\u2019est pourquoi nous avons mis tant de temps pour le financer, petit bout par petit bout. Il n\u2019aime pas que je le dise mais un de mes grands fr\u00e8res nous a donn\u00e9 de l\u2019argent pour payer les danseurs, les musiciens, et acheter du mat\u00e9riel. Il a m\u00eame financ\u00e9 des archives. Sans lui, \u00e7a aurait tra\u00een\u00e9 trois ans de plus !<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Africa-Press &#8211; Burkina Faso. \u00c0 environ trois semaines du clap d\u2019ouverture de la 27e \u00e9dition du Festival panafricain du cin\u00e9ma et de la t\u00e9l\u00e9vision de Ouagadougou (Fespaco), Richard Ti\u00e9n\u00e9, journaliste, r\u00e9alisateur et producteur de 44 ans, donne les derniers coups de ciseaux \u00e0 son biopic consacr\u00e9 au \u00ab Che \u00bb africain. Intitul\u00e9 \u00ab Thomas Sankara, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":82,"featured_media":22061,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,10],"tags":[111,725,149,29,598,3005,738],"class_list":["post-22062","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-culture-et-art","category-homepage-french","category-toutes-les-actualites","tag-africa-press","tag-africa-press-burkina-faso","tag-afrique","tag-burkina-faso","tag-culture","tag-histoire","tag-internationales"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v26.1 (Yoast SEO v27.0) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Richard Ti\u00e9n\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Ce film sur Sankara, c\u2019est toute ma vie\u00a0\u00bb - Burkina Faso<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"\u00c0 environ trois semaines du clap d\u2019ouverture de la 27e \u00e9dition du Festival panafricain du cin\u00e9ma et de la t\u00e9l\u00e9vision de ...\" \/>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/culture-et-art\/richard-tiene-ce-film-sur-sankara-cest-toute-ma-vie\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Richard Ti\u00e9n\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Ce film sur Sankara, c\u2019est toute ma vie\u00a0\u00bb\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"\u00c0 environ trois semaines du clap d\u2019ouverture de la 27e \u00e9dition du Festival panafricain du cin\u00e9ma et de la t\u00e9l\u00e9vision de ...\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/culture-et-art\/richard-tiene-ce-film-sur-sankara-cest-toute-ma-vie\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Burkina Faso\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2021-10-03T17:13:55+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2021-10-03T18:24:11+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/static.africa-press.net\/burkina\/sites\/42\/2021\/10\/img-6159d414855be.jpg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"720\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"376\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"cfeditorfr\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"cfeditorfr\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"17 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/culture-et-art\/richard-tiene-ce-film-sur-sankara-cest-toute-ma-vie#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/culture-et-art\/richard-tiene-ce-film-sur-sankara-cest-toute-ma-vie\"},\"author\":{\"name\":\"cfeditorfr\",\"@id\":\"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/#\/schema\/person\/2b1cf3cd81a31e3cd26889ca66d677f1\"},\"headline\":\"Richard Ti\u00e9n\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Ce film sur Sankara, c\u2019est toute ma vie\u00a0\u00bb\",\"datePublished\":\"2021-10-03T17:13:55+00:00\",\"dateModified\":\"2021-10-03T18:24:11+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/culture-et-art\/richard-tiene-ce-film-sur-sankara-cest-toute-ma-vie\"},\"wordCount\":3356,\"commentCount\":0,\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/culture-et-art\/richard-tiene-ce-film-sur-sankara-cest-toute-ma-vie#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\/\/static.africa-press.net\/burkina\/sites\/42\/2021\/10\/img-6159d414855be.jpg\",\"keywords\":[\"Africa Press\",\"Africa Press-Burkina Faso\",\"Afrique\",\"Burkina Faso\",\"culture\",\"Histoire\",\"Internationales\"],\"articleSection\":[\"Culture et Art\",\"homepage-french\",\"Toutes les actualit\u00e9s\"],\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"CommentAction\",\"name\":\"Comment\",\"target\":[\"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/culture-et-art\/richard-tiene-ce-film-sur-sankara-cest-toute-ma-vie#respond\"]}]},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/culture-et-art\/richard-tiene-ce-film-sur-sankara-cest-toute-ma-vie\",\"url\":\"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/culture-et-art\/richard-tiene-ce-film-sur-sankara-cest-toute-ma-vie\",\"name\":\"Richard Ti\u00e9n\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Ce film sur Sankara, c\u2019est toute ma vie\u00a0\u00bb - Burkina Faso\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/culture-et-art\/richard-tiene-ce-film-sur-sankara-cest-toute-ma-vie#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/culture-et-art\/richard-tiene-ce-film-sur-sankara-cest-toute-ma-vie#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\/\/static.africa-press.net\/burkina\/sites\/42\/2021\/10\/img-6159d414855be.jpg\",\"datePublished\":\"2021-10-03T17:13:55+00:00\",\"dateModified\":\"2021-10-03T18:24:11+00:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/#\/schema\/person\/2b1cf3cd81a31e3cd26889ca66d677f1\"},\"description\":\"\u00c0 environ trois semaines du clap d\u2019ouverture de la 27e \u00e9dition du Festival panafricain du cin\u00e9ma et de la t\u00e9l\u00e9vision de ...\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/culture-et-art\/richard-tiene-ce-film-sur-sankara-cest-toute-ma-vie#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/culture-et-art\/richard-tiene-ce-film-sur-sankara-cest-toute-ma-vie\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/culture-et-art\/richard-tiene-ce-film-sur-sankara-cest-toute-ma-vie#primaryimage\",\"url\":\"https:\/\/static.africa-press.net\/burkina\/sites\/42\/2021\/10\/img-6159d414855be.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\/\/static.africa-press.net\/burkina\/sites\/42\/2021\/10\/img-6159d414855be.jpg\",\"width\":720,\"height\":376,\"caption\":\"Richard Ti\u00e9n\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Ce film sur Sankara, c\u2019est toute ma vie\u00a0\u00bb\"},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/culture-et-art\/richard-tiene-ce-film-sur-sankara-cest-toute-ma-vie#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Richard Ti\u00e9n\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Ce film sur Sankara, c\u2019est toute ma vie\u00a0\u00bb\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/#website\",\"url\":\"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/\",\"name\":\"Burkina Faso\",\"description\":\"Just another Africa News Agency Sites site\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/#\/schema\/person\/2b1cf3cd81a31e3cd26889ca66d677f1\",\"name\":\"cfeditorfr\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO Premium plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Richard Ti\u00e9n\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Ce film sur Sankara, c\u2019est toute ma vie\u00a0\u00bb - Burkina Faso","description":"\u00c0 environ trois semaines du clap d\u2019ouverture de la 27e \u00e9dition du Festival panafricain du cin\u00e9ma et de la t\u00e9l\u00e9vision de ...","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/culture-et-art\/richard-tiene-ce-film-sur-sankara-cest-toute-ma-vie","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Richard Ti\u00e9n\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Ce film sur Sankara, c\u2019est toute ma vie\u00a0\u00bb","og_description":"\u00c0 environ trois semaines du clap d\u2019ouverture de la 27e \u00e9dition du Festival panafricain du cin\u00e9ma et de la t\u00e9l\u00e9vision de ...","og_url":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/culture-et-art\/richard-tiene-ce-film-sur-sankara-cest-toute-ma-vie","og_site_name":"Burkina Faso","article_published_time":"2021-10-03T17:13:55+00:00","article_modified_time":"2021-10-03T18:24:11+00:00","og_image":[{"width":720,"height":376,"url":"https:\/\/static.africa-press.net\/burkina\/sites\/42\/2021\/10\/img-6159d414855be.jpg","type":"image\/jpeg"}],"author":"cfeditorfr","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"cfeditorfr","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"17 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/culture-et-art\/richard-tiene-ce-film-sur-sankara-cest-toute-ma-vie#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/culture-et-art\/richard-tiene-ce-film-sur-sankara-cest-toute-ma-vie"},"author":{"name":"cfeditorfr","@id":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/#\/schema\/person\/2b1cf3cd81a31e3cd26889ca66d677f1"},"headline":"Richard Ti\u00e9n\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Ce film sur Sankara, c\u2019est toute ma vie\u00a0\u00bb","datePublished":"2021-10-03T17:13:55+00:00","dateModified":"2021-10-03T18:24:11+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/culture-et-art\/richard-tiene-ce-film-sur-sankara-cest-toute-ma-vie"},"wordCount":3356,"commentCount":0,"image":{"@id":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/culture-et-art\/richard-tiene-ce-film-sur-sankara-cest-toute-ma-vie#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/static.africa-press.net\/burkina\/sites\/42\/2021\/10\/img-6159d414855be.jpg","keywords":["Africa Press","Africa Press-Burkina Faso","Afrique","Burkina Faso","culture","Histoire","Internationales"],"articleSection":["Culture et Art","homepage-french","Toutes les actualit\u00e9s"],"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"CommentAction","name":"Comment","target":["https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/culture-et-art\/richard-tiene-ce-film-sur-sankara-cest-toute-ma-vie#respond"]}]},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/culture-et-art\/richard-tiene-ce-film-sur-sankara-cest-toute-ma-vie","url":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/culture-et-art\/richard-tiene-ce-film-sur-sankara-cest-toute-ma-vie","name":"Richard Ti\u00e9n\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Ce film sur Sankara, c\u2019est toute ma vie\u00a0\u00bb - Burkina Faso","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/culture-et-art\/richard-tiene-ce-film-sur-sankara-cest-toute-ma-vie#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/culture-et-art\/richard-tiene-ce-film-sur-sankara-cest-toute-ma-vie#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/static.africa-press.net\/burkina\/sites\/42\/2021\/10\/img-6159d414855be.jpg","datePublished":"2021-10-03T17:13:55+00:00","dateModified":"2021-10-03T18:24:11+00:00","author":{"@id":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/#\/schema\/person\/2b1cf3cd81a31e3cd26889ca66d677f1"},"description":"\u00c0 environ trois semaines du clap d\u2019ouverture de la 27e \u00e9dition du Festival panafricain du cin\u00e9ma et de la t\u00e9l\u00e9vision de ...","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/culture-et-art\/richard-tiene-ce-film-sur-sankara-cest-toute-ma-vie#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/culture-et-art\/richard-tiene-ce-film-sur-sankara-cest-toute-ma-vie"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/culture-et-art\/richard-tiene-ce-film-sur-sankara-cest-toute-ma-vie#primaryimage","url":"https:\/\/static.africa-press.net\/burkina\/sites\/42\/2021\/10\/img-6159d414855be.jpg","contentUrl":"https:\/\/static.africa-press.net\/burkina\/sites\/42\/2021\/10\/img-6159d414855be.jpg","width":720,"height":376,"caption":"Richard Ti\u00e9n\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Ce film sur Sankara, c\u2019est toute ma vie\u00a0\u00bb"},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/culture-et-art\/richard-tiene-ce-film-sur-sankara-cest-toute-ma-vie#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Richard Ti\u00e9n\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Ce film sur Sankara, c\u2019est toute ma vie\u00a0\u00bb"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/#website","url":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/","name":"Burkina Faso","description":"Just another Africa News Agency Sites site","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/#\/schema\/person\/2b1cf3cd81a31e3cd26889ca66d677f1","name":"cfeditorfr"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22062","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/wp-json\/wp\/v2\/users\/82"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=22062"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22062\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22061"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=22062"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=22062"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=22062"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}