{"id":22282,"date":"2021-10-06T17:59:29","date_gmt":"2021-10-06T17:59:29","guid":{"rendered":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/?p=22282"},"modified":"2021-10-06T21:42:43","modified_gmt":"2021-10-06T21:42:43","slug":"issaka-compaore-producteur-de-tama-djan-nous-devons-nous-mobiliser-pour-sauver-notre-environnement-a-commencer-meme-par-notre-environnement-familial","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/culture-et-art\/issaka-compaore-producteur-de-tama-djan-nous-devons-nous-mobiliser-pour-sauver-notre-environnement-a-commencer-meme-par-notre-environnement-familial","title":{"rendered":"Issaka Compaor\u00e9, producteur de \u00ab Tama djan \u00bb : \u00ab Nous devons nous mobiliser pour sauver notre environnement, \u00e0 commencer m\u00eame par notre environnement familial \u00bb"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #ff6600\"><strong><a href=\"https:\/\/www.africa-press.net\/\">Africa-Press<\/a> &#8211; <a href=\"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\">Burkina Faso<\/a>. <\/strong><\/span><b>Le FESPACO 2021, qui s\u2019ouvre dans quelques jours, aura un d\u00e9fenseur de l\u2019environnement \u00e0 travers le film \u00ab Tama djan \u00bb ou l\u2019Odyss\u00e9e du cin\u00e9aste burkinab\u00e9 Issa Traor\u00e9 de Brahima. Ce film, qui a mobilis\u00e9 de nombreuses comp\u00e9tences cin\u00e9matographiques, se veut \u00e0 la fois un plaidoyer et une interpellation des consciences individuelles et collectives sur l\u2019imp\u00e9ratif d\u2019inscrire le souci de pr\u00e9servation de l\u2019environnement dans les gestes au quotidien, pour limiter les m\u00e9faits des changements climatiques qui menacent les soci\u00e9t\u00e9s, la plan\u00e8te. Nous avons rencontr\u00e9 son producteur pour en savoir davantage sur le message qu\u2019il v\u00e9hicule et pour avoir son analyse sur le cin\u00e9ma burkinab\u00e9 et cette \u00e9dition du FESPACO. Issaka Compaor\u00e9, puisque c\u2019est de lui qu\u2019il s\u2019agit, fondateur de Sahel films production, convie par la m\u00eame occasion, l\u2019ensemble des populations \u00e0 l\u2019avant-premi\u00e8re de ce film, ce jeudi 7 octobre 2021 au cin\u00e9 Burkina \u00e0 15h30 avec une entr\u00e9e gratuite.<\/b><\/p>\n<p>: Quel lien Issaka Compaor\u00e9 a avec la culture, notamment le cin\u00e9ma ?<\/p>\n<p>Issaka Compaor\u00e9 : J\u2019ai fait mes \u00e9tudes de cin\u00e9ma en France, dans une \u00e9cole qu\u2019on appelle le Conservatoire libre du cin\u00e9ma fran\u00e7ais, qui ont \u00e9t\u00e9 sanctionn\u00e9es par une ma\u00eetrise en r\u00e9alisation et en montage. Apr\u00e8s cela, et au plan professionnel, j\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 de courts m\u00e9trages sur la poliomy\u00e9lite, le noma. J\u2019ai \u00e9galement \u00e9t\u00e9 assistant de production de Saint Pierre Yam\u00e9ogo pendant longtemps. A un moment donn\u00e9, je me suis dit qu\u2019il faut que je puisse aussi voler de mes propres ailes. J\u2019ai donc cr\u00e9\u00e9 une soci\u00e9t\u00e9 qui s\u2019appelle Sahel films production. C\u2019\u00e9tait dans les ann\u00e9es 2003 et je travaillais dans l\u2019institutionnel, dans la communication avec des organisations non-gouvernementales, le syst\u00e8me des nations-unies, etc. Il fallait que je d\u00e9veloppe des projets de longs m\u00e9trages. J\u2019ai collabor\u00e9 avec Saint Pierre Yam\u00e9ogo pour ces projets, en l\u2019occurrence \u00ab Bayiri \u00bb, \u00ab Wend\u00e9mi \u00bb, etc.<\/p>\n<p>De mon propre parcours, je dois dire que je suis documentaliste. J\u2019ai donc fait beaucoup de portraits ; c\u2019est vraiment mon projet-phare. Ce projet m\u2019a fait conna\u00eetre \u00e0 travers le monde. J\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 70 portraits sur de cin\u00e9astes africains, dont ceux sur Idrissa Ou\u00e9draogo, Saint Pierre Yam\u00e9ogo, Abderrahmane Sissoko, Timit\u00e9 Bassori, Gaston Kabor\u00e9, Roger Gnoan M\u2019Bala, Fanta Nacro, Val\u00e9rie Kabor\u00e9, Kady jolie, etc. J\u2019ai fait ces portraits en collaboration avec TV5, Canal +, l\u2019Organisation internationale de la Francophonie, le minist\u00e8re de la Culture, des arts et du tourisme. Ils ont bien aim\u00e9, ils m\u2019ont soutenu et aujourd\u2019hui, c\u2019est devenu des portraits qui comptent pour la m\u00e9moire du cin\u00e9ma africain. Ce qui peut aider \u00e0 travers le monde, parce que mes portraits ont concern\u00e9 des cin\u00e9astes de toutes les zones de l\u2019Afrique (Afrique du nord, Afrique australe, Afrique occidentale, Afrique centrale, Afrique orientale). Ce sont des portraits qui sont aujourd\u2019hui utilis\u00e9s dans des \u00e9coles de cin\u00e9ma pour enseigner. Ils constituent aussi un pan important de la culture africaine.<\/p>\n<p><b>\u2026 Jusqu\u2019\u00e0 ce que vous rencontriez le r\u00e9alisateur Issa Traor\u00e9 de Brahima, on imagine !<\/b><\/p>\n<p>Effectivement, jusqu\u2019\u00e0 ce que je rencontre Issa Traor\u00e9 de Brahima, qui m\u2019a contact\u00e9 pendant un FESPACO et qui souhaitait qu\u2019on puisse s\u2019entendre pour la production de son film. Il m\u2019a donc pr\u00e9sent\u00e9 un sc\u00e9nario et nous avons travaill\u00e9 l\u00e0-dessus. Il y a eu des apports de sc\u00e9naristes. Avec l\u2019aide de Dieu, nous avons cherch\u00e9 des fonds, et c\u2019est essentiellement le minist\u00e8re en charge de la culture qui a \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 nous soutenir, pour une aide au d\u00e9veloppement. Ensuite, une aide \u00e0 la production avec un budget de d\u00e9part qui tournait autour de 500 millions de francs CFA. Apr\u00e8s, il y a eu des partenaires internationaux (TV5 Monde, OIF, le Fonds de d\u00e9veloppement culturel et touristique pour la post-production). Le film s\u2019est fait en co-production avec une soci\u00e9t\u00e9 qui s\u2019appelle Sah\u00e9lis productions qui a apport\u00e9 dans la balance, une soci\u00e9t\u00e9 belge qui s\u2019appelle Viavolta (qui s\u2019est charg\u00e9e de la post-production). C\u2019est avec ces trois entit\u00e9s, cette mayonnaise, que nous avons pu finaliser ce film : \u00ab Tama djan \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019Odyss\u00e9e.<\/p>\n<p>C\u2019est un film qui \u00e9tablit un parall\u00e8le entre le voyage d\u2019un sachet plastique, qui va conna\u00eetre des difficult\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 \u00eatre recycl\u00e9 et un couple qui se d\u00e9chire, qui va conna\u00eetre des difficult\u00e9s, des probl\u00e8mes de jalousie jusqu\u2019\u00e0 ce que ce couple-l\u00e0 aussi se r\u00e9concilie.<\/p>\n<p><b>C\u2019est quoi le but ici ?<\/b><\/p>\n<p>On s\u2019est dit qu\u2019avec le changement climatique, m\u00eame les plus sceptiques savent que la plan\u00e8te\/l\u2019environnement a aujourd\u2019hui besoin d\u2019\u00eatre prot\u00e9g\u00e9 (e). Nous devons donc prot\u00e9ger la plan\u00e8te, notre environnement. Cette protection doit venir de nous individuellement. Chacun de nous doit changer de comportements pour que nous puissions l\u00e9guer aux g\u00e9n\u00e9rations futures, un environnement de vie meilleur. Donc, chaque acte que nous posons doit \u00eatre r\u00e9fl\u00e9chi, pour que nous puissions prot\u00e9ger la nature. Donc, ce film qui parle de pollution doit alerter les consciences du monde entier. Ce n\u2019est pas seulement africain, c\u2019est \u00e0 tout le monde entier que \u00e7a parle, il est universel. Ce film sur l\u2019environnement peut donc \u00eatre un plaidoyer pour notre continent, afin que les regards puissent se fixer sur les changements climatiques avec leurs effets de baisse de pluviom\u00e9trie, la r\u00e9currence des catastrophes naturelles qui endeuillent des familles. Le film \u00ab Tama djan \u00bb est achev\u00e9 et la s\u00e9lection officielle au niveau de FESPACO est faite. Nous comptons faire l\u2019avant-premi\u00e8re ce jeudi 7 octobre \u00e0 partir de 15h 30 au cin\u00e9 Burkina.<\/p>\n<p><b>A quoi r\u00e9pond une avant-premi\u00e8re pour un film ?<\/b><\/p>\n<p>C\u2019est tr\u00e8s important pour le parcours d\u2019un film, parce que vous montrez aux partenaires, aux associ\u00e9s, que votre film est pr\u00eat et que vous communiquez pour son exploitation. C\u2019est aussi pour un engouement autour du film pendant le FESPACO. L\u2019objectif de tout cela, c\u2019est aussi d\u2019attitrer d\u2019autres partenaires, des personnes qui travaillent dans la distribution. C\u2019est une projection qui est donc destin\u00e9e aux partenaires et potentiels partenaires, \u00e0 la presse, aux autorit\u00e9s, aux amis, proches, collaborateurs ainsi qu\u2019aux acteurs du film (techniciens, com\u00e9diens\u2026).<\/p>\n<p><b>Pour une telle th\u00e9matique, on imagine que vous avez d\u00fb faire appel \u00e0 des com\u00e9diens aguerris ?<\/b><\/p>\n<p>Effectivement, et parmi ces acteurs majeurs, on a G\u00e9rard Ou\u00e9draogo, Abdoulaye Komboudri (dit fils de l\u2019homme), Monique Ilboudo, pour ne citer que ces noms. Il fallait du temps de pr\u00e9paration pour qu\u2019ils s\u2019impr\u00e8gnent du sc\u00e9nario. On a pris deux \u00e0 trois semaines de pr\u00e9paration. C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019on s\u2019est isol\u00e9 dans un endroit, ils ont r\u00e9p\u00e9t\u00e9 et on a fait des tests. Surtout qu\u2019il y avait des partenaires \u00e9trangers qui sont venus avec tout le mat\u00e9riel image et son, nous n\u2019avions donc pas droit \u00e0 l\u2019erreur. Nous avons essay\u00e9 de mettre les moyens sur le plan technique, artistique, pour que le film soit vraiment de belle facture. Il est vrai que le film a pris du temps, car on a commenc\u00e9 le tournage en 2015, on pensait \u00eatre pr\u00eat au FESPACO 2017, mais pour des questions de moyens, on n\u2019a pas pu. En 2021, c\u2019est chose faite et il est dans la s\u00e9lection officielle.<\/p>\n<p><b>Au lancement, il \u00e9tait pr\u00e9vu que le tournage dure dix mois. C\u2019\u00e9tait quoi le principal souci pour que vous ayez tir\u00e9 sur le temps ?<\/b><\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait vraiment les finances. Il y aussi le fait que les guichets sont devenus rarissimes, m\u00eame en Europe. Au plan national, on n\u2019a pas une v\u00e9ritable politique nationale de soutien au cin\u00e9ma, \u00e0 la culture de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale. Le long m\u00e9trage, la culture de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, a un prix. \u00c7a n\u00e9cessite beaucoup de moyens. On peut citer des pays qui viennent (il y a un peu longtemps pour certains) de se doter de fonds en la mati\u00e8re, comme le S\u00e9n\u00e9gal, le Maroc, la Tunisie, l\u2019Alg\u00e9rie. Ce sont des syst\u00e8mes nationaux, dot\u00e9s de fonds p\u00e9rennes, qui permettent d\u2019injecter dans un film, d\u00e8s le d\u00e9part, des centaines de millions.<\/p>\n<p>Avec ce fonds de d\u00e9part, \u00e7a te permet de retravailler le film. Et la meilleure fa\u00e7on de s\u2019afficher \u00e0 quelqu\u2019un, c\u2019est de lui dire comment les choses sont (nous disposons de tels moyens). C\u2019est la meilleure fa\u00e7on de s\u2019attirer des partenaires et l\u00e0, vous partez la t\u00eate haute. Malheureusement, au Burkina, des efforts sont faits, mais jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, il n\u2019y a pas de fonds p\u00e9renne qui soutient le cin\u00e9ma. Ce qui fait qu\u2019on ne peut pas toujours d\u00e9fendre notre culture en comptant sur des fonds ext\u00e9rieurs. La meilleure mani\u00e8re de d\u00e9fendre sa culture, c\u2019est de vraiment compter sur ses propres moyens.<\/p>\n<p><b>Le Burkina, c\u2019est quand m\u00eame le si\u00e8ge du FESPACO, le plus grand festival du cin\u00e9ma africain ! Cette situation d\u2019incons\u00e9quence n\u2019est-elle pas incompr\u00e9hensible ?<\/b><\/p>\n<p>On ne peut pas comprendre cette situation, c\u2019est difficile. Quand tu voyages \u00e0 travers le monde, on vous dit chez vous, il y a un grand festival, etc.<\/p>\n<p>Malheureusement, la volont\u00e9 politique r\u00e9elle pour mettre un fonds en place fait d\u00e9faut. Il y a eu des tentatives, des \u00e9tudes, des rapports, mais jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, au niveau du minist\u00e8re en charge de la culture, chaque ann\u00e9e, c\u2019est peut-\u00eatre 50\u2026, 100 millions de francs CFA. Ce qui ne vaut m\u00eame pas le budget d\u2019un court m\u00e9trage (a fortiori un long m\u00e9trage). Il y a eu le soutien ponctuel du pr\u00e9sident du Faso d\u2019un montant d\u2019un milliard (dans le cadre du covid-19, ndlr). L\u00e0 aussi, on a vu comment les choses se sont termin\u00e9es, \u00e7a nous a tous desservis. Malheureusement ! C\u2019est \u00e0 nous donc de voir comment r\u00e9fl\u00e9chir, dans la mesure o\u00f9 le FESPACO est une vitrine importante. Il faut parler d\u2019une seule voix pour que l\u2019Etat puisse mettre en place un fonds qui va soutenir vraiment la culture de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<p>Quand je prends le cas du S\u00e9n\u00e9gal, invit\u00e9 d\u2019honneur de cette \u00e9dition du FESPACO, son fonds tend vers trois milliards de francs CFA. Et c\u2019est un soutien qui s\u2019est av\u00e9r\u00e9 pertinent, vues les productions de belles factures faites. Je pourrai citer par exemple Alain Gomis, qui a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de ce fonds et qui a remport\u00e9 deux Etalons d\u2019or (2013 et 2017, ndlr). Nous sommes un pays de cin\u00e9ma, qui a connu de grands r\u00e9alisateurs, mais il faut une volont\u00e9 politique pour accompagner cet ensemble. Sans cela, je pense qu\u2019on fonce directement dans le mur.<\/p>\n<p><b>Le fait d\u2019avoir tir\u00e9 sur le temps n\u2019a-t-il pas jou\u00e9 sur la qualit\u00e9 du film (les acteurs n\u2019ont-ils pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9motiv\u00e9s) ?<\/b><\/p>\n<p>Les moyens qu\u2019on a eus nous ont permis de tourner et de finir le tournage. Un long m\u00e9trage, m\u00eame une s\u00e9rie, quand vous d\u00e9marrez, il faut terminer. Sinon, les acteurs vieillissent, des changements de techniciens interviennent, etc., et apr\u00e8s, le film va devenir du n\u2019importe quoi. Donc, par rapport \u00e0 \u00ab Tama djan \u00bb, nous avons tout tourn\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 la fin. Maintenant, c\u2019est l\u2019autre son de cloche, la post-production pour laquelle il fallait chercher des financements. Donc, le film n\u2019a pas pris un coup.<\/p>\n<p>Pour un film dont la th\u00e9matique int\u00e9resse tant les populations que les dirigeants, quelle va \u00eatre votre strat\u00e9gie apr\u00e8s le FESPACO, pour que la mayonnaise de la sensibilisation prenne ?<\/p>\n<p>Effectivement, apr\u00e8s le FESPACO qui est vraiment une vitrine pour faire conna\u00eetre le film sur le plan national et international, nous allons faire une sortie du film en France, en Belgique, etc. Pendant le FESPACO, il y aura des projections dans les salles de cin\u00e9, dans certains autres lieux publics, et m\u00eame \u00e0 la place de la nation. Le FESPACO est une bonne vitrine pour pouvoir d\u00e9nicher aussi de potentiels distributeurs qui vont faire voyager le film.<\/p>\n<p>Nous comptons \u00e9galement aller dans des festivals, notamment \u00e0 Cannes qui avait m\u00eame r\u00e9clam\u00e9 le film. Mais en ce moment, on \u00e9tait en discussions avec Orange, qui s\u2019\u00e9tait m\u00eame engag\u00e9e, mais on s\u2019est rendu compte que pour une exploitation, \u00e7a ne nous arrangeait pas. \u00ab Tama djan \u00bb est un film dont la th\u00e9matique est originale, parle au monde entier ; parce que tout ce qui est pollution concerne m\u00eame les pays d\u00e9velopp\u00e9s. Il y a aussi les cha\u00eenes de Canal Olympia qui sont int\u00e9ress\u00e9es pour l\u2019exploitation. Les cha\u00eenes de t\u00e9l\u00e9 (TV5 est partenaire) et bien d\u2019autres sont int\u00e9ress\u00e9es. Il y a aussi des t\u00e9l\u00e9s africaines avec lesquelles nous aurons des partenariats pour diffuser le film. A c\u00f4t\u00e9 de ces canaux, nous avons des fondations et des universit\u00e9s qui sont pr\u00eates pour diffuser le film et qui en font la demande.<\/p>\n<p>Quelle est la principale le\u00e7on que donne ce film, quand on sait que populations et dirigeants ne sont parfois pas sur la m\u00eame longueur d\u2019ondes. En C\u00f4te d\u2019Ivoire par exemple, le sachet plastique est interdit et cette interdiction se vit sur le terrain\u2026<\/p>\n<p>Aussi au Rwanda, c\u2019est interdit et les choses sont respect\u00e9es. C\u2019est le fort du Burkina de prendre des textes et de ne pas les respecter. Entre les d\u00e9cisions et la pratique, il y a un \u00e9cart. Dans les normes, les sachets plastiques devraient \u00eatre interdits. Mais jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, il n\u2019y a rien. Il faut une volont\u00e9 politique. Il ne s\u2019agit pas seulement de l\u00e9gif\u00e9rer, il faut aussi sensibiliser sur ces questions, \u00e0 travers ce genre de films pour que les populations puissent comprendre qu\u2019elles ont un grand r\u00f4le \u00e0 jouer. Ce qui devra nous arranger tous. Dans le film, vous verrez qu\u2019il y a des animaux qui consomment des sachets et qui en meurent. Ces sachets bouchent aussi les tuyaux de l\u2019ONEA (Office national de l\u2019eau et de l\u2019assainissement), les caniveaux et ils sont nocifs pour l\u2019homme.<\/p>\n<p>Il faut travailler \u00e0 ce que le syst\u00e8me de sachets bio soit accessible aux populations. C\u2019est vrai que le sachet plastique est un business et beaucoup y trouvent leurs comptes, mais il faut choisir entre pr\u00e9server l\u2019environnement, la sant\u00e9 des populations, et servir des hommes d\u2019affaires. Il faut \u00e9duquer les gens \u00e0 cette citoyennet\u00e9, apprendre aux gens \u00e0 ne pas jeter des plastiques de fa\u00e7on d\u00e9sordonn\u00e9e. Chacun doit avoir des poubelles chez lui, bien classer ses sachets pour pr\u00e9server l\u2019environnement qui est notre cadre de vie commun. Il faut une volont\u00e9 politique, car avec la sensibilisation, les gens finiront par comprendre.<\/p>\n<p><b>Qu\u2019est-ce qui vous a particuli\u00e8rement motiv\u00e9 \u00e0 accepter la production de ce film ?<\/b><\/p>\n<p>On est tous li\u00e9s par le r\u00e9chauffement climatique. Aucune nation n\u2019y \u00e9chappe. Je me dis que c\u2019est aussi ma contribution que de produire ce film pour participer \u00e0 la sensibilisation. La question principale, c\u2019est quelle plan\u00e8te allons-nous laisser \u00e0 nos enfants ? Faut-il aller toujours dans la surproduction, le business\u2026, sans se soucier de l\u2019environnement ? \u00c7a n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 facile, mais l\u2019essentiel, c\u2019est de parvenir \u00e0 la sensibilisation pour le bonheur de tout le monde.<\/p>\n<p><b>Au Burkina, l\u2019enjeu de la question est aussi marqu\u00e9 par l\u2019existence d\u2019un minist\u00e8re en charge de l\u2019environnement. Quelle appropriation souhaiteriez-vous que les autorit\u00e9s aient de ce film ?<\/b><\/p>\n<p>Dieu merci, j\u2019ai nou\u00e9 des contacts avec le minist\u00e8re de l\u2019Environnement. Ils (responsables du minist\u00e8re, ndlr) sont ouverts aux discussions. Nous comptons m\u00eame les mettre en avant pour voir dans quelle mesure ce film-l\u00e0 peut \u00eatre un plaidoyer aupr\u00e8s d\u2019institutions internationales. Je me dis que le minist\u00e8re peut donc s\u2019en approprier pour faire des plaidoyers aupr\u00e8s de partenaires nationaux et internationaux. Il peut m\u00eame \u00eatre diffus\u00e9 des dans \u00e9coles, universit\u00e9s, des centres pour jeunes, etc.<\/p>\n<p><b>A quelques jours de l\u2019ouverture du FESPACO 2021, \u00eates-vous confiant qu\u2019on n\u2019aura pas une \u00e9dition au rabais (quand on sait que le monde est contraint au covid-19 et que le Burkina conna\u00eet en plus des pr\u00e9occupations s\u00e9curitaires) ?<\/b><\/p>\n<p>Il n\u2019y a pas d\u2019\u00e9dition au rabais. Je suis au sein du FESPACO, je peux vous rassurer que nous travaillons vraiment depuis longtemps pour que cette \u00e9dition soit une \u00e9dition pleine, qui va r\u00e9pondre aux attentes. Le FESPACO est un \u00e9v\u00e8nement majeur du pays des hommes int\u00e8gres. Il fallait d\u2019abord travailler pour qu\u2019il puisse avoir lieu et ait un impact mondial. Il y a vraiment beaucoup d\u2019innovations qui sont en train d\u2019\u00eatre op\u00e9r\u00e9es.<\/p>\n<p>Le FESPACO 2021 ne sera donc pas une \u00e9dition au rabais. Il y a de nombreux partenaires nouveaux qui seront-l\u00e0, l\u2019engouement sera r\u00e9el. Je remercie vraiment les autorit\u00e9s burkinab\u00e9 qui ont, malgr\u00e9 les difficult\u00e9s, maintenu le cap du FESPACO. De nombreuses personnes pensaient vraiment qu\u2019on n\u2019aura pas de FESPACO cette ann\u00e9e, mais Dieu merci, les autorit\u00e9s ont compris l\u2019enjeu et ont mis les moyens pour que cette \u00e9dition-l\u00e0 ne soit pas une \u00e9dition au rabais. Je vais vous \u00e9pargnez de beaucoup de d\u00e9tails, mais vous verrez qu\u2019il y a beaucoup d\u2019innovations li\u00e9es par exemple aux enfants, aux jeunes, aux professionnels et tout va se focaliser au si\u00e8ge du FESPACO. Il y aura aussi un colloque sur le rapport de l\u2019UNESCO pour relancer le cin\u00e9ma africain. Il y aura donc de nombreuses innovations qui vont faire de ce FESPACO, un FESPACO pas comme les autres.<\/p>\n<p><b>Pour terminer\u2026 ?<\/b><\/p>\n<p>J\u2019invite vraiment les cin\u00e9philes \u00e0 prendre d\u2019assaut les salles de cin\u00e9 et les lieux de projections pour voir ce film, \u00ab Tama djan \u00bb. Nous avons tous besoin du message pour prendre soins de notre milieu de vie. J\u2019invite les parents \u00e0 m\u00eame venir avec les enfants pour voir le film, car il est \u00e9ducatif, il permettra aux enfants de comprendre l\u2019importance des gestes et la dangerosit\u00e9 des sachets plastiques et comment ils doivent se tenir face \u00e0 la pr\u00e9occupation.<\/p>\n<p>Je souhaite un bon festival aux festivaliers, qui vont venir de tout le monde entier. Je suis s\u00fbr que chacun sera content d\u2019\u00eatre \u00e0 cette \u00e9dition \u00e9galement du FESPACO, parce que chacun va y tirer son compte. Bienvenus et tr\u00e8s bon s\u00e9jour \u00e0 tous ceux-l\u00e0 qui vont venir au Burkina. Je lance un appel aux Burkinab\u00e8 \u00e0 toujours se mobiliser pour pr\u00e9server ce bien commun qui nous a \u00e9t\u00e9 l\u00e9gu\u00e9 par les devanciers, le FESPACO, afin de le transmettre, rayonnant \u00e9galement, aux g\u00e9n\u00e9rations futures.<\/p>\n<p>Nous n\u2019avons pas droit \u00e0 l\u2019erreur, c\u2019est pourquoi les gens travaillent d\u2019arrache-pied pour que cet \u00e9v\u00e8nement soit, une fois de plus, un succ\u00e8s. Que les gens se mobilisent autour du film \u00ab Tama djan \u00bb. On n\u2019a pas le choix, il faut se mobiliser pour sauver notre environnement, \u00e0 commencer m\u00eame par notre environnement familial. Entretien r\u00e9alis\u00e9 par O.H.L<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Africa-Press &#8211; Burkina Faso. 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