{"id":26851,"date":"2021-12-07T19:13:20","date_gmt":"2021-12-07T19:13:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/?p=26851"},"modified":"2021-12-07T17:25:47","modified_gmt":"2021-12-07T17:25:47","slug":"assechement-de-la-riviere-kou-un-coupable-avec-plusieurs-modes-operatoires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/dossiers\/assechement-de-la-riviere-kou-un-coupable-avec-plusieurs-modes-operatoires","title":{"rendered":"Ass\u00e8chement de la rivi\u00e8re Kou : Un coupable avec plusieurs modes op\u00e9ratoires"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #ff6600\"><strong>Africa-Press &#8211; Burkina Faso. <\/strong><\/span><b>La rivi\u00e8re Kou, dans les Hauts-Bassins, longue d\u2019environ 80 km est une ressource naturelle qui approvisionne en eau potable, la ville de Bobo-Dioulasso et favorise l\u2019agriculture. Principal affluent du fleuve Mouhoun, ce poumon \u00e9conomique ploie, malheureusement, sous le poids de l\u2019ensablement, des pratiques agricoles prohib\u00e9es et de la pollution, entre autres.<\/b><\/p>\n<p>En ce d\u00e9but du mois de novembre, un calme plat r\u00e8gne sur les bords de la rivi\u00e8re Kou du c\u00f4t\u00e9 du village de Nasso, dans la r\u00e9gion des Hauts-Bassins. Seuls les chants des oiseaux distillent par moments des notes musicales qui t\u00e9moignent de l\u2019existence d\u2019esp\u00e8ces vivant dans les parages. A quelques jets de pierres, dans le lit du cours d\u2019eau, Oumou Millogo, une femme du village, la trentaine sonn\u00e9e, le pagne nou\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 la poitrine, s\u2019attelle \u00e0 la lessive sans se pr\u00e9occuper de sa fille de cinq ans distraite au bord de l\u2019eau.<\/p>\n<p>\u00ab La fillette ne court aucun risque de noyade car la rivi\u00e8re n\u2019est plus profonde \u00bb indique le tr\u00e9sorier adjoint du Comit\u00e9 local de l\u2019eau du Kou (CLE\/Kou), Simplice Sanou, par ailleurs, pr\u00e9sident du Comit\u00e9 villageois de d\u00e9veloppement (CVD) de Nasso. Lamoussa Sanou, 45 ans, lui, est pr\u00e9occup\u00e9 \u00e0 remuer la terre \u00e0 quelques 10 m\u00e8tres de la rivi\u00e8re, loin de Glasgow, en \u00c9cosse, au Royaume-Uni o\u00f9 l\u2019avenir du climat impactant l\u2019existence des ressources naturelles \u00e9tait en d\u00e9bat. Son unique objectif est de tirer sa pitance quotidienne afin de subvenir aux besoins de son \u00e9pouse et de ses six enfants.<\/p>\n<p>Quadrag\u00e9naire M. Sanou exploite les berges du Kou depuis plus de 20 ans. \u00ab Pendant la saison des pluies, sur mon terrain d\u2019environ 0,25 ha, je s\u00e8me du ma\u00efs en avril dans l\u2019espoir de r\u00e9colter 60 \u00e0 70 jours plus tard avant que les lieux ne soit inond\u00e9s \u00e0 partir du mois de juillet. Une fois la saison des pluies pass\u00e9e, je reviens sur le lopin de terre pour cette fois-ci cultiver de l\u2019arachide comme c\u2019est le cas en ce mois de novembre \u00bb explique-t-il, sans g\u00eane.<\/p>\n<p>Cette ann\u00e9e, au regard de la bonne \u00e9volution de sa production, il esp\u00e8re se tirer d\u2019affaire avec une cagnotte de 150 000 \u00e0 200 000 FCFA. Savez-vous que votre activit\u00e9 agricole a des cons\u00e9quences n\u00e9fastes sur le\u2026 ? \u00ab Je n\u2019ai pas le choix \u00bb r\u00e9plique-t-il, un brin \u00e9nerv\u00e9, sans nous laisser le temps d\u2019achever notre question. Il se ressaisit quelques secondes apr\u00e8s, et l\u00e2che : \u00ab Les champs que nos parents exploitaient ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s au profit de l\u2019Universit\u00e9 Nazi-Boni.<\/p>\n<p>Je n\u2019ai qu\u2019une petite portion de moins de 0,20 ha \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ma concession pour les besoins de ma famille \u00bb. Pour le tr\u00e9sorier adjoint du CLE\/Kou de Nasso, ces premiers constats sur l\u2019existence des actions anthropiques d\u00e9gradant les berges du Kou ne sont qu\u2019une partie<\/p>\n<p>visible de l\u2019iceberg. \u00ab La question fonci\u00e8re se pose \u00e0 Nasso. Une grande partie des terres est occup\u00e9e par l\u2019Universit\u00e9 Naz- Boni (qui poss\u00e8de \u00e0 elle seule 1 100 ha), le s\u00e9minaire catholique, l\u2019Ecole nationale des eaux et for\u00eats et la for\u00eat class\u00e9e \u00bb, confie-t-il.<\/p>\n<p>A l\u2019entendre, de peur que l\u2019Etat ne les exproprie sans compensation, certains propri\u00e9taires terriens ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 les vendre. C\u2019est ce qui explique la ru\u00e9e de la population, constitu\u00e9e en majeur partie de jeunes, sur les berges du Kou, affirme-t-il. Au bord de l\u2019affluent du fleuve Mouhoun, les exploitants ont la chance de travailler deux fois dans l\u2019ann\u00e9e pendant la saison des pluies et en contre-saison.<\/p>\n<p>Les productions sont diversifi\u00e9es avec notamment le ma\u00efs, le riz, l\u2019arachide, les l\u00e9gumes et les plantations de bananes qui longent le cours d\u2019eau. Selon Simplice Sanou, le lit du cours d\u2019eau \u00e9tait \u00e0 l\u2019\u00e9poque tr\u00e8s r\u00e9tr\u00e9ci et profond. \u00ab Il pouvait atteindre plus de trois m\u00e8tres de profondeur mais aujourd\u2019hui, avec la d\u00e9gradation des berges dues \u00e0 plusieurs facteurs, l\u2019eau d\u00e9passe \u00e0 peine les genoux \u00bb justifie-t-il, avec regret. La for\u00eat qui jonchait le cours d\u2019eau a disparu pour c\u00e9der la place aux champs. L\u2019occupation anarchique des bords de la rivi\u00e8re, la divagation des animaux, les pluies diluviennes et l\u2019\u00e9rosion ont contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019ensablement du cours d\u2019eau, confie-t-il.<\/p>\n<p>Sit\u00e9l\u00e9 Sanou, n\u00e9 en 1941 est le chef de Nasso. A son avis, la rivi\u00e8re Kou a un totem et des pratiques peu orthodoxes ont pignon sur rue aujourd\u2019hui dans le cours d\u2019eau. \u00ab Il est interdit d\u2019entrer dans la rivi\u00e8re avec une marmite d\u00e9j\u00e0 d\u00e9pos\u00e9e sur le feu. Au cours de la baignade \u00e0 la Guinguette, plusieurs jeunes de Bobo font des choses inadmissibles dans la rivi\u00e8re. Les hautes personnalit\u00e9s de la ville ont \u00e9t\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises interpell\u00e9es sans suite car d\u2019aucuns pensent que la Guinguette est un lieu de loisir \u00bb l\u00e2che-t-il, l\u2019air impuissant.<\/p>\n<p>Pour mieux \u00e9tayer le danger qui guette le Kou, le patriarche rappelle les incidents malheureux \u00e0 la station de l\u2019Office national de l\u2019eau et de l\u2019assainissement (ONEA) de Nasso. A en croire le gardien de la tradition, la nationale de l\u2019eau enregistrait des d\u00e9g\u00e2ts et des morts accidentelles de ses agents sur ses installations de Nasso. \u00ab Les responsables de l\u2019ONEA nous ont approch\u00e9s. Chaque ann\u00e9e ils nous envoient un mouton pour les sacrifices. Depuis qu\u2019ils ont entrepris cette d\u00e9marche, aucun incident n\u2019a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 sur le site \u00bb, t\u00e9moigne le sage.<\/p>\n<p>Le chef du village lie \u00e9galement la diminution du d\u00e9bit de l\u2019eau de la rivi\u00e8re \u00e0 la mort des poissons et des ca\u00efmans sacr\u00e9s, \u00e0 cause de la pollution due aux d\u00e9chets toxiques provenant des soci\u00e9t\u00e9s industrielles de la ville de Sya. Un argument en partie partag\u00e9 par le pr\u00e9sident du CLE\/Kou, Lamine Soulama, par ailleurs haut-commissaire de la province du Houet. Selon lui, la probl\u00e9matique des eaux us\u00e9es rejet\u00e9es par les soci\u00e9t\u00e9s industrielles est \u00e0 r\u00e9soudre.<\/p>\n<p>Il s\u2019agit, entre autres, de la Soci\u00e9t\u00e9 nouvelle huilerie et savonnerie (CITEC), de la Soci\u00e9t\u00e9 africaine de produits phytosanitaires et d\u2019insecticides (SAPHYTO) et des huileries du secteur informel qui ont leurs d\u00e9chets dans le cours d\u2019eau. En plus des pratiques culturales et la divagation des animaux, qui sont des facteurs d\u2019ensablement du cours d\u2019eau, le pr\u00e9sident du Cl\u00e9\/Kou pointe du doigt l\u2019\u00e9tat actuel des ponts situ\u00e9s sur le Kou notamment ceux de Nasso et de Dind\u00e9r\u00e9sso.<\/p>\n<p>\u00ab Ces infrastructures sont inadapt\u00e9es au point qu\u2019en saison des pluies les d\u00e9bris et les troncs d\u2019arbres d\u00e9racin\u00e9s bouchent les cellules de ces ouvrages. Cette situation entraine le retour de l\u2019eau vers les installations de l\u2019ONEA. A plusieurs reprises, la nationale de l\u2019eau \u00e9tait oblig\u00e9e de fermer sa station inond\u00e9e, de peur que son liquide pr\u00e9cieux ne soit pollu\u00e9 par les eaux us\u00e9es. Ce qui a souvent occasionn\u00e9 des p\u00e9nuries d\u2019eau potable dans la ville de Bobo-Dioulasso \u00bb, explique le haut-commissaire du Houet.<\/p>\n<p>Face \u00e0 ces d\u00e9sagr\u00e9ments, poursuit M. Soulama, des actions ponctuelles de curage de ces ponts ont \u00e9t\u00e9 organis\u00e9es par le CLE\/Kou. N\u00e9anmoins, pour une solution durable, il est important que ces infrastructures soient reconstruites, pr\u00e9conise-t-il. Ces facteurs n\u00e9fastes ont un impact sur la plaine rizicole am\u00e9nag\u00e9e de Bama. Plus de 12 000 ha ont \u00e9t\u00e9 emblav\u00e9s, \u00e0 cet effet et d\u00e9pendent exclusivement de l\u2019eau de la rivi\u00e8re du Kou pour la culture du riz en saison s\u00e8che.<\/p>\n<p>Nouhoun Ou\u00e9draogo, 55 ans, mari\u00e9 et p\u00e8re de 5 enfants, est producteur et membre de la coop\u00e9rative n\u00b01 parmi les neuf existantes dans ladite plaine. Le quinquag\u00e9naire est frapp\u00e9 de plein fouet par le manque d\u2019eau. Sur sa portion de 0,5 ha log\u00e9e dans le bloc n\u00b08 acquise en 1995, l\u2019exploitant affirme qu\u2019il ne peut plus exploiter son lopin de terre en saison s\u00e8che. Selon lui, le manque d\u2019eau s\u2019est pos\u00e9 bien avant les ann\u00e9es 2 000, au niveau du bloc n\u00b08, mais c\u2019est v\u00e9ritablement \u00e0 cette date qu\u2019il lui a \u00e9t\u00e9 impossible de travailler en contre-saison dans son champ.<\/p>\n<p>Toute chose qui a fait p\u00e9ricliter drastiquement son chiffre d\u2019affaires. Au beau temps, en saison s\u00e8che, se rem\u00e9more-t-il, il confie disposer en g\u00e9n\u00e9ral de 30 \u00e0 32 sacs de riz de 100 Kg contre 20 sacs en campagne humide. Ce qui correspond \u00e0 un chiffre d\u2019affaires de plus de 750 000 FCFA par an (ndlr, le kg de riz paddy co\u00fbte 150F). \u00ab Mais il m\u2019est difficile \u00e0 pr\u00e9sent d\u2019avoir 20 sacs. Cela varie entre 18 et 20 sacs soit moins de 300 000 FCFA par an \u00bb, d\u00e9plore-t-il.<\/p>\n<p>Ma\u00efmouna Ou\u00e9draogo, n\u00e9e en 1976 \u00e0 Ouahigouya, m\u00e8re de 4 enfants et productrice de riz est \u00e9galement affect\u00e9e par la probl\u00e9matique de l\u2019eau. Membre de la coop\u00e9rative \u00ab Siniyasigui \u00bb compos\u00e9e de 65 femmes et 20 hommes, Mme Ou\u00e9draogo cultive le riz \u00e0 la vall\u00e9e depuis 1990. A l\u2019entendre, cela fait pr\u00e8s de dix ans qu\u2019elle n\u2019arrive plus \u00e0 produire convenablement au cours des deux saisons de l\u2019ann\u00e9e sur son lopin de terre de moins 0,25 ha, surtout en saison s\u00e8che.<\/p>\n<p>Pour \u00e9viter de se tourner les pouces durant cette p\u00e9riode, elle s\u2019adonne \u00e0 la culture de l\u00e9gumes, de la patate ou du ma\u00efs. Toutefois, la productrice fait remarquer que par moment, sa production n\u2019arrive pas \u00e0 maturit\u00e9 du fait du manque d\u2019eau.<\/p>\n<p>Zakaria Ou\u00e9draogo est le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Union de la coop\u00e9rative rizicole de Bama. N\u00e9 en 1981 mari\u00e9 et p\u00e8re de cinq enfants, il produit aussi du riz sur une superficie d\u2019un hectare dans la plaine de Bama qu\u2019il a h\u00e9rit\u00e9e de son d\u00e9funt p\u00e8re. M. Ou\u00e9draogo vit aussi le m\u00eame calvaire.<\/p>\n<p>Membre de la coop\u00e9rative n\u00b04 et exploitant log\u00e9 dans le Bloc n\u00b02, il dit \u00eatre oblig\u00e9 de substituer la culture du riz \u00e0 celle de la tomate ou du ma\u00efs. Le SG de la fa\u00eeti\u00e8re des coop\u00e9ratives de Bama soutient que le manque d\u2019eau est li\u00e9 \u00e0 plusieurs ph\u00e9nom\u00e8nes. Selon lui, le probl\u00e8me majeur se situe au niveau des exploitants clandestins install\u00e9s le long du canal d\u2019amen\u00e9e et tout le long de la rivi\u00e8re du Kou. Ces exploitants pompent une quantit\u00e9 importante d\u2019eau si bien que l\u2019or bleu n\u2019arrive plus en quantit\u00e9 suffisante \u00e0 la plaine, d\u00e9plore-t-il.<\/p>\n<p>Au canal d\u2019amen\u00e9e, pr\u00e9cise le SG, seulement 60 ha initialement destin\u00e9s \u00e0 l\u2019Institut de l\u2019environnement et de recherches agricoles (INERA) pour des besoins de recherches, \u00e9taient autoris\u00e9s \u00e0 la production. Mais aujourd\u2019hui, ce sont plus de 700 ha de terre qui sont exploit\u00e9es, t\u00e9moigne-t-il. Une \u00e9tude men\u00e9e par la direction provinciale de l\u2019agriculture, de l\u2019hydraulique et des ressources halieutiques du Houet et le projet \u00ab GE eau \u00bb en 2007 a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que 1 088 ha d\u2019exploitations agricoles menacent les berges du Kou et de Koumi \u00e0 Bama.<\/p>\n<p>Sur ces 1 088 ha, environ 60% (soit 653 ha) des exploitations agricoles sont situ\u00e9es entre 0 et 50 m\u00e8tres du lit du cours d\u2019eau, alors que les normes en la mati\u00e8re recommandent une distance de s\u00e9curit\u00e9 d\u2019au moins 100 m\u00e8tres. La m\u00eame \u00e9tude a not\u00e9 que 173 ha sont situ\u00e9s entre 0 et 5 m\u00e8tres du lit de la rivi\u00e8re. Les cons\u00e9quences de toutes ces agressions<\/p>\n<p>sont l\u2019ensablement, la pollution de l\u2019eau \u00e0 cause des pesticides utilis\u00e9s par les agriculteurs, l\u2019\u00e9vaporation de l\u2019eau du fait de l\u2019absence de v\u00e9g\u00e9tation le long du Kou et la p\u00e9nurie d\u2019eau \u00e0 la vall\u00e9e du Kou \u00e0 Bama.<\/p>\n<p>Et le SG de l\u2019union des coop\u00e9ratives d\u2019ajouter la v\u00e9tust\u00e9 des canaux construits depuis les ann\u00e9es 1990. A ses dires, le circuit est parsem\u00e9 de plusieurs fissures occasionnant des pertes d\u2019eau. Les statistiques indiquent qu\u2019en campagne humide, 1 385 producteurs exploitent les 12 000 ha pour la culture de riz. Du fait de la p\u00e9nurie de \u00ab l\u2019or bleu \u00bb en saison s\u00e8che, la superficie consacr\u00e9e \u00e0 la production du riz a chut\u00e9 \u00e0 500 ha exploit\u00e9s seulement par 700 producteurs, avoue Zakaria Ou\u00e9draogo.<\/p>\n<p>A l\u2019\u00e9couter, la raret\u00e9 de l\u2019eau s\u2019est accentu\u00e9e \u00e0 partir de 2014. Pour y rem\u00e9dier, des missions de l\u2019Etat ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9p\u00each\u00e9es \u00e0 Bama. \u00ab A l\u2019issue des \u00e9changes, un projet sur le bassin versant du Kou ainsi qu\u2019une \u00e9tude de faisabilit\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 mis sur pied. Le ministre de l\u2019Agriculture lors du lancement de la campagne agricole pass\u00e9e avait promis que le gouvernement investirait quatre milliards FCFA dans la r\u00e9habilitation du r\u00e9seau hydraulique de la plaine. Nous attendons la r\u00e9alisation de ces projets \u00bb, avance le repr\u00e9sentant des producteurs.<\/p>\n<p>A son avis, le Conseil r\u00e9gional porte \u00e9galement un projet sur l\u2019\u00e9tude de faisabilit\u00e9. Cependant M. Ou\u00e9draogo fait remarquer qu\u2019au regard de l\u2019ampleur des probl\u00e8mes \u00e9num\u00e9r\u00e9s, il est imp\u00e9ratif que les acteurs mutualisent leurs efforts pour trouver une solution globale. Le m\u00eame avis est partag\u00e9 par le Chef de service Ressources en eau et Infrastructures hydrauliques \u00e0 la Direction r\u00e9gionale de l\u2019eau et de l\u2019assainissement des Hauts-Bassins, Florentin Garba par ailleurs responsable de la police de l\u2019eau des Hauts-Bassins.<\/p>\n<p>Pour lui, un Forum national sur le Kou a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9 en 2011 et pr\u00e9sid\u00e9 par le minist\u00e8re en charge de l\u2019eau avec la participation des acteurs concern\u00e9s. De ce conclave est ressorti un plan d\u2019actions de trois milliards FCFA pour sauver le Kou. Malheureusement, \u00e0 la date d\u2019aujourd\u2019hui, ce plan n\u2019a pas encore \u00e9t\u00e9 mis en \u0153uvre. Selon le responsable de la police de l\u2019eau, des travaux de colmatage des br\u00e8ches du cours d\u2019eau, de reboisement et une \u00e9tude sommaire ont \u00e9t\u00e9 entrepris par le CLE\/Kou et l\u2019Agence de l\u2019Eau du Mouhoun sans que le probl\u00e8me ne soit r\u00e9solu.<\/p>\n<p>\u00ab Des actions de sensibilisation et de r\u00e9pression en 2015, 2016 et 2019 par la police de l\u2019eau ont permis de r\u00e9soudre ponctuellement certains probl\u00e8mes d\u2019occupation des bande de servitude du Kou \u00bb, relate-t-il. Selon le tr\u00e9sorier adjoint du CLE\/Kou, la pratique culturale sur les berges du ravin a la peau dure. Car m\u00eame les arbres offerts aux exploitants par le comit\u00e9 pour le reboisement ne sont pas entretenus convenablement. Certains exploitants, pr\u00e9cise-t-il, de peur que les arbres n\u2019envahissent leurs champs passent par des techniques pour les tuer \u00e0 partir des racines.<\/p>\n<p>\u00ab Les populations ne sont pas dispos\u00e9es \u00e0 respecter la zone de servitude de 100 m\u00e8tres d\u00e9limit\u00e9e. Le probl\u00e8me se pose sur le long du cours d\u2019eau. Il est encore plus criard \u00e0 Diaradougou o\u00f9 les habitants ont des plantations de bananes aux bords des berges. Nous<\/p>\n<p>faisons des sorties sur le terrain pour sensibiliser les populations mais elles ne sont pas pr\u00eatent \u00e0 lib\u00e9rer la zone de servitude \u00bb, d\u00e9plore-t-il. Et le responsable de la police de l\u2019eau du Houet d\u2019insister que ni la r\u00e9pression ni la sensibilisation ne viendront \u00e0 bout du ph\u00e9nom\u00e8ne.<\/p>\n<p>Il en veut pour preuve l\u2019exemple dans le village de Nasso o\u00f9 une grande partie des terres est occup\u00e9e par le s\u00e9minaire, l\u2019ONEA et l\u2019universit\u00e9 Nazi-Boni. \u00ab Beaucoup de superficies ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 vendues. Les populations se retrouvent coinc\u00e9es et ne savent pas o\u00f9 aller\u00bb, atteste-t-il.<\/p>\n<p>Pour sauver le Kou, M. Garba propose un plan d\u2019actions prenant en compte les r\u00e9alit\u00e9s de la situation. Il s\u2019agit, pour lui, de d\u00e9limiter la bande de servitude de la rivi\u00e8re Kou, recenser les producteurs qui sont dans la zone d\u00e9limit\u00e9e, r\u00e9aliser des p\u00e9rim\u00e8tres am\u00e9nag\u00e9s pour ces exploitants, reboiser la bande de servitude sur les 80 km de la rivi\u00e8re Kou, faire le reprofilage de la rivi\u00e8re, colmater les br\u00e8ches et d\u00e9senvaser le cours.<\/p>\n<p>\u00ab Une fois les exploitants des berges d\u00e9localis\u00e9s, un dispositif s\u00e9curitaire sera d\u00e9sormais mis en place pour contr\u00f4ler les bandes de servitude pour \u00e9viter d\u2019autres occupants en r\u00e9primant toutes tentatives d\u2019occupation comme la police de l\u2019eau le fait actuellement avec brio sur les barrages de Samendeni, Toussiana, Dieri, Chantal Compaor\u00e9 \u00bb, sugg\u00e8re Florentin Garba. Et Simplice Sanou d\u2019emboucher la m\u00eame trompette. \u00ab La meilleure solution est de suivre l\u2019exemple de l\u2019ONEA qui a s\u00e9curis\u00e9 sa bande de servitude en d\u00e9dommageant les foyers qui se trouvaient \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la bande. Le projet a \u00e9t\u00e9 financ\u00e9 par la Banque Mondiale.<\/p>\n<p>L\u2019ONEA a trouv\u00e9 un site pour ces personnes affect\u00e9es \u00bb rel\u00e8ve le membre du CLE\/Kou. L\u2019Agence r\u00e9gionale de d\u00e9veloppement est l\u2019un des bras financiers du Conseil r\u00e9gional des Hauts-Bassins dans ses actions de d\u00e9veloppement. Elle a adopt\u00e9 le projet du Conseil r\u00e9gional sur la r\u00e9habilitation de la rivi\u00e8re Kou. Selon le Directeur de l\u2019Agence r\u00e9gionale de d\u00e9veloppement, Dr Dramane Ouattara, l\u2019\u00e9l\u00e9ment motivateur du projet est le fait qu\u2019il int\u00e8gre les pr\u00e9occupations de quatre communes situ\u00e9es \u00e0 l\u2019arri\u00e8re du cours d\u2019eau. Il s\u2019agit des communes de Karangasso Sambla, Bama, et Toussiana. \u00ab Nous avons d\u00e9j\u00e0 pu mobiliser un fonds de l\u2019ordre de 100 millions FCFA.<\/p>\n<p>Lorsque nous avons \u00e9chang\u00e9 avec les responsables du CLE\/Kou, nous nous sommes rendus compte que cette somme ne peut prendre en charge la question du colmatage des br\u00e8ches du cours d\u2019eau. Nous avons donc d\u00e9cid\u00e9 de d\u00e9porter le projet \u00e0 la r\u00e9alisation de forages pour pallier le probl\u00e8me d\u2019eau de nos populations \u00bb, indique Dr Dramane Ouattara. N\u00e9anmoins, sa structure prospecte d\u2019autres sources de financement. M. Ouattara affirme qu\u2019un plaidoyer aupr\u00e8s de l\u2019UEMOA est men\u00e9 afin de faciliter un s\u00e9minaire \u00e0 Lom\u00e9, au Togo, avec les grands bailleurs de fonds tels que le groupe m\u00e9ridien, la Banque mondiale et d\u2019autres partenaires. \u00ab Nous fondons l\u2019espoir qu\u2019\u00e0 l\u2019issue de ce conclave, de belles perspectives seront trouv\u00e9es pour \u00e9viter une catastrophe \u00e9cologique dans la r\u00e9gion des Hauts-Bassins \u00bb, confie Dr Ouattara.<\/p>\n<p><b>Abdoulaye BALBONE<\/b><\/p>\n<p><b>La rivi\u00e8re Kou en bref<\/b><\/p>\n<p>La rivi\u00e8re Kou, d\u2019une longueur totale d\u2019environ 80 km, est p\u00e9renne sur environ 70 km de long. Le cours d\u2019eau est le premier grand affluent en rive droite du fleuve Mouhoun. La rivi\u00e8re prend sa source vers la localit\u00e9 de P\u00e9ni \u00e0 environ 500 m d\u2019altitude. Le Kou est aliment\u00e9 par plusieurs sources dont les plus importantes sont celles de la Guinguette et les sources de Pesso\/Desso. En saison s\u00e8che, les sources de la Guinguette, qui d\u00e9bitent actuellement 1734 l\/s (DREA-HBS, 2019) atteignaient 2620 l\/s en 1997 (SP\/RE\/R39, 1997). Cette ressource constitue l\u2019essentiel du d\u00e9bit de base de la rivi\u00e8re Kou et contribue \u00e0 alimenter en aval d\u2019importants am\u00e9nagements hydro-agricoles en saison s\u00e8che (p\u00e9rim\u00e8tres irrigu\u00e9s de la Vall\u00e9e du Kou 1 200 ha). Les principaux affluents sont le Yengu\u00e9, le Niam\u00e9, le Suo, le Farakoba, le Bingb\u00e9l\u00e9, le W\u00e9, le Yakouba et le Bango. A.B.<\/p>\n<p><b>Une strat\u00e9gie pour minimiser le manque d\u2019eau \u00e0 Bama<\/b><\/p>\n<p>La plaine irrigu\u00e9e de Bama d\u2019une superficie totale de 12 060 ha est approvisionn\u00e9e par un syst\u00e8me d\u2019irrigation gravitaire \u00e0 travers un canal d\u2019amen\u00e9e qui prend sa source \u00e0 Diaradougou \u00e0 11,20 km de longueur et un canal principal qui ceinture la plaine de 10,800 km de long. L\u2019eau provient de la rivi\u00e8re Kou depuis la source de Nasso en passant par le canal d\u2019amen\u00e9e jusqu\u2019au canal principal. C\u2019est \u00e0 partir de ce dernier circuit que le liquide pr\u00e9cieux est distribu\u00e9 en campagne s\u00e8che aux 8 blocs et 82 tertiaires de la plaine. Compte tenu de l\u2019insuffisance d\u2019eau, la plaine a \u00e9t\u00e9 r\u00e9partie en deux zones. La zone n\u00b01 qui couvre le bloc n\u00b01. Le bloc 4 est arros\u00e9 en eau pendant 5 jours dans la semaine et les 2 jours restants sont consacr\u00e9s \u00e0 la zone n\u00b02 (bloc n\u00b05 au bloc n\u00b08). Ce proc\u00e9d\u00e9 de distribution d\u2019eau s\u2019applique de janvier jusqu\u2019en avril et \u00e0 partir de juin o\u00f9 la zone n\u00b02 prend le relai de 5 jours d\u2019eau dans la semaine. Selon les techniciens, la r\u00e9partition est bien pens\u00e9e. Car le riz de la zone n\u00b01 au mois d\u2019avril n\u2019a plus besoin d\u2019assez d\u2019eau. A l\u2019oppos\u00e9, \u00e0 partir du mois de juin, le riz de la zone n\u00b02 qui est au stade embryonnaire a besoin d\u2019une quantit\u00e9 suffisante d\u2019eau. A.B.<\/p>\n<p><strong>Pour plus d&rsquo;informations et d&rsquo;analyses sur la <a href=\"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\">Burkina Faso<\/a>, suivez <a href=\"https:\/\/www.africa-press.net\/\">Africa-Press<\/a><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Africa-Press &#8211; Burkina Faso. La rivi\u00e8re Kou, dans les Hauts-Bassins, longue d\u2019environ 80 km est une ressource naturelle qui approvisionne en eau potable, la ville de Bobo-Dioulasso et favorise l\u2019agriculture. Principal affluent du fleuve Mouhoun, ce poumon \u00e9conomique ploie, malheureusement, sous le poids de l\u2019ensablement, des pratiques agricoles prohib\u00e9es et de la pollution, entre autres. 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