{"id":42325,"date":"2022-06-10T10:05:25","date_gmt":"2022-06-10T10:05:25","guid":{"rendered":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/politique\/dr-t-julien-savadogo-si-le-systeme-sanitaire-du-burkina-nevolue-pas-vers-le-don-dorganes-nous-allons-payer-la-facture-de-notre-avenir-medical"},"modified":"2022-06-10T10:30:59","modified_gmt":"2022-06-10T10:30:59","slug":"dr-t-julien-savadogo-si-le-systeme-sanitaire-du-burkina-nevolue-pas-vers-le-don-dorganes-nous-allons-payer-la-facture-de-notre-avenir-medical","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/video\/dr-t-julien-savadogo-si-le-systeme-sanitaire-du-burkina-nevolue-pas-vers-le-don-dorganes-nous-allons-payer-la-facture-de-notre-avenir-medical","title":{"rendered":"Dr T. Julien Savadogo : \u00ab Si le syst\u00e8me sanitaire du Burkina n\u2019\u00e9volue pas vers le don d\u2019organes, nous allons payer la facture de notre avenir m\u00e9dical \u00bb"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #ff6600\"><strong>Africa-Press &#8211; Burkina Faso. <\/strong><\/span><b>Il n\u2019est pas rare de voir sous nos tropiques des malades atteints d\u2019insuffisance r\u00e9nale rendre l\u2019\u00e2me tout simplement parce qu\u2019ils n\u2019ont pas b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une greffe pour suppl\u00e9er leurs reins d\u00e9faillants. C\u2019est pareil pour le c\u0153ur, le foie et d\u2019autres organes dont les insuffisances, \u00e0 un stade terminal, ne peuvent \u00eatre efficacement trait\u00e9es que par une transplantation d\u2019organes. Cette offre qualitative de soins r\u00e9pondrait \u00e0 une forte demande au Burkina Faso si seulement notre pays acc\u00e9dait \u00e0 ce progr\u00e8s scientifique. Dans cette interview qu\u2019il nous a accord\u00e9e, Dr T. Julien Savadogo, chirurgien au CHU Yalgado Ou\u00e9draogo et enseignant chercheur \u00e0 l\u2019Unit\u00e9 de formation et de recherche en sciences de la sant\u00e9 (UFR\/SDS) de l\u2019universit\u00e9 Joseph Ki-Zerbo, nous explique l\u2019urgence du don d\u2019organes au Burkina Faso et interpelle les autorit\u00e9s \u00e0 une prise de conscience rapide pour sauver des vies.<\/b><br \/>\n<b>: Quand on parle de don de mat\u00e9riel biologique, \u00e0 quoi fait-on r\u00e9f\u00e9rence ?<\/b><\/p>\n<p>Dr T. Julien Savadogo : Le don de mat\u00e9riel biologique, c\u2019est tout ce qui a trait \u00e0 une donation de tout ce qui est composant d\u2019un organisme humain, qu\u2019il soit vivant ou qu\u2019il soit mort. Le mat\u00e9riel biologique peut \u00eatre constitu\u00e9 de corps, d\u2019organes, de placentas, de tissus et\/ou de cellules souches ; ces cellules souches pouvant \u00eatre h\u00e9matopo\u00ef\u00e9tiques ou sexuelles.<\/p>\n<p><b>Est-ce que le don de mat\u00e9riel biologique est une r\u00e9alit\u00e9 au Burkina Faso ?<\/b><\/p>\n<p>Le don de mat\u00e9riel biologique n\u2019est pas encore une r\u00e9alit\u00e9 au Burkina Faso. Quant \u00e0 celui de corps, il y a eu une ordonnance qui a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9e par le capitaine Thomas Sankara, pr\u00e9sident du Faso \u00e0 l\u2019\u00e9poque de sa signature. C\u2019est lui-m\u00eame qui a sign\u00e9 cette ordonnance et c\u2019\u00e9tait en 1984.<\/p>\n<p>Cette ordonnance induit l\u2019acheminement des corps de sujets d\u00e9c\u00e9d\u00e9s qui, au bout de 48 heures, ne sont pas r\u00e9clam\u00e9s par une famille ou une tierce personne, au laboratoire d\u2019anatomie et organogen\u00e8se de l\u2019universit\u00e9 Joseph Ki-Zerbo pour des travaux scientifiques dans un but diagnostic ou dans un but th\u00e9rapeutique. Pour les autres constituants de ce que nous avons choisi d\u2019appeler mat\u00e9riel biologique, pour les organes, il n\u2019y a aucun don d\u2019organes, aucun don de tissus, aucun don de cellules souches, aucun don de placentas r\u00e9alis\u00e9 au Burkina Faso jusqu\u2019\u00e0 l\u2019heure o\u00f9 nous parlons.<\/p>\n<p>Pour le don d\u2019organes, il faut pr\u00e9ciser qu\u2019en d\u00e9cembre 2021, l\u2019Assembl\u00e9e nationale du Burkina Faso a vot\u00e9 un texte constitu\u00e9 de lois, permettant le don d\u2019organes au Burkina Faso. Mais il s\u2019agit uniquement d\u2019un sujet vivant qui choisirait de donner un organe \u00e0 un autre sujet vivant. Ce don ne concerne pas les sujets qui peuvent choisir, en cas de d\u00e9c\u00e8s, de donner leurs organes \u00e0 un sujet vivant.<\/p>\n<p><b>Si l\u2019Assembl\u00e9e nationale s\u2019est pench\u00e9e sur la question, qu\u2019est-ce qui emp\u00eache l\u2019op\u00e9rationnalisation du don d\u2019organes au Burkina Faso ?<\/b><\/p>\n<p>Parce que le d\u00e9cret d\u2019application n\u2019est pas encore en vigueur. Il faudrait que le d\u00e9cret d\u2019application puisse \u00eatre mis en application pour que ce don soit effectif au Burkina Faso. Et pour qu\u2019il y ait ce d\u00e9cret, il aurait fallu que ce travail soit poursuivi. Mais, nous avons tous constat\u00e9 qu\u2019en janvier 2022, au cours de la 3e semaine, il y a eu une perturbation de l\u2019appareil l\u00e9gislatif et ex\u00e9cutif au Burkina Faso, ce qui retarde cette proc\u00e9dure. Mais nous gardons un espoir que ce d\u00e9cret d\u2019application sera sign\u00e9 et qu\u2019on pourra aller vers le don d\u2019organes au Burkina Faso.<\/p>\n<p><b>Comment saisissez-vous l\u2019urgence du don de mat\u00e9riel biologique notamment d\u2019organes dans les structures sanitaires au Burkina Faso ?<\/b><\/p>\n<p>Nous l\u2019avons dit pr\u00e9c\u00e9demment dans une autre \u00e9mission ou dans d\u2019autres reportages. Il est vraiment urgent que le Burkina Faso aille vers ce don d\u2019organes parce que les patients qui pr\u00e9sentent une insuffisance d\u2019un organe, qu\u2019il s\u2019agisse du rein, du c\u0153ur, du foie ou les patients qui ne voient plus, qui ont eu des probl\u00e8mes oculaires et qui ont besoin d\u2019une greffe (corn\u00e9e, \u2026) sont l\u00e9gion au Burkina Faso. Pour vous en convaincre, au Burkina Faso, il y a \u00e0 peu pr\u00e8s 25 000 patients qui souffrent d\u2019une insuffisance r\u00e9nale.<\/p>\n<p>Ceux qui sont inscrits sur la file de la r\u00e9alisation de la dialyse parce qu\u2019ils sont arriv\u00e9s \u00e0 un stade d\u2019insuffisance r\u00e9nale chronique, au stade terminal, nous voulons dire le stade 5 ; ces patients sont nombreux au Burkina Faso et si ce n\u2019est que le nombre, on pourrait s\u2019en contenter. Mais il faut remarquer que ceux qui parviennent \u00e0 faire la dialyse ne sont pas nombreux parce qu\u2019au d\u00e9but, pour \u00eatre inscrit sur cette file de dialyse, il fallait payer 1 500 000 francs CFA et maintenant c\u2019est pass\u00e9 \u00e0 500 000 francs CFA.<\/p>\n<p>Quand on essaie de faire le calcul, avec le prix de la dialyse \u00e9tal\u00e9 sur une semaine, un mois, une ann\u00e9e, faire la dialyse \u00e0 un patient insuffisant r\u00e9nal chronique, au stade terminal, \u00e9quivaudrait \u00e0 lui faire une greffe de rein puisque la greffe de rein actuellement co\u00fbte entre 10 et 12 millions de francs CFA. Un patient qui b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019une greffe de rein, s\u2019il arrive \u00e0 supporter ces frais inh\u00e9rents \u00e0 ses soins, au bout d\u2019une ann\u00e9e, ce patient aura r\u00e9gl\u00e9 un probl\u00e8me tr\u00e8s s\u00e9rieux parce qu\u2019il acc\u00e8de \u00e0 une nouvelle vie et au bout de cette ann\u00e9e, pendant laquelle il n\u2019aura plus besoin de dialyse, il se retrouve \u00e0 commencer \u00e0 \u00e9conomiser.<\/p>\n<p><b>Si ce don devient une r\u00e9alit\u00e9, quelles sont les conditions \u00e0 remplir pour pouvoir le faire ?<\/b><\/p>\n<p>Pour arriver \u00e0 ce don de mat\u00e9riel biologique au Burkina Faso, il faut une condition pr\u00e9alable. Il faut sensibiliser ce peuple burkinab\u00e8, cette population. Cette sensibilisation est d\u2019autant plus importante que la th\u00e8se que nous avons choisie de diriger \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Joseph Ki-Zerbo, une th\u00e8se, pour laquelle, nous avons partag\u00e9 la direction avec le Dr Th\u00e9odore Ou\u00e9draogo, ma\u00eetre de conf\u00e9rences en anatomie et organogen\u00e8se, en donne la teneur.<\/p>\n<p>Pour cette th\u00e8se, nous avons choisi de parler des connaissances, des attitudes et des pratiques du Burkinab\u00e8 face au don de mat\u00e9riel biologique. Il \u00e9tait question de parler de fa\u00e7on plus sp\u00e9cifique du don du corps, d\u2019organes, de tissus, de cellules souches et de placentas.<\/p>\n<p>Nous avons men\u00e9 une enqu\u00eate aupr\u00e8s de la population de la ville de Ouagadougou pour savoir ce que les gens savent de ce don et qu\u2019est-ce que les gens ont comme appr\u00e9hensions. Est-ce qu\u2019il y a des r\u00e9ticences ? Cette th\u00e8se a permis de comprendre que le Burkinab\u00e8 r\u00e9sidant \u00e0 Ouagadougou, pour cette premi\u00e8re partie de l\u2019enqu\u00eate, ne sait pas ce qu\u2019est que le don de corps et d\u2019organes. Et les raisons \u00e9voqu\u00e9es, pour toutes les r\u00e9ticences que nous avons eu \u00e0 constater au cours de ce travail, sont relatives \u00e0 la culture africaine, \u00e0 la religion, \u2026.<\/p>\n<p>Il y a \u00e9norm\u00e9ment de blocages. Pour ceux qui se sont laiss\u00e9s emporter par l\u2019empathie qu\u2019on pourrait avoir \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019un patient, pour ceux qui se sont laiss\u00e9s convaincre par la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9aliser cette greffe ou d\u2019arriver \u00e0 ce don de mat\u00e9riel biologique de fa\u00e7on globale, on s\u2019est vite rendu compte que le Burkinab\u00e8 est consentant pour qu\u2019on aille \u00e0 cette qualit\u00e9 de soins.<\/p>\n<p><b>Vous avez parl\u00e9 de compatibilit\u00e9. Est-ce que le groupage sanguin intervient \u00e0 ce niveau ?<\/b><\/p>\n<p>Le don de mat\u00e9riel biologique n\u2019impose pas d\u2019avoir un groupe sanguin identique \u00e0 celui du donneur et la compatibilit\u00e9 ne se trouve pas au niveau du groupage sanguin. Permettez-moi de faire une parenth\u00e8se et parler du groupage sanguin. Quand on a commenc\u00e9 \u00e0 parler de la transfusion sanguine en Afrique et au Burkina Faso, les gens pensaient que c\u2019\u00e9tait \u00e0 d\u2019autres fins.<\/p>\n<p>Le patient ou celui qui accompagne le patient finit par se rendre compte de l\u2019imp\u00e9rieuse n\u00e9cessit\u00e9 de faire un don de sang, \u00e0 partir du moment o\u00f9 on est soi-m\u00eame dans la situation ou quand on a un parent, un patient qui est couch\u00e9 sur un lit d\u2019h\u00f4pital et qui a d\u2019\u00e9normes soucis parce qu\u2019il n\u2019arrive pas \u00e0 trouver du sang ; on comprend en ce moment l\u2019importance de donner son sang et c\u2019est en ce moment \u00e9galement qu\u2019on peut participer \u00e0 la promotion du don de sang. Le don de sang est devenu une r\u00e9alit\u00e9 au Burkina Faso et \u00e7a permet de sauver \u00e9norm\u00e9ment de vies.<\/p>\n<p>Quant au don de tout ce qu\u2019on peut appeler mat\u00e9riel biologique, bien vrai que le sang est un liquide biologique pour lequel la transfusion impose de r\u00e9aliser un test de compatibilit\u00e9 antig\u00e9nique, pour les antig\u00e8nes port\u00e9s par les globules rouges, avant que ce sang ne soit transfus\u00e9 ; pour le cas sp\u00e9cifique du mat\u00e9riel biologique, c\u2019est le typage HLA. Un donneur peut choisir de donner son rein \u00e0 son p\u00e8re ou \u00e0 sa m\u00e8re et en r\u00e9alisant le test de compatibilit\u00e9 immunologique, on se rend compte que ce rein ne peut pas \u00eatre donn\u00e9 au patient choisi par le donneur.<\/p>\n<p>C\u2019est pour cela que la premi\u00e8re condition \u00e0 remplir est de faire ces tests de compatibilit\u00e9. Mais pour \u00eatre plus pr\u00e9cis, avant d\u2019arriver \u00e0 ces tests de compatibilit\u00e9, il y a une premi\u00e8re \u00e9tape : la sensibilisation ; la deuxi\u00e8me \u00e9tape, les textes de lois qui doivent \u00eatre suivis de d\u00e9crets d\u2019application et la troisi\u00e8me \u00e9tape est l\u2019\u00e9quipement des structures hospitali\u00e8res d\u00e9di\u00e9es \u00e0 cette transplantation. Et une fois qu\u2019on aura mis tout cela en place, il faudrait cr\u00e9er des registres.<\/p>\n<p>Un registre de donneurs, un registre de receveurs, puisqu\u2019en ce moment on conna\u00eet les patients qui sont dans le besoin, qui sont atteints d\u2019insuffisance r\u00e9nale, cardiaque, h\u00e9patique, \u2026, et \u00e0 partir de ce moment, nous aurons deux registres (donneurs et receveurs) et il est m\u00eame possible d\u2019\u00e9tablir un registre pour le refus de don de mat\u00e9riel biologique. Et celui qui ne consent pas \u00e0 donner ses organes ou son corps peut s\u2019inscrire sur le registre de refus.<\/p>\n<p>Ce registre de refus permet justement de ne pas aller vers le consentement pr\u00e9sum\u00e9 tel qu\u2019il est actuellement r\u00e9alis\u00e9 dans certains pays d\u2019Europe, nous voulons citer pr\u00e9cis\u00e9ment la Belgique o\u00f9 l\u2019obtention de la carte de s\u00e9jour fait syst\u00e9matiquement de ce celui qui la porte, un donneur potentiel. Que vous le vouliez ou pas, de fa\u00e7on implicite, porter cette carte \u00e0 Bruxelles, fait de vous un donneur syst\u00e9matique de vos organes.<\/p>\n<p><b>M\u00eame si ce don n\u2019est pas encore effectif au Burkina Faso, est-ce qu\u2019on peut avoir une id\u00e9e sur les organes les plus demand\u00e9s ?<\/b><\/p>\n<p>Il faut dire qu\u2019il y a deux aspects qui peuvent \u00eatre servis quant \u00e0 votre question. Il y a ce que la population sait des organes qui sont le plus demand\u00e9s et au cours de cette th\u00e8se, nous nous sommes rendu compte que le Burkinab\u00e8, par rapport aux Africains de l\u2019ouest, conna\u00eet mieux les organes qui sont demand\u00e9s, qui sont transplant\u00e9s et qui sont transplantables. Le deuxi\u00e8me volet ou aspect, permettant d\u2019apporter une r\u00e9ponse \u00e0 votre question, c\u2019est de dire de fa\u00e7on plus pr\u00e9cise que l\u2019organe le plus demand\u00e9 actuellement, c\u2019est le rein, le c\u0153ur et le foie pour ne citer que ces trois.<\/p>\n<p><b>Si le d\u00e9cret d\u2019application venait \u00e0 entrer en vigueur, est ce que les h\u00f4pitaux burkinab\u00e8 disposent des comp\u00e9tences techniques pour une bonne mise \u0153uvre de ce progr\u00e8s scientifique ?<\/b><\/p>\n<p>Pour le don de mat\u00e9riel biologique, nous pouvons dire qu\u2019aucune structure hospitali\u00e8re du Burkina Faso n\u2019est pr\u00e9par\u00e9e \u00e0 r\u00e9aliser ce qui n\u2019\u00e9tait pas dans ses habitudes. Pour arriver \u00e0 un don de corps, il faudrait qu\u2019il y ait des chambres froides dans nos h\u00f4pitaux (ce qui existe d\u00e9j\u00e0), il faudrait qu\u2019il y ait une chambre froide au laboratoire d\u2019anatomie et organogen\u00e8se qui accueillera les corps (ce qui est le cas de ce laboratoire de l\u2019universit\u00e9 Joseph Ki-Zerbo). Les structures hospitali\u00e8res du Burkina Faso et le laboratoire d\u2019anatomie, dans leur \u00e9tat actuel, permettent de r\u00e9aliser ce don de mat\u00e9riel biologique pour ce qui est du corps.<\/p>\n<p>Pour ce qui est des organes par contre, le probl\u00e8me est encore entier parce que pour un donneur vivant, il faudrait qu\u2019il y ait une structure hospitali\u00e8re qui soit d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la greffe de cet organe, \u00e0 la transplantation de cet organe. Le donneur s\u2019y rend, le receveur ou les \u00e9ventuels receveurs y sont d\u00e9j\u00e0 parce qu\u2019ils sont malades et sont suivis pour une insuffisance organique. Et, en ce moment, on fait les tests de compatibilit\u00e9 et on choisira le receveur ad\u00e9quat.<\/p>\n<p>Pour ce qui est de la cha\u00eene de r\u00e9alisation de ce don d\u2019organes, il faudrait suffisamment de blocs op\u00e9ratoires. Pendant qu\u2019on endort le donneur dans une salle op\u00e9ratoire, on endort le receveur dans l\u2019autre salle ; on fait le pr\u00e9l\u00e8vement sur le donneur et on fait la transplantation sur le receveur. C\u2019est \u00e9galement le cas pour les cellules souches et pour les tissus.<\/p>\n<p>Par contre, il y a une dur\u00e9e de conservation de ces diff\u00e9rents tissus, cellules et organes qui varie entre 6 heures et 48 heures. Il faut pouvoir respecter la dur\u00e9e de conservation de ces diff\u00e9rents organes. La banque d\u2019organes n\u2019est pas faite pour conserver les organes pendant plus de 48 heures.<\/p>\n<p>C\u2019est pendant ce temps qu\u2019on doit pouvoir faire le pr\u00e9l\u00e8vement, le transport de la structure de pr\u00e9l\u00e8vement ou du lieu de pr\u00e9l\u00e8vement, si c\u2019est un accident de la voie publique sur un patient qui a consenti \u00e0 donner, en cas d\u2019accident, ses organes, on fait le pr\u00e9l\u00e8vement sur ce lieu (en Europe et aux USA, le pr\u00e9l\u00e8vement est fait par une \u00e9quipe m\u00e9dicale qui est transport\u00e9e par h\u00e9licopt\u00e8re qu\u2019on emm\u00e8ne directement sur le lieu de l\u2019accident, parce qu\u2019on s\u2019est rendu compte que cette personne s\u2019est inscrite sur le registre de donneurs). On fait le transport vers l\u2019h\u00f4pital o\u00f9 cet organe sera greff\u00e9, on fait les tests dans cet intervalle et on fait la transplantation au sujet receveur, compatible avec le donneur.<\/p>\n<p><b>Ce progr\u00e8s scientifique est nouveau au Burkina et peut provoquer des r\u00e9ticences. Comment allez-vous faire pour convaincre la population sur l\u2019importance de ce don ?<\/b><\/p>\n<p>Le probl\u00e8me est de sensibiliser au maximum, d\u2019essayer de convaincre au maximum. Mais la meilleure fa\u00e7on pour convaincre certains Burkinab\u00e8, certains Africains, c\u2019est de faire des \u00e9missions qui tournent autour des structures hospitali\u00e8res et qui mettent en exergue cette difficult\u00e9 v\u00e9cue par les patients. Parce que \u00e7a n\u2019arrive pas qu\u2019aux autres.<\/p>\n<p>Le jour o\u00f9 vous \u00eates en face d\u2019un patient qui a une insuffisance r\u00e9nale (nous vous donnons un exemple concret) : vous \u00eates en face d\u2019un de vos fr\u00e8res qui a une insuffisance r\u00e9nale. Vous d\u00e9cidez aujourd\u2019hui de lui donner un rein ; vous allez en Europe et vous faites tous les tests de compatibilit\u00e9 ou alors vous les faites \u00e0 partir d\u2019ici et on vous ram\u00e8ne les r\u00e9sultats. On vous dit que vous, vous pouvez donner votre rein \u00e0 votre fr\u00e8re. Le Burkina Faso ne vous permet pas de le faire, parce que, aucun texte n\u2019autorise un chirurgien actuellement \u00e0 ouvrir votre ventre, pr\u00e9lever un rein et \u00e0 le greffer \u00e0 votre fr\u00e8re alors que c\u2019est ce rein qui servira votre fr\u00e8re pour lui permettre d\u2019avoir une seconde vie.<\/p>\n<p>Il faudrait que vous compreniez, tout de suite qu\u2019un patient insuffisant r\u00e9nal au Burkina Faso, quand il est sur une file de dialyse, il d\u00e9pensera entre cinq et dix millions par an pour sa dialyse. M\u00eame si vous d\u00e9cidez de donner votre rein \u00e0 ce fr\u00e8re, aucun texte ne vous permet de le faire, aucun texte ne permet \u00e0 une structure hospitali\u00e8re de faire cette greffe, aucun texte ne permet au chirurgien le plus comp\u00e9tent du Burkina Faso ou \u00e0 l\u2019\u00e9quipe chirurgicale la plus ou la mieux habilit\u00e9e de faire ce don en Afrique, m\u00eame si elle arrive au Burkina Faso, elle n\u2019a pas les coud\u00e9es franches pour faire ce pr\u00e9l\u00e8vement et cette greffe.<\/p>\n<p><b>Est-ce que la r\u00e9alisation du don de mat\u00e9riel biologique n\u2019implique pas une r\u00e9tribution des donateurs s\u2019ils sont inscrits dans le registre ?<\/b><\/p>\n<p>Nous sommes dans une science m\u00e9dicale, une science noble ; il y a de l\u2019humanisme et de l\u2019empathie derri\u00e8re. Le don de mat\u00e9riel biologique (organes, \u2026), ne saurait \u00eatre assujetti \u00e0 une r\u00e9tribution de quelque nature que ce soit, qu\u2019elle soit financi\u00e8re ou autre, sinon on risque d\u2019arriver \u00e0 des d\u00e9rives. La premi\u00e8re d\u00e9rive qu\u2019il faut justement \u00e9viter, \u2026 Nous n\u2019osons pas voiler nos mots mais prenons le cas de la transfusion sanguine : le don de sang est b\u00e9n\u00e9vole et quand vous allez au Centre national de transfusion sanguine (CNTS) et que vous remplissez les conditions pour le don de sang, vous ne savez pas \u00e0 qui on ira administrer ce sang ; vous ne savez pas qui sera receveur ou b\u00e9n\u00e9ficiaire de ce sang.<\/p>\n<p>L\u2019exemple est encore plus parlant quand vous \u00eates en face d\u2019un patient que vous devez op\u00e9rer et il a un mauvais taux d\u2019h\u00e9moglobine. L\u2019h\u00e9moglobine est un pigment qui colore les globules rouges et c\u2019est ce pigment que nous quantifions et qualifions de fa\u00e7on indirecte en faisant certains examens de sang. Lorsqu\u2019on parvient \u00e0 une situation o\u00f9 le patient a besoin de sang, c\u2019est en ce moment que la famille se retrouve \u00e0 convoyer tout un \u2018\u2019bataillon\u2019\u2019, passez-moi l\u2019expression, de dix individus, de 20 personnes pour aller donner le sang. Vous pouvez faire le groupage sanguin \u00e0 20 personnes, pr\u00e9lever le sang de 20 personnes, d\u2019une centaine de personnes et vous rendre compte que parmi cette centaine, aucune poche n\u2019est compatible sur le plan antig\u00e9nique au patient que vous voulez op\u00e9rer.<\/p>\n<p>C\u2019est en ce moment que la famille comprend l\u2019importance d\u2019aller donner de fa\u00e7on r\u00e9guli\u00e8re le sang, d\u2019\u00eatre un donneur assidu de sang et \u00e7a permet ainsi \u00e0 chaque patient qui en aura besoin le jour o\u00f9 il doit \u00eatre op\u00e9r\u00e9 de b\u00e9n\u00e9ficier du sang qui aura \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 par un autre individu. Pour ce qui est des organes, c\u2019est la m\u00eame chose. Ce n\u2019est pas parce que vous avez choisi de donner votre organe aujourd\u2019hui qu\u2019il pourra \u00eatre transplant\u00e9 au sujet que vous, vous aurez choisi parce que c\u2019est un proche parent.<\/p>\n<p>C\u2019est en choisissant d\u2019\u00eatre donneur qu\u2019on se pr\u00eate \u00e0 l\u2019expertise m\u00e9dicale, laquelle permettra de savoir si vous \u00eates compatible sur le plan antig\u00e9nique, ph\u00e9notypique ou immunologique de fa\u00e7on globale \u00e0 tel ou tel autre patient. Aucun organe n\u2019est pr\u00e9destin\u00e9 \u00e0 un individu que vous, vous aurez choisi. Il s\u2019agit d\u2019une relation m\u00e9dicale qui s\u2019\u00e9tablira entre un registre de donneurs et un registre de receveurs ou de patients qui en ont besoin.<\/p>\n<p><b>En plus du d\u00e9cret d\u2019application que vous demandez, est-ce qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019autres difficult\u00e9s qui emp\u00eachent la mise en \u0153uvre du don du mat\u00e9riel biologique ?<\/b><\/p>\n<p>Les difficult\u00e9s sont \u00e9normes et le chemin est encore long. Entre la sensibilisation de la population, l\u2019information de la population, la communication avec ce peuple burkinab\u00e8, \u2026. A ce sujet, nous devons exhorter la presse, de quelque nature qu\u2019elle puisse \u00eatre, afin qu\u2019elle contribue efficacement \u00e0 la sensibilisation de cette population.<\/p>\n<p>Les leaders religieux, de quelque bord que ce soit, les m\u00e9decins, \u2026, et la presse \u00e0 ne peut pas optimiser cette sensibilisation sans associer le personnel de sant\u00e9. Il faudrait qu\u2019on sensibilise. Les gens sont r\u00e9ticents parce qu\u2019ils \u00e9voquent la religion mais quand on essaie de creuser un peu plus, on se rend compte que ces personnes r\u00e9ticentes le sont parce qu\u2019elles ne savent pas ou parce qu\u2019elles ne sont pas dans la situation.<\/p>\n<p>Tant qu\u2019on n\u2019est pas dans une situation critique, on a tendance \u00e0 banaliser certaines choses. Et l\u2019\u00eatre humain de fa\u00e7on naturelle peut rester hostile au progr\u00e8s. Mais, ce progr\u00e8s que nous appelons de tous nos v\u0153ux, ce progr\u00e8s que nous appelons \u00e0 aller vers le don de mat\u00e9riel biologique, aller vers la transplantation d\u2019organes, est une v\u00e9ritable urgence pour le Burkina Faso.<\/p>\n<p>Le Mali a d\u00e9j\u00e0 fait un pas en avant, la C\u00f4te d\u2019Ivoire a d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9 la premi\u00e8re transplantation de rein et d\u2019autres pays sont tr\u00e8s en avance par rapport \u00e0 cette qualit\u00e9 de soins qui est offerte actuellement en Afrique. Nous voulons parler des pays du Maghreb et de l\u2019Afrique du sud ; un pays qui est en avance quant au don de mat\u00e9riel biologique.<\/p>\n<p><b>Est-ce que le Burkina Faso aussi peut nourrir l\u2019espoir de voir le plus t\u00f4t possible ces premi\u00e8res transplantations d\u2019organes ?<\/b><\/p>\n<p>Ce progr\u00e8s appel\u00e9 don de corps, d\u2019organes, de tissus, de cellules souches et de placentas est d\u2019une imp\u00e9rieuse n\u00e9cessit\u00e9 au Burkina Faso. Si le peuple burkinab\u00e8, si le syst\u00e8me sanitaire du Burkina Faso n\u2019\u00e9volue pas vers ce don de mat\u00e9riel biologique, je puis vous assurer que nous sommes d\u00e9j\u00e0 en train de payer la facture de notre avenir m\u00e9dical.<\/p>\n<p>Cette phrase est pleine de sens parce qu\u2019actuellement pour former un \u00e9tudiant en m\u00e9decine, en pharmacie ou en chirurgie dentaire au Burkina Faso, nous n\u2019avons pas de corps humain permettant une dissection cadav\u00e9rique pour que cet \u00e9tudiant puisse voir, toucher et comprendre, avant d\u2019arriver dans une structure hospitali\u00e8re, ce qu\u2019est le corps humain. Quand vous arrivez dans une structure hospitali\u00e8re pour faire un pr\u00e9l\u00e8vement de sang, l\u2019apprenant qu\u2019est cet \u00e9tudiant qui est dans la structure, apprendra \u00e0 piquer et \u00e0 faire le pr\u00e9l\u00e8vement sur une veine, sur vous vivant. Dans les pays o\u00f9 ce don de corps est une r\u00e9alit\u00e9, l\u2019apprentissage de tous ces gestes m\u00e9dicaux qu\u2019il soit du niveau d\u2019un infirmier, d\u2019un m\u00e9decin ou d\u2019un chirurgien, cet apprentissage est fait sur un sujet cadav\u00e9rique.<\/p>\n<p>La formation des m\u00e9decins inscrits en sp\u00e9cialisation au Burkina Faso, quelle que soit la sp\u00e9cialit\u00e9 chirurgicale, n\u2019a pas encore int\u00e9gr\u00e9, n\u2019est pas encore arriv\u00e9e \u00e0 ce niveau d\u2019apprentissage o\u00f9 il faut diss\u00e9quer le cadavre. Imaginez-vous, vous arrivez dans un h\u00f4pital, on doit vous op\u00e9rer ; le chirurgien titulaire qui est l\u00e0, il op\u00e8re avec des apprenants dans son entourage. Le jour o\u00f9 cet apprenant finit sa formation, il obtient un dipl\u00f4me, il est affect\u00e9 par l\u2019Etat burkinab\u00e8 dans un h\u00f4pital. Le jour o\u00f9 il tiendra lui-m\u00eame son bistouri pour op\u00e9rer, quand il incisera la premi\u00e8re fois, \u00e7a se passera sur un sujet vivant. Pendant tout son apprentissage, il n\u2019a jamais travaill\u00e9 sur un cadavre ; il n\u2019a jamais r\u00e9p\u00e9t\u00e9 ce geste d\u2019apprentissage sur un cadavre.<\/p>\n<p>Pour vous convaincre, nous avons compl\u00e9t\u00e9 notre formation m\u00e9dicale hors du Burkina Faso. Prenons l\u2019exemple le plus proche : le S\u00e9n\u00e9gal et Dakar. Nous y avons diss\u00e9qu\u00e9 des cadavres, nous avons appris \u00e0 travailler sur des cadavres sur lesquels nous avons fait des erreurs. Quand on se trompe sur le cadavre, on peut refaire le geste sur le c\u00f4t\u00e9 oppos\u00e9 et r\u00e9p\u00e9ter le geste sur d\u2019autres cadavres, sur des sujets qui ont choisi de donner leurs corps \u00e0 la science. Vous arrivez dans les laboratoires d\u2019anatomie en Europe, vous trouverez des laboratoires o\u00f9 il y a 10 000 corps conserv\u00e9s. Le Burkina Faso n\u2019a pas un seul corps conserv\u00e9.<\/p>\n<p>Le Mali (Bamako) a une vingtaine de corps humains qui passent dans le laboratoire d\u2019anatomie et qui sont destin\u00e9s \u00e0 la dissection pour la formation des m\u00e9decins en sp\u00e9cialisation et celle des \u00e9tudiants inscrits en m\u00e9decine, en pharmacie ou en chirurgie dentaire. Au Nig\u00e9ria \u00e9galement, le don de corps est effectif dans plusieurs facult\u00e9s de m\u00e9decine et la dissection est faite sur le cadavre pour assurer une tr\u00e8s belle formation.<\/p>\n<p>Nous voulons apporter une pr\u00e9cision fondamentale. Le directeur de l\u2019unit\u00e9 de formation et de recherche en sciences de la sant\u00e9, le Professeur Adama Sanou, puisque qu\u2019il s\u2019agit de lui, nous a permis par une belle coop\u00e9ration avec l\u2019Universit\u00e9 C\u00f4te d\u2019Azur (UCA) dont la facult\u00e9 de m\u00e9dicine est dirig\u00e9e par le Pr Patrick Baqu\u00e9, un de nos ma\u00eetres, de suivre un enseignement sur le thorax (dissection). L\u2019enseignement a \u00e9t\u00e9 suivi en Zoom par des m\u00e9decins en sp\u00e9cialisation au Burkina Faso, par le directeur et par nous-m\u00eames, entour\u00e9s d\u2019\u00e9tudiants.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 ce qui permet \u00e0 chaque \u00e9tudiant, \u00e0 tout m\u00e9decin en formation de voir ce qui se trouve dans le thorax, de savoir l\u00e0 o\u00f9 se trouve le c\u0153ur, le poumon, \u2026, de voir tous les pi\u00e8ges anatomiques et les dangers que le chirurgien peut rencontrer. Une fois qu\u2019il est aguerri par cette approche du corps humain et de toutes ses structures dans la partie la plus fine possible et dans le moindre d\u00e9tail, parvenu \u00e0 cette expertise chirurgicale, ce m\u00e9decin en sp\u00e9cialisation, futur chirurgien, pourra faire ces interventions chirurgicales avec le moins de risques possibles.<\/p>\n<p>Quand vous comparez deux chirurgiens, un chirurgien qui a appris \u00e0 op\u00e9rer sur le cadavre avant d\u2019apprendre \u00e0 op\u00e9rer sur le vivant et un autre qui a tout appris uniquement sur le vivant, la diff\u00e9rence est frappante. La dissection cadav\u00e9rique est donc une \u00e9tape primordiale de toute formation chirurgicale, tant et si bien que les complications coupl\u00e9es aux gestes des chirurgiens diff\u00e8rent selon la qualit\u00e9 de cette \u00e9tape. Quand on aura commenc\u00e9 ce travail de dissection au Burkina Faso, je peux vous faire le pari que nous ferons cette comparaison.<\/p>\n<p><b>A vous entendre, c\u2019est comme si l\u2019espoir n\u2019\u00e9tait pas permis\u2026<\/b><\/p>\n<p>Nous n\u2019appelons pas cela espoir. C\u2019est une conviction. Nous sommes convaincus que le Burkina Faso va arriver \u00e0 ce don de mat\u00e9riel biologique.<\/p>\n<p><b>Qu\u2019avez-vous comme appel \u00e0 lancer aux autorit\u00e9s du pays pour les interpeller sur le sujet ?<\/b><\/p>\n<p>Je pense que les recommandations formul\u00e9es dans la th\u00e8se de Dr P. Lin\u00e9a Marina Ou\u00e9draogo sont assez \u00e9loquentes. Elles ont \u00e9t\u00e9 adress\u00e9es au pouvoir ex\u00e9cutif, l\u00e9gislatif, aux autorit\u00e9s minist\u00e9rielles (minist\u00e8res de la sant\u00e9 et de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur), au directeur de l\u2019unit\u00e9 de formation et de recherche en sciences de la sant\u00e9 de l\u2019universit\u00e9 Joseph Ki-Zerbo, \u00e0 la population burkinab\u00e8, \u2026 Pour se redire, il faudrait qu\u2019on aille \u00e0 l\u2019\u00e9quipement des laboratoires d\u2019anatomie et organog\u00e9n\u00e8se du Burkina Faso.<\/p>\n<p>Il en existe un dans cette universit\u00e9 (Joseph Ki-Zerbo), un \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Nazi Boni et un dans une universit\u00e9 priv\u00e9e (Saint Thomas D\u2019Aquin) qui n\u2019a pas de chambre froide. Il faut \u00e9quiper tous ces laboratoires, de telle sorte qu\u2019on puisse avoir une cha\u00eene de froid de fa\u00e7on continue. S\u2019il y a une coupure de courant dans ce laboratoire avec des corps dans cette chambre froide, sans relais \u00e9nerg\u00e9tique, c\u2019est la catastrophe. Nous n\u2019avons pas de plaques solaires (photovolta\u00efques) ni de groupe \u00e9lectrog\u00e8ne. C\u2019est un cri de c\u0153ur et nous ne doutons pas que ce cri sera entendu. Voil\u00e0 ce qui concerne le don de corps.<\/p>\n<p>Pour le don d\u2019organes, nous pensons que d\u00e8s que le d\u00e9cret d\u2019application sera d\u2019actualit\u00e9, le Burkinab\u00e8 comprendra. Au cours de cette th\u00e8se, il est ressorti que les sujets insuffisants r\u00e9naux, cardiaques, h\u00e9patiques, \u00e0 la fin de l\u2019enqu\u00eate ou de l\u2019administration du questionnaire, le patient vous regarde avec un regard plein d\u2019espoir, vous laissant entendre : \u2018\u2018Docteur, j\u2019esp\u00e8re que quand vous allez revenir, c\u2019est pour nous dire qu\u2019on pourra b\u00e9n\u00e9ficier de la greffe\u2019\u2019. Ces patients sont des Burkinab\u00e8, ce sont nos s\u0153urs, nos fr\u00e8res, nos parents qui ont besoin de cette greffe et il faudrait qu\u2019on arrive \u00e0 cette greffe.<\/p>\n<p>Pour le don de placenta, cet organe qui est le miroir du processus gestationnel (grossesse), le microscope du nouveau-n\u00e9 et qui est la vision magnifi\u00e9e de la femme qui vient d\u2019accoucher. Il faut avouer qu\u2019\u00e0 Dakar (S\u00e9n\u00e9gal), dans une maternit\u00e9, vous pouvez trouver une dizaine, une vingtaine ou une trentaine de placentas en une journ\u00e9e, qui seront amen\u00e9s \u00e0 l\u2019incin\u00e9rateur (pour y \u00eatre br\u00fbl\u00e9s). Nous n\u2019avons vu aucune femme au S\u00e9n\u00e9gal pendant tout notre s\u00e9jour, r\u00e9clamer un placenta. Pour vous en donner la preuve, nous avons diss\u00e9qu\u00e9 entre 1 500 et 2 000 placentas au S\u00e9n\u00e9gal.<\/p>\n<p>Au Burkina Faso, nous ne sommes parvenus \u00e0 obtenir aucun placenta \u00e0 ce jour. Sur cet organe, appel\u00e9 placenta, il y a des membranes transparentes, qui peuvent \u00eatre utilis\u00e9es pour remplacer la corn\u00e9e. Nous ne vous dirons pas de faire le calcul mais quand on essaie de compter le nombre de patients burkinab\u00e8 qui sont all\u00e9s en Tunisie et qui ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une greffe de corn\u00e9e rapport\u00e9 au co\u00fbt d\u2019une \u00e9vacuation pour greffe de corn\u00e9e, vous comprendrez que si les membranes placentaires peuvent servir \u00e0 cela, nous sommes en train d\u2019enterrer, chaque jour, la vue, la vision de beaucoup de Burkinab\u00e8.<\/p>\n<p>Le placenta peut permettre \u00e9galement de faire des pr\u00e9l\u00e8vements de sang pour obtenir des cellules souches (cellules immatures) qu\u2019on peut administrer \u00e0 des sujets dr\u00e9panocytaires pour traiter la dr\u00e9panocytose. Cette pathologie qui est en train de miner, qui fait souffrir atrocement nos enfants, nos patients et qui ne touche que la race noire et pour laquelle les sujets et les pays ayant les moyens pour faire cette recherche sont en Europe, aux Etats-Unis et en Asie. Personne d\u2019autre ne fera cette recherche sur la dr\u00e9panocytose \u00e0 notre place.<\/p>\n<p><b>Un d\u00e9tail important ?<\/b><\/p>\n<p>Un d\u00e9tail important que nous pourrons ajouter ; puisque c\u2019est dans le d\u00e9tail que se trouve le diable. . Les cellules souches : Le Burkina Faso peut commencer tout de suite par le don de cellules souches. Il suffit que l\u2019Assembl\u00e9e l\u00e9gislative de la transition vote favorablement un projet de lois et un d\u00e9cret d\u2019application dans ce sens. La dr\u00e9panocytose est due \u00e0 une falciformation des globules rouges, expliquant tous les signes de cette maladie. Avec ces cellules souches, on pourra traiter efficacement les patients atteints de dr\u00e9panocytose et de leuc\u00e9mies (h\u00e9mopathies malignes). C\u2019est un d\u00e9tail tr\u00e8s important : le Burkina Faso peut commencer par ce don de cellules souches.<\/p>\n<p>. Le corps humain cadav\u00e9rique : Au terme de notre \u00e9tude (th\u00e8se), la premi\u00e8re impression que nous avons re\u00e7ue en retour du Burkinab\u00e8 est le fait que ce don de mat\u00e9riel biologique soit un sacril\u00e8ge. C\u2019est normal comme retour pour ce type d\u2019avanc\u00e9e scientifique. Mais, le jour o\u00f9 ils seront dans la situation (incomp\u00e9tence de son chirurgien ou absence d\u2019organes, de tissus et de cellules souches, \u2026), ils feront leur mue.<\/p>\n<p>Avec l\u2019ordonnance autorisant les recherches cadav\u00e9riques, une fois qu\u2019un laboratoire d\u2019anatomie et organogen\u00e8se arrivera \u00e0 r\u00e9aliser et \u00e0 maintenir une cha\u00eene de froid de fa\u00e7on continue, nous pourrons commencer la dissection cadav\u00e9rique ; les sujets cadav\u00e9riques inconnus sont nombreux au Burkina Faso, remplissant les morgues de nos h\u00f4pitaux. Actuellement, ils sont \u00e9vacu\u00e9s et enterr\u00e9s dans des fosses communes. C\u2019est une r\u00e9alit\u00e9 que le Burkinab\u00e8 ignore. Ailleurs, ces sujets sont achemin\u00e9s vers le laboratoire d\u2019anatomie et organogen\u00e8se pour permettre la dissection. Serge Ika Ki Vid\u00e9o : Auguste Par\u00e9<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" title=\"Syst\u00e8me sanitaire au Burkina:  Entretien avec Dr T. Julien Savadogo\" width=\"696\" height=\"392\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/KQeuimM7QqY?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p><strong>Pour plus d&rsquo;informations et d&rsquo;analyses sur la <a href=\"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\">Burkina Faso<\/a>, suivez <a href=\"https:\/\/www.africa-press.net\/\">Africa-Press<\/a><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Africa-Press &#8211; Burkina Faso. Il n\u2019est pas rare de voir sous nos tropiques des malades atteints d\u2019insuffisance r\u00e9nale rendre l\u2019\u00e2me tout simplement parce qu\u2019ils n\u2019ont pas b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une greffe pour suppl\u00e9er leurs reins d\u00e9faillants. 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