{"id":6963,"date":"2021-03-03T16:45:20","date_gmt":"2021-03-03T16:45:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/?p=6963"},"modified":"2021-03-03T13:15:10","modified_gmt":"2021-03-03T13:15:10","slug":"malgre-la-crise-du-covid-19-lafrique-subsahara-francophone-continue-de-tirer-leconomie-du-continent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/toutes-les-actualites\/malgre-la-crise-du-covid-19-lafrique-subsahara-francophone-continue-de-tirer-leconomie-du-continent","title":{"rendered":"Malgr\u00e9 la crise du covid-19 l\u2019Afrique subsahara francophone continue de tirer l\u00b4\u00e9conomie du continent"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #ff6600\"><strong><a href=\"https:\/\/www.africa-press.net\/\">Africa-Press<\/a> &#8211; <a href=\"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\">Burkina Faso<\/a>. <\/strong><\/span>En d\u00e9pit d\u2019une ann\u00e9e particuli\u00e8rement difficile, marqu\u00e9e par la pand\u00e9mie, l\u2019Afrique subsaharienne francophone a globalement r\u00e9alis\u00e9 les meilleures performances \u00e9conomiques du continent pour la septi\u00e8me ann\u00e9e cons\u00e9cutive et la huiti\u00e8me fois en neuf ans, tout en en demeurant, et plus qu\u2019auparavant, la partie la moins endett\u00e9e. La tendance devrait se maintenir pour l\u2019ann\u00e9e 2021, avec un rebond attendu de l\u2019activit\u00e9, m\u00eame si les pr\u00e9visions en la mati\u00e8re restent, \u00e0 ce stade, assez hasardeuses.<\/p>\n<p>Pour la septi\u00e8me ann\u00e9e cons\u00e9cutive et pour la huiti\u00e8me fois en neuf ans, l\u2019Afrique subsaharienne francophone a affich\u00e9 les meilleures performances du continent en termes de variation de PIB, selon les donn\u00e9es fournies par la Banque mondiale dans son rapport \u00ab Perspectives \u00e9conomiques mondiales \u00bb, publi\u00e9 en janvier dernier. Globalement, cet ensemble de 22 pays est ainsi parvenu \u00e0 limiter la baisse de l\u2019activit\u00e9 r\u00e9sultant de la crise li\u00e9e au Covid-19, en enregistrant une croissance n\u00e9gative de -2,1 %, tandis que le reste de l\u2019Afrique subsaharienne enregistrait un taux de -4,3 % *. Du c\u00f4t\u00e9 de la dette publique, et selon les derni\u00e8res donn\u00e9es du FMI, l\u2019Afrique subsaharienne francophone a globalement r\u00e9ussi \u00e0 ma\u00eetriser son niveau d\u2019endettement, qui \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 le plus faible du continent, avec une hausse de 4,1 points de pourcentage du poids global de la dette publique par rapport au PIB, contre une hausse de 8,3 points pour le reste de l\u2019Afrique subsaharienne.<\/p>\n<p>Une croissance globale n\u00e9gative de -2,1 %<\/p>\n<p>La croissance de l\u2019Afrique subsaharienne francophone a donc connu une importante baisse par rapport \u00e0 l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, lorsqu\u2019elle s\u2019\u00e9tait \u00e9tablie \u00e0 4,1 % (4,6 % hors cas tr\u00e8s particulier de la Guin\u00e9e \u00e9quatoriale). Cette m\u00eame ann\u00e9e, en 2019, la croissance avait \u00e9t\u00e9 de 1,8 % pour le reste de l\u2019Afrique subsaharienne. En zone CFA, qui regroupe 13 des 22 pays francophones (dont la Guin\u00e9e \u00e9quatoriale, ancienne colonie espagnole et partiellement francophone), ainsi que la Guin\u00e9e Bissau (lusophone et ancienne colonie portugaise), qui rassemble 54 % de la population de l\u2019Afrique francophone subsaharienne (et 43 % de celle de l\u2019Afrique francophone), la croissance est pass\u00e9e de 3,9 % en 2019 \u00e0 -1,6 % (ou de 4,6 % \u00e0 -1,1 %, hors Guin\u00e9e \u00e9quatoriale). Dans cet espace, la zone UEMOA continue \u00e0 se distinguer en ayant r\u00e9ussi \u00e0 enregistrer une \u00e9volution l\u00e9g\u00e8rement positive (0,2 %), \u00e0 l\u2019inverse de la zone CEMAC dont les trois pays les plus d\u00e9pendants des hydrocarbures ont fait baisser la moyenne globale de la croissance \u00e9conomique.<\/p>\n<p>En 2020, et m\u00eame en r\u00e9pertoriant Maurice et les Seychelles parmi les pays francophones (deux pays consid\u00e9r\u00e9s comme \u00e0 la fois francophones et anglophones*), quatre des douze pays d\u2019Afrique subsaharienne ayant affich\u00e9 une croissance n\u00e9gative de plus 5 % sont francophones (ou seulement deux sur dix, si l\u2019on ne tient pas compte des deux pays pr\u00e9c\u00e9demment cit\u00e9s). Un an plus t\u00f4t, soit avant l\u2019apparition de la pand\u00e9mie, seuls deux des huit pays subsahariens ayant connu une variation n\u00e9gative (&lt; 0 %) \u00e9taient francophones.<\/p>\n<p>En Afrique subsaharienne non francophone, la Nigeria, l\u2019Afrique du Sud et l\u2019Angola, trois des principales \u00e9conomies de la zone, ont \u00e9t\u00e9 durement touch\u00e9s par la crise \u00e9conomique internationale, alors que ces pays \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 en grande difficult\u00e9 depuis plusieurs ann\u00e9es, notamment en raison du d\u00e9clin progressif de leur tr\u00e8s importante production p\u00e9troli\u00e8re (pour le Nigeria et l\u2019Angola, respectivement premier et deuxi\u00e8me producteur d\u2019hydrocarbures d\u2019Afrique subsaharienne), ou aurif\u00e8re (cas de l\u2019Afrique du Sud, d\u00e9sormais second producteur du continent, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment d\u00e9pass\u00e9e par le Ghana). Ces pays ont ainsi respectivement affich\u00e9 une croissance n\u00e9gative de -4,1 %, -7,8 % et -4,0 %, apr\u00e8s avoir r\u00e9alis\u00e9 d\u2019assez mauvaises performances en 2019 (2,2 %, 0,2 % et -0,9 %, respectivement).<\/p>\n<p>Ce manque de dynamisme semble durablement install\u00e9 selon les pr\u00e9visions de la Banque mondiale, qui continue de tabler sur des croissances an\u00e9miques pour ces trois pays au cours des quelques ann\u00e9es \u00e0 venir, au moins. Le Nigeria, l\u2019Afrique du Sud et l\u2019Angola sont donc des pays en voie d\u2019appauvrissement, puisqu\u2019ils affichent d\u00e9sormais constamment des taux de croissance largement inf\u00e9rieurs \u00e0 leur croissance d\u00e9mographique (contrairement aux pays francophones qui leur sont proches). \u00c0 titre d\u2019exemple, au Nigeria, qui enregistre les taux de croissance \u00e9conomique les plus \u00e9lev\u00e9s de ces trois pays, la hausse du PIB n\u2019a \u00e9t\u00e9 que de 0,3 % en moyenne annuelle sur les six derni\u00e8res ann\u00e9es (et de 1,2 % sur la p\u00e9riode 2015-2019) contre une croissance d\u00e9mographique annuelle de 2,5 % en moyenne sur la m\u00eame p\u00e9riode. Par ailleurs, le Nigeria et l\u2019Angola ont connu une importante d\u00e9pr\u00e9ciation de leur monnaie, dont la valeur a baiss\u00e9 de pr\u00e8s de 60 % et 85 %, respectivement, par rapport au dollar depuis 2014. Avec \u00e0 la cl\u00e9 une forte inflation et le maintien d\u2019une forte dollarisation de leur \u00e9conomie (utilisation du dollar pour une partie importante des transactions, par refus de la monnaie locale consid\u00e9r\u00e9e comme risqu\u00e9e).<\/p>\n<p>Sur la p\u00e9riode 2012-2020, soit neuf ann\u00e9es, la croissance annuelle de l\u2019Afrique subsaharienne francophone s\u2019est donc \u00e9tablie \u00e0 3,5 % en moyenne (4,0 % hors Guin\u00e9e \u00e9quatoriale, et 5,6 % pour la zone UEMOA). Ce taux a \u00e9t\u00e9 de 1,9 % pour le reste de l\u2019Afrique subsaharienne. Pour rappel, la croissance globale annuelle s\u2019\u00e9tait \u00e9tablie \u00e0 4,2 % pour l\u2019Afrique subsaharienne francophone pendant les huit ann\u00e9es de la p\u00e9riode 2012-2019, juste avant la pand\u00e9mie (4,8 % hors Guin\u00e9e \u00e9quatoriale), et \u00e0 2,8 % pour le reste de l\u2019Afrique subsaharienne. Quant aux quatre premi\u00e8res \u00e9conomies de l\u2019Afrique subsaharienne francophone, et sur la p\u00e9riode de neuf ann\u00e9es 2012-2020 (donc pand\u00e9mie incluse), la C\u00f4te d\u2019Ivoire, la RDC, le Cameroun et le S\u00e9n\u00e9gal, ont respectivement enregistr\u00e9 une croissance annuelle de 7,5 %, 5,1 %, 3,9 % et 5,1 % en moyenne. De leur c\u00f4t\u00e9, les quatre premi\u00e8res \u00e9conomies en d\u00e9but de p\u00e9riode pour le reste de l\u2019Afrique subsaharienne, \u00e0 savoir le Nigeria, l\u2019Afrique du Sud, l\u2019Angola et le Kenya (l\u2019Angola ayant \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9e par l\u2019\u00c9thiopie en 2019), ont respectivement connu une progression annuelle de 2,1 %, 0,3 %, 1,0 % et 4,8 %.<\/p>\n<p>Croissance afrique francophone 2012-2020<br \/>\nCroissance afrique francophone 2012-2020 (2)<br \/>\nCroissance premi\u00e8res \u00e9conomies afrique francophone 2012-2020<br \/>\nCroissance premi\u00e8res \u00e9conomies afrique non francophone 2012-2020<br \/>\nCroissance afrique francophone 2012-2020 (5)<br \/>\nCroissance afrique francophone \u00e9conomique d\u00e9mographique 2012-2020 (6)<br \/>\nUne Afrique de l\u2019Ouest francophone assez r\u00e9siliente<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir r\u00e9alis\u00e9 une croissance globale sup\u00e9rieure \u00e0 6 % pendant six ann\u00e9es cons\u00e9cutives (de 2014 \u00e0 2019), et enregistr\u00e9 une croissance annuelle de 6,3 % en moyenne sur les huit ann\u00e9es de la p\u00e9riode 2012-2019, la zone UEMOA (huit pays, dont la lusophone, mais tr\u00e8s francophonophile, Guin\u00e9e-Bissau) a connu un important ralentissement de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique en 2020, mais est tout de m\u00eame parvenue \u00e0 afficher une croissance l\u00e9g\u00e8rement positive et s\u2019\u00e9tablissant \u00e0 0,2 %. Cette m\u00eame ann\u00e9e, quatre des sept pays francophones de la zone mon\u00e9taire ont enregistr\u00e9 une \u00e9volution positive (Le B\u00e9nin, la C\u00f4te d\u2019Ivoire, le Niger et le Togo), avec un maximum de 2 % pour le B\u00e9nin. \u00c0 l\u2019inverse, les trois autres pays francophones ont enregistr\u00e9 une croissance n\u00e9gative, avec un plus bas de -2 % pour le Mali et le Burkina Faso (suivis de la Guin\u00e9e-Bissau, en derni\u00e8re position de la zone avec une taux de -2,4 %). L\u2019espace UEMOA conforte ainsi son statut de plus vaste zone de stabilit\u00e9 du continent, apr\u00e8s en avoir \u00e9galement \u00e9t\u00e9 la plus vaste zone de forte croissance sur la p\u00e9riode de huit ann\u00e9es 2012-2019, avant l\u2019apparition de la pand\u00e9mie dont les cons\u00e9quences ont affect\u00e9 l\u2019ensemble du continent.<\/p>\n<p>Hors UEMOA, la Guin\u00e9e a \u00e9galement affich\u00e9 une croissance positive, en raison de la hausse des activit\u00e9s extractives avec l\u2019entr\u00e9e en production de nouvelles mines. Ainsi, l\u2019Afrique de l\u2019Ouest francophone (soit la zone UEMOA + Guin\u00e9e et Mauritanie, situ\u00e9es hors zone CFA), a concentr\u00e9 \u00e0 elle seule cinq des sept pays francophones d\u2019Afrique subsaharienne \u00e9tant parvenus \u00e0 r\u00e9aliser une croissance positive en 2020.<\/p>\n<p>Il convient de souligner que le statut de zone la plus dynamique du continent constitue une r\u00e9elle performance pour la zone UEMOA, vu que celle-ci n\u2019en est pas la plus pauvre, cette place \u00e9tant occup\u00e9e par l\u2019Afrique de l\u2019Est. Ainsi, \u00e0 titre d\u2019exemple, et hors Djibouti (pays francophone), seul un pays d\u2019Afrique de l\u2019Est continentale affichait d\u00e9but 2020 un PIB par habitant d\u00e9passant clairement la barre des 1 000 dollars, \u00e0 savoir le Kenya (1 816 dollars, suivi loin derri\u00e8re par la Tanzanie, 1 122 dollars, selon les derni\u00e8res donn\u00e9es disponibles). \u00c0 la m\u00eame date, trois pays francophones de l\u2019espace UEMOA d\u00e9passaient clairement ce seuil symbolique, en l\u2019occurrence la C\u00f4te d\u2019Ivoire (2 276 dollars), le S\u00e9n\u00e9gal (1 447 dollars) et le B\u00e9nin (1 219). Et m\u00eame quatre pays pour l\u2019ensemble de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest francophone, en tenant compte de la Mauritanie, aux importantes richesses mini\u00e8res (et auxquels s\u2019ajoutent, pour toute l\u2019Afrique de l\u2019Ouest continentale, le Nigeria p\u00e9trolier et le Ghana, important producteur de p\u00e9trole et premier producteur africain d\u2019or). Par ailleurs, l\u2019Afrique de l\u2019Est abrite les cinq pays les plus pauvres du continent, \u00e0 savoir le Soudan du Sud, le Soudan, la Somalie, le Malawi et le Burundi (quatre pays anglophones et un francophone, ayant tous un PIB par habitant inf\u00e9rieur \u00e0 450 dollars, d\u00e9but 2020. Enfin, l\u2019Afrique de l\u2019Est est \u00e9galement la partie la plus instable du continent, marqu\u00e9e par de nombreux probl\u00e8mes s\u00e9curitaires et abritant, notamment, les deux pays connaissant les conflits les plus meurtriers d\u2019Afrique subsaharienne, proportionnellement \u00e0 la population locale, en l\u2019occurrence la Somalie et le Soudan du Sud. Deux conflits auxquels s\u2019est r\u00e9cemment ajout\u00e9e la guerre civile ayant frapp\u00e9 l\u2019\u00c9thiopie fin 2020, un des pays les plus pauvres d\u2019Afrique et o\u00f9 les tensions interethniques et les r\u00e9pressions polici\u00e8res avaient d\u00e9j\u00e0 fait plusieurs centaines de morts ces quelques derni\u00e8res ann\u00e9es, faisant de ce pays l\u2019un de ceux connaissant les plus fortes tensions sociales sur le continent, avec en particulier l\u2019Afrique du Sud (o\u00f9 l\u2019on compte plus de 15 000 homicides par an).<\/p>\n<p>En Afrique de l\u2019Ouest francophone, et gr\u00e2ce \u00e0 une croissance de 8,2 % en moyenne sur la p\u00e9riode 2012-2019, soit la deuxi\u00e8me plus forte progression au monde de ces huit ann\u00e9es (et la plus forte pour la cat\u00e9gorie des pays ayant un PIB par habitant sup\u00e9rieur \u00e0 1 000 dollars d\u00e9but 2012), la C\u00f4te-d\u2019Ivoire vient, par exemple, de d\u00e9passer le Nicaragua en termes de richesse par habitant, pour devenir le premier pays africain au sous-sol globalement pauvre de l\u2019histoire \u00e0 devancer un pays d\u2019Am\u00e9rique hispanique (hors tr\u00e8s petits \u00c9tats de moins de 1,5 million d\u2019habitants, majoritairement insulaires et ne pouvant \u00eatre pris en compte pour de pertinentes comparaisons). Une performance r\u00e9alis\u00e9e apr\u00e8s avoir d\u00e9pass\u00e9 le Kenya, et surtout apr\u00e8s avoir r\u00e9ussi l\u2019exploit de devancer le Ghana et le Nigeria, deux pays voisins regorgeant de richesses naturelles, pour devenir le pays le plus riche de toute l\u2019Afrique de l\u2019Ouest (le Ghana et le Nigeria \u00e9tant \u00e0 des niveaux de production de p\u00e9trole et\/ou d\u2019or de tr\u00e8s loin sup\u00e9rieurs \u00e0 ceux de la C\u00f4te d\u2019Ivoire). Par ailleurs, et selon les pr\u00e9visions de croissance pour les quelques ann\u00e9es \u00e0 venir, ces deux derniers pays devraient \u00e9galement \u00eatre prochainement d\u00e9pass\u00e9s par le S\u00e9n\u00e9gal, lui aussi pauvre en richesses naturelles. Quant au Niger, il vient de r\u00e9ussir la performance de devancer la Sierra Leone, quittant ainsi la place peu enviable de pays le plus pauvre d\u2019Afrique de l\u2019Ouest (554 dollars par habitant, contre 527 dollars), ainsi que la liste des dix pays les plus pauvres du continent. Compte tenu des pr\u00e9visions, le Niger devait \u00e9galement tr\u00e8s prochainement d\u00e9passer le Liberia, autre pays anglophone c\u00f4tier d\u2019Afrique de l\u2019Ouest.<\/p>\n<p>Les bonnes performances de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest francophone s\u2019expliquent principalement par les nombreuses r\u00e9formes entreprises par les pays de la r\u00e9gion, aussi bien sur le plan \u00e9conomique qu\u2019en mati\u00e8re de bonne gouvernance. Des plans de diversification ont ainsi \u00e9t\u00e9 mis en place, comme le \u00ab Plan S\u00e9n\u00e9gal \u00e9mergent \u00bb (PSE), ou encore la \u00ab Strat\u00e9gie de croissance acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e et de d\u00e9veloppement durable \u00bb (SCADD) au Burkina Faso, dont la croissance a \u00e9t\u00e9 de 5,7 % en moyenne annuelle sur la p\u00e9riode de huit ann\u00e9es 2012-2019. Pour ce qui du climat des affaires, certains pays ont r\u00e9alis\u00e9 un bon consid\u00e9rable entre les classements Doing Business 2012 et 2020, et notamment le Togo (pass\u00e9 de la 162e \u00e0 la 97e place), la C\u00f4te d\u2019Ivoire (de la 167e place \u00e0 la 110e place), le S\u00e9n\u00e9gal (de la 154e \u00e0 la 123e) ou encore le Niger (pass\u00e9 de la 173e \u00e0 la 132e place, talonnant ainsi le Nigeria, 131e). Pays francophone le moins bien class\u00e9 d\u2019Afrique de l\u2019Ouest, la Guin\u00e9e est toutefois pass\u00e9e de la 179e \u00e0 la 156e place sur la m\u00eame p\u00e9riode.<\/p>\n<p>\u00c0 titre de comparaison, il convient de savoir, par exemple, que la Nigeria, l\u2019\u00c9thiopie et l\u2019Angola, respectivement premi\u00e8re, troisi\u00e8me et cinqui\u00e8me \u00e9conomie d\u2019Afrique subsaharienne selon la Banque mondiale (du fait de leur tr\u00e8s importante production p\u00e9troli\u00e8re et\/ou population), se classent \u00e0 la 131e, 159e et 177e place, respectivement. Par ailleurs, il est \u00e0 noter que plus aucun pays francophone ne figure d\u00e9sormais parmi les six derniers pays de ce classement international, places d\u00e9sormais majoritairement occup\u00e9es par des pays anglophones.<\/p>\n<p>PIB par habitant afrique francophone<br \/>\nDans un autre registre, et mis \u00e0 part l\u2019ann\u00e9e tr\u00e8s particuli\u00e8re qui vient de s\u2019\u00e9couler, il est utile de souligner que la croissance \u00e9conomique de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest francophone est globalement et r\u00e9guli\u00e8rement deux fois sup\u00e9rieure \u00e0 sa croissance d\u00e9mographique, contredisant ainsi certaines th\u00e9ories assez m\u00e9diatis\u00e9es. Gr\u00e2ce au cadre plus favorable instaur\u00e9 par les diff\u00e9rentes r\u00e9formes en mati\u00e8re d\u2019\u00e9conomie et de bonne gouvernance, cet essor d\u00e9mographique contribue donc \u00e0 son tour au dynamisme \u00e9conomique, en permettant notamment au march\u00e9 int\u00e9rieur de ces pays d\u2019atteindre une masse critique n\u00e9cessaire au d\u00e9veloppement de nombreuses activit\u00e9s. Il convient d\u2019ailleurs de rappeler que la plupart des pays francophones de la r\u00e9gion demeurent encore assez faiblement peupl\u00e9s. \u00c0 titre d\u2019exemple, la Guin\u00e9e et le Burkina Faso, l\u00e9g\u00e8rement plus \u00e9tendus que le Royaume-Uni (et non deux \u00e0 trois fois plus petits comme l\u2019indique la majorit\u00e9, bien trompeuse, des cartes en circulation dans les m\u00e9dias et \u00e9tablissements publics ou priv\u00e9s), ne comptent respectivement que 13 et 21 millions d\u2019habitants, contre 67 millions pour le Royaume-Uni. Quant \u00e0 la C\u00f4te d\u2019Ivoire, un tiers plus \u00e9tendue mais ne comptant que 26 millions d\u2019habitants, elle abriterait aujourd\u2019hui une population de 89 millions d\u2019habitants si elle \u00e9tait proportionnellement aussi peupl\u00e9e que le Royaume-Uni.<\/p>\n<p>Une situation contrast\u00e9e en Afrique centrale<\/p>\n<p>En Afrique centrale francophone, la croissance globale a elle aussi connu une forte baisse, passant de \u00e0 2,2 % en 2019 \u00e0 -3,3 % en 2020. Au Cameroun, qui dispose de l\u2019\u00e9conomie la plus diversifi\u00e9e de la r\u00e9gion, la croissance a \u00e9t\u00e9 n\u00e9gative en s\u2019\u00e9tablissant \u00e0 -2,5 %. Avec une variation annuelle du PIB qui devrait continuer \u00e0 \u00eatre en moyenne deux fois plus favorable que celle du Nigeria voisin, comme depuis plusieurs ann\u00e9es, le Cameroun devrait lui aussi, prochainement, d\u00e9passer ce pays en termes de richesse par habitant, rejoignant ainsi la C\u00f4te d\u2019Ivoire et tr\u00e8s probablement le S\u00e9n\u00e9gal (le PIB par habitant du pays \u00e9tant de 1 507 dollars d\u00e9but 2020). Pour sa part, la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC), premi\u00e8re \u00e9conomie d\u2019Afrique centrale francophone, a enregistr\u00e9 une croissance n\u00e9gative de -1,7 % (contre 4,4 % un an plus t\u00f4t). Bien que le ralentissement de l\u2019\u00e9conomie y ait \u00e9t\u00e9 assez limit\u00e9, comme au Cameroun, il n\u2019en demeure pas moins que ce taux reste plut\u00f4t d\u00e9cevant pour un pays qui se classe parmi les plus pauvres du continent (581 dollars par habitant, d\u00e9but 2020).<\/p>\n<p>En zone CEMAC (dont ne fait pas partie la RDC), la variation du PIB est pass\u00e9e de 1,4 % en 2019 \u00e0 -3,8 % en 2020, Guin\u00e9e \u00e9quatoriale incluse (ou de 2,7% \u00e0 -3,0 %, hors Guin\u00e9e \u00e9quatoriale). Ce pays constitue, en effet, un cas tr\u00e8s particulier qu\u2019il convient r\u00e9guli\u00e8rement de rappeler, car de nature \u00e0 fausser l\u2019interpr\u00e9tation des statistiques r\u00e9gionales. Peupl\u00e9 d&rsquo;environ un million d\u2019habitants, seulement, ce pays partiellement francophone et ancienne colonie espagnole \u00e9tait subitement devenu l\u2019un des principaux producteurs africains de p\u00e9trole \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1990, avant de voir rapidement sa production commencer \u00e0 d\u00e9cliner, au d\u00e9but des ann\u00e9es 2010. N\u2019\u00e9tant pas encore parvenu \u00e0 diversifier suffisamment son \u00e9conomie, il a donc connu une forte chute de son PIB et align\u00e9 une sixi\u00e8me ann\u00e9e cons\u00e9cutive de croissance n\u00e9gative (-9,0 % en 2020, pour une moyenne annuelle de -7,5 % sur les six derni\u00e8res ann\u00e9es).<\/p>\n<p>Au Gabon, la croissance est pass\u00e9e de 3,9 % en 2019 \u00e0 -2,4 % en 2020, et devrait conna\u00eetre un rebond \u00e0 1,9 % en 2021. Bien que mod\u00e9r\u00e9, ce rebond constitue n\u00e9anmoins une meilleure performance que celle attendue par les deux grands et proches pays p\u00e9troliers que sont le Nigeria et l\u2019Angola. Une situation qui s\u2019explique notamment par les efforts r\u00e9alis\u00e9s en mati\u00e8re de diversification (Plan strat\u00e9gique Gabon \u00e9mergent &#8211; PSGE), qui lui permettent d\u2019afficher r\u00e9guli\u00e8rement une croissance hors hydrocarbures sup\u00e9rieure \u00e0 celle de ces deux autres pays. Sur la p\u00e9riode de six ann\u00e9es 2015-2020, la variation totale du PIB s\u2019est ainsi \u00e9tablie \u00e0 1,4 % en moyenne annuelle pour le Gabon, contre 0,3 % pour le Nigeria et une \u00e9volution n\u00e9gative de -1,5 % pour l\u2019Angola (dont les pr\u00e9visions de croissance pour 2021 s\u2019\u00e9tablissent \u00e0 1,1 % et \u00e0 0,9 %, respectivement).<\/p>\n<p>Si le Gabon et le Cameroun s\u2019emploient \u00e0 r\u00e9former et \u00e0 diversifier leur \u00e9conomie, force est de constater que pareils efforts n\u2019ont pas encore \u00e9t\u00e9 r\u00e9ellement entrepris au Congo voisin (tout comme en Guin\u00e9e \u00e9quatoriale), qui a enregistr\u00e9 une \u00e9volution fortement n\u00e9gative de son PIB de 8,9 %, apr\u00e8s avoir d\u00e9j\u00e0 enregistr\u00e9 une baisse assez importante de 3,5 % l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente (et dont la croissance devrait \u00e9galement \u00eatre n\u00e9gative en 2021). Une baisse importante du PIB qui traduit l\u2019absence de r\u00e9formes \u00e9conomiques profondes et courageuses, comme l\u2019atteste le fait que le pays continue \u00e0 occuper l\u2019une des derni\u00e8res places du classement Doing Business, en arrivant 180e sur un total de 190 pays \u00e9tudi\u00e9s (et se classant donc, \u00e0 peu pr\u00e8s, au m\u00eame niveau que l\u2019Angola, 177e, ou encore que la RDC, 183e). Autre cons\u00e9quence de ce manque de r\u00e9formes, le Congo a vu sa dette publique consid\u00e9rablement augmenter en 2020, passant de 83,7 % du PIB fin 2019 \u00e0 104,5 %, selon les derni\u00e8res estimations du FMI, et r\u00e9trogradant ainsi \u00e0 la septi\u00e8me place des pays les plus endett\u00e9 du continent (lui qui \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 en huiti\u00e8me position un an plus t\u00f4t, ainsi que le pays francophone le plus endett\u00e9 d\u2019Afrique).<\/p>\n<p>Une activit\u00e9 globale en forte baisse en Afrique de l\u2019Est francophone<\/p>\n<p>La croissance globale de cette partie du continent a connu une baisse particuli\u00e8rement forte, passant d\u2019environ 4 % par an (3,8 % en 2019) \u00e0 -7,6 % en 2020. Ce ralentissement brutal de l\u2019activit\u00e9 s\u2019explique par l\u2019importance du secteur touristique dans la moiti\u00e9 des six pays de la r\u00e9gion, et en particulier \u00e0 Maurice et aux Seychelles dont le PIB a chut\u00e9, respectivement, de 12,9 % et de 15,9 %, suite \u00e0 l\u2019effondrement du tourisme international. Pour sa part, Madagascar, plus grand pays de la r\u00e9gion, a enregistr\u00e9 une baisse assez importante de 4,2 % de son PIB (apr\u00e8s une croissance positive de 4,8 % un an plus t\u00f4t).<\/p>\n<p>De leur c\u00f4t\u00e9, les pays non d\u00e9pendants du tourisme ont \u00e9t\u00e9 ceux ayant r\u00e9alis\u00e9 les moins mauvaises performances. Djibouti a ainsi connu une croissance n\u00e9gative de -1,0 % en 2020, et qui pourrait rebondir \u00e0 7,1 % en 2021 pour retrouver son niveau des ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes. En effet, le pays avait r\u00e9alis\u00e9 une progression annuelle moyenne de 7,1 % \u00e9galement sur la p\u00e9riode de six ann\u00e9es allant de 2014 \u00e0 2019, et ce, en tirant profit de sa situation g\u00e9ographique strat\u00e9gique qui lui permet de devenir progressivement une plaque tournante du commerce international, gr\u00e2ce notamment \u00e0 des investissements massifs en provenance de Chine. Pourtant, seule une dizaine d\u2019entreprises fran\u00e7aises sont implant\u00e9es dans ce pays, avec lequel la compagnie a\u00e9rienne Air France n\u2019assure qu\u2019un seul et unique vol hebdomadaire direct avec Paris. Contraste saisissant avec les sept vols directs assur\u00e9s par Turkish Airlines en direction d\u2019Istanbul, ou encore avec les trois liaisons assur\u00e9es par le groupe Emirates vers Duba\u00ef.<\/p>\n<p>Cette faible pr\u00e9sence \u00e9conomique de la France \u00e0 Djibouti, tout comme en RDC, premier pays francophone du monde et pour lequel l\u2019hexagone n\u2019est que le 11e fournisseur et le 24e client (ne pesant que pour moins de 2 % du commerce ext\u00e9rieur annuel du pays, contre environ 30 % pour la Chine, importations et exportations confondues), en dit long sur la m\u00e9connaissance dont souffrent nombre d\u2019acteurs \u00e9conomiques tricolores au sujet du monde francophone, et ce, \u2026 au plus grand b\u00e9n\u00e9fice d\u2019autres puissances.<\/p>\n<p>Enfin, le Burundi et les Comores ont respectivement enregistr\u00e9 des taux de croissance de 0,3 % et de -1,4 %. La variation l\u00e9g\u00e8rement positive affich\u00e9e par le Burundi s\u2019expliquant principalement par le tr\u00e8s faible niveau de d\u00e9veloppement du pays, qui se classe parmi les cinq pays les plus pauvres du continent (avec notamment le Malawi et le Soudan du Sud, qui font \u00e9galement partie de la minorit\u00e9 de pays ayant r\u00e9alis\u00e9 une croissance positive en 2020).<\/p>\n<p>Un endettement globalement ma\u00eetris\u00e9 en Afrique subsaharienne francophone<\/p>\n<p>La dette publique a globalement \u00e9t\u00e9 ma\u00eetris\u00e9e en Afrique subsaharienne francophone, qui demeure, et de plus en plus, la partie la moins endett\u00e9e du continent. En 2020, et au niveau de l\u2019ensemble de l\u2019Afrique subsaharienne, 10 des 28 pays ayant observ\u00e9 une hausse sup\u00e9rieure \u00e0 cinq points de pourcentage du poids de la dette par rapport au PIB sont francophones (soit moins de la moiti\u00e9 des pays francophones, m\u00eame en y incluant les Seychelles), et 5 des 14 pays ayant connu une hausse sup\u00e9rieure \u00e0 dix points sont francophones (Seychelles inclus).<\/p>\n<p>Parmi les 10 pays les plus endett\u00e9s d\u2019Afrique subsaharienne (et \u00e9galement du continent) au terme de l\u2019ann\u00e9e 2020, trois sont francophones, dont les Seychelles et Maurice. Le Congo-Brazzaville, pays francophone le plus endett\u00e9, n\u2019arrive qu\u2019\u00e0 la septi\u00e8me place au niveau subsaharien comme au niveau continental. Le Congo faisant partie des cinq pays francophones subsahariens ayant connu la hausse la plus importante de leur niveau d\u2019endettement en 2020, avec deux autres pays p\u00e9troliers d\u2019Afrique centrale (le Gabon et la Guin\u00e9e \u00e9quatoriale), les Seychelles (extr\u00eamement d\u00e9pendants du tourisme) et la Guin\u00e9e (tr\u00e8s d\u00e9pendante des industries mini\u00e8res).<\/p>\n<p>Si trois des pays de la zone Cemac ont connu une importante augmentation de leur endettement, les autres pays de cette m\u00eame zone mon\u00e9taire, comme le Cameroun, sont \u00e0 l\u2019inverse parvenus \u00e0 en assurer la stabilit\u00e9, \u00e0 l\u2019instar de la quasi-totalit\u00e9 des pays francophones de la zone UEMOA, qui a \u00e9t\u00e9, l\u00e0 aussi, la zone la plus stable du continent. En effet, et selon les estimations du FMI, l\u2019UEMOA est l\u2019ensemble ayant connu la plus faible hausse de son endettement au cours de l\u2019ann\u00e9e 2020, avec une augmentation globale de seulement 3,4 points (passant de 45,0 % \u00e0 48,4 %). Dans cet espace, seul un des sept pays francophones membres a vu son niveau d\u2019endettement cro\u00eetre de plus de cinq points de pourcentage, \u00e0 savoir le Niger (+ 6,3 points, soit une hausse mod\u00e9r\u00e9ment forte). Pour sa part, le S\u00e9n\u00e9gal est le pays ayant connu la variation la plus l\u00e9g\u00e8re (+1,3 point).<\/p>\n<p>Pour l\u2019ensemble de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest, aucun des cinq pays le plus endett\u00e9s n\u2019est francophone (le Togo n\u2019arrivant qu\u2019\u00e0 la sixi\u00e8me position), et aucun des quatre pays ayant connu une hausse sup\u00e9rieure \u00e0 dix points de leur niveau d\u2019endettement en 2020 ne fait partie de la zone UEMOA (le Ghana, la Guin\u00e9e, la Guin\u00e9e-Bissau et le Cap-Vert). Parmi ces quatre pays, le Ghana a connu une hausse assez brutale de sa dette publique, dont le niveau est pass\u00e9 de 62,8 % \u00e0 76,7 % du PIB, soit pr\u00e8s du double de celui de la C\u00f4te d\u2019Ivoire voisine (41,7 %, contre 37,9 % en 2019). Le Ghana a donc d\u00e9sormais un endettement \u00e0 peu pr\u00e8s aussi important que celui de l\u2019Afrique du Sud, dont la dette publique a \u00e9galement connu une tr\u00e8s forte hausse, passant de 62,2 % \u00e0 78,8 % et rapprochant ainsi le pays de la liste des dix pays les plus endett\u00e9s du continent (14e). Parmi ces dix pays, six font partie de ceux ayant connu la plus forte augmentation de leur dette publique en 2020, alors m\u00eame qu\u2019ils faisaient d\u00e9j\u00e0 partie des dix pays le plus endett\u00e9s un an plus t\u00f4t (le Soudan, le Cap-Vert, le Mozambique, l\u2019Angola, la Zambie et le Congo). Arrivant une nouvelle fois en t\u00eate du classement des pays les plus endett\u00e9s, le Soudan continue \u00e0 traverser une grave crise \u00e9conomique et financi\u00e8re. Une situation qui n\u2019est pas sans cons\u00e9quences, et qui est probablement, entre autres, \u00e0 l\u2019origine de deux d\u00e9cisions majeures ayant marqu\u00e9 la politique \u00e9trang\u00e8re du pays au cours de l\u2019ann\u00e9e 2020, et pass\u00e9es relativement inaper\u00e7ues, \u00e0 savoir la conclusion d\u2019un accord avec la Russie pour l\u2019installation prochaine d\u2019une base militaire, et l\u2019\u00e9tablissement de relations diplomatiques avec Isra\u00ebl en vue d\u2019un rapprochement avec les \u00c9tats-Unis. Deux d\u00e9cisions faisant du Soudan le premier pays africain \u00e0 abriter une base militaire russe, ainsi que le premier pays arabo-africain non frontalier \u00e0 nouer des relations diplomatiques avec l\u2019\u00c9tat h\u00e9breu.<\/p>\n<p>Globalement, l\u2019Afrique subsaharienne francophone demeure donc la partie la moins endett\u00e9e du continent, tout en creusant l\u2019\u00e9cart un an apr\u00e8s le d\u00e9clenchement de la pand\u00e9mie. D\u00e9but 2021, le taux d\u2019endettement global de cet ensemble compos\u00e9 de 22 pays s\u2019\u00e9tablit \u00e0 47,7 % du PIB, en hausse de 4,1 points sur un an (57,3 % pour l\u2019ensemble de l\u2019Afrique francophone, Maghreb inclus). Un niveau largement inf\u00e9rieur \u00e0 celui de la majorit\u00e9 des pays d\u00e9velopp\u00e9s. Pour le reste de l\u2019Afrique subsaharienne, le taux se situe \u00e0 64,3 %, en hausse de 8,3 points (69,1 % pour l\u2019ensemble de l\u2019Afrique non francophone). Un an plus t\u00f4t, l\u2019\u00e9cart entre l\u2019Afrique subsaharienne francophone et le reste de l\u2019Afrique subsaharienne \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 de 12,4 points (et de 11,1 points entre l\u2019ensemble de l\u2019Afrique francophone et le reste du continent).<\/p>\n<p>Dette afrique francophone<br \/>\nPays les plus endett\u00e9s afrique<br \/>\nUn rebond attendu dans un contexte international et africain plus favorable<\/p>\n<p>M\u00eame s\u2019il convient de faire toujours preuve de prudence au sujet des pr\u00e9visions \u00e9tablies en cours d\u2019ann\u00e9e pour les pays en d\u00e9veloppement, en de surcro\u00eet dans la p\u00e9riode actuelle, marqu\u00e9e par une pand\u00e9mie non encore ma\u00eetris\u00e9e, l\u2019Afrique subsaharienne francophone devrait une nouvelle fois \u00eatre la partie la plus dynamique du continent en 2021, tout en en demeurant la partie la moins endett\u00e9e.<\/p>\n<p>Le contexte international devrait \u00eatre favorable \u00e0 un red\u00e9marrage progressif de l\u2019activit\u00e9, avec une situation sanitaire qui semble s\u2019am\u00e9liorer petit \u00e0 petit, et avec des cours des hydrocarbures qui devraient se maintenir, en d\u00e9pit d\u2019une r\u00e9cente hausse, \u00e0 un niveau raisonnable pour les pays importateurs de p\u00e9trole et de gaz (notamment \u00e0 cause de la progression constante de la part des \u00e9nergies renouvelables, et des efforts en mati\u00e8re de r\u00e9duction des gaz \u00e0 effet de serre), et soutenir ainsi la croissance de la plupart des pays francophones, assez pauvres en richesses naturelles. Pour leur part, les pays de la zone CFA (soit 13 des 22 pays francophones subsahariens et la Guin\u00e9e-Bissau, et auxquels l\u2019on peut aussi ajouter les Comores, dont la monnaie est \u00e9galement arrim\u00e9e \u00e0 l\u2019euro), devraient continuer \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier, dans leurs efforts de diversification, d\u2019un euro assez bon march\u00e9, compte tenu de la crise \u00e9conomique que connaissent les pays europ\u00e9ens partageant cette monnaie unique, et notamment l\u2019Allemagne dont l\u2019\u00e9conomie \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 en difficult\u00e9 en 2019 (avec une croissance de seulement 0,6 %, contre 1,5 % pour la France).<\/p>\n<p>Premi\u00e8re puissance exportatrice d\u2019Europe, l\u2019Allemagne, qui a historiquement toujours \u00e9t\u00e9 en faveur d\u2019un euro fort, au risque de p\u00e9naliser les pays de la zone CFA dont la monnaie y est arrim\u00e9e (et de nuire ainsi, doublement, aux int\u00e9r\u00eats de la France), n\u2019a aujourd\u2019hui d\u2019autre choix que de maintenir l\u2019euro \u00e0 un niveau raisonnable. Et ce, d\u2019une part \u00e0 cause de la crise \u00e9conomique internationale et de la baisse de la croissance chinoise, et d\u2019autre part, parce qu\u2019elle devrait \u00eatre \u00e9galement p\u00e9nalis\u00e9e par l\u2019accord commercial sign\u00e9 en 2019 entre les \u00c9tats-Unis et la Chine, et selon lequel celle-ci s\u2019engageait \u00e0 importer pour 200 milliards de dollars de produits et services am\u00e9ricains suppl\u00e9mentaires au cours des deux ann\u00e9es suivantes (au d\u00e9triment donc, probablement, d\u2019un certain nombre de produits et de services allemands). Un accord qui demeure en vigueur, m\u00eame si sa mise en application a p\u00e2ti de la pand\u00e9mie, et qu\u2019une ren\u00e9gociation partielle pourrait prochainement avoir lieu.<\/p>\n<p>Par ailleurs, et parall\u00e8lement \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration du contexte international, le contexte africain devrait lui aussi conna\u00eetre une \u00e9volution favorable \u00e0 la croissance \u00e9conomique, avec la mise en place progressive de la Zone de libre-\u00e9change continentale africaine (ZLECA), entam\u00e9e le 1er janvier 2021. Du moins d\u2019un point de vue th\u00e9orique, puisque qu\u2019il convient de rappeler que la hausse des \u00e9changes entre pays ne d\u00e9pend pas seulement de l\u2019abaissement ou de l\u2019\u00e9limination des barri\u00e8res douani\u00e8res entre ces m\u00eames pays, mais \u00e9galement et surtout de la capacit\u00e9 de ces derniers \u00e0 produire des biens et services, \u00e0 travers la mise en place pr\u00e9alable d\u2019un environnement national favorable \u00e0 l\u2019investissement (cadres juridique, r\u00e9glementaire et fiscal, infrastructures et formation, devant permettre \u00e0 la fois de produire des biens et services et d\u2019en assurer la comp\u00e9titivit\u00e9). L\u2019\u00e9volution marginale des \u00e9changes au sein des ensembles r\u00e9gionaux ayant d\u00e9j\u00e0 abaiss\u00e9 ou supprim\u00e9 les taxes douani\u00e8res est l\u00e0 pour le d\u00e9montrer.<\/p>\n<p>Il en va d\u2019ailleurs de m\u00eame pour ce qui est de la question d\u2019une monnaie unique, \u00e0 l\u2019instar de l\u2019Eco que les pays d\u2019Afrique de l\u2019Ouest, membres de la CEDEAO, semblent souhaiter mettre en place. Ainsi, force est de constater que les pays de la zone UEMOA, qui b\u00e9n\u00e9ficient d\u00e9j\u00e0, et depuis longtemps, d\u2019une vaste zone de libre-\u00e9change doubl\u00e9e d\u2019une monnaie unique, n\u2019ont vu leurs \u00e9changes que faiblement augmenter \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de cet espace, et demeurer \u00e0 des niveaux globalement assez bas. Autre exemple int\u00e9ressant, la part de la zone euro dans le commerce ext\u00e9rieur de la France a baiss\u00e9 depuis la mise en place de cette monnaie unique, suite \u00e0 une augmentation plus importante des \u00e9changes entre la France et le reste du monde qu\u2019avec les pays de la zone euro. Ce qui permet, d\u2019ailleurs, de constater que les flux commerciaux entre la France et les autres pays de la zone mon\u00e9taire \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s importants avant l\u2019adoption d\u2019une monnaie unique\u2026<\/p>\n<p>Une prudence qui s\u2019impose avant l\u2019adoption d\u2019une \u00e9ventuelle monnaie ouest-africaine<\/p>\n<p>Si la r\u00e9duction significative des barri\u00e8res douani\u00e8res et la mise en place d\u2019une quasi-zone de libre-\u00e9change \u00e0 l\u2019\u00e9chelle continentale demeurent un \u00e9l\u00e9ment favorable, \u00e0 terme, au d\u00e9veloppement des pays du continent, ceux-ci doivent donc toutefois et parall\u00e8lement poursuivre leurs r\u00e9formes \u00e9conomiques afin de tirer pleinement profit de l\u2019ouverture des diff\u00e9rents march\u00e9s africains. Des r\u00e9formes qui ont d\u2019ailleurs d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 nombreuses dans la majorit\u00e9 des pays francophones, et en particulier dans ceux d\u2019Afrique de l\u2019Ouest membres de la zone UEMOA. Mais ces derniers, et afin de conserver les b\u00e9n\u00e9fices de leurs efforts, devront faire preuve \u00e0 l\u2019avenir de la plus grande prudence avant d\u2019adh\u00e9rer \u00e0 une \u00e9ventuelle monnaie unique couvrant l\u2019ensemble de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest, et ne pas agir avec pr\u00e9cipitation.<\/p>\n<p>En attendant, les pays de zone UEMOA doivent d\u00e9j\u00e0 prochainement sortir du franc CFA pour le remplacer par une nouvelle monnaie plus ind\u00e9pendante de la France, qui en resterait la garante. Une importante r\u00e9forme qui comprend, entre autres, la fin de l\u2019obligation historique et souvent critiqu\u00e9e de centraliser en France 50 % des r\u00e9serves en devises des pays de la zone (ce qui n\u2019\u00e9tait pourtant qu\u2019une question technique, n\u2019en d\u00e9plaise \u00e0 certains qui le reconnaissent indirectement aujourd\u2019hui en minimisant l\u2019importance de la r\u00e9forme, et dont l\u2019abandon, d\u00e9j\u00e0 ratifi\u00e9 par la France, ne modifiera pas les capacit\u00e9s financi\u00e8res des pays de l\u2019espace UEMOA, mais permettra par contre \u00e0 la France de ne plus avoir \u00e0 verser des int\u00e9r\u00eats \u00e0 des taux souvent sup\u00e9rieurs \u00e0 ceux dont elle peut b\u00e9n\u00e9ficier sur les march\u00e9s internationaux).<\/p>\n<p>Une fois cette r\u00e9forme effectu\u00e9e, et m\u00eame si la cr\u00e9ation ult\u00e9rieure d\u2019une monnaie unique ouest-africaine prendra encore de nombreuses ann\u00e9es, principalement du fait de l\u2019impr\u00e9paration des pays non membres de l\u2019UEMOA (pays anglophones, Cap-Vert et Guin\u00e9e) qui sont loin de remplir les crit\u00e8res de convergence, faute d\u2019\u00eatre habitu\u00e9s, \u00e0 l\u2019inverse de leurs voisins francophones, aux principes de discipline budg\u00e9taire et mon\u00e9taire qu\u2019impose l\u2019adoption d\u2019une monnaie unique (ce qui explique le report permanent de la cr\u00e9ation d\u2019un Eco ouest-africain depuis d\u00e9j\u00e0 quelques d\u00e9cennies), les pays francophones de l\u2019UEMOA, devront faire preuve d\u2019une approche purement rationnelle et non \u00ab affective \u00bb lorsque les autres pays de la r\u00e9gion seront pr\u00eats \u00e0 adh\u00e9rer \u00e0 une monnaie unique (et dont le cours sera probablement d\u00e9termin\u00e9 en fonction d\u2019un panier de devises pour aboutir \u00e0 un taux de change flexible, ce qui constitue une solution pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 long terme pour l\u2019ensemble des pays de la r\u00e9gion, m\u00eame si de nombreux pays dans le monde ont aujourd\u2019hui une monnaie arrim\u00e9e \u00e0 une autre devise, y compris en Afrique non francophone).<\/p>\n<p>Une r\u00e9flexion qui s\u2019imposera notamment lorsqu\u2019il s\u2019agira d\u2019examiner une \u00e9ventuelle adh\u00e9sion du Nigeria, dont le poids d\u00e9mographique, d\u2019une part, et les graves difficult\u00e9s \u00e9conomiques, d\u2019autre part, sont probablement incompatibles avec les int\u00e9r\u00eats des autres pays de la r\u00e9gion, qu\u2019ils soient francophones, lusophones ou anglophones (comme le Ghana, par exemple). En effet, et bien qu\u2019en voie d\u2019appauvrissement, le Nigeria continuera tout de m\u00eame \u00e0 peser assez lourdement en Afrique de l\u2019Ouest du simple fait de son poids d\u00e9mographique (et, in fine, \u00e9conomique). Une adh\u00e9sion de sa part \u00e0 une monnaie ouest-africaine repr\u00e9senterait ainsi une grave menace pour la souverainet\u00e9 de l\u2019ensemble des pays de la r\u00e9gion, dont l\u2019influence sur la gestion de cette monnaie supranationale pourrait \u00eatre limit\u00e9e. La fermeture r\u00e9cente fin 2019 des fronti\u00e8res du Nigeria aux marchandises venant des pays frontaliers de la CEDEAO, sans concertation pr\u00e9alable et en dehors des r\u00e8gles m\u00eames de l\u2019organisation, \u00e9tait d\u2019ailleurs assez r\u00e9v\u00e9latrice de ce que pourrait \u00eatre l\u2019attitude du pays dans le cadre de la gestion d\u2019une monnaie commune ouest-africaine (qui aurait probablement pour principal objectif de servir avant tout les int\u00e9r\u00eats du Nigeria).<\/p>\n<p>\u00c0 cela, s\u2019ajoutent donc les graves difficult\u00e9s structurelles auxquelles fait face le Nigeria, qui conna\u00eet une croissance \u00e9conomique tr\u00e8s faible depuis plusieurs ann\u00e9es (largement inf\u00e9rieure \u00e0 sa croissance d\u00e9mographique, contrairement aux pays francophones frontaliers), une inflation assez forte (11,6 % en moyenne annuelle sur les huit ann\u00e9es de la p\u00e9riode 2012-2019, soit \u00e0 peu pr\u00e8s comme le Ghana, 11,9 %, mais tr\u00e8s largement au-dessus de la C\u00f4te d\u2019Ivoire ou du S\u00e9n\u00e9gal, respectivement 0,8 % et 0,7 %), une monnaie ayant perdu pr\u00e8s de 60 % de sa valeur face au dollar depuis 2014 (et plus de 99 % de sa valeur depuis sa cr\u00e9ation en 1973, lorsque la livre sterling valait 2 nairas, contre 530 au 15 f\u00e9vrier 2021), et dont 94 % des exportations reposent encore aujourd\u2019hui sur le p\u00e9trole et le gaz (le pays n\u2019\u00e9tant toujours pas parvenu, plus de 60 ans apr\u00e8s son ind\u00e9pendance, \u00e0 diversifier son \u00e9conomie et \u00e0 mettre en place un tissu industriel capable d\u2019exporter).<\/p>\n<p>L\u2019int\u00e9gration d\u2019une \u00e9conomie en aussi mauvaise sant\u00e9 et en d\u00e9clin comme celle du Nigeria \u00e0 une monnaie ouest-africaine semble \u00eatre incontestablement de nature \u00e0 d\u00e9stabiliser profond\u00e9ment les \u00e9conomies de tous les autres pays qui partageraient cette m\u00eame monnaie, \u00e0 travers une importante perte de valeur de celle-ci, accompagn\u00e9e, de surcro\u00eet, d\u2019une politique mon\u00e9taire plus adapt\u00e9e \u00e0 un pays en crise (le Nigeria, par son poids d\u00e9mographique et donc \u00e9conomique, dictant probablement en grande partie cette politique), et ne correspondant donc pas aux besoins des pays dynamiques de la r\u00e9gion. \u00c0 commencer par ceux de l\u2019UEMOA, zone la plus dynamique d\u2019Afrique de l\u2019Ouest et de l\u2019ensemble du continent, qui verraient ainsi leur dynamisme baisser significativement et assez rapidement. Par ailleurs, le d\u00e9clin \u00e9conomique du Nigeria est de nature, \u00e0 terme, \u00e0 accro\u00eetre consid\u00e9rablement l\u2019\u00e9migration de Nig\u00e9rians, en qu\u00eate d\u2019une vie meilleure, vers des pays d\u2019Afrique de l\u2019Ouest et d\u2019Afrique centrale, et en particulier vers la C\u00f4te d\u2019Ivoire, le Ghana, le B\u00e9nin, le S\u00e9n\u00e9gal, le Cameroun et le Gabon. Des pays qui devront alors faire face \u00e0 ce qui pourrait entre un v\u00e9ritable choc migratoire, compte tenu de la population du Nigeria, et, pour l\u2019Afrique de l\u2019Ouest, des r\u00e8gles de la CEDEAO qui pr\u00e9voient la libert\u00e9 de circulation et de r\u00e9sidence pour les ressortissants des pays membres.<\/p>\n<p>inflation afrique de l&rsquo;ouest Cedeao<br \/>\nMais si l\u2019int\u00e9gration du Nigeria \u00e0 une zone mon\u00e9taire ouest-africaine m\u00e9rite r\u00e9flexion (sachant d\u2019ailleurs que la zone UEMOA repr\u00e9sente d\u00e9j\u00e0 un vaste territoire et un vaste march\u00e9), celle d\u2019un pays comme le Ghana semble \u00e0 l\u2019inverse bien plus compatible. En effet, et m\u00eame si le Ghana est un important producteur d\u2019or et de p\u00e9trole, tr\u00e8s d\u00e9pendant du cours de ces deux mati\u00e8res premi\u00e8res (qui repr\u00e9sentent plus des deux tiers de ses exportations, \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 part \u00e9gales), et qu\u2019il souffre d\u2019une assez forte inflation et d\u2019un niveau \u00e9lev\u00e9 d\u2019endettement, celui-ci a toutefois le double avantage d\u2019avoir une population comparable en nombre \u00e0 celle d\u2019autres pays de la r\u00e9gion, et de faire partie des rares pays dont l\u2019\u00e9conomie peut s\u2019appuyer sur deux richesses naturelles dont les cours \u00e9voluent souvent de mani\u00e8re oppos\u00e9e (la baisse du prix de l\u2019une \u00e9tant plus ou moins compens\u00e9e par la hausse du cours de l\u2019autre). Chose qui contribue \u00e0 la stabilit\u00e9 du Ghana, qui, et en d\u00e9pit de taux de croissance parfois assez faibles, n\u2019a jamais enregistr\u00e9 de croissance n\u00e9gative au cours des dix derni\u00e8res ann\u00e9es. L\u2019enthousiasme manifest\u00e9 par le pr\u00e9sident ghan\u00e9en fin 2019, lorsqu\u2019il avait annonc\u00e9 sa volont\u00e9 de rejoindre au plus vite les pays de la zone UEMOA dans leur projet de cr\u00e9ation d\u2019une nouvelle monnaie unique devant se substituer au franc CFA, t\u00e9moigne d\u2019ailleurs de la proximit\u00e9 et de la compatibilit\u00e9 du pays avec ces voisins. Mais le pr\u00e9sident ghan\u00e9en avait d\u00fb ensuite rapidement revenir sur ses propos, non pas au nom des int\u00e9r\u00eats de son pays (qui b\u00e9n\u00e9ficierait grandement d\u2019un rapprochement avec l\u2019espace UEMOA, compte tenu de ses difficult\u00e9s), mais suite aux pressions exerc\u00e9es par le Nigeria, et dict\u00e9es par les int\u00e9r\u00eats de ce dernier.<\/p>\n<p>* Ayant la particularit\u00e9 d\u2019\u00eatre \u00e0 la fois francophones et anglophones (pour avoir connu dans le pass\u00e9 une double pr\u00e9sence fran\u00e7aise et britannique, successivement), Maurice et les Seychelles sont comptabilis\u00e9s deux fois, aussi bien pour le calcul de la croissance globale de l\u2019Afrique subsaharienne francophone que pour le calcul de la croissance de l\u2019Afrique subsaharienne non francophone. Ce qui n\u2019a, toutefois, aucune incidence sur ces m\u00eames taux de croissance (arrondis \u00e0 une d\u00e9cimale), compte tenu du faible poids \u00e9conomique de ces deux pays par rapport aux deux ensembles cit\u00e9s. Il en va de m\u00eame pour le calcul des taux d\u2019endettement globaux, pour lequel ils sont \u00e9galement doublement comptabilis\u00e9s.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Africa-Press &#8211; Burkina Faso. En d\u00e9pit d\u2019une ann\u00e9e particuli\u00e8rement difficile, marqu\u00e9e par la pand\u00e9mie, l\u2019Afrique subsaharienne francophone a globalement r\u00e9alis\u00e9 les meilleures performances \u00e9conomiques du continent pour la septi\u00e8me ann\u00e9e cons\u00e9cutive et la huiti\u00e8me fois en neuf ans, tout en en demeurant, et plus qu\u2019auparavant, la partie la moins endett\u00e9e. 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