{"id":82215,"date":"2024-03-07T06:57:30","date_gmt":"2024-03-07T06:57:30","guid":{"rendered":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/politique\/education-des-langues-autochtones-et-des-langues-des-cultures-de-lecrit"},"modified":"2024-03-07T08:02:26","modified_gmt":"2024-03-07T08:02:26","slug":"education-des-langues-autochtones-et-des-langues-des-cultures-de-lecrit","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\/culture-et-art\/education-des-langues-autochtones-et-des-langues-des-cultures-de-lecrit","title":{"rendered":"Education : Des langues autochtones et des langues des cultures de l\u2019\u00e9crit"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #ff6600\"><strong>Africa-Press &#8211; Burkina Faso. <\/strong><\/span><b>A travers cette tribune, Pierre Bamony visite et revisite les travaux et la pense\u0301e du Pr Joseph Ki-Zerbo. Cet article, dit-il, est une contribution au projet de re\u0301forme de l\u2019e\u0301ducation nationale du chef de l\u2019Etat burkinabe\u0300.<\/b><br \/>\n<b>Introduction<\/b><\/p>\n<p>Joseph Ki-Zerbo dont on parle peu dans certaines universite\u0301s de l\u2019Afrique noire, est un grand savant, le plus grand historien de l\u2019Afrique noire contemporaine et un grand penseur. C\u2019est a\u0300 ce titre qu\u2019il propose dans l\u2019ensemble de ses \u0153uvres majeures une vision du monde qui permet de bien comprendre les proble\u0301matiques capitales de l\u2019Afrique contemporaine. Certes, dans son e\u0301ducation, en tant qu\u2019intellectuel et savant, il a analyse\u0301 les proble\u0300mes, les handicaps du continent noir, d\u2019une part ; d\u2019autre part, l\u2019aveugle\u0301ment et la faillite des intellectuels de son temps qui avaient pre\u0301fe\u0301re\u0301 perdre leur temps en de vains babillages, entre autres ide\u0301ologiques, au lieu de s\u2019attaquer aux proble\u0300mes de leurs pays respectifs.<\/p>\n<p>Certes, la ve\u0301he\u0301mence de ses critiques lui avait valu des aboiements intempestifs de roquets ou des petits esprits qui n\u2019arrivaient me\u0302me pas au niveau de son talent en matie\u0300re de re\u0301ussite personnelle dans le monde de la culture et de l\u2019intelligence. Ils lui mordaient le talon non dans le sens d\u2019une prise de position intellectuelle sense\u0301e, constructive, mais dans celui des critiques ste\u0301riles. Ceci portait, a\u0300 leur insu, le discre\u0301dit de leur niveau d\u2019e\u0301tudes universitaires, de leur statut d\u2019intellectuels, etc.<\/p>\n<p>Pourtant, la pense\u0301e de Joseph Ki-Zerbo portant essentiellement sur des pans entiers des re\u0301alite\u0301s africaines d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui, reste toujours valable, voire inde\u0301passables. Il me semble que l\u2019on n\u2019ait pas fait preuve de mesure dans les attaques injustifie\u0301es a\u0300 son e\u0301gard, de compre\u0301hension de sa pense\u0301e des phe\u0301nome\u0300nes humains. Pire on a manque\u0301 de respect a\u0300 l\u2019e\u0301gard de son engagement politique dans son pays en vue de le construire dans l\u2019inte\u0301re\u0302ts des peuples avec les autres e\u0301lites politiques. Autrement, la Haute Volta\/Burkina Faso aurait connu un progre\u0300s certain dans la re\u0301solution de ses difficulte\u0301s et de ses handicaps. Bien au contraire, alors me\u0302me qu\u2019il avait donne\u0301 toutes les preuves de son patriotisme, il fut accuse\u0301, juge\u0301 a\u0300 tort, voire contraint a\u0300 l\u2019exil, la mort dans l\u2019a\u0302me.<\/p>\n<p>Tout se passe, dans ce cas, comme si l\u2019Afrique noire ne de\u0301sire pas accueillir ses enfants qui sont porteurs de projet de lumie\u0300re. Il s\u2019agit, ici, de tous ceux qui s\u2019enrichissent ailleurs, c\u2019est-a\u0300-dire dans les pays du Nord (Europe, Etats-Unis d\u2019Ame\u0301rique, Canada, etc.,) au niveau des savoirs humains selon des niveaux e\u0301leve\u0301s d\u2019intelligibilite\u0301 universelle pour revenir les partager avec leurs compatriotes.<\/p>\n<p>Or, au regard des mutations en cours sur divers plans, Joseph Ki-Zerbo a e\u0301te\u0301 clairvoyant dans sa pense\u0301e: les changements sont ne\u0301cessaires pour avancer dans le sens du mieux-e\u0302tre des peuples, en particulier. Toutefois, il importe de reconnai\u0302tre et d\u2019accepter nos limites, nos failles et nos manques qui ont toujours porte\u0301 tort a\u0300 ce continent et a\u0300 ses habitants depuis au moins le XVe sie\u0300cle ; du moins dans le cadre des rapports et des e\u0301changes de l\u2019Afrique avec l\u2019Europe. C\u2019est en ce sens qu\u2019il e\u0301crit avec raison: \u00ab Nous avons la chance en Afrique d\u2019avoir des cultures tre\u0300s fragmente\u0301es et diversifie\u0301es. Nous avons des socie\u0301te\u0301s replie\u0301es sur elles-me\u0302mes. Elles ont be\u0301ne\u0301ficie\u0301 d\u2019une tole\u0301rance suffisante pour ne pas e\u0302tre e\u0301radique\u0301es dans le cadre de grands ensembles simplificateurs.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, ce sont des cultures fragiles parce qu\u2019elles ne sont pas base\u0301es sur l\u2019e\u0301criture. Leur richesse n\u2019a pas e\u0301te\u0301 stocke\u0301e dans des documents fiables, si bien qu\u2019elles sont susceptibles d\u2019e\u0302tre efface\u0301es sans laisser de traces \u00bb (A quand l\u2019Afrique ? Entretien avec Rene\u0301 Holenstein \u2013 E\u0301ditions d\u2019en-bas, Suisse, Lausanne, 2003, p. 182).<\/p>\n<p>On peut retenir quelques traits de lumie\u0300re pour voir clair dans nos actions et nos entreprises contemporaines. D\u2019abord, nos socie\u0301te\u0301s ont toujours e\u0301te\u0301 pre\u0301serve\u0301es des outrances, du rejet de l\u2019autre, notamment de l\u2019e\u0301tranger, quel qu\u2019il soit, de l\u2019intole\u0301rance qui se\u0301vissent sur d\u2019autres continents. C\u2019est ce en quoi re\u0301side le sens de leur force. Ensuite et, paradoxalement, c\u2019est cette fermeture me\u0302me sur soi, en dehors des contacts avec les re\u0301alite\u0301s humaines ouvertes et qui ont pu s\u2019enrichir mutuellement des produits et des richesses de leurs cultures singulie\u0300res, qui m\u2019a amene\u0301 a\u0300 penser le concept d\u2019endovers, soit une vision du monde centre\u0301e sur soi-me\u0302me.<\/p>\n<p>Toutefois, au regard de l\u2019e\u0301miettement, de la fragilite\u0301 me\u0302me de ces cultures, pour e\u0301viter d\u2019e\u0302tre emporte\u0301es par de vagues des mondes exte\u0301rieurs (au continent africain) puissants, il importe de les penser en les ancrant dans des sols granitiques, voire dans l\u2019Africain lui-me\u0302me et dans l\u2019intemporel champ de l\u2019e\u0301criture ; dans la production d\u2019\u0153uvres solides, profondes et universelles comme celles de Joseph Ki-Zerbo lui-me\u0302me. Celles-ci sont encore, he\u0301las, peu connues du grand public, comme on dit ordinairement.<\/p>\n<p>Et tel est aussi le sens de cette analyse: faire prendre conscience que c\u2019est par le livre seul et, donc, la culture savante, fruits des pense\u0301es rationnelles de nos cultures et langues autochtones tout autant que celles des anciens occupants des territoires de l\u2019Afrique noire, que nous pouvons re\u0301sister, le mieux possible, aux civilisations futures conque\u0301rantes et, ainsi, sauver les ge\u0301ne\u0301rations africaines de demain de possibles risques de disparition.<\/p>\n<p>I- Les types de vision du monde comme projection de soi-me\u0302me dans le futur et comme prospective en acte: endovers et exovers. Comment transcender ces univers alie\u0301nants ?<\/p>\n<p>Chaque pays, quelles que soient ses dimensions territoriales, comprend des peuples ou des ensembles de communaute\u0301s d\u2019origines diffe\u0301rentes. Ils sont initialement re\u0301unis et unis par un syste\u0300me de langage de communication qui s\u2019achemine progressivement vers une langue commune gra\u0302ce a\u0300 des emprunts mutuels d\u2019idiomes.<\/p>\n<p>C\u2019est par la langue que se cre\u0301e une aera mentis sociale qui, a\u0300 son tour, e\u0301difie les diffe\u0301rents niveaux de l\u2019intelligence des choses des individus. Ainsi, dans une socie\u0301te\u0301 donne\u0301e, nul e\u0302tre humain ne peut e\u0301chapper aux influences heureuses (amour et respect d\u2019autrui) ou ne\u0301fastes (haine ou rejet de l\u2019autre). Il s\u2019agit d\u2019une forme forte de formatage structure\u0301e et structurante des consciences et des re\u0301alite\u0301s propres a\u0300 toute socie\u0301te\u0301 humaine.<\/p>\n<p>En ce sens, ce magma, cette soupe culturelle compose\u0301e d\u2019e\u0301le\u0301ments complexes s\u2019interpe\u0301ne\u0301trant, s\u2019interconnectant finit par e\u0301difier une dimension de re\u0301alite\u0301 homoge\u0300ne et spe\u0301cifique a\u0300 une socie\u0301te\u0301 donne\u0301e que nous appelons l\u2019endovers. C\u2019est la vision culturelle et essentielle du monde que celle-ci s\u2019est cre\u0301e\u0301e ou qui s\u2019est impose\u0301e a\u0300 une socie\u0301te\u0301 ou a\u0300 une e\u0300re de cultures et de civilisation comme la civilisation occidentale, russe, japonaise, chinoise islamo-arabe ou l\u2019ensemble des peuples de l\u2019Afrique subsaharienne avec leurs grandes civilisations spe\u0301cifiques.<\/p>\n<p>Cet endovers &#8211; soit l\u2019enfermement sur soi-me\u0302me \u2013 a une influence si grande sur les mentalite\u0301s et les consciences que personne ne songe a\u0300 y changer quoi que ce soit. On nai\u0302t dans cet univers ou cette vision du monde, le monde de sa culture, de sa famille, de son clan ou de l\u2019ensemble des peuples auxquels on appartient en vertu de sa naissance ; et on prend acte des maux infinis que cet univers culturel ge\u0301ne\u0300re aux individus. Me\u0302me le christianisme a e\u0301choue\u0301 dans sa volonte\u0301 de changer quoi que ce soit dans les traditions et les re\u0301alite\u0301s des peuples noirs.<\/p>\n<p>Or c\u2019est de la conjonction des re\u0301alite\u0301s et des cultures humaines multiples, des sciences et des techniques partage\u0301es, d\u2019enrichissement des visions diffe\u0301rentes des phe\u0301nome\u0300nes, des modalite\u0301s de vivre et de se cultiver qui donnent naissance a\u0300 ce que nous concevons comme une vision exovers. Il s\u2019agit du continuum de l\u2019espace qui constitue l\u2019Eurasie, soit de la Chine a\u0300 l\u2019Europe de l\u2019Ouest. C\u2019est la vision du monde la plus complexe, la plus ouverte aussi, mais qui, he\u0301las, comporte des paradoxes ; a\u0300 tout le moins trois paradoxes. D\u2019une part, il s\u2019agit du sentiment d\u2019e\u0301le\u0301vation de soi (peuples et individus) qui conduit a\u0300 l\u2019e\u0301mergence de la repre\u0301sentation de soi comme e\u0302tre supe\u0301rieur a\u0300 tout autre.<\/p>\n<p>D\u2019autre part, ce sentiment qui est, de fait, un jugement de valeur comme une figure constitue\u0301e et constituante de la supe\u0301riorite\u0301 suppose\u0301e d\u2019un ensemble de peuples, quels qu\u2019ils soient par rapport aux autres e\u0302tres humains, est le deuxie\u0300me aspect de ces paradoxes qui conduit a\u0300 un enfermement de soi et, en conse\u0301quence, a\u0300 un rejet quasi syste\u0301matique \u2013 tel est le sens du poids de la conscience duonique chez les Humains \u2013 de tous les autres e\u0302tres humains.<\/p>\n<p>Une telle posture mentale tient, enfin et tel est le troisie\u0300me paradoxe, a\u0300 une donne\u0301e essentielle: ceux qui vivent dans la vision culturelle de l\u2019exovers ne peuvent pas \u2013 ils n\u2019y songent pas du tout \u2013s\u2019affranchir des conditionnements de leurs paradigmes divers, de leurs jugements de valeur et aussi du poids de leurs repre\u0301sentations relativement a\u0300 la personne d\u2019autrui.<\/p>\n<p>C\u2019est pourquoi, par l\u2019e\u0301ducation de qualite\u0301 \u2013 celle qui enseigne le respect d\u2019autrui au sens philosophique du terme, c\u2019est-a\u0300-dire concre\u0300tement et non pas abstraitement ; car l\u2019amour de l\u2019autre parai\u0302t une vertu et une mission impossibles pour les e\u0302tres humains -, il est tout a\u0300 fait possible de transcender la vision exovers du monde et des re\u0301alite\u0301s humaines. C\u2019est a\u0300 cette condition seulement que les consciences individuelles peuvent s\u2019e\u0301lever a\u0300 la vision endoexovers \u2013 c\u2019est l\u2019heureuse vertu d\u2019e\u0302tre pleinement soi sous l\u2019angle de la spiritualite\u0301 et pleinement autre, c\u2019est-a\u0300-dire l\u2019inte\u0301gration de la vision de l\u2019autre en soi-me\u0302me et totalement assume\u0301e &#8211; tant du monde que des re\u0301alite\u0301s des Humains.<\/p>\n<p>A cette hauteur, elles pourraient observer, tout a\u0300 fait en bas d\u2019elles-me\u0302mes, la vision endovers et exovers avec condescendance, voire avec me\u0301pris au regard de leurs limites et de leurs formes d\u2019alie\u0301nation intrinse\u0300ques. Ce serait l\u2019heureuse conse\u0301quence d\u2019une e\u0301ducation de la finesse l\u2019intelligence la pe\u0301dagogie du projet PEDIA propose.<\/p>\n<p>II- Les raisons du triomphe de l\u2019E\u0301tranger sur l\u2019autochtone<\/p>\n<p>L\u2019importance des champs de vision culturelle, religieuse, philosophique et scientifique tient au fait qu\u2019elle comprend des enjeux e\u0301minents majeurs pour chaque sujet humain. En effet, c\u2019est notre champ de vision, a\u0300 quelque niveau qu\u2019il se situe, qui fait notre singularite\u0301, notre richesse, notre originalite\u0301, voire l\u2019e\u0301le\u0301vation de notre esprit.<\/p>\n<p>Cette dernie\u0300re nous confe\u0300re en me\u0302me temps notre niveau de compre\u0301hension des e\u0302tres humains et des phe\u0301nome\u0300nes: il nous enrichit en nous ouvrant aux autres, a\u0300 commencer par autrui, le prochain, aux autres mondes humains e\u0301galement. Il peut aussi nous appauvrir si notre conscience, notre intelligence initiale ne se cultive pas par l\u2019apport des savoirs que nous trouvons essentiellement dans les livres, dans la lecture des journaux.<\/p>\n<p>Dans le cadre de la lecture d\u2019un livre, notre propre intelligence se confronte a\u0300 celle des auteurs qui nous aident a\u0300 e\u0301difier notre intelligence et notre culture savante, a\u0300 consolider nos connaissances, a\u0300 les e\u0301largir jusqu\u2019aux horizons des limites naturelles de l\u2019e\u0302tre humain. De manie\u0300re ge\u0301ne\u0301rale, nous sommes ce que nous sommes en vertu des de\u0301terminations, de l\u2019influence, c\u2019est-a\u0300-dire de nos conditionnements socio-culturels, socioreligieux. Mais nous devenons ce que nous voudrions e\u0302tre, par-dela\u0300 ces de\u0301terminismes, par l\u2019e\u0301dification intellectuelle de notre conscience singulie\u0300re.<\/p>\n<p>De\u0300s lors, on comprend que les champs de vision des peuples sont l\u2019une des causes de leur incompre\u0301hension mutuelle. Ainsi, depuis au moins le XVe sie\u0300cle \u2013 auparavant, il y a eu l\u2019invasion partielle de l\u2019Afrique noire et de ses habitants par les peuples islamo-arabes en que\u0302te d\u2019esclaves et d\u2019or &#8211; les peuples noirs ont toujours e\u0301te\u0301 berne\u0301s par l\u2019E\u0301tranger. A titre d\u2019exemple: Joseph Ki-Zerbo insiste sur l\u2019accueil le\u0301gendaire des Noirs par rapport a\u0300 l\u2019E\u0301tranger, quel qu\u2019il soit. En revanche, celui-ci a vu dans un tel comportement d\u2019humanite\u0301 un signe de faiblesse, c\u2019est-a\u0300-dire de possibilite\u0301 de le tromper en abusant de sa ge\u0301ne\u0301rosite\u0301 pour arriver a\u0300 ses fins:<\/p>\n<p>trouver les moyens et la voie de mettre un peuple co\u0302tier en guerre contre ses fre\u0300res noirs dans l\u2019arrie\u0300re-pays pour avoir des prisonniers de guerre qu\u2019il ache\u0300te a\u0300 bas prix en vue de les transformer en esclaves ; soit une marchandise rare et che\u0300re sur les marche\u0301s des contre\u0301es lointaines. Or la rencontre des peuples noirs avec l\u2019E\u0301tranger, quel qu\u2019il soit, n\u2019aurait pas force\u0301ment tourne\u0301 a\u0300 leur de\u0301savantage si ceux-ci avaient une vision du monde ouverte vers l\u2019exte\u0301rieur, c\u2019est-a\u0300-dire les re\u0301alite\u0301s des autres peuples et de leurs modes de fonctionnement.<\/p>\n<p>Ils l\u2019auraient mieux compris, l\u2019auraient mieux connu et auraient de\u0301crypter ses intentions afin de se pre\u0301server de tout risque d\u2019abus et, par apre\u0300s, de tout acte de soumission a\u0300 son pouvoir, a\u0300 son autorite\u0301. D\u2019ailleurs, cette donne\u0301e reste permanente puisque, selon Joseph Ki-Zerbo, l\u2019Afrique noire apparai\u0302t comme un \u00ab baudet \u00bb (In E\u0301ducation et de\u0301veloppement en Afrique \u2013 cinquante ans de re\u0301flexion et d\u2019action \u2013 (Fondation Joseph K-Zerbo, 2010) sur lequel tout le monde peut taper impune\u0301ment. Car les peuples africains subsahariens, ayant des cultures et des langues inde\u0301finiment diversifie\u0301es, si e\u0301miette\u0301es et si faibles que leur mutuelle compre\u0301hension est rendue difficile.<\/p>\n<p>Et c\u2019est justement par ce moyen que l\u2019E\u0301tranger re\u0301ussit toujours a\u0300 parvenir a\u0300 leur domination totale ou presque ; a\u0300 les exploiter, a\u0300 les diviser ou a\u0300 les affaiblir ; presque toujours. D\u2019ou\u0300 l\u2019importance de penser les cultures et les langues autochtones \u2013 langues originaires et locales \u2013. Mais, les penser ce n\u2019est pas se contenter de les vivre ; ni me\u0302me de parler sa langue. Car l\u2019habitude n\u2019instruit pas, elle se vit tout simplement. Donc, les penser, comme le recommande Joseph Ki-Zerbo, consiste a\u0300 les analyser rationnellement en les mettant a\u0300 distance pour mieux les connai\u0302tre et les mai\u0302triser. Il s\u2019agit de les comprendre intellectuellement pour les e\u0301lever au rang de l\u2019universel, du conceptuel.<\/p>\n<p>III \u2013 Langues d\u2019e\u0301criture et langues autochtones<\/p>\n<p>a) L\u2019intrication des re\u0301alite\u0301s humaines<\/p>\n<p>Parmi les langues d\u2019e\u0301criture, je m\u2019en vais tenir a\u0300 la langue franc\u0327aise que nous avons en partage, nous francophones, avec une large communaute\u0301 internationale en Afrique, en Europe, en Asie, aux Ame\u0301riques, en vertu des ale\u0301as de l\u2019histoire. Car soit dit en passant, la langue e\u0301tant le me\u0301dia le plus extraordinaire pour se comprendre mutuellement, pour communiquer et e\u0301changer, etc., il semble que cet outil doit e\u0302tre mis a\u0300 part par rapport aux proble\u0300mes ponctuels d\u2019ordre politique et de volonte\u0301 de domination e\u0301conomique et financie\u0300re des uns et des autres. Car au regard du droit international, nul pays ne peut empe\u0302cher un autre, ayant le me\u0302me statut de souverainete\u0301 par rapport aux principes juridiques de l\u2019ONU, de s\u2019e\u0301manciper comme il le de\u0301sire.<\/p>\n<p>Donc, le franc\u0327ais, en raison de son universalite\u0301, n\u2019est plus l\u2019apanage des seuls me\u0301tropolitains. Cette langue est devenue, depuis au moins le XVIIIe sie\u0300cle, une appropriation singulie\u0300re d\u2019une diversite\u0301 de peuples et de contre\u0301es dans le monde. Certes, les occupants des territoires africains pendant plus de deux sie\u0300cles (XIX-XXe sie\u0300cle), ont promu leur langue par l\u2019e\u0301ducation. Ils avaient pour ambition de couvrir toutes les couches des socie\u0301te\u0301s africaines.<\/p>\n<p>Mais cette mission n\u2019a pas pu aboutir. La preuve, selon Joseph Ki-Zerbo: \u00ab Avec 72% d\u2019analphabe\u0300tes comme au Burkina Faso, on ne peut programmer aucun de\u0301veloppement significatif \u00bb (p.189). Mais, d\u2019un autre co\u0302te\u0301, il est le\u0301gitime qu\u2019en raison de cette situation incomple\u0300te d\u2019acce\u0300s a\u0300 une langue e\u0301crite et a\u0300 la civilisation universelle qu\u2019elle ve\u0301hicule, on peut comprendre que les pays africains recherchent une alternative: refonder leurs re\u0301alite\u0301s futures sur les cultures et les langues autochtones en les acheminant progressivement vers le statut de cultures et de langues fonde\u0301es sur l\u2019e\u0301criture.<\/p>\n<p>Toutefois, le proble\u0300me majeur de l\u2019unification de tous les pays de l\u2019Afrique noire ne peut e\u0302tre facilite\u0301e qu\u2019a\u0300 partir de l\u2019adoption d\u2019une langue universelle comme l\u2019anglais pour les Etats-Unis d\u2019Ame\u0301rique et, biento\u0302t, pour toute la plane\u0300te. Mais ou\u0300 et comment trouver une telle langue parmi des milliers de peuples de l\u2019Afrique subsaharienne qui parlent diverses langues, souvent ferme\u0301es les unes par rapport aux autres ? Or ce qui est permanent, chez les Africains, re\u0301side dans le fait qu\u2019ils peuvent parler une langue e\u0301trange\u0300re (anglais, franc\u0327ais, espagnol, portugais, etc.,) sans pour autant oublier leurs origines culturelles et linguistiques. En effet, les individus reconnaissent, malgre\u0301 tout, leur identite\u0301 autochtone comme le fait remarquer Joseph Ki-Zerbo:<\/p>\n<p>\u00ab Il est e\u0301vident, en Afrique francophone, le franc\u0327ais n\u2019a pas assure\u0301 une mainmise sur la majorite\u0301 de la population. Les gens utilisent le franc\u0327ais comme un instrument, mais leur identite\u0301 propre re\u0301side dans le fait qu\u2019ils appartiennent a\u0300 telle ou telle ethnie africaine \u00bb (p.92). Ne\u0301anmoins, parler une langue e\u0301crite comme le franc\u0327ais ou l\u2019anglais comprend un certain nombre d\u2019avantages. Mais il faut seulement e\u0302tre conscient que l\u2019on partage, partiellement, la mentalite\u0301 des gens qui l\u2019ont comme langue maternelle. A titre d\u2019exemple: a\u0300 l\u2019e\u0301tranger, par exemple en Europe, il suffit d\u2019observer des groupes francophones, anglophones, lusophones, etc., pour se rendre a\u0300 l\u2019e\u0301vidence des diffe\u0301rences des mentalite\u0301s des uns et des autres.<\/p>\n<p>Car en dehors de leurs modalite\u0301s africaines propres d\u2019e\u0302tre et de se poser, de s\u2019affirmer me\u0302me, les individus se comportent en francophones, anglophones, etc. En ce sens, la langue et la culture que celle-ci porte et nourrit marque fondamentalement un e\u0302tre humain. On peut se laisser emporter, en raison de sa sympathie, de son appre\u0301ciation ou de son admiration d\u2019une langue, d\u2019une culture jusqu\u2019au fondement de leur fait d\u2019e\u0302tre ce qu\u2019elles sont.<\/p>\n<p>Dans ce cas, la dissemblance n\u2019est plus qu\u2019une question de diffe\u0301rence de la pigmentation de la peau. A l\u2019inverse, on peut faire le choix de se tenir a\u0300 la pe\u0301riphe\u0301rie d\u2019une culture, d\u2019une langue. Me\u0302me dans ce cas de figure, on change force\u0301ment par rapport a\u0300 sa culture autochtone. Mais il s\u2019agit d\u2019un changement superficiel. C\u2019est me\u0302me une figure d\u2019inache\u0300vement culturel, linguistique, etc. Il n\u2019en demeure pas moins que c\u2019est l\u2019intelligence des re\u0301alite\u0301s humaines qui e\u0301vite d\u2019e\u0302tre berne\u0301, d\u2019e\u0302tre abuse\u0301 par des propos pernicieux d\u2019autrui, d\u2019e\u0302tre manipule\u0301, en somme.<\/p>\n<p>Donc, parler une langue e\u0301crite, quelle qu\u2019elle soit, la mai\u0302triser me\u0302me, c\u2019est se donner les moyens de s\u2019installer, avec assurance, dans les re\u0301alite\u0301s du monde pre\u0301sent et, ainsi, partager la me\u0302me vision du monde, des phe\u0301nome\u0300nes. Mieux, il s\u2019agit de les comprendre de manie\u0300re e\u0301gale en e\u0301vitant d\u2019e\u0302tre marginalise\u0301 par les autres peuples, les autres individus comme l\u2019e\u0301crit Joseph Ki-Zerbo: la langue comme ve\u0301hicule a \u00ab un impact e\u0301conomique, politique et ge\u0301ostrate\u0301gique. La langue est un ve\u0301hicule puissant et un appui structurel de taille dans les ne\u0301gociations, le commerce et les traite\u0301s a\u0300 caracte\u0300re e\u0301conomique \u00bb (p. 56).<\/p>\n<p>Mai\u0302triser l\u2019une des langues d\u2019e\u0301criture de l\u2019Occident notamment, c\u2019est s\u2019accorder la possibilite\u0301 d\u2019avoir acce\u0300s aux codes de traitement des donne\u0301es, a\u0300 la me\u0302me compre\u0301hension des choses pour e\u0301viter les pie\u0300ges pernicieux qu\u2019on glisse entre les lignes dans le cadre des traite\u0301s commerciaux, financiers, industriels, etc. Par rapport a\u0300 cet e\u0301tat de fait, tant que les langues autochtones n\u2019arrivent pas au niveau de l\u2019e\u0301crit pour les tirer de l\u2019ornie\u0300re des langues empiriques, pragmatiques, naturelles, elles ne sont pas a\u0300 l\u2019abri des graves erreurs d\u2019interpre\u0301tation et de compre\u0301hension des textes internationaux, des traite\u0301s commerciaux, industriels, juridiques, etc. Or telle n\u2019est pas leur vocation premie\u0300re.<\/p>\n<p>b) Un bref aperc\u0327u de l\u2019histoire de la langue franc\u0327aise<\/p>\n<p>En empruntant le chemin trace\u0301 par Claude Hage\u0300ge (Combat pour le franc\u0327ais -Au de la diversite\u0301 des langues et des cultures \u2013 (Odile Jacob, Paris 2006), on se rend a\u0300 l\u2019e\u0301vidence que le franc\u0327ais a une longue histoire qui remonte au IXe sie\u0300cle de notre e\u0300re. Ses origines se trouvent sur un territoire tre\u0300s re\u0301duit. On le parlait a\u0300 Paris, Orle\u0301ans, Senlis, etc. Autrement, dans chaque re\u0301gion du pays qui deviendra la France, on parlait des dialectiques diffe\u0301rentes et d\u2019origines diffe\u0301rentes aussi.<\/p>\n<p>A tire d\u2019exemple, dans le Nord, on reconnai\u0302t que les diverses populations communiquaient entre elles gra\u0302ce a\u0300 une diversite\u0301 d\u2019oil, comme le franc\u0327ois pidcard, le gallo, le potevin, le normand le maurvandiau, le sintongeais, le wallon, l\u2019orle\u0301annais, le champenois, l\u2019artois, etc. Le franc\u0327ais, langue romane issu de l\u2019e\u0301volution du latin vulgaire, a e\u0301te\u0301 e\u0301difie\u0301 gra\u0302ce a\u0300 divers emprunts issus du grec, du latin, des langues autochtones, comme celles que je viens de mentionner.<\/p>\n<p>Il devient une langue officielle, c\u2019est-a\u0300-dire juridique et administrative par l\u2019ordonnance de Villiers-Cottere\u0302ts signe\u0301 par Franc\u0327ois Ier en aou\u0302t 1539. Depuis lors, il s\u2019en est suivi une longue re\u0301forme de la langue franc\u0327aise promue par les acade\u0301miciens qui l\u2019ont construite, l\u2019ont re\u0301gularise\u0301e en introduisant des vocables latins. Ils la modifient toujours en l\u2019accordant avec les divers emprunts des vocables e\u0301trangers, europe\u0301ens ou d\u2019ailleurs, c\u2019est-a\u0300-dire d\u2019autres civilisations.<\/p>\n<p>C\u2019est, donc, l\u2019he\u0301ritage de linguistes, de grammairiens, d\u2019hommes de lettres qui l\u2019ont parfaite et l\u2019ont achemine\u0301e a\u0300 son sommet au XVIIe sous l\u2019influence du philosophe Rene\u0301 Descartes et son souci de la rigueur, de la clarte\u0301 et de la pre\u0301cision. Du XVIIIe au XIXe sie\u0300cle, le franc\u0327ais est devenu la langue ve\u0301hiculaire de toute l\u2019Europe de l\u2019Ouest et me\u0302me jusqu\u2019en Russie: c\u2019e\u0301tait la langue des sciences, de la diplomatie, de la litte\u0301rature, bref, du sommet de la civilisation europe\u0301enne. Il e\u0301tait de bon ton de parler le franc\u0327ais dans les palais royaux, de le citer dans les livres de philosophie, comme Nietzsche, et les romans. Avec l\u2019occupation franc\u0327aise de vastes territoires en Afrique, en Ame\u0301rique du Nord, le franc\u0327ais est devenu une langue mondiale apre\u0300s l\u2019anglais.<\/p>\n<p>On comprend que Joseph Ki-Zerbo conseille aux pays africains francophones de garder l\u2019usage du franc\u0327ais comme langue de communication et d\u2019e\u0301changes internationaux tant que l\u2019Afrique elle-me\u0302me ne pas fait le choix d\u2019une langue panafricaine pour e\u0301difier son unite\u0301. A cet effet, la ta\u0302che parai\u0302t monumentale et fort che\u0300re. Certes, l\u2019haoussa, le bambara, le dioula pourraient constituer des langues panafricaines, du moins dans la zone ouest de ce continent.<\/p>\n<p>Or, selon toute vraisemblance, les E\u0301tats africains ne sont pas pre\u0302ts a\u0300 investir des sommes colossales pour mobiliser les savoirs des grammairiens, des linguistes, des hommes de lettres, des historiens, des philosophes, etc., pour e\u0301difier une langue panafricaine qui puisse atteindre un niveau de sophistication et d\u2019universalite\u0301 qui soit de nature a\u0300 accorder tous les esprits compe\u0301tents.<\/p>\n<p>A supposer que cela soit possible un jour, l\u2019urgence de l\u2019e\u0301tat pre\u0301sent des choses, des attentes, des besoins des peuples noirs, de leur de\u0301sir de de\u0301veloppement et de progre\u0300s, Ki-Zerbo recommande de garder l\u2019usage du franc\u0327ais ou de l\u2019anglais qui nous fait participer, ainsi, a\u0300 la vision mondiale des temps pre\u0301sents. Autrement, nous risquons d\u2019e\u0302tre submerge\u0301s par les puissances exte\u0301rieures au continent africain faute de savoir ou de pouvoir communiquer sur le me\u0302me plan d\u2019e\u0301galite\u0301 avec elles.<\/p>\n<p>C\u2019est en ce sens qu\u2019il e\u0301crit: \u00ab Cela dit, il est impensable et impossible de rejeter les langues impose\u0301es par la colonisation parce que, objectivement, elles ont e\u0301te\u0301 inte\u0301gre\u0301es dans notre patrimoine culturel, elles unissent des peuples africains entre eux et avec la communaute\u0301 internationale. Les langues nous font acce\u0301der a\u0300 des gisements fabuleux de cultures et d\u2019histoire qui sont des portes incontournables pour entrer dans le monde contemporain \u00bb (p.94).<\/p>\n<p>IV- Ne\u0301cessite\u0301 de former les e\u0301lites africaines de demain qui soient profonde\u0301ment ancre\u0301es dans les re\u0301alite\u0301s de leur autochtonie linguistique et culturelle et, en me\u0302me temps, dans les donne\u0301es des mondes humains pre\u0301sents ; sans complexe aucun<\/p>\n<p>\u00ab L\u2019e\u0301ducation est l\u2019arme la plus puissante que vous pouvez utiliser pour changer le monde \u00bb a dit Nelson Mandela a\u0300 propos des pays africains<\/p>\n<p>Prenons l\u2019exemple de Joseph Ki-Zerbo lui-me\u0302me pour montrer le genre de citoyen et d\u2019e\u0301lite africaine dont il faut s\u2019inspirer comme mode\u0300le et comme un exemple de re\u0301ussite intellectuelle et humaniste. Il a commence\u0301, comme tout jeune africain, par s\u2019impre\u0301gner de la culture et de la langue san. Il mai\u0302trisait parfaitement les deux fondements de sa personne humaine sans les perdre jusqu\u2019a\u0300 la fin de sa vie, malgre\u0301 ses longues anne\u0301es d\u2019e\u0301tudes au Mali, au Se\u0301ne\u0301gal, en France, voir ses anne\u0301es d\u2019exil contraint. Il fut le plus grand historien de l\u2019Afrique noire.<\/p>\n<p>Il a ba\u0302ti une \u0153uvre monumentale, seul, en parcourant les bibliothe\u0300ques universitaires ou non de la France, de la Grande Bretagne, de l\u2019Allemagne, de la Hollande, du Portugal, de l\u2019Espagne et me\u0302me des Etats-Unis d\u2019Ame\u0301rique pour comprendre son continent et ses peuples. Il a pu, ainsi, faire e\u0301merger une histoire du continent qui remet fondamentalement en cause la manie\u0300re dont les historiens europe\u0301ens avaient de\u0301figure\u0301 ou nie\u0301 toute possibilite\u0301 d\u2019histoire authentiquement africaine. Ce fut une ve\u0301ritable audace et la rationalisation d\u2019une nouvelle histoire qui appartienne en propre aux Noirs de l\u2019Afrique.<\/p>\n<p>Cependant, il ne s\u2019est pas pre\u0301occupe\u0301 de cre\u0301er une the\u0301orie de l\u2019histoire qui, de toute fac\u0327on, obe\u0301it au paradigme d\u2019une e\u0301cole de pense\u0301e et qui, de ce point de vue, se soucie peu de la ve\u0301rite\u0301 historique. Mai\u0302trisant plusieurs langues autochtones, il n\u2019he\u0301site pas a\u0300 en faire usage comme les expressions significatives, des mots, des proverbes en san, en more\u0301, en bambara\/dioula dans ses e\u0301crits, notamment dans A quand l\u2019Afrique ? Donc, Joseph Ki-Zerbo e\u0301tait profonde\u0301ment ancre\u0301 dans les cultures et les langues autochtones ; mais il e\u0301tait a\u0300 la fois e\u0301minemment occidentalise\u0301 par le biais de la mai\u0302trise de la culture et de la langue franc\u0327aises.<\/p>\n<p>Comme il aimait qualifier une cate\u0301gorie d\u2019intellectuels africains, comme lui-me\u0302me, c\u2019e\u0301tait un \u00ab Ne\u0300gre d\u2019exception \u00bb: authentiquement africain, occidental ou franc\u0327ais accompli, et authentiquement soi-me\u0302me. C\u2019est un avantage exceptionnel, rare par rapport a\u0300 ceux dont le franc\u0327ais ou l\u2019anglais, par exemple est la langue maternelle mais qui ne connaissent pas les cultures ni ne parlent les langues autochtones africaines.<\/p>\n<p>En outre, par rapport a\u0300 un grand nombre de pays de l\u2019Afrique subsaharienne, le Burkina Faso a la chance d\u2019avoir eu un penseur qui s\u2019est employe\u0301 a\u0300 examiner la nature des proble\u0300mes et des handicaps des pays africains et qui a conc\u0327u des possibilite\u0301s de re\u0301formes de l\u2019e\u0301ducation, de l\u2019e\u0301conomie, de la politique susceptibles de dynamiser la marche en avant de son pays.<\/p>\n<p>Car sa pense\u0301e est non seulement un constat de qui a e\u0301te\u0301 l\u2019e\u0301tat des re\u0301alite\u0301s humaines de son temps, mais une prospective dessinant des perspectives d\u2019avenir. He\u0301las, il est bien connu et Joseph Ki-Zerbo le dit lui-me\u0302me, e\u0301tant issus majoritairement de cultures orales, les gens ne sont gue\u0300re porte\u0301s a\u0300 la lecture de ses ouvrages pour de\u0301couvrir et connai\u0302tre sa pense\u0301e, de manie\u0300re a\u0300 s\u2019en inspirer dans l\u2019action politique et e\u0301conomique.<\/p>\n<p>Car l\u2019Afrique noire, qu\u2019elle le veuille ou non, ne peut continuer a\u0300 faire l\u2019e\u0301conomie de the\u0301ories philosophiques embrassant l\u2019ensemble des donne\u0301es des socie\u0301te\u0301s: the\u0301ories e\u0301conomiques, sociologiques, scientifiques, politiques, juridiques, etc. C\u2019est l\u2019e\u0301minent avantage que l\u2019Europe a eu avec ses philosophes qui ont toujours inspire\u0301 l\u2019action politique, donne\u0301 un Sens au devenir des socie\u0301te\u0301s europe\u0301ennes et qui, depuis le XVIIe sie\u0300cle, sont les ve\u0301ritables mai\u0302tres d\u2019\u0153uvre et d\u2019ouvrage de la vision europe\u0301enne triomphante devenue mondiale au XXe sie\u0300cle.<\/p>\n<p>Autrement dit, a\u0300 cette Afrique contemporaine, il lui faut l\u2019e\u0301nergie ne\u0301cessaire dans l\u2019action pre\u0301sente sous sa figure de pragmatisme, d\u2019empirisme, mais aussi la puissance de la pense\u0301e the\u0301orique, philosophique ou non, qui e\u0301claire son devenir, le sens de sa marche, de son cheminement dans le sillon de son de\u0301veloppement et de son progre\u0300s de la meilleure manie\u0300re possible. Ce fut le v\u0153u, durant toute sa vie, de Joseph Ki-Zerbo, mais qui n\u2019a pas e\u0301te\u0301 reconnu ni suivi.<\/p>\n<p>Cependant, il n\u2019e\u0301tait pas seulement un savant, un grand penseur, mais e\u0301galement un homme d\u2019action, un politique, militant engage\u0301 de\u0300s ses premie\u0300res anne\u0301es d\u2019e\u0301tudiant a\u0300 la Sorbonne a\u0300 Paris pour changer le visage de l\u2019Afrique noire, ou celui de son pays, la Haute Volta, au lendemain des fameuses inde\u0301pendances. Mais, comme d\u2019ordinaire, surtout au de\u0301but de ces fameuses inde\u0301pendances, les e\u0301lites politiques de l\u2019Afrique noire, plonge\u0301es dans la confusion des situations mate\u0301rielles, e\u0301conomiques, humaines he\u0301te\u0301roclites, pire dans la phrase\u0301ologie ide\u0301ologique, etc., n\u2019ont pu agir efficacement. Elles n\u2019ont pas songe\u0301 un instant aux mise\u0300res de leurs peuples pre\u0301fe\u0301rant la recherche effre\u0301ne\u0301e de l\u2019appropriation des richesses de leurs pays respectifs.<\/p>\n<p>Ce faisant, elles n\u2019ont pas pu ni su tole\u0301rer les honne\u0302tes gens comme Joseph K-Zerbo qui de\u0301nonc\u0327aient leur incurie et leur fourvoiement par rapport aux attentes des peuples africains. Pourtant, ce dernier avait sacrifie\u0301 une belle carrie\u0300re universitaire en France et a\u0300 l\u2019internationale pour participer activement a\u0300 la construction de la nouvelle Afrique en pre\u0301fe\u0301rant l\u2019ombre (rupture de son statut de fonctionnaire franc\u0327ais pour aller en Guine\u0301e en vue d\u2019aider Se\u0301kou Toure\u0301 a\u0300 re\u0301ussir le de\u0301veloppement de son pays, puis retour dans son pays natal, la Haute Volta) a\u0300 la lumie\u0300re de la ce\u0301le\u0301bration internationale. Ainsi, le mode\u0300le de l\u2019Afrique du futur imme\u0301diat ou lointain doit s\u2019inspirer (de), se fonder sur des figures d\u2019exception comme Joseph Ki-Zerbo.<\/p>\n<p>D\u2019ou\u0300 la ne\u0301cessite\u0301 d\u2019une nouvelle e\u0301ducation, ou d\u2019un nouveau mode\u0300le d\u2019e\u0301ducation, fonde\u0301e sur une nouvelle pe\u0301dagogie qui donne des ailes a\u0300 l\u2019intelligence des e\u0301lites africaines de demain.<\/p>\n<p>Or si elles sont e\u0301claire\u0301es par une large culture intellectuelle, elles pourraient e\u0301viter les erreurs du passe\u0301 en sachant mieux de\u0301fendre les inte\u0301re\u0302ts majeurs de leur continent sur le plan de la ou des cultures et des langues. Elles pourraient re\u0301ussir dans la gestion et la commercialisation des matie\u0300res premie\u0300res dont celles du continent africain constituent les enjeux majeurs des technologies futures et des industries de demain. En d\u2019autres termes, il s\u2019agit de la conception d\u2019une e\u0301conomie de comple\u0301mentarite\u0301 avec le reste du monde et, essentiellement, de la souverainete\u0301 des pays africains respectifs, a\u0300 de\u0301faut de l\u2019unite\u0301 de ce vaste continent de plus 30 millions de kilome\u0300tres carre\u0301s.<\/p>\n<p>On comprend alors que Joseph Ki-Zerbo ait de\u0301fendu la the\u0300se suivant laquelle l\u2019e\u0301ducation et la culture (intellectuelle) doivent constituer les fondements incontournables du de\u0301veloppement e\u0301conomique et du progre\u0300s de l\u2019esprit. C\u2019est en ce sens qu\u2019il e\u0301crit: \u00ab L\u2019e\u0301ducation doit e\u0302tre comme le c\u0153ur me\u0302me du de\u0301veloppement. Cela se justifie d\u2019autant plus, aujourd\u2019hui ou\u0300 le principal investissement est celui de l\u2019intelligence, de la matie\u0300re grise. Plus que jamais l\u2019e\u0301ducation et le de\u0301veloppement doivent e\u0302tre mise en e\u0301quation, a\u0300 condition qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une e\u0301ducation adapte\u0301e.<\/p>\n<p>C\u2019est la\u0300 ou\u0300 il faut sortir du mime\u0301tisme, du recopiage pur et simple des mode\u0300les venant d\u2019ailleurs. L\u2019e\u0301ducation telle qu\u2019elle est actuellement est une e\u0301ducation \u00ab anti-de\u0301veloppement \u00bb rationnel. La plupart des enfants africains rec\u0327oivent aujourd\u2019hui une e\u0301ducation qui de\u0301truit leur avenir sur tous les plans&#8230; Comme je l\u2019ai dit depuis des dizaines d\u2019anne\u0301es: ce que nous recherchons, ce n\u2019est pas tellement d\u2019augmenter la vitesse du train de l\u2019e\u0301ducation, mais de changer la direction des rails. Cependant, on ne l\u2019a jamais fait \u00bb (p.p. 199-200).<\/p>\n<p>Autrement dit, sans changement de syste\u0300me d\u2019e\u0301ducation, de logiciel pe\u0301dagogique adapte\u0301 aux donne\u0301es contemporaines et a\u0300 leur complexite\u0301, les ge\u0301ne\u0301rations africaines de demain seraient encore victimes, selon le ne\u0301ologisme de Ki-Zerbo, des \u00ab de\u0301veloppementeurs \u00bb. Cette inquie\u0301tude de Ki-Zerbo sur la qualite\u0301 de l\u2019e\u0301ducation des jeunes africains de demain est d\u2019autant plus justifie\u0301e que les GAFAM (Google, face book, Amazon, Apple, Microsoft) viennent de mettre un terrible frein aux progre\u0300s de l\u2019esprit et de l\u2019intelligence humaine par l\u2019influence ne\u0301faste et destructrice de leurs outils technologiques (Smartphones, ordinateurs, etc.,) dont les effets pervers agissent comme une alie\u0301nation mentale et une force pernicieuse de cre\u0301tinisation de l\u2019intelligence des Humains.<\/p>\n<p>Car la gravite\u0301 de cette donne nouvelle tient au fait qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un phe\u0301nome\u0300ne mondial. Ce fait majeur et unique dans l\u2019histoire du genre humain pre\u0301pare le monde humain de demain a\u0300 e\u0302tre gouverne\u0301 par une minorite\u0301 de gens qui ont la chance et l\u2019argent pour recevoir une e\u0301ducation de qualite\u0301, celle des livres. Cette minorite\u0301 d\u2019e\u0301lites soumettra le reste de l\u2019Humanite\u0301 cre\u0301tinise\u0301e au statut d\u2019ouvriers, de man\u0153uvres charge\u0301s de travailler pour son compte dans ses usines de production d\u2019objets technologiques sophistique\u0301s.<\/p>\n<p>Donc, le proble\u0300me majeur qui se pose aujourd\u2019hui est le suivant: la re\u0301gence des appareils technologiques, tels les ordinateurs, les smartphones, les re\u0301seaux sociaux, etc., sur les esprits d\u2019un tre\u0300s grand nombre d\u2019Humains a un si grand effet corrosif sur eux qu\u2019avant la fin du XXIe sie\u0300cle, la cre\u0301tinisation mentale et intellectuelle aurait triomphe\u0301 dans ce monde. Pour encourager ce genre de processus de faiblesse ou d\u2019e\u0301troitesse des esprits, on pre\u0301tend que l\u2019acquisition de la culture a change\u0301 de forme. Or, on sait tre\u0300s bien que la fascination de l\u2019image sur les e\u0301crans de l\u2019ordinateur ou du smartphone a pour finalite\u0301 de se\u0301duire et de susciter des de\u0301sirs, ge\u0301ne\u0301ralement obsce\u0300nes, et non pas d\u2019instruire.<\/p>\n<p>Autrement, les cre\u0301ateurs des fameux GAFAM , soit Google, Amazon , Face book, Apple, Microsoft n\u2019enverraient pas leurs enfants pour e\u0301tudier dans des institutions d\u2019enseignement classique en vue de grandir en intelligence, en culture savante, etc. Ils les auraient laisse\u0301s se soumettre totalement a\u0300 l\u2019empire des images. Au contraire, ils prennent soin de mettre leurs propres enfants a\u0300 l\u2019abri de l\u2019abrutissement que provoquent leurs inge\u0301nieuses productions technologiques.<\/p>\n<p>Car leurs enfants, e\u0301duque\u0301s a\u0300 l\u2019ancienne, en remplac\u0327ant leurs parents un jour a\u0300 la te\u0302te de leurs entreprises, vont toujours demeurer, l\u2019e\u0301lite inge\u0301nieuse de demain. Ils auront, ainsi, la mai\u0302trise sur le monde entier et les habitants de tous les pays a\u0300 leur pied comme le prouve l\u2019atmosphe\u0300re de l\u2019enfer politico-policier de 1984 de Georges Orwell.<\/p>\n<p>Face a\u0300 cette situation de de\u0301sastre mondial, je le re\u0301pe\u0300te, les me\u0302mes fondateurs des GAFAM s\u2019activent a\u0300 pre\u0301sent pour sauver ce qui pourrait e\u0302tre sauvable, me\u0302me s\u2019il s\u2019agira d\u2019une minorite\u0301. Tel est, du moins, le sens des initiatives scolaires des milliardaires e\u0301tats-uniens. D\u2019une part, selon l\u2019article du \u00ab Monde \u00bb , les fondateurs des GAFAM entendent multiplier le nombre des e\u0301coles qu\u2019ils cre\u0301ent comme une glorification de leur nom, comme le dit cet article: \u00ab Enfin un signe encore plus instructif est e\u0301crit en lettres blanches sur un panneau bleu a\u0300 l\u2019entre\u0301e: Bezos Academy. Mac Carver est l\u2019une des cinq maternelles Montessori ouvertes depuis 2019 par le fond philanthropique du fondateur d\u2019Amazon, Jeff Bezos. Cette structure pre\u0301cise vouloir en cre\u0301er \u00ab 17 autres entre 2023 et 2025, dans l\u2019e\u0301tat de Washington, en Floride et au Texas \u00bb, pour 1300 e\u0301le\u0300ves \u00bb \u00bb.<\/p>\n<p>De son co\u0302te\u0301, selon le me\u0302me article, la fondation Bill et Melinda Gates a beaucoup investi dans la cre\u0301ation de \u00ab petites e\u0301coles \u00bb, mais \u00ab en de\u0301mantelant de grands e\u0301tablissements ou pro\u0302ne\u0301 par l\u2019e\u0301valuation des enseignants en fonction de notes obtenues par leurs e\u0301le\u0300ves lors de tests. Certaines de ces mesures ont e\u0301te\u0301 incluses dans les re\u0301formes de Barack Obama, dont un ministre de l\u2019e\u0301ducation employait un ancien cadre de la Fondation Gates, Jim Shelton \u00bb.<\/p>\n<p>A\u0300 la diffe\u0301rence des milliardaires ou des ministres de l\u2019E\u0301ducation nationale des pays de l\u2019Afrique noire, leurs colle\u0300gues e\u0301tats-uniens sont de\u0301bordants d\u2019initiatives heureuses en matie\u0300re d\u2019e\u0301ducation, de la volonte\u0301 d\u2019entreprendre pour changer la nature des choses en faisant appel a\u0300 toutes les compe\u0301tences possibles et en adoptant, le cas e\u0301che\u0301ant, leurs ide\u0301es autant qu\u2019elles sont de nature a\u0300 ope\u0301rer des progre\u0300s sensibles dans le domaine de l\u2019e\u0301ducation.<\/p>\n<p>C\u2019est pourquoi, ayant pris conscience de l\u2019e\u0301tat mondial, soit les re\u0301alite\u0301s humaines, en situation de perte de qualite\u0301 humaine au niveau de la raison, de la conscience et de la liberte\u0301 en raison me\u0302me d\u2019une forme de de\u0301cadence ge\u0301ne\u0301rale, Bill Gates, fondateur de Microsoft, voire Reed Hasting, le patron de Netflix, n\u2019ont pas he\u0301site\u0301 a\u0300 s\u2019impliquer personnellement, eux aussi, et de manie\u0300re e\u0301minente dans le mouvement contemporain des re\u0301formes ou de la Re\u0301forme de l\u2019e\u0301ducation.<\/p>\n<p>A\u0300 cet effet, ils s\u2019inspirent du mode de fonctionnement et de gestion des entreprises prive\u0301es. Ainsi, selon \u00ab Le Monde \u00bb, \u00ab le PDG (ancien professeur de math au Swaziland) de la plateforme de vide\u0301o a\u0300 la demande a e\u0301te\u0301 jusqu\u2019a\u0300 diriger le conseil de l\u2019e\u0301ducation de l\u2019E\u0301tat de Californie dans les anne\u0301es 2000: il y a promu les Charters schools, finance\u0301s sur fonds publics, mais ge\u0301re\u0301es par des entite\u0301s prive\u0301es (par opposition aux 85% d\u2019e\u0301tablissements publics dirige\u0301s par des conseils e\u0301lus, et aux 6% d\u2019e\u0301coles prive\u0301es payantes \u00bb.<\/p>\n<p><strong>Pour plus d&rsquo;informations et d&rsquo;analyses sur la <a href=\"https:\/\/www.africa-press.net\/burkina-faso\">Burkina Faso<\/a>, suivez <a href=\"https:\/\/www.africa-press.net\/\">Africa-Press<\/a><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Africa-Press &#8211; Burkina Faso. 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