{"id":10443,"date":"2023-06-21T17:48:00","date_gmt":"2023-06-21T17:48:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.africa-press.net\/burundi\/politique\/medias-manager-en-mode-survie"},"modified":"2023-06-21T17:48:00","modified_gmt":"2023-06-21T17:48:00","slug":"medias-manager-en-mode-survie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.africa-press.net\/burundi\/economie\/medias-manager-en-mode-survie","title":{"rendered":"MEDIAS | Manager en  mode \u00ab\u00a0survie\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #ff6600\"><strong>Africa-Press &#8211; Burundi. <\/strong><\/span>Difficulte\u0301s quasi permanentes, choix des sujets parfois dicte\u0301s par la situation financie\u0300re, de\u0301parts des journalistes que nous avons forme\u0301s et qui se de\u0301marquent par leur plume vers ceux qui payent mieux, convocations intempestives du re\u0301gulateur &#8230; Le chapelet de de\u0301fis au quotidien d\u2019un directeur de me\u0301dia inde\u0301pendant au Burundi peut e\u0302tre e\u0301grene\u0301 presque a\u0300 l\u2019infini. Pire pour Iwacu il faut ajouter des situations qui ont laisse\u0301 des blessures profondes : le traumatisme cause\u0301 par la disparition du journaliste Jean Bigirimana, l\u2019emprisonnement de quatre journalistes pendant plus de quatre cents jours, sans citer les journalistes condamne\u0301s a\u0300 l\u2019exil, y compris le fondateur&#8230;<\/p>\n<p>L\u2019analyse de mon colle\u0300gue Armel Gilbert Bukeyeneza m\u2019a interpelle\u0301. Ancien d\u2019Iwacu, aujourd\u2019hui il e\u0301volue et re\u0301ussit a\u0300 l\u2019e\u0301tranger. C\u2019est une fierte\u0301 pour moi. Mais surtout, il pose des questions inte\u0301ressantes et propose une voie de survie pour sauver la presse inde\u0301pendante au Burundi. Je n\u2019ai pas l\u2019e\u0301nergie de repenser la presse, pour les raisons que je vais expliquer. Mais je voudrais simplement partager mon expe\u0301rience de directeur d\u2019un me\u0301dia en situation de crise.<\/p>\n<p>Norbert Zongo, journaliste et e\u0301crivain burkinabe\u0301 assassine\u0301 le 13 de\u0301cembre 1998, e\u0301crivait deux ans avant sa mort : \u00ab Le journaliste, ou\u0300 qu\u2019il soit, est toujours sur un champ de bataille. Quoi qu\u2019il fasse, il est toujours en danger, pour peu qu\u2019il veuille faire son travail dans le strict respect de la de\u0301ontologie du me\u0301tier. \u00bb<\/p>\n<p>David Kamau, mon professeur de Mass communication a\u0300 Nairobi, re\u0301pe\u0301tait toujours : \u00ab Hakuna starehe kwa mtangazaji \u00bb, il n\u2019y a pas de confort pour un journaliste. Ils ne croyaient pas si bien dire&#8230; Et moi, j\u2019ajouterai, pas de re\u0301pit pour un manager d\u2019un me\u0301dia inde\u0301pendant au Burundi. En fait, la crise est permanente.<\/p>\n<p>\u00ab Repenser la presse \u00bb, cette initiative que nous lanc\u0327ons re\u0301veille en moi des souvenirs, certains heureux, d\u2019autres douloureux. En 2007, j\u2019ai rencontre\u0301 Antoine Kaburahe qui, 10 ans apre\u0300s son (premier) exil, venait dans une mission de prospection pour lancer un journal au Burundi. On ne se connaissait pas. Il cherchait un partenaire \u00ab solide \u00bb m\u2019a-t-il dit, autour d\u2019un cafe\u0301. Il m\u2019a dit qu\u2019un ami lui avait parle\u0301 de moi. Il a ajoute\u0301 avec un sourire : \u00ab tu es historien, tu as e\u0301tudie\u0301 les me\u0301dias, tu parles bien anglais, c\u2019est super, on va lancer ensemble le projet. \u00bb<\/p>\n<p>Entre nous le \u00ab feeling \u00bb e\u0301tait bon. Lui, il e\u0301tait se\u0301duit par mon parcours, moi par son projet. Plus tard la donne \u00ab re\u0301gionaliste \u00bb a e\u0301te\u0301 avance\u0301e pour expliquer notre bonne entente ( tous deux nous sommes de Gitega), mais il n\u2019en est rien. On s\u2019est rencontre\u0301 autour d\u2019un bon projet.<\/p>\n<p>Moi, j\u2019avais fait ma part dans la lutte pour la de\u0301mocratie, j\u2019avais fait de la politique et j\u2019e\u0301tais d\u2019ailleurs rentre\u0301 comme cadre d\u2019une organisation politique apre\u0300s l\u2019accord de cessez-le-feu. Mais je ne voulais plus faire de la politique, je voulais faire du journalisme, un me\u0301tier que j\u2019aime depuis ma tendre enfance. Ce projet rencontrait mes attentes.<\/p>\n<p>Une anne\u0301e apre\u0300s notre premie\u0300re rencontre, en 2008, Antoine Kaburahe est rentre\u0301 \u00ab de\u0301finitivement de Belgique \u00bb ( c\u2019est ce qu\u2019il espe\u0301rait) pour lancer Iwacu. Je venais de quitter la politique. Les amis ne m\u2019ont pas cru et m\u2019ont taquine\u0301 : \u00ab Tu fais le chemin inverse. On ne quitte pas la politique pour les me\u0301dias, mais on renonce au journalisme pour devenir un politique. \u00bb Je leur ai prouve\u0301 le contraire. Que l\u2019on pouvait s\u2019e\u0301panouir, re\u0301ussir comme journaliste. Et c\u2019est vrai. Et malgre\u0301 les vicissitudes du me\u0301tier, j\u2019y crois encore.<\/p>\n<p>Le journal Iwacu a commence\u0301 avec tre\u0300s peu de moyens : trois ordinateurs, les journalistes devaient se relayer pour saisir leurs textes, deux appareils photo, trois petits enregistreurs. On avait un ve\u0301hicule de location pour les de\u0301placements.<\/p>\n<p>Le premier souci a e\u0301te\u0301 le recrutement. Il nous fallait de\u0301nicher quelques jeunes qui ont un bon niveau dans les universite\u0301s de Bujumbura. Nous n\u2019avons pas voulu de\u0301baucher des journalistes en activite\u0301, mais embaucher des journalistes \u00ab vierges \u00bb de toute expe\u0301rience, des jeunes a\u0300 former nous-me\u0302mes.<\/p>\n<p>Antoine Kaburahe a fait venir de Paris un ami a\u0300 lui, un ancien formateur au Centre des Formations des Journalistes a\u0300 la retraite, Jean Legastelois, que l\u2019on surnommait \u00ab Mutama. \u00bb Qu\u2019il trouve d\u2019ailleurs ici toute ma reconnaissance.<\/p>\n<p>Gracieusement, Mutama nous a d\u2019abord aide\u0301s a\u0300 organiser des tests de se\u0301lection, puis, pendant plusieurs mois, il nous a e\u0301paule\u0301s pour former les jeunes se\u0301lectionne\u0301s. La se\u0301lection a e\u0301te\u0301 tre\u0300s transparente. Nous avons simplement pris les meilleurs des candidats.<\/p>\n<p>C\u2019e\u0301tait une formation intense sur le tas, dans des conditions de travail difficiles. Mais nous e\u0301tions tous passionne\u0301s. Et, petit a\u0300 petit, Iwacu a grandi, rayonne\u0301. Le journal s\u2019est impose\u0301 dans un paysage me\u0301diatique domine\u0301 jusque-la\u0300 par les seules radios.<\/p>\n<p>Sept ans apre\u0300s, juste avant la crise, Iwacu e\u0301tait devenu un vrai Groupe de presse. Les conditions mate\u0301rielles s\u2019e\u0301taient nettement ame\u0301liore\u0301es, chaque journaliste avait son laptop, son appareil photo, son enregistreur. Le charroi e\u0301tait suffisant et on avait plusieurs produits a\u0300 offrir au public : le bimensuel e\u0301tait devenu hebdo, avec une version kirundi, un magazine mensuel, une Newsletter quotidienne en ligne, un de\u0301partement en langue anglaise, une web radio, une web tv. Iwacu s\u2019e\u0301tait lance\u0301 dans l\u2019e\u0301dition aussi.<\/p>\n<p>Le succe\u0300s d\u2019Iwacu a de\u0301passe\u0301 les frontie\u0300res, vers fin 2014 nous avons e\u0301te\u0301 approche\u0301s par le plus grand Groupe de presse kenyan, The Nation, pour faire un partenariat : une te\u0301le\u0301vision commune ! Un haut cadre du Groupe The Nation est venu nous rencontrer, le projet e\u0301tait sur les rails et le groupe kenyan e\u0301tait pre\u0302t a\u0300 investir des centaines de milliers de dollars dans le projet.<\/p>\n<p>Dans l\u2019optique de tendre vers une autonomie financie\u0300re, Iwacu, avec le soutien de l\u2019Ambassade d\u2019Allemagne et un cre\u0301dit chez KCB, avait lance\u0301 sa propre imprimerie. On re\u0302vait d\u2019acheter une parcelle pour construire notre sie\u0300ge. On re\u0302vait grand : devenir une entreprise de presse de re\u0301fe\u0301rence dans la sous-re\u0301gion. Je tiens a\u0300 raconter ceci pour montrer que nous avions le projet d\u2019e\u0302tre autonome ! De\u0301pendre d\u2019un donateur, me\u0302me de\u0301sinte\u0301resse\u0301, n\u2019est jamais tre\u0300s valorisant.<\/p>\n<p>Notre ide\u0301al e\u0301tait d\u2019affermir la place d\u2019Iwacu dans le renforcement de la de\u0301mocratie et le respect des droits de l\u2019Homme. E\u0302tre la voix des sans-voix, le chien de garde de la socie\u0301te\u0301. Iwacu \u00ab les voix du Burundi \u00bb. Notre devise.<\/p>\n<p>Iwacu, avec un puissant partenaire dans la re\u0301gion, pouvait devenir un grand groupe de presse. Mais alors est venue la crise de 2015&#8230;<\/p>\n<p><b><b>De\u0301sormais, mon quotidien, ge\u0301rer des crises<\/b><\/b><\/p>\n<p>Depuis mai 2015, c\u2019est-a\u0300-dire huit ans, Iwacu vit une histoire particulie\u0300re, difficile. En fait, je ne ge\u0300re que des crises multiformes. Pour rappel, alors que tous les directeurs des me\u0301dias inde\u0301pendants ont fui, leurs me\u0301dias de\u0301truits, Iwacu a surve\u0301cu et mon colle\u0300gue Kaburahe est reste\u0301 au pays.<\/p>\n<p>Novembre 2015, six mois apre\u0300s la tentative de coup d\u2019Etat de mai 2015, un mandat d\u2019arre\u0302t est lance\u0301 contre le directeur. Il va e\u0302tre arre\u0302te\u0301. In extremis, il parvient a\u0300 fuir. \u00ab Restez debout \u00bb nous dit-il, quand il nous quitte avec son seul laptop et un sac a\u0300 dos.<\/p>\n<p>Je me retrouve du jour au lendemain a\u0300 ge\u0301rer le groupe, avec l\u2019aide de mon colle\u0300gue Abbas Mbazumutima. Certes, le de\u0301part d\u2019Antoine Kaburahe a e\u0301te\u0301 un coup dur, mais nous avons fait face.<\/p>\n<p>Mais notre vie sera de\u0301sormais un calvaire. Les e\u0301preuves se sont enchai\u0302ne\u0301es. Jean Bigirimana est enleve\u0301 en juillet 2016. Ce sera mon bapte\u0302me de feu. Gra\u0302ce a\u0300 notre enque\u0302te, deux corps sont de\u0301couverts dans une valle\u0301e de Bugarama, la\u0300 ou\u0300 justement notre colle\u0300gue a e\u0301te\u0301 aperc\u0327u pour la dernie\u0300re fois. Ils sont dans un e\u0301tat de de\u0301composition avance\u0301e, un des corps est de\u0301capite\u0301. Est-ce Jean Bigirimana ? Faute de test ADN, que nous avons demande\u0301, on ne le saura jamais. Iwacu a de\u0301pose\u0301 devant la justice une plainte contre X. On attend toujours&#8230;<\/p>\n<p>Comme manager, il e\u0301tait difficile de ge\u0301rer \u00ab la disparition \u00bb d\u2019un colle\u0300gue . Fallait-il fermer le journal ? C\u2019e\u0301tait une de\u0301cision difficile. La question a e\u0301te\u0301 pose\u0301e aux journalistes. Comme un seul homme, les colle\u0300gues ont de\u0301cide\u0301 de poursuivre le travail : \u00ab Ceux qui ont enleve\u0301 Jean Bigirimana ont voulu faire passer un message. Nous ne nous de\u0301courageons pas. Nous restons de\u0301bout. \u00bb Encourageant, certainement. Et je suis fier de tous les journalistes. Mais dans les faits, la peur s\u2019est installe\u0301e.<\/p>\n<p>Apre\u0300s la trage\u0301die de Jean Bigirimana, le calvaire a continue\u0301, des convocations incessantes au CNC dirige\u0301 par Nestor Bankumukunzi, le forum du site web a e\u0301te\u0301 interdit, puis le site lui-me\u0302me est devenu comple\u0300tement inaccessible depuis le Burundi.<\/p>\n<p><b><b>Rassurer une re\u0301daction traumatise\u0301e<\/b><\/b><\/p>\n<p>Et puis, une autre catastrophe. Le 22 octobre 2019. Une autre date fatidique pour Iwacu. En de\u0301but d\u2019apre\u0300s-midi, quatre reporters d\u2019Iwacu sont envoye\u0301s par la re\u0301daction a\u0300 Musigati, province Bubanza. La nuit pre\u0301ce\u0301dente, des affrontements entre un groupe arme\u0301 venu de la Re\u0301publique de\u0301mocratique du Congo (RDC) et les forces de l\u2019ordre ont e\u0301te\u0301 signale\u0301s. Agne\u0300s Ndirubusa, Christine Kamikazi, Egide Harerimana et Te\u0301rence Mpozenzi se rendent sur le terrain pour couvrir ce sujet d\u2019actualite\u0301. A peine arrive\u0301s sur place, alors qu\u2019ils me\u0300nent des entretiens avec des civils fuyant les combats, ils sont arre\u0302te\u0301s, avec leur chauffeur. L\u2019une des reporters est me\u0302me gifle\u0301e par un policier. Arre\u0302te\u0301s, ils sont d\u2019abord incarce\u0301re\u0301s au cachot du commissariat communal, puis au cachot du commissariat provincial, avant d\u2019e\u0302tre transfe\u0301re\u0301s a\u0300 la prison de Bubanza, au cinquie\u0300me jour de leur incarce\u0301ration. Lorsqu\u2019ils comparaissent au tribunal de grande instance le 30 de\u0301cembre, un seul et me\u0302me chef d\u2019accusation : complicite\u0301 d\u2019atteinte a\u0300 la su\u0302rete\u0301 inte\u0301rieure de l\u2019E\u0301tat. comme re\u0301quisitoire : une peine de 15 ans de prison ferme.<\/p>\n<p>Le ve\u0301hicule et tout le mate\u0301riel du journal sont saisis, dont un appareil photo ( qui ne sera jamais rendu par le SNR) et quatre te\u0301le\u0301phones, etc., deviennent \u00ab le patrimoine de l\u2019E\u0301tat. \u00bb Finalement, les quatre journalistes seront condamne\u0301s a\u0300 deux ans et demi d\u2019emprisonnement et a\u0300 une amende d\u2019un million de francs burundais. Ils vont croupir en prison pendant 430 jours pour e\u0302tre libe\u0301re\u0301s le jeudi 24 de\u0301cembre 2020 par une gra\u0302ce pre\u0301sidentielle.<\/p>\n<p>Cette de\u0301tention des journalistes a e\u0301te\u0301 pour moi et toute la direction un calvaire. Il fallait e\u0302tre solide physiquement et moralement pour tenir face a\u0300 la pression tant interne qu\u2019externe. Il fallait e\u0302tre a\u0300 la prison de Bubanza au moins une fois la semaine, remonter leur moral, leur apporter a\u0300 manger et a\u0300 boire, des livres a\u0300 lire. Il ne fallait surtout pas montrer a\u0300 ceux qui sont en prison comme a\u0300 ceux qui restent a\u0300 la re\u0301daction que l\u2019on est de\u0301moralise\u0301s. Au contraire, il fallait ge\u0301rer les e\u0301motions. On devait e\u0301changer re\u0301gulie\u0300rement avec leurs parents et amis, rencontrer d\u2019autres responsables des me\u0301dias, discuter avec eux.<\/p>\n<p><b><b>Triste solitude<\/b><\/b><\/p>\n<p>Le plus triste. Avec l\u2019emprisonnement des quatre journalistes, je vais me rendre compte que l\u2019esprit de confraternite\u0301 a disparu. Je n\u2019oublierai jamais les propos d\u2019un directeur de me\u0301dia lors d\u2019une e\u0301mission sur la liberte\u0301 de la presse. Pour lui, j\u2019e\u0301tais coupable. Il fallait \u00ab emprisonner le directeur d\u2019Iwacu qui avait envoye\u0301 des reporters chercher l\u2019information a\u0300 Musigati sans l\u2019accord du gouvernement ! \u00bb Un journaliste n\u2019attend pas le feu vert du gouvernement pour chercher l\u2019information. Et c\u2019est un confre\u0300re qui me disait cela !<\/p>\n<p>D\u2019autres me\u0301dias n\u2019ont jamais e\u0301crit une ligne, un mot de soutien. Au pays, en dehors de quelques journalistes courageux, nous e\u0301tions seuls.<\/p>\n<p>Les bailleurs de fonds ont concentre\u0301 leur appui aux \u00ab jeunes me\u0301dias \u00bb ne\u0301s apre\u0300s mai 2015 qui sont ge\u0301ne\u0301reusement arrose\u0301s de soutiens multiples. C\u2019est leur droit.<\/p>\n<p>A co\u0302te\u0301 de ces difficulte\u0301s, les bailleurs de fonds ont diminue\u0301 leur appui au moment ou\u0300 nous en avions le plus besoin. Et j\u2019ai e\u0301te\u0301 contraint a\u0300 licencier.<\/p>\n<p>Mon souci e\u0301tait de \u00ab rester debout \u00bb comme on avait la chance d\u2019avoir surve\u0301cu&#8230; D\u2019ailleurs, dans les re\u0301ceptions, les rencontres avec les diplomates, tous me disaient et continuent a\u0300 me dire \u00ab vous faites du bon travail, pour nous informer, c\u2019est Iwacu que nous lisons \u00bb. Que les appuis ne suivent pas est une autre question.<\/p>\n<p>L\u2019expe\u0301rience m\u2019a appris qu\u2019aucun me\u0301dia ne peut tenir en comptant seulement sur le soutien des bailleurs de fonds, il faut arriver a\u0300 trouver ses ressources pour tenir, survivre.<\/p>\n<p>Mais entretemps, les jeunes patiemment forme\u0301s s\u2019en sont alle\u0301s vers \u00ab les nouveaux me\u0301dias \u00bb, qui paient bien et dont le travail est sans risque puisqu\u2019ils ont pris le choix e\u0301ditorial d\u2019e\u0301viter les sujets qui fa\u0302chent. Encore une fois, c\u2019est dans l\u2019ordre naturel des choses, journaliste ou pas, l\u2019employe\u0301 va ou\u0300 il gagne mieux. C\u2019est normal.<\/p>\n<p>Avec la crise de 2015, des partenaires d\u2019Iwacu ont arre\u0302te\u0301 leur soutien, d\u2019autres ont revu a\u0300 la baisse leur appui, les publicite\u0301s ont diminue\u0301 comme une peau de chagrin, l\u2019imprimerie tourne au ralenti, tre\u0300s peu de commandes externes. Bref, une situation financie\u0300re difficile.<\/p>\n<p>Iwacu a du\u0302 suspendre certains services. C\u2019est le cas du service anglais, du journal en Kirundi, de la web radio, du magazine.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, je dois licencier des jeunes qui croient a\u0300 leur me\u0301tier, qui veulent faire carrie\u0300re dans la profession. Un matin, je dois appeler des journalistes pour leur annoncer que \u00ab leur service s\u2019arre\u0302te. \u00bb<\/p>\n<p>J\u2019ai le souvenir d\u2019une jeune femme, passionne\u0301e, dynamique. Je la vois dans mon bureau quand je lui annonce la fin de son travail, faute de moyens. Je vois les larmes dans ses yeux. Son monde qui s\u2019effondre apre\u0300s trois ans de loyaux services. Elle avait be\u0301ne\u0301ficie\u0301 de plusieurs formations, dont un encadrement par des routiers du journal The Guardian, gra\u0302ce a\u0300 un partenariat que nous avions noue\u0301 avec le prestigieux quotidien anglais. Elle perdait son travail. Iwacu perdait une professionnelle. Elle e\u0301tait force\u0301e au cho\u0302mage. Ce n\u2019est pas e\u0301vident de trouver un autre travail, encore moins dans son domaine, dans un pays ou\u0300 le taux de cho\u0302mage est tre\u0300s e\u0301leve\u0301. Quelle perte, quel ga\u0302chis.<\/p>\n<p>Ce genre de situation fait tache d\u2019huile sur le reste du personnel qui pense, avec raison, qu\u2019il peut subir le me\u0302me sort.<\/p>\n<p>Il y a donc les licenciements. Mais aussi les navettes dans mon bureau. La charge\u0301e des finances qui me rappelle que l\u2019on doit payer l\u2019internet, les vigiles, l\u2019IPR, l\u2019avocat de la boi\u0302te, re\u0301gler les factures d\u2019eau et d\u2019e\u0301lectricite\u0301, assurer les employe\u0301s a\u0300 l\u2019INSS, payer l\u2019assurance maladie, re\u0301gler les factures de te\u0301le\u0301phone&#8230; Oups, l\u2019imprimerie n\u2019a pas de papier ou tout simplement les machines sont en panne. Il n\u2019y a pas de carburant dans les ve\u0301hicules pour amener les journalistes a\u0300 la recherche de l\u2019information, les ve\u0301hicules sont en panne&#8230; c\u2019est cela mon quotidien. C\u2019est dur, c\u2019est stressant, mais on doit tenir.<\/p>\n<p><b><b>Choix des sujets souvent dicte\u0301s par la situation financie\u0300re<\/b><\/b><\/p>\n<p>Le travail d\u2019investigations est le point fort d\u2019Iwacu, sa marque de fabrique. Les descentes sur terrain.<\/p>\n<p>Mais sur le terrain, il faut de\u0301placer le journaliste, le nourrir, le loger. Il doit communiquer.<\/p>\n<p>Faute de moyens, avec le directeur de la re\u0301daction, mon colle\u0300gue et ami Abbas Mbazumutima et mon service des finances, on doit tout le temps trancher une question difficile. Le premier, Abbas, \u00ab cherche l\u2019info \u00bb, il veut envoyer les journalistes sur le terrain pour des enque\u0302tes fouille\u0301es. Je le comprends. C\u2019est son job. Nadia, la charge\u0301e des finances, elle a les yeux rive\u0301s sur la caisse !<\/p>\n<p>Moi, je dois trancher. Faire des choix, me rabattre sur des sujets plus faciles a\u0300 faire, moins budge\u0301tivores. Souvent les gens oublient que l\u2019information a un cou\u0302t. Envoyez pendant trois jours une e\u0301quipe de deux journalistes, un chauffeur a\u0300 Cankuzo, avec le prix du carburant, il faut compter au moins 500 000 FBU. Notre rubrique pre\u0301fe\u0301re\u0301e \u00ab Au c\u0153ur du pays \u00bb souffre. Les journalistes sont frustre\u0301s. Toujours faire des choix. Couper.<\/p>\n<p><b><b>Des bailleurs de fonds parfois incompre\u0301hensifs<\/b><\/b><\/p>\n<p>Les me\u0301dias peuvent difficilement survivre sans appui. Dans d\u2019autres pays, il y a des aides de l\u2019Etat. Et quand l\u2019e\u0301conomie marche bien, il y a les publicite\u0301s.<\/p>\n<p>La publicite\u0301 ? Mais c\u2019est le secteur que l\u2019on coupe en premier en cas de crise. Or, depuis plusieurs anne\u0301es, l\u2019e\u0301conomie va mal. Alors&#8230; Il reste les partenaires externes.<\/p>\n<p>Je dois rendre hommage effectivement a\u0300 certains pays, sans certains d\u2019entre eux, Iwacu n\u2019aurait pas tenu.<\/p>\n<p>Mais ces pays gagneraient a\u0300 bien (re) penser leur soutien pour que celui-ci soit re\u0301ellement efficace. Par exemple, le million de dollars \u00ab accorde\u0301 a\u0300 la presse burundaise \u00bb par l\u2019UE n\u2019a rien change\u0301 a\u0300 la situation des me\u0301dias. Une somme conse\u0301quente pourtant. On nous expliquera que c\u2019e\u0301tait une aide a\u0300 la \u00ab formation \u00bb&#8230; Le de\u0301bat est trop long a\u0300 engager ici, mais tout ceci pose question.<\/p>\n<p>Je ne plaide pas pour une assistance e\u0301ternelle. C\u2019est dans cette optique qu\u2019Iwacu avait installe\u0301 sa propre imprimerie pour devenir autonome co\u0302te\u0301 impression et dans l\u2019espoir que cette dernie\u0300re ge\u0301ne\u0301rerait des revenus. Mais avec la crise de 2015, toutes ces initiatives sont tombe\u0301es a\u0300 l\u2019eau.<\/p>\n<p>A mon humble avis, les bailleurs ( certes ils sont libres) devraient essayer d\u2019encourager les me\u0301dias qui font vraiment le travail pour informer le public. Le travail critique, j\u2019insiste bien sur le mot, est essentiel pour le renforcement de la de\u0301mocratie, le respect des droits de l\u2019Homme, la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption.<\/p>\n<p>Je sais que je risque de m\u2019attirer des foudres, mais saupoudrer l\u2019aide pour qu\u2019il y ait \u00ab un foisonnement des me\u0301dias \u00bb n\u2019est pas la garantie d\u2019une bonne vitalite\u0301 me\u0301diatique dans un pays.<\/p>\n<p>On peut prendre cela pour un compliment, mais cela est re\u0301ve\u0301lateur d\u2019une re\u0301alite\u0301 plus cruelle : faute de moyens, Iwacu restera effectivement un centre ou\u0300 on forme pour les autres.<\/p>\n<p>\u00ab Repenser les me\u0301dias ? \u00bb Est-ce que dans ma situation je suis capable de faire cet exercice ? Difficile. Je n\u2019ai aucune visibilite\u0301 sur le long terme. Je sais que c\u2019est aussi le lot de quelques me\u0301dias.<\/p>\n<p>Pour le moment, je pense a\u0300 tenir, jour apre\u0300s jour, veiller a\u0300 bien faire ce que nous pouvons encore faire, avec les moyens rachitiques qui nous restent. Mais en gardant a\u0300 l\u2019esprit qu\u2019Iwacu restera debout.<\/p>\n<p><strong>Pour plus d&rsquo;informations et d&rsquo;analyses sur la <a href=\"https:\/\/www.africa-press.net\/burundi\">Burundi<\/a>, suivez <a href=\"https:\/\/www.africa-press.net\/\">Africa-Press<\/a><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Africa-Press &#8211; Burundi. 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