{"id":10776,"date":"2023-07-17T17:14:00","date_gmt":"2023-07-17T17:14:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.africa-press.net\/burundi\/politique\/au-coin-du-feu-avec-dr-christine-mbonyingingo"},"modified":"2023-07-17T17:14:00","modified_gmt":"2023-07-17T17:14:00","slug":"au-coin-du-feu-avec-dr-christine-mbonyingingo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.africa-press.net\/burundi\/culture-et-art\/au-coin-du-feu-avec-dr-christine-mbonyingingo","title":{"rendered":"Au coin du feu avec Dr Christine Mbonyingingo"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #ff6600\"><strong>Africa-Press &#8211; Burundi. <\/strong><\/span>Dans le Burundi traditionnel, le soir, au coin du feu, la famille re\u0301unie discutait librement. Tout le monde avait droit a\u0300 la parole et chacun laissait parler son c\u0153ur. C\u2019e\u0301tait l\u2019heure des grandes et des petites histoires. Des ve\u0301rite\u0301s subtiles ou crues. L\u2019occasion pour les anciens d\u2019enseigner, l\u2019air de rien, la sagesse ancestrale. Mais au coin du feu, les jeunes s\u2019interrogeaient, contestaient, car tout le monde avait droit a\u0300 la parole. De\u0301sormais, toutes les semaines, Iwacu renoue avec la tradition et transmettra, sans filtre, la parole longue ou lapidaire rec\u0327ue au coin du feu. Cette semaine, au coin du feu, Dr Christine Mbonyingingo.<\/p>\n<p><b>Votre qualite\u0301 principale ?<\/b><\/p>\n<p>La conscience que je ne peux e\u0302tre sans l\u2019autre, comme l\u2019autre ne peut e\u0302tre sans moi.<\/p>\n<p><b>Votre de\u0301faut principal ?<\/b><\/p>\n<p>Je jette mes perles aux cochons avec re\u0301cidive. Mes filles confirment.<\/p>\n<p><b>La qualite\u0301 que vous pre\u0301fe\u0301rez chez les autres ?<\/b><\/p>\n<p>La joie de vivre. J\u2019aime les personnes qui de\u0301gagent la joie de vivre et qui ont conscience de la valeur des autres et les respectent pour ce qu\u2019ils sont, sans calcul.<\/p>\n<p><b>Le de\u0301faut que vous ne supportez pas chez les autres ?<\/b><\/p>\n<p>Je ne supporte pas les personnes dont les propos de\u0301gagent des ondes ne\u0301gatives.<\/p>\n<p><b>D\u2019ou\u0300 vous vient votre vocation pour la cause fe\u0301minine ?<\/b><\/p>\n<p>On ne nai\u0302t pas fe\u0301ministe. On le devient. Mon engagement pour la de\u0301fense des droits des femmes prend racine a\u0300 la permanence nationale de l\u2019Union des Femmes Burundaises (UFB) en 1974. J\u2019e\u0301tais en deuxie\u0300me candidature a\u0300 l\u2019Ecole Normale Supe\u0301rieure (ENS). Je devais faire un expose\u0301 sur la condition de la femme au Burundi dans le cadre du cours de civisme. Mon professeur, M. Kidomo Cle\u0301ment, m\u2019a oriente\u0301 vers l\u2019UFB pour me documenter. J\u2019y ai trouve\u0301 Mme Cle\u0301mence Nahimana que je salue affectueusement. Elle m\u2019a parle\u0301 de l\u2019UFB, de la motivation de son action, de ses ambitions pour la femme, de sa contribution a\u0300 la politique du pays pour que son image soit radieuse dans le concert des nations. Chaque fois qu\u2019elle parlait de la condition de certaines femmes, je voyais des illustrations par milliers dans la commune ou\u0300 j\u2019e\u0301tais ne\u0301e. En me\u0302me temps, un esprit de re\u0301volte, une sorte de cole\u0300re grandissaient en moi. Je lui ai demande\u0301 si l\u2019UFB pouvait accepter des e\u0301tudiantes en son sein. Elle m\u2019a dit oui. Sur le coup, j\u2019ai introduit ma demande d\u2019adhe\u0301sion a\u0300 l\u2019UFB. Et quand je me suis marie\u0301e en 1975, j\u2019ai adhe\u0301re\u0301 e\u0301galement a\u0300 la section des e\u0301pouses des officiers et c\u2019e\u0301tait parti pour la vie.<\/p>\n<p><b>Pensez-vous que l\u2019UFB (Union des femmes Burundaises) a contribue\u0301 a\u0300 faire e\u0301voluer la condition de la femme burundaise ? <\/b><\/p>\n<p>Je ne le pense pas, c\u2019est une e\u0301vidence. Je peux le certifier. L\u2019UFB a contribue\u0301 a\u0300 faire e\u0301voluer et changer les relations entre les hommes et les femmes au Burundi. Toutes les personnes de mon a\u0302ge vous le diront. A titre d\u2019illustration, l\u2019UFB a lutte\u0301 pour la mixite\u0301 dans les e\u0301coles afin que les filles ne soient plus cantonne\u0301es aux e\u0301coles me\u0301nage\u0300res et aux e\u0301coles d\u2019institutrices et ainsi pouvoir acce\u0301der a\u0300 l\u2019universite\u0301 et embrasser d\u2019autres carrie\u0300res. Des lois ont change\u0301, d\u2019autres, e\u0301labore\u0301es et vote\u0301es pour plus d\u2019e\u0301galite\u0301, entre les hommes et les femmes surtout dans le secteur du travail. C\u2019est l\u2019UFB qui a ne\u0301gocie\u0301 l\u2019ouverture de l\u2019ISCAM aux filles. C\u2019est elle qui a porte\u0301 le plaidoyer pour toutes les de\u0301cisions des confe\u0301rences internationales de Mexico et de Copenhague sur la condition de la femme. C\u2019est elle qui a fait la pe\u0301pinie\u0300re des femmes leaders en ge\u0301ne\u0301ral et en politique en particulier. Je suis fie\u0300re d\u2019e\u0302tre membre de l\u2019UFB et de continuer a\u0300 faciliter son action d\u2019inspiration aux autres associations et groupements citoyens de de\u0301fense des droits de la personne humaine, particulie\u0300rement des femmes.<\/p>\n<p><b>L\u2019adage rundi : \u00ab Niko Zubakwa (la femme doit tout endurer dans le foyer,NDLR) \u00bb. Votre commentaire.<\/b><\/p>\n<p>Le sens social de cet adage, il faut l\u2019avouer, a une peau tre\u0300s dure et qui traverse gaillardement nos sie\u0300cles.<b> \u00ab <\/b>Niko zubakwa \u00bb hier, aujourd\u2019hui et demain est un signe d\u2019impuissance, un appel aux femmes a\u0300 la re\u0301signation face aux diverses difficulte\u0301s au sein de leur me\u0301nage. C\u2019est aussi une invitation a\u0300 transcender la re\u0301alite\u0301 douloureuse d\u2019une vie de couple pleine d\u2019ine\u0301galite\u0301s, source de frustration et de regret. Au-dela\u0300 de ces conside\u0301rations, \u00ab Niko zubakwa \u00bb a permis de garder beaucoup de couples en place. Hier, surtout avant l\u2019ave\u0300nement des e\u0301coles, les filles se mariaient tre\u0300s jeunes. De\u0300s l\u2019apparition des menstruations, le signal e\u0301tait donne\u0301, la fille e\u0301tait a\u0300 marier. Cela se passe ge\u0301ne\u0301ralement entre 14 et 15 ans, alors qu\u2019en principe une adolescente de 16, 17 souhaite vivre sa me\u0301tamorphose et se projeter dans l\u2019avenir. Comme tout le monde, elle a envie d\u2019apprendre des choses de la vie, de profiter au mieux des plaisirs que la vie offre en compagnie de ses copines.<\/p>\n<p>A ce propos, je vous dirais qu\u2019e\u0302tre marie\u0301e est diffe\u0301rent de se marier. Pour affronter les nombreuses et e\u0301prouvantes responsabilite\u0301s d\u2019une femme marie\u0301e, dont la procre\u0301ation a\u0300 17 ans, il fallait du courage, de la perse\u0301ve\u0301rance et du soutien.<\/p>\n<p><b>Concre\u0300tement&#8230;<\/b><\/p>\n<p>Je dirais que \u00ab Niko zubakwa \u00bb est un pie\u0300ge mille\u0301naire tendu aux femmes. En effet, aujourd\u2019hui, on re\u0301alise que la soumission aveugle, forge\u0301e et force\u0301e, n\u2019est pas l\u2019unique option. De mon temps de\u0301ja\u0300, je me suis marie\u0301e en mai 1975, l\u2019e\u0301cole formelle en classe e\u0301tait de\u0301ja\u0300 arrive\u0301e et \u00ab Niko zubakwa \u00bb avait de\u0301ja\u0300 perdu de sa superbe. J\u2019ai eu le choix du garc\u0327on qui me plaisait le plus, qui me rassurait le plus. Mes parents n\u2019ont pas choisi pour moi, mais ils e\u0301taient ravis, car mon choix leur convenait parfaitement. Ils connaissaient le garc\u0327on, qu\u2019ils avaient eu chez nous pendant deux ans de sa scolarite\u0301.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, me\u0302me a\u0300 la campagne, cet adage ne peut pas e\u0302tre invoque\u0301 et faire effet. Cependant, les re\u0300gles du patriarcat restent toujours tenaces. Face a\u0300 cette situation, la majorite\u0301 des femmes qui ont des difficulte\u0301s dans leurs me\u0301nages, car elles refusent la soumission aveugle, restent e\u0301le\u0301gantes, mais contraintes de transcender beaucoup d\u2019ale\u0301as pour rester aux co\u0302te\u0301s de leurs enfants. C\u2019est cela qui intrigue.<\/p>\n<p><b>La femme burundaise, la trouvez-vous suffisamment repre\u0301sente\u0301e dans les instances de prise de de\u0301cisions nationales ? <\/b><\/p>\n<p>Absolument, non. La volonte\u0301 politique reste encore en dec\u0327a\u0300 des attentes des femmes. Aujourd\u2019hui, aucun argument raisonnable et objectif ne peut justifier les ine\u0301galite\u0301s observe\u0301es au niveau de la repre\u0301sentativite\u0301 des hommes et des femmes dans les instances de prise de de\u0301cision. Quand la volonte\u0301 politique est since\u0300re, les bonnes de\u0301cisions sont prises. Le Frodebu a donne\u0301 le ton. Il a ose\u0301. Il a nomme\u0301 une femme au poste de Premier ministre, en tant que chef du Gouvernement. Si on n\u2019avait pas eu le malheur de l\u2019assassinat du Pre\u0301sident Melchior Ndadaye, je reste persuade\u0301e que Mme Kinigi Sylvie aurait fait beaucoup d\u2019impact : e\u0301conomiste de renom, qui avait dirige\u0301 le secteur des re\u0301formes e\u0301conomiques et qui de ce fait facilitait le dialogue entre le gouvernement et les institutions de Bretton Woods, elle avait toute la carrure pour conduire l\u2019action du gouvernement a\u0300 bon port. Le CNDD\/FDD a aussi fait montre d\u2019une audace qui a plu beaucoup aux femmes. Nous avons tous appre\u0301cie\u0301 la nomination d\u2019une femme vice-pre\u0301sidente de la re\u0301publique, une femme pre\u0301sidente de l\u2019Assemble\u0301e nationale. Regardez aujourd\u2019hui. Ce pays regorge de femmes aux compe\u0301tences multiformes. On ne peut pas dire que le Pre\u0301sident de la Re\u0301publique, n\u2019a pas trouve\u0301 des femmes qui peuvent e\u0302tre nomme\u0301es Vice-Pre\u0301sidentes ou Premie\u0300res ministres ou Pre\u0301sidentes de l\u2019Assemble\u0301e nationale ou du Se\u0301nat.<\/p>\n<p><b>Mais si on regarde les chiffres, les femmes sont repre\u0301sente\u0301es ?<\/b><\/p>\n<p>L\u2019important, ce ne sont pas les chiffres. Je suis inte\u0301resse\u0301e par l\u2019e\u0301quite\u0301 et donc par la parite\u0301. Je suis inte\u0301resse\u0301e par les positions utiles, qui donnent aux femmes la possibilite\u0301 d\u2019influencer les de\u0301cisions et de changer les choses. Je suis inte\u0301resse\u0301e par la situation si le pre\u0301sident de l\u2019Assemble\u0301e nationale est un homme, le se\u0301nat est dirige\u0301 par une femme. Je sais qu\u2019a\u0300 l\u2019Assemble\u0301e nationale 41% des de\u0301pute\u0301s sont des femmes, mais je constate que l\u2019Assemble\u0301e nationale a 8 commissions et parmi elles, une seule commission a une pre\u0301sidente et 2 ont des vice-pre\u0301sidentes et cela n\u2019est pas e\u0301quitable. Je constate que la parite\u0301 n\u2019est pas garantie au niveau du gouvernement et que l\u2019on se complai\u0302t au niveau de 30% et ceci n\u2019est pas juste.<\/p>\n<p>Je suis frustre\u0301e quand je constate que depuis que la CENI existe, elle ne supporte pas d\u2019e\u0302tre pre\u0301side\u0301e par une femme. Je suis en cole\u0300re quand j\u2019observe que ce qui a e\u0301te\u0301 appele\u0301 la structure le\u0301ge\u0300re de la CENI, les gardiens des CEPI sont des hommes dans 15 provinces sur 18 et demain on va dire aux femmes qu\u2019elles n\u2019ont pas l\u2019expe\u0301rience de diriger les CEPI et les CENI. Cela fait un moment que je re\u0301fle\u0301chis a\u0300 ces ine\u0301galite\u0301s, je retombe chaque fois a\u0300 une faible volonte\u0301 politique de promouvoir les femmes.<\/p>\n<p><b>Un mari ide\u0301al, selon vous ? <\/b><\/p>\n<p>Cela de\u0301pend de qui cherche un mari et de quel mari la personne cherche. Un mari c\u2019est un amoureux, mais c\u2019est avant tout un ami, ensuite un partenaire sur lequel compter en tout temps et en tout lieu.<\/p>\n<p>Chaque fille cherche un compagnon selon sa personnalite\u0301 et selon ce qu\u2019elle veut que la vie lui donne par le truchement de ce compagnon pour la vie. Donc un mari ide\u0301al pour toutes les femmes n\u2019existe pas. Me\u0302me Dieu qui incarne la perfection ne fait pas l\u2019unanimite\u0301. Dans tous les cas, pour moi, un mari c\u2019est un e\u0302tre humain comme la femme. Pour vivre en harmonie, l\u2019homme comme la femme doivent faire preuve d\u2019un amour entier et fort, d\u2019une compre\u0301hension et d\u2019une tole\u0301rance des de\u0301fauts de l\u2019un et de l\u2019autre, d\u2019un soutien mutuel pour s\u2019aider a\u0300 grandir dans l\u2019amour et dans la vertu, d\u2019une complicite\u0301 positive dans l\u2019e\u0301ducation des enfants, d\u2019un respect mutuel.<\/p>\n<p><b>La dot, est-elle ne\u0301cessaire ?<\/b><\/p>\n<p>A ma connaissance, la dot n\u2019est pas une obligation le\u0301gale aujourd\u2019hui. D\u2019ailleurs, elle a e\u0301te\u0301 de\u0301ja\u0300 supprime\u0301e par le pre\u0301sident Bagaza. La pratique plai\u0302t bien aux Burundais, et beaucoup continuent a\u0300 en user et en abuser au de\u0301triment des jeunes. C\u2019est un autre pie\u0300ge dont il faut se de\u0301faire et cela est a\u0300 la porte\u0301e des jeunes qui se marient.<\/p>\n<p><b>De plus en plus de divorces chez les jeunes couples, surtout citadins, pourquoi d\u2019apre\u0300s vous ?<\/b><\/p>\n<p>Cette situation me\u0301rite une observation minutieuse et un dialogue avec les jeunes couples d\u2019aujourd\u2019hui. Je ne voudrais pas supposer ou deviner les causes de cette situation. C\u2019est un phe\u0301nome\u0300ne inquie\u0301tant qu\u2019il faut appre\u0301hender correctement pour ne pas globaliser. Ma lecture est que cela est un indicateur d\u2019un mal e\u0302tre social, car beaucoup de proble\u0300mes ont e\u0301te\u0301 exacerbe\u0301s et les jeunes n\u2019ont pas e\u0301te\u0301 pre\u0301pare\u0301s a\u0300 la vie qu\u2019ils me\u0300nent aujourd\u2019hui. J\u2019aurai pense\u0301 a\u0300 la pauvrete\u0301, mais il y a des couples pauvres, mais heureux ensemble.<\/p>\n<p><b>Un conseil aux futur(es) marie\u0301(e)s dans l\u2019antichambre du mariage&#8230;<\/b><\/p>\n<p>Je leur dirais tout simplement ceci : quoi qu\u2019il arrive, la\u0300 sur les grandes avenues, les longs boulevards, les petits sentiers et les profondes valle\u0301es de la vie, on est fort a\u0300 deux. Si vous vous engagez a\u0300 vivre ensemble, vous vous engagez a\u0300 vous e\u0301couter et a\u0300 vous soutenir mutuellement pour le meilleur et pour le pire. Le respect mutuel va e\u0302tre un pilier fort de leur union. La domination sert de lit aux frustrations et a\u0300 la haine. L\u2019amour se construit a\u0300 deux. Le mariage est aussi consomme\u0301 a\u0300 deux devant l\u2019officier de l\u2019Etat civil, car la polygamie est aussi prohibe\u0301e au Burundi. Si une troisie\u0300me personne s\u2019invite ou est invite\u0301e dans votre vie de couple, cela est le point de de\u0301part d\u2019une de\u0301chirure qui risque de vous cou\u0302ter cher. Sinon, trouver une a\u0302me s\u0153ur pour la vie, c\u2019est une grande be\u0301ne\u0301diction.<\/p>\n<p><b>Dans votre vie, avez-vous toujours eu le soutien ne\u0301cessaire de votre mari, de vos proches ? A aucun moment, il n\u2019y a eu des tensions ?<\/b><\/p>\n<p>Je dirais comme les Que\u0301be\u0301cois que j\u2019ai e\u0301te\u0301 une \u00ab maudite chanceuse \u00bb sur ce plan-plan. Oui, mon mari m\u2019a soutenu durant ma vie acade\u0301mique. Il a accepte\u0301 de garder les petits pour que j\u2019aille parfaire mes e\u0301tudes a\u0300 Londres. Les enfants e\u0301taient petits. Pour anecdote, a\u0300 un moment, nous avions e\u0301te\u0301 la rise\u0301e de nos proches. Notre de\u0301cision a alimente\u0301 les conversations de la ville de Bujumbura. Mon mari a tout fait pour que je vienne en visite quatre mois apre\u0300s mon de\u0301part, ce qui m\u2019a permis de refaire le plein d\u2019affection et de repartir aux e\u0301tudes le c\u0153ur le\u0301ger. Il a aussi tout fait pour venir me rendre visite aussi la\u0300-bas. Mes ho\u0302tes m\u2019appelaient \u00ab Burundi \u00bb et ce pre\u0301nom m\u2019allait tre\u0300s bien, car j\u2019aime mon pays. Au niveau professionnel, mon mari a e\u0301te\u0301 un soutien inestimable, car il ne s\u2019est jamais oppose\u0301 a\u0300 mes choix. Il m\u2019encourageait. Certaines de mes camarades membres de l\u2019UFB me confiaient les ta\u0302ches les plus difficiles de plaidoyer, elles disaient qu\u2019elles e\u0301taient su\u0302res que ce sera fait, car mon mari me soutiendrait. Pour mes proches, je n\u2019ai jamais eu de soucis du fait de mes proches parents, car j\u2019e\u0301tais une re\u0301fe\u0301rence pour plusieurs. Quant a\u0300 mes proches collaborateurs, dans le monde du travail, les tensions ont e\u0301te\u0301 enregistre\u0301es bien entendu. Cependant, elles font partie de la vie de groupes. Celles que j\u2019ai connues m\u2019ont fait grandir.<\/p>\n<p><b>Un jour une femme pre\u0301sidente de la Re\u0301publique ?<\/b><\/p>\n<p>Absolument. Rien n\u2019empe\u0302che. Il suffirait que les femmes parlent d\u2019une seule voix, de\u0301cident d\u2019aller crever ensemble le plafond de verre qui les se\u0301parent de cette fonction et le tour sera joue\u0301.<\/p>\n<p><b>Beaucoup d\u2019associations qui militent pour les droits de la femme, mais, peu sont implante\u0301es a\u0300 l\u2019inte\u0301rieur du pays. Un handicap ? <\/b><\/p>\n<p>C\u2019est un handicap certes, mais qui sera contourne\u0301 si les coope\u0301ratives communautaires sont multiplie\u0301es, si les associations villageoises d\u2019e\u0301pargne et de cre\u0301dit se ge\u0301ne\u0301ralisent sur toutes les collines du pays et si le code e\u0301lectoral est revu pour tracer des avenues claires et nettes pour les femmes afin qu\u2019elles soient a\u0300 50%-chefs de collines. Aujourd\u2019hui, elles sont a\u0300 8%<\/p>\n<p><b>Suite aux grossesses non de\u0301sire\u0301es, de jeunes filles abandonnent l\u2019e\u0301cole. Qu\u2019est-ce qui doit e\u0302tre fait ?<\/b><\/p>\n<p>Cette situation est une honte pour le Burundi. Encore une fois, c\u2019est un indicateur d\u2019un mal-e\u0302tre social. Pour juguler ce fle\u0301au, je vois deux solutions. D\u2019une part, il faut armer les parents pour qu\u2019ils puissent parler de la sexualite\u0301 et du sexe a\u0300 leurs enfants ouvertement et casser les tabous autour du sexe. Pour cela, il faut leur donner des livrets portant des informations claires et pre\u0301cises dans du Kirundi aussi clair et pre\u0301cis. Dans un deuxie\u0300me temps, il faut aider les e\u0301coles a\u0300 assumer leurs responsabilite\u0301s. Les enfants passent les 4\/5 de leur journe\u0301e a\u0300 apprendre les diffe\u0301rentes sciences aux e\u0301coles. Ces lieux doivent e\u0302tre des havres de se\u0301curite\u0301 pour les filles. Les cours en rapport avec la sante\u0301 sexuelle et reproductive devraient e\u0302tre dispense\u0301s ade\u0301quatement sans que la religion de l\u2019enseignant ou l\u2019enseignante pe\u0300se dans le cours. Les enseignants qui contribuent aux grossesses des jeunes adolescentes devraient e\u0302tre punis de fac\u0327on exemplaire. Si cela est fait, on partirait de la\u0300 pour e\u0301valuer et prendre d\u2019autres mesures.<\/p>\n<p><b>Que faire pour mai\u0302triser la proble\u0301matique de la natalite\u0301 au Burundi ?<\/b><\/p>\n<p>Le gouvernement recommande trois enfants par femme. Il faut qu\u2019il se donne les moyens de cette politique. 90% de la population burundaise vivent du fruit de leur terre, la population continue a\u0300 croi\u0302tre alors que la terre ne s\u2019agrandit pas. Aujourd\u2019hui, on assiste a\u0300 des assassinats en famille a\u0300 cause de conflits fonciers, estime\u0301s a\u0300 85% des plaintes de\u0301pose\u0301es dans les cours et tribunaux.<\/p>\n<p>Une premie\u0300re de\u0301cision s\u2019impose : il faut une base le\u0301gale pour la sante\u0301 sexuelle et reproductive. Une deuxie\u0300me de\u0301cision, il faut une politique claire de la population. Avec ces re\u0301fe\u0301rences, les interventions diverses seront cadre\u0301es pour avoir de l\u2019impact. Il faut aider les leaders locaux a\u0300 faire le lien entre les proble\u0300mes e\u0301conomiques et sociaux et la forte croissance de\u0301mographique ainsi que les conse\u0301quences de cette situation. Il faut encourager les confessions religieuses a\u0300 contribuer dans la prise de conscience de ce proble\u0300me. Il faut trouver une strate\u0301gie d\u2019encouragement des familles mode\u0300les du planning familial.<\/p>\n<p><b>La femme que vous admirez le plus ?<\/b><\/p>\n<p>\u00ab Gendarme \u00bb, c\u2019est une femme chef d\u2019une colline de Bujumbura (Rural) pour son action d\u2019encadrement des jeunes. Son leadership est plein d\u2019inspiration. Elle est respecte\u0301e et aime\u0301e par toute sa communaute\u0301 et les jeunes lui obe\u0301issent au doigt et a\u0300 l\u2019\u0153il. Ils la craignent, car elle fait un travail de veille comme une pe\u0301dagogue.<\/p>\n<p><b>L\u2019homme que vous admirez le plus ?<\/b><\/p>\n<p>Mon pe\u0300re qui a brave\u0301 les ste\u0301re\u0301otypes culturels et m\u2019a le\u0301gue\u0301 ses biens par un testament.<\/p>\n<p><b>Votre plus beau souvenir ?<\/b><\/p>\n<p>Ma de\u0301coration par la Re\u0301publique centrafricaine. Je me sentais tre\u0300s honore\u0301e. Je m\u2019y attendais le moins et je n\u2019avais jamais vu une ce\u0301re\u0301monie de de\u0301coration d\u2019une personne par un Gouvernement. La haie des militaires m\u2019avait impressionne\u0301e. J\u2019ai fait le service militaire, je me rappelle qu\u2019une partie de moi voulait re\u0301pondre aux saluts des militaires, mais une autre me disait que non. J\u2019e\u0301tais la Directrice pays de ONUSIDA et pas \u00ab Clairon \u00bb. C\u2019est le sobriquet que mes camarades m\u2019ont donne\u0301 durant le service militaire.<\/p>\n<p><b>Votre plus triste souvenir ?<\/b><\/p>\n<p>La longue et douloureuse nuit du de\u0301ce\u0300s de mon fils.<\/p>\n<p><b>Quel serait votre plus grand malheur de votre vivant ?<\/b><\/p>\n<p>Perdre un autre enfant<\/p>\n<p><b>Le me\u0301tier que vous auriez aime\u0301 exercer ?<\/b><\/p>\n<p>Etre me\u0301decin<\/p>\n<p><b>Votre souvenir du 1er juin 1993(le jour ou\u0300 le pre\u0301sident Ndadaye a e\u0301te\u0301 e\u0301lu) ?<\/b><\/p>\n<p>Une double de\u0301ception. J\u2019ai me\u0302me e\u0301crit ma de\u0301ception dans le journal Le Renouveau. J\u2019avais sillonne\u0301 quelques provinces du pays pour expliquer que le multipartisme valait la peine et que notre engagement au parti Uprona e\u0301tait de renforcer la de\u0301mocratie et laisser parler la voix plurielle de la de\u0301mocratie. J\u2019e\u0301tais de\u0301c\u0327ue, car mon parti n\u2019a pas eu l\u2019occasion de faire vivre son engagement. J\u2019e\u0301tais de\u0301c\u0327ue, car j\u2019avais espe\u0301re\u0301 e\u0302tre e\u0301lue et faire valoir les demandes des femmes au Parlement. J\u2019e\u0301tais tellement de\u0301c\u0327ue que j\u2019ai refuse\u0301 le poste de Secre\u0301taire ge\u0301ne\u0301rale du gouvernement qui me semblait d\u2019ailleurs de petite pointure.<\/p>\n<p><b>Votre passe-temps pre\u0301fe\u0301re\u0301 ?<\/b><\/p>\n<p>Danser et chanter<\/p>\n<p><b>Votre lieu pre\u0301fe\u0301re\u0301 au Burundi ?<\/b><\/p>\n<p>J\u2019aime les chutes de Karera, qui comptent une chute appele\u0301e Mwaro en re\u0301plique aux chutes de Gasumo de mon enfance. Ces dernie\u0300res furent un des lieux de tournage du film sur la perce\u0301e du Christianisme au Burundi dans lequel mon papa a e\u0301te\u0301 l\u2019acteur principal.<\/p>\n<p><b>Le pays ou\u0300 vous aimeriez vivre ?<\/b><\/p>\n<p>Si le Burundi n\u2019existait plus et qu\u2019on me disait de choisir une autre destination, ce serait le Bre\u0301sil.<\/p>\n<p><b>Le voyage que vous aimeriez faire ?<\/b><\/p>\n<p>Un voyage dans un pays qui pourrait m\u2019apprendre comment fabriquer des outils aratoires malins pour remplacer la houe au Burundi<\/p>\n<p><b>Votre re\u0302ve de bonheur ?<\/b><\/p>\n<p>On ne re\u0302ve pas de bonheur. On travaille pour son propre bonheur, en famille avec ses enfants, ces petits enfants, en visitant les contre\u0301es voisines et lointaines ensemble.<\/p>\n<p><b>Votre plat pre\u0301fe\u0301re\u0301 ?<\/b><\/p>\n<p>La banane verte accompagne\u0301e de Ndagala frais<\/p>\n<p><b>Votre chanson pre\u0301fe\u0301re\u0301e ?<\/b><\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, c\u2019est le cre\u0301do africain<\/p>\n<p><b>Avez-vous une devise ?<\/b><\/p>\n<p>Fide\u0300les a\u0300 mes principes, je suis.<\/p>\n<p><b>Croyez-vous a\u0300 la bonte\u0301 humaine ?<\/b><\/p>\n<p>Oui. Elle se manifeste chaque jour. Elle tisse les liens d\u2019amitie\u0301 entre des grands et des petits. Elle transforme les gens. Elle est essentielle pour faire vivre la solidarite\u0301 humaine.<\/p>\n<p><b>Pensez-vous a\u0300 la mort ? <\/b><\/p>\n<p>La vilaine est tout le temps dans les parages, je n\u2019ai me\u0302me pas de temps de penser a\u0300 elle, elle s\u2019invite tout le temps, elle fait partie de nos vies. C\u2019est une certitude. J\u2019y penserai si elle e\u0301tait rare ou si elle me manquait.<\/p>\n<p><b>Si vous comparaissez devant Dieu, que lui direz-vous ?<\/b><\/p>\n<p>S\u2019il e\u0301tait en visite au Burundi et que je le voyais de mon vivant, je lui dirais de vive voix merci d\u2019avoir fait les choses si bien et m\u2019avoir e\u0301pargne\u0301 d\u2019e\u0302tre une femme rurale.<\/p>\n<p><b>Propos recueillis par Herve\u0301 Mugisha<\/b><\/p>\n<p><strong>Pour plus d&rsquo;informations et d&rsquo;analyses sur la <a href=\"https:\/\/www.africa-press.net\/burundi\">Burundi<\/a>, suivez <a href=\"https:\/\/www.africa-press.net\/\">Africa-Press<\/a><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Africa-Press &#8211; Burundi. Dans le Burundi traditionnel, le soir, au coin du feu, la famille re\u0301unie discutait librement. Tout le monde avait droit a\u0300 la parole et chacun laissait parler son c\u0153ur. 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