{"id":10899,"date":"2023-07-25T20:07:00","date_gmt":"2023-07-25T20:07:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.africa-press.net\/burundi\/politique\/lheure-est-grave-2"},"modified":"2023-07-25T20:07:00","modified_gmt":"2023-07-25T20:07:00","slug":"lheure-est-grave-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.africa-press.net\/burundi\/economie\/lheure-est-grave-2","title":{"rendered":"L\u2019heure est grave"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #ff6600\"><strong>Africa-Press &#8211; Burundi. <\/strong><\/span>Le Burundi vit au rythme de pe\u0301nuries : carburant, sucre, ciment, me\u0301dicaments &#8230; Hausse des prix de denre\u0301es de premie\u0300re ne\u0301cessite\u0301, inflation galopante, dette publique non mai\u0302trise\u0301e &#8230; D\u2019apre\u0300s des e\u0301conomistes, l\u2019e\u0301conomie burundaise est en danger d\u2019implosion. Le Conseil d\u2019administration du Fonds mone\u0301taire international (FMI) vient d\u2019approuver une facilite\u0301 e\u0301largie de cre\u0301dit (FEC) d\u2019environ 271 millions USD avec un de\u0301caissement imme\u0301diat de 62,6 millions USD. Pour nombre d\u2019e\u0301conomistes, c\u2019est une goutte d\u2019eau dans un oce\u0301an de proble\u0300mes.<\/p>\n<p><b>Par Fabrice Manirakiza et Egide Harerimana<\/b><\/p>\n<p>En mairie de Bujumbura, se de\u0301placer est devenu un casse-te\u0302te. Il faut se re\u0301veiller tre\u0300s to\u0302t le matin pour espe\u0301rer trouver un bus et ne pas e\u0302tre en retard au travail. Chaque soir, de longues files d\u2019attente de passagers se forment dans les parkings desservant les diffe\u0301rents quartiers de la mairie. Parfois, il y a des bousculades pour gagner une place dans le bus et il arrive que l\u2019on de\u0301nombre des blesse\u0301s. Des pickpockets en profitent pour puiser dans les sacs a\u0300 main, voler argent et te\u0301le\u0301phones.<\/p>\n<p>Certains citadins, surtout ceux habitant dans les zones non e\u0301loigne\u0301es du centre-ville comme Musaga, Bwiza, Nyakabiga, Buyenzi, ne pensent me\u0302me plus a\u0300 prendre le bus. \u00ab Tuharya i reggae ! \u00bb : le matin ils vont au travail a\u0300 pied et rentrent le soir a\u0300 pied e\u0301galement. C\u2019est plus difficile pour les habitants des quartiers pe\u0301riphe\u0301riques. \u00ab On pense au de\u0301placement tout le temps. Lorsqu\u2019on se re\u0301veille le matin, on pense comment se de\u0301placer pour ne pas e\u0302tre en retard. On doit s\u2019excuser aux chefs chaque jour pour les retards re\u0301pe\u0301titifs. Se de\u0301placer est une obsession. A 15 heures, on commence de\u0301ja\u0300 a\u0300 penser a\u0300 ces longues files dans le centre-ville. C\u2019est re\u0301voltant \u00bb, regrette un habitant de la zone urbaine de Kamenge.<\/p>\n<p>De plus, les passagers de\u0301noncent des conducteurs qui n\u2019arrivent plus aux arre\u0302ts connus. Certains passagers doivent parcourir un long trajet a\u0300 pied pour arriver a\u0300 la maison apre\u0300s avoir paye\u0301 leur trajet ! \u00ab La semaine passe\u0301e, j\u2019ai pris un bus de Mirango a\u0300 18 heures. Arrive\u0301 a\u0300 la gare du nord, le chauffeur nous a dit que le bus n\u2019a pas suffisamment de carburant pour y arriver. Mais, il voulait retourner en ville. J\u2019ai marche\u0301 pendant 30 minutes pour arriver a\u0300 la maison \u00bb, confie une habitante de Mirango, rencontre\u0301e sur une file d\u2019attente au centre-ville, ce 19 juillet.<\/p>\n<p><b>Devant les stations-service, un capharnau\u0308m <\/b><\/p>\n<p>Nombre de citadins ont de\u0301laisse\u0301 leurs voitures personnelles. \u00ab Comme je ne peux pas aller passer deux ou trois jours sur une station, j\u2019ai de\u0301cide\u0301 de garder ma voiture a\u0300 la maison jusqu\u2019a\u0300 ce que la situation se renormalise \u00bb, confie un habitant de la zone Ngagara.<\/p>\n<p>Devant diffe\u0301rentes stations-service dans la capitale e\u0301conomique ce 20 juillet, plusieurs ve\u0301hicules forment de longues queues. Des ve\u0301hicules assurant le transport en commun, des voitures des particuliers, poids lourds, des tracteurs, tous attendent devant des stations qui n\u2019ont aucune goutte de carburant. Certains proprie\u0301taires de ve\u0301hicules ame\u0300nent me\u0302me des draps. Ils savent qu\u2019ils peuvent y passer au moins deux ou trois jours pour e\u0302tre servis.<\/p>\n<p>Apre\u0300s cette longue attente, la douche froide. Les ve\u0301hicules faisant le transport en commun ont droit a\u0300 15 litres et ceux d\u2019affaire-promenade obtiennent 20 litres. \u00ab C\u2019est vraiment de\u0301cevant de passer trois ou quatre jours plante\u0301s a\u0300 une station-service pour n\u2019obtenir qu\u2019une quantite\u0301 de carburant ne pouvant pas suffire pour une journe\u0301e. Cela perturbe notre travail et le transport en commun en ge\u0301ne\u0301ral \u00bb, de\u0301plore un taximan. Pourtant, d\u2019apre\u0300s lui, des ve\u0301hicules de certaines personnalite\u0301s avec des bons de commande repartent avec des re\u0301servoirs pleins.<\/p>\n<p>Des conducteurs accusent certains cadres de l\u2019Etat d\u2019approvisionner le marche\u0301 noir pour gagner plus d\u2019argent. Selon eux, 20 litres de carburant au marche\u0301 noir cou\u0302tent entre 200 mille et 250 mille BIF, ce qui fait qu\u2019un litre s\u2019ache\u0300te autour de 10 mille BIF : \u00ab Comme ces cadres pre\u0301sentent des bons, ils sont les premiers a\u0300 e\u0302tre servis et peuvent avoir des re\u0301servoirs pleins. Cela empire la pe\u0301nurie \u00bb. Ils en appellent aux autorite\u0301s pour ordonner les ge\u0301rants des stations-service de privile\u0301gier pluto\u0302t les bus et les taxis faisant le transport en commun pour le bien d\u2019une plus grande partie de la population.<\/p>\n<p><b>Des spe\u0301culations sur les prix de transport<\/b><\/p>\n<p>Sur les parkings desservant l\u2019inte\u0301rieur du pays, les bus viennent a\u0300 compte-gouttes. Certains passagers passent la nuit dans les parkings en attente de bus. Les prix fixe\u0301s par le ministe\u0300re de Transport ne sont plus respecte\u0301s. Les prix de transport ont e\u0301te\u0301 augmente\u0301s souvent du simple au double, voire au triple. Suite a\u0300 la pe\u0301nurie du carburant, les bus font la queue devant les stations-service au moment ou\u0300 les passagers sont sur de longues files d\u2019attente dans les parkings. Une situation ine\u0301dite.<\/p>\n<p>Malgre\u0301 cette hausse du prix de transport, on observe parfois des bousculades lors de l\u2019embarquement. Il est rare d\u2019avoir le bus qui va dans les provinces les plus e\u0301loigne\u0301es de la ville de Bujumbura comme Muyinga, Kirundo, Cankuzo et Ruyigi. Le peu de bus dont disposent les agences de transport ne dessert que les provinces du centre du pays. \u00ab Je n\u2019ai pas d\u2019argent pour survivre en ville. Je dois retourner a\u0300 la maison a\u0300 Muyinga aujourd\u2019hui. Malheureusement, il n\u2019y a pas de bus. Un ve\u0301hicule des particuliers est passe\u0301 ici et a exige\u0301 30 mille BIF. Je n\u2019ai que 15 mille BIF. Je vais rester ici jusqu\u2019a\u0300 ce que les bus des agences reviennent \u00bb, indique avec amertume un passager de\u0301sabuse\u0301.<\/p>\n<p>Sur un autre parking devant le marche\u0301 de Cotebu, des passagers y passent toute la journe\u0301e en attente de bus. En vain. Pour le peu de bus ayant du carburant, les prix de transport sont plus exorbitants. Certains passagers s\u2019informent sur les prix et retournent a\u0300 la maison. D\u2019autres paient le prix exige\u0301 par les conducteurs \u00ab pourvu qu\u2019on arrive a\u0300 destination \u00bb. Pour le trajet Bujumbura-Ngozi, le prix varie entre 20 mille et 30 mille BIF alors que le prix normal est de 9 500 BIF.<\/p>\n<p>\u00ab Le plus perdant dans cette pe\u0301nurie du carburant est le citoyen lambda. Toutes les conse\u0301quences s\u2019abattent sur nous. En ce moment, le transport est paralyse\u0301. Les prix de presque tous les produits ne cessent pas de monter. On est vraiment fatigue\u0301 \u00bb, soule\u0300ve F.B., un passager originaire de la province Kayanza.<\/p>\n<p><b>Les prix des denre\u0301es alimentaires montent en fle\u0300che<\/b><\/p>\n<p>Sur certaines stations-service, des ve\u0301hicules faisant le transport des denre\u0301es alimentaires de l\u2019inte\u0301rieur du pays a\u0300 Bujumbura font la queue parmi les autres. Des chauffeurs affirment avoir passe\u0301 plus d\u2019une semaine sans s\u2019approvisionner a\u0300 l\u2019inte\u0301rieur du pays, suite au manque du carburant.<\/p>\n<p>En moins d\u2019un mois, le prix du haricot connai\u0302t une hausse entre 300 et 500 BIF. Le prix du mai\u0308s a monte\u0301 de 1800 BIF a\u0300 2000 BIF dans certains marche\u0301s de la ville de Bujumbura. Les transporteurs et les vendeurs e\u0301voquent le proble\u0300me de transport des denre\u0301es alimentaires de l\u2019inte\u0301rieur du pays a\u0300 Bujumbura.<\/p>\n<p>Au marche\u0301 de Cotebu au nord de la ville de Bujumbura, un kilogramme de haricot de varie\u0301te\u0301 Kinure s\u2019ache\u0300te a\u0300 2 800 BIF alors qu\u2019il e\u0301tait a\u0300 2 300 le mois dernier. Un kilogramme de la varie\u0301te\u0301 Kirundo est a\u0300 2 600 BIF alors qu\u2019il e\u0301tait a\u0300 2 200 BIF au mois de juin dernier. Les prix sont les me\u0302mes au marche\u0301 de Kinindo au sud de la ville de Bujumbura.<\/p>\n<p>\u00ab Il y a plein de haricots a\u0300 l\u2019inte\u0301rieur du pays. Mais les ve\u0301hicules assurant le transport des denre\u0301es alimentaires n\u2019ont pas de mazout. Certains passent presque une semaine sur les stations-service \u00bb, explique un commerc\u0327ant de denre\u0301es alimentaires rencontre\u0301 au marche\u0301 de Kinindo.<\/p>\n<p>Il estime que les prix risquent de monter davantage si ce proble\u0300me de carburant n\u2019est pas re\u0301solu dans l\u2019imme\u0301diat. Et d\u2019appeler les autorite\u0301s publiques a\u0300 exiger aux stations-service de servir en premier lieu les ve\u0301hicules faisant le transport des denre\u0301es alimentaires et ceux exerc\u0327ant le transport en commun.<\/p>\n<p><b>\u00ab Les Burundais veulent le carburant a\u0300 Bujumbura et non a\u0300 Dar Es-Salaam !\u00bb<\/b><\/p>\n<p>Lors de l\u2019e\u0301mission des porte-paroles en province Muramvya, le 13 juillet dernier, la porte-parole du pre\u0301sident de la Re\u0301publique, Rosine Guile\u0300ne Gatoni, a fait savoir que les stocks burundais a\u0300 Dar Es-Salaam en Tanzanie disposent d\u2019une quantite\u0301 suffisante de carburant : \u00ab Un grand de\u0301fi est son transport de la Tanzanie au Burundi. Il y a des non-patriotes qui refusent d\u2019assurer le transport du carburant alors qu\u2019ils ont des camions-citernes. D\u2019autres importent le carburant et approvisionnent une partie des stations-service \u00bb.<\/p>\n<p>Pour pallier a\u0300 cette pe\u0301nurie, elle explique que l\u2019Etat pre\u0301voit l\u2019achat des camions-citernes pour assurer l\u2019importation des produits pe\u0301troliers depuis Dar Es-Salaam et la construction des entrepo\u0302ts pe\u0301troliers au Burundi. La porte-parole du pre\u0301sident de la Re\u0301publique indique que les hommes d\u2019affaires ayant rec\u0327u des devises pour importer le carburant et qui ne l\u2019ont pas fait risquent des poursuites judiciaires.<\/p>\n<p>Les explications de Mme Gatoni ont du mal a\u0300 passer. \u00ab Je m\u2019inscris en faux contre ces explications. C\u2019est un secret de polichinelle. Outre le contexte e\u0301conomique difficile de pe\u0301nurie de devises, on voit que le circuit d\u2019approvisionnement du pays en carburant a e\u0301te\u0301 mal organise\u0301. C\u2019est un e\u0301chec complet. Il faut penser a\u0300 changer les be\u0301ne\u0301ficiaires de ce marche\u0301 \u00bb, propose Faustin Ndikumana, directeur exe\u0301cutif de la Parcem. Selon lui, les Burundais ne veulent pas le carburant a\u0300 Dar Es-Salaam, ils le veulent a\u0300 Bujumbura. \u00ab Est-ce qu\u2019on importe pour stocker a\u0300 Dar es-Salaam ou bien a\u0300 Bujumbura. C\u2019est un argument qui ne tient pas. Est-ce que c\u2019est la socie\u0301te\u0301 Prestige qui importe jusqu\u2019a\u0300 Dar Es-Salaam ? Alors pourquoi attribuer ce marche\u0301 a\u0300 cette socie\u0301te\u0301 ? Est-ce la Regideso qui doit l\u2019acheminer a\u0300 Bujumbura ? On peut alors se demander si elle a la logistique pour le faire. \u00bb Faustin Ndikumana s\u2019interroge sur les raisons qui ont pousse\u0301 le gouvernement a\u0300 e\u0301carter les autres socie\u0301te\u0301s qui pourraient remplir les conditions logistiques ne\u0301cessaires. \u00ab Comment a-t-on choisi l\u2019entreprise Prestige ? N\u2019y aurait-il des inte\u0301re\u0302ts des uns qui seraient cache\u0301s pour la maintenir dans ce circuit ? Il faut re\u0301organiser ce marche\u0301 et ajouter au moins 5 autres partenaires. Pour le moment, il y a anguille sous roche. \u00bb<\/p>\n<p>Ce qui re\u0301pugne M. Ndikumana est que certains trouvent que cette situation est normale. \u00ab Les gens souffrent e\u0301norme\u0301ment. Si on organise la distribution en privile\u0301giant certains hauts cadres de l\u2019Etat, peut-e\u0302tre qu\u2019ils ne sentent pas cette pe\u0301nurie. \u00bb<\/p>\n<p>Gabriel Rufyiri, pre\u0301sident de l\u2019Olucome, situe la pe\u0301nurie de carburant a\u0300 trois niveaux : le manque de devises, le monopole et la mauvaise gouvernance. \u00ab Les explications du gouvernement changent tout le temps. Tanto\u0302t, ce sont des JPS, tanto\u0302t des transporteurs et des non-patriotes a\u0300 qui on a donne\u0301 des devises qui les de\u0301tournent. Nous observons cette pe\u0301nurie depuis janvier 2022, est-ce toujours le proble\u0300me des transporteurs ? \u00bb Pour lui, on donne un marche\u0301 a\u0300 des incapables. \u00ab Comment se fait-il qu\u2019on puisse donner un marche\u0301 a\u0300 une socie\u0301te\u0301 qui n\u2019est pas capable de transporter le carburant jusqu\u2019au Burundi ? Le gouvernement est en train d\u2019hypothe\u0301quer la vie sociale et e\u0301conomique des Burundais. \u00bb<\/p>\n<p>J.K, investisseur et chef d\u2019entreprise burundais, a du mal a\u0300 trouver une raison qui pourrait expliquer le fait qu\u2019une socie\u0301te\u0301 prive\u0301e accepte de perdre de l\u2019argent en gardant en stock un produit, au lieu de le vendre au plus vite. \u00ab Si le carburant en stock a\u0300 Dar Es-Salaam appartient au gouvernement burundais, alors dans ce cas, celui-ci pourrait du\u0302ment annuler le contrat qui le lie a\u0300 son transporteur actuel et passer un appel d\u2019offres international pour engager rapidement les services d\u2019un transporteur capable d\u2019acheminer le carburant en question jusqu\u2019au Burundi. La solution est simple, mais sa mise en \u0153uvre semble difficile pour des raisons qui sont, pour l\u2019instant, myste\u0301rieuses. \u00bb<\/p>\n<p>J.K rappelle qu\u2019il y a quelques anne\u0301es, le gouvernement a attribue\u0301 un monopole de fait a\u0300 la socie\u0301te\u0301 Interpetrol pour importer du carburant, en lui allouant la grande majorite\u0301 des devises e\u0301trange\u0300res pre\u0301vues a\u0300 cet effet. \u00ab Apre\u0300s 2020, la nouvelle administration a voulu revisiter l\u2019importation du carburant, et re\u0301partir le volume d\u2019importation entre plusieurs socie\u0301te\u0301s. Une fois de plus, le manque de transparence a caracte\u0301rise\u0301 cette dose de libe\u0301ralisation, ce qui donne lieu a\u0300 toutes formes de spe\u0301culation. Cela pourrait peut-e\u0302tre expliquer le discours opaque et peu cre\u0301dible du gouvernement. \u00bb Et d\u2019ajouter : \u00ab Il existe aussi d\u2019autres facteurs aggravants, notamment l\u2019augmentation de la consommation nationale de carburant. Une part importante et croissante de notre e\u0301lectricite\u0301 est produite a\u0300 partir du carburant. En 2022, nous e\u0301tions a\u0300 37% de la production e\u0301lectrique d\u2019origine thermique. \u00bb<\/p>\n<p><b>Dans le budget 2023-2024, le gouvernement a introduit environ 50 nouvelles taxes. Pour nombre d\u2019observateurs, cette pression fiscale vient enfoncer encore plus le citoyen dans la mise\u0300re.<\/b><\/p>\n<p>Au regard du nouveau budget, les recettes et dons passent de 2 194,8 milliards de BIF en 2022\/2023 a\u0300 3 224,07 milliards de BIF en 2023\/2024 soit une augmentation de 46,9%. Les recettes inte\u0301rieures (fiscales et non fiscales) hors exone\u0301rations en 2023\/2024 sont estime\u0301es a\u0300 1 929,3 milliards de BIF contre 1 769 milliards de BIF en 2022\/2023, soit une augmentation de 9,05%.<\/p>\n<p>Les de\u0301penses totales de l\u2019Etat passent de 2 392,3 milliards de BIF en 2022\/2023 a\u0300 3 952,9 milliards de BIF pour l\u2019exercice 2023\/2024, soit un accroissement de 65,23%. Le de\u0301ficit global s\u2019e\u0301le\u0300ve a\u0300 728,9 milliards de BIF contre 197,4 milliards de BIF en 2022\/2023.<\/p>\n<p>D\u2019apre\u0300s le ministe\u0300re des Finances, le budget 2023\/2024 a e\u0301te\u0301 pre\u0301pare\u0301 dans un contexte marque\u0301 par l\u2019engagement du Burundi dans un programme de re\u0301formes macroe\u0301conomiques et budge\u0301taires soutenu par une facilite\u0301 de cre\u0301dit e\u0301largie. Ce programme devrait se traduire par une mobilisation accrue des ressources exte\u0301rieures pour soutenir les efforts du gouvernement de stabiliser le cadre macroe\u0301conomique et budge\u0301taire et de\u0301clencher la relance e\u0301conomique.<\/p>\n<p>Lors de l\u2019accord, en avril dernier, de 38 mois au titre de la facilite\u0301 e\u0301largie de cre\u0301dit (FEC) entre Gitega et les services du Fonds mone\u0301taire international (FMI), l\u2019e\u0301conomiste Andre\u0301 Nikwigize avait indique\u0301 que la pression fiscale risque d\u2019e\u0302tre e\u0301leve\u0301e en termes de nouveaux impo\u0302ts et taxes, qui vont e\u0302tre applique\u0301s aux contribuables, pour financer le programme. \u00ab Contrairement a\u0300 ce que les experts du FMI affirment, durant les 40 mois du programme, ce sont plus les populations pauvres qui vont e\u0302tre affecte\u0301es. \u00bb<\/p>\n<p>Le cabinet d\u2019avocats Rubeya &amp; Co-Advocates a analyse\u0301 les innovations et modifications fiscales apporte\u0301es par la loi n\u25e6 1\/16 du 28 juin 2023 portant fixation du budget ge\u0301ne\u0301ral de la Re\u0301publique du Burundi pour l\u2019exercice 2023-2024.<\/p>\n<p>Entre autres innovations, il y a une obligation d\u2019une carte d\u2019agre\u0301ment pour les e\u0301tablissements d\u2019auto-e\u0301coles, les garages et les professionnels de transport individuel. Les frais acquisition sont respectivement de 1 000 000 BIF, 1 500 000 BIF et 500 000 BIF. Pour les frais d\u2019acquisition d\u2019une carte d\u2019agre\u0301ment par une agence de transport international terrestre des marchandises par des poids lourds enregistre\u0301e a\u0300 l\u2019e\u0301tranger, les frais sont fixe\u0301s a\u0300 2000USD. La redevance d\u2019un montant de 50 000 BIF est exige\u0301e pour l\u2019institution d\u2019une redevance annuelle pour l\u2019obtention d\u2019un code importateur ou exportateur.<\/p>\n<p>Pour les te\u0301le\u0301coms, 3 taxes ont e\u0301te\u0301 institue\u0301es a\u0300 savoir une taxe spe\u0301cifique de messagerie mobile, une redevance sur les messages internationaux entrants et une taxe OTT (Over The Top) et communication IP \u00ab Internet Protocol \u00bb. Respectivement, la taxe est d\u2019un montant de 5 BIF\/message, 0.08USD ainsi que la taxe de 100 BIF par jour par souscription et de 100 000 BIF par abonnement mensuel.<\/p>\n<p>Dans l\u2019immobilier, une taxe sur la fortune sur l\u2019ope\u0301ration de vente a\u0300 partir du troisie\u0300me immeuble ou d\u2019une fraction d\u2019immeuble, ba\u0302ti ou non ba\u0302ti a e\u0301te\u0301 applique\u0301e. Le taux applicable est de cinq pour cent (5%) du montant de vente hors TVA. La taxe est supporte\u0301e par l\u2019acque\u0301reur. De plus, il y a une exigence de l\u2019obtention d\u2019un permis de ba\u0302tir soumis a\u0300 une taxe de ba\u0302tisse en cas de construction d\u2019une maison dans le pe\u0301rime\u0300tre urbain, sur les terrains viabilise\u0301s et non viabilise\u0301s. La taxe de ba\u0302tisse est de 0.8% calcule\u0301e sur le devis d\u2019un montant infe\u0301rieur ou e\u0301gal a\u0300 250 000 000 BIF et de 2% sur le devis d\u2019un montant supe\u0301rieur a\u0300 250 000 000 BIF.<\/p>\n<p>Comme modifications apporte\u0301es aux lois et re\u0300glements existants, Rubeya &amp; Co-Advocates revient sur la re\u0301vision des taux du pre\u0301le\u0300vement forfaitaire libe\u0301ratoire d\u2019impo\u0302ts sur les ope\u0301rations d\u2019achats locaux aupre\u0300s des fabricants des boissons alcoolise\u0301es et non alcoolise\u0301es, les limonades, les jus de toute nature et l\u2019eau mine\u0301rale.<\/p>\n<p>Il y a eu e\u0301galement re\u0301vision a\u0300 la hausse du pre\u0301le\u0300vement libe\u0301ratoire d\u2019impo\u0302t sur l\u2019ope\u0301ration d\u2019abattage par les bouchers. Avec la nouvelle loi budge\u0301taire, le pre\u0301le\u0300vement libe\u0301ratoire sur l\u2019ope\u0301ration d\u2019abattage par les bouchers passe de 1000 BIF a\u0300 4000 BIF\/te\u0302te pour les bovins de 500 BIF a\u0300 2000 BIF pour les capride\u0301s, ovide\u0301s, porcs.<\/p>\n<p>Pour l\u2019annulation ou la modification d\u2019une de\u0301claration, les frais vise\u0301s passent de 150 000 BIF a\u0300 250 000 BIF. Concernant la pe\u0301nalite\u0301 antipollution par ve\u0301hicule importe\u0301 a\u0302ge\u0301 de 10 ans et plus, la pe\u0301nalite\u0301 passe de 2 000 000 BIF a\u0300 3 000 000 BIF. Pour l\u2019impo\u0302t forfaitaire libe\u0301ratoire trimestriel sur le transport re\u0301mune\u0301re\u0301 pour les camions de plus de 10 tonnes, l\u2019impo\u0302t passe de 81 000 BIF a\u0300 200 000 BIF.<\/p>\n<p>Une ordonnance ministe\u0301rielle conjointe des ministe\u0300res des Finances et de la Se\u0301curite\u0301 publique a annonce\u0301 la modification des tarifs des documents administratifs de\u0301livre\u0301s au Commissariat ge\u0301ne\u0301ral de la police judiciaire.<\/p>\n<p>Pour Faustin Ndikumana<b>, <\/b>comme il n\u2019y a pas suffisamment d\u2019entreprises pour e\u0301tendre cette assiette fiscale sur l\u2019impo\u0302t des revenues de ces dernie\u0300res, il y a toujours tendance a\u0300 mettre des taxes sur les biens et services. \u00ab Cela va limiter la demande. On ne sait pas si on va re\u0301colter cet argent. Cela contribue au cou\u0302t de l\u2019inflation alors que la capacite\u0301 d\u2019achat des citoyens va toujours decrescendo. Cela n\u2019augure rien de bon parce qu\u2019au niveau de la mobilisation des financements, il y a un de\u0301ficit budge\u0301taire de plus de 700 milliards de BIF qui risquerait d\u2019e\u0302tre finance\u0301 a\u0300 partir de l\u2019emprunt sur le marche\u0301 inte\u0301rieur. \u00bb D\u2019apre\u0300s lui, s\u2019il n\u2019y a pas une rectification de tir, le Burundi va s\u2019enfoncer. \u00ab Il faut un nouvel ordre de gouvernance dans ce pays. \u00bb<\/p>\n<p>Pour Gabriel Rufyiri, toutes ces taxes viennent enfoncer le citoyen dans la mise\u0300re dans laquelle il se trouve de\u0301ja\u0300. D\u2019apre\u0300s lui, il nous faut un budget d\u2019auste\u0301rite\u0301 pour aller vers le de\u0301veloppement. \u00ab Nous voulons vivre dans l\u2019opulence sans les moyens. Les dettes que nous contractons sont oriente\u0301es vers cette opulence-la\u0300. \u00bb<\/p>\n<p><b>Le conseil d\u2019administration du FMI a approuve\u0301 un accord de 38 mois d\u2019un montant de 271 millions USD en faveur du Burundi au titre de la facilite\u0301 e\u0301largie de cre\u0301dit. Dans la foule\u0301e, il est pre\u0301vu un de\u0301caissement imme\u0301diat de 62,6 millions USD. Certains y voient une bouffe\u0301e d\u2019oxyge\u0300ne, d\u2019autres trouvent que c\u2019est insignifiant au regard du contexte actuel. <\/b><\/p>\n<p>D\u2019apre\u0300s le FMI, le Burundi est confronte\u0301 a\u0300 des besoins structurels de balance des paiements avec un de\u0301ficit de la balance des transactions courantes qui s\u2019amplifie et une faible couverture des re\u0301serves de change et des de\u0301fis macroe\u0301conomiques. Cet accord de 38 mois au titre de la FEC vient contribuer a\u0300 amortir l\u2019ajustement du Burundi et a\u0300 soutenir le programme de re\u0301formes des autorite\u0301s destine\u0301 a\u0300 re\u0301duire les vulne\u0301rabilite\u0301s lie\u0301es a\u0300 la dette publique, a\u0300 recalibrer les politiques mone\u0301taires et de change afin de re\u0301tablir la viabilite\u0301 exte\u0301rieure, ainsi qu\u2019a\u0300 favoriser une croissance e\u0301conomique inclusive et la bonne gouvernance. A l\u2019issue de la re\u0301union du conseil d\u2019administration, M. Okamura, directeur ge\u0301ne\u0301ral adjoint et pre\u0301sident supple\u0301ant, a dit qu\u2019il s\u2019agit du premier accord de qualite\u0301 de tranche supe\u0301rieure de cre\u0301dit du Burundi avec le FMI depuis 2016. \u00ab Cet accord au titre de la FEC devrait catalyser le financement des donateurs, ce qui est essentiel pour re\u0301pondre aux importants besoins de financement du Burundi et pour soutenir une sortie de la fragilite\u0301 \u00bb.<\/p>\n<p><b>\u00ab Cette somme ne va pas booster le nombre de mois de re\u0301serves de change imme\u0301diatement \u00bb<\/b><\/p>\n<p>Selon Faustin Ndikumana, le Burundi a des proble\u0300mes structurels comme une balance commerciale lourdement de\u0301ficitaire. \u00ab Le Burundi est le dernier pays au niveau des exportations au monde. C\u2019est le pays qui be\u0301ne\u0301ficie le moins d\u2019investissements directs e\u0301trangers au monde. C\u2019est le pays qui be\u0301ne\u0301ficie de moins de visites touristiques au monde. C\u2019est le pays qui ne peut acce\u0301der au marche\u0301 financier classique pour avoir du cash frais. La seule marge de man\u0153uvre est l\u2019aide publique au de\u0301veloppement. \u00bb<\/p>\n<p>Le directeur exe\u0301cutif de la Parcem rappelle que cette aide exige des conditionnalite\u0301s et une discipline budge\u0301taire alors que nous sommes rompus dans des pratiques de mauvaise gestion de la chose publique et de la corruption. \u00ab La\u0300 ou\u0300 le ba\u0302t blesse, est que tout cela se fait dans l\u2019impunite\u0301. \u00bb<\/p>\n<p>D\u2019apre\u0300s Faustin Ndikumana, la bouffe\u0301e d\u2019oxyge\u0300ne de 62 millions USD du FMI est pour encourager des re\u0301formes, mais au niveau quantitatif, cette somme ne va pas booster le nombre de mois de re\u0301serves de change imme\u0301diatement.<\/p>\n<p>Pour M. Ndikumana, le gouvernement doit changer de mentalite\u0301 en acceptant les re\u0301formes. \u00ab Il faut accepter l\u2019autonomie de la Banque centrale. Cette dernie\u0300re doit e\u0302tre le conseiller du gouvernement en matie\u0300re mone\u0301taire au lieu que c\u2019est le gouvernement qui prend des mesures en lieu et place d\u2019une Banque centrale ou\u0300 les autorite\u0301s sont kidnappe\u0301es et politise\u0301es \u00bb.<\/p>\n<p>D\u2019apre\u0300s cet e\u0301conomiste, la Banque centrale est devenue une entite\u0301 de la pre\u0301sidence de la Re\u0301publique. \u00ab Tout le monde n\u2019est pas dupe. C\u2019est une fac\u0327on de mettre la main sur les devises. \u00bb Pour lui, il faut accepter le cou\u0302t re\u0301el des devises par rapport a\u0300 l\u2019offre. Pourquoi entretenir une diffe\u0301rentielle de change ? De plus, indique-t-il, il faut prendre des mesures allant dans le sens a\u0300 ouvrir tous les canaux de devises, notamment l\u2019investissement direct e\u0301tranger, le tourisme et mobiliser l\u2019aide publique au de\u0301veloppement. \u00ab Dans le budget actuel, on pre\u0301tend avoir une manne de 929 milliards de BIF avec un appui budge\u0301taire de 256 milliards de BIF, cela exige des re\u0301formes. \u00bb<\/p>\n<p>Pour Gabriel Rufyiri, cette facilite\u0301 du FMI va peut-e\u0302tre contribuer a\u0300 initier des re\u0301formes. \u00ab Par mois par exemple, le Burundi a besoin d\u2019au moins 26 millions de dollars ame\u0301ricains pour importer les produits pe\u0301troliers. Probablement que dans un mois, on aura besoin d\u2019au moins 100 millions de USD pour couvrir les importations des produits essentiels. Est-ce que ce cre\u0301dit, e\u0301chelonne\u0301 sur 38 mois, va-t-il changer grand-chose pour l\u2019instant. Je ne pense pas. C\u2019est une goutte d\u2019eau dans un oce\u0301an. \u00bb Et d\u2019ajouter : \u00ab Aujourd\u2019hui, tous les produits importe\u0301s qui exigent des devises sont introuvables. Les produits pe\u0301troliers viennent de passer plus d\u2019une anne\u0301e et demie, les me\u0301dicaments dits \u00ab spe\u0301cialite\u0301s \u00bb, les fertilisants &#8230; La me\u0302me situation pour les produits fabrique\u0301s au Burundi, mais qui exigent des matie\u0300res premie\u0300res importe\u0301es : le ciment de Buceco, les limonades de la Brarudi &#8230; \u00bb<\/p>\n<p>Toutefois, le pre\u0301sident de l\u2019Olucome trouve que c\u2019est quand me\u0302me une lueur d\u2019espoir. \u00ab Le FMI donne le ton pour les autres bailleurs. Mais, tous ces bailleurs ont entre autres une demande principale : les principes de bonne gouvernance a\u0300 savoir le bon fonctionnement de la justice, la transparence des marche\u0301s publics &#8230; \u00bb<\/p>\n<p>Gabriel Rufyiri fait savoir qu\u2019il a peur. \u00ab L\u2019actuel budget de l\u2019Etat est un budget de consommation. Nous avons une dette publique de plus de 5000 milliards de BIF. Aujourd\u2019hui, nous ajoutons une autre dette. \u00bb<\/p>\n<p>Pour J.K, cette facilite\u0301 de cre\u0301dit n\u2019est pas la panace\u0301e. \u00ab Il ne s\u2019agit que d\u2019un pansement sur une plaie de\u0301ja\u0300 infecte\u0301e. \u00bb Pour lui, les proble\u0300mes auxquels notre e\u0301conomie est confronte\u0301e ne peuvent pas se re\u0301gler a\u0300 coups de millions de dollars. \u00ab Nous devons, et les autorite\u0301s de ce pays en te\u0302te, nous avouer cette re\u0301alite\u0301 et arre\u0302ter de sous-traiter la re\u0301solution de ces proble\u0300mes a\u0300 nos partenaires au de\u0301veloppement. Les causes profondes sont parfaitement identifiables. La subjugation de l\u2019Etat par le parti au pouvoir en est une. Ce proble\u0300me peut e\u0302tre rapidement re\u0301gle\u0301 par une re\u0301forme structurelle du syste\u0300me politique, et aucun appui financier venant de l\u2019exte\u0301rieur n\u2019est ne\u0301cessaire a\u0300 l\u2019exe\u0301cution de cette ta\u0302che. \u00bb<\/p>\n<p><b>Quid des recommandations ?<\/b><\/p>\n<p>Faustin Ndikumana estime qu\u2019il faut reprendre la culture d\u2019analyse de la situation du Doing Business au Burundi pour l\u2019environnement des affaires. Il faut e\u0301galement reprendre la Country Policy and Institutional Assessments (CPIA) qui e\u0301tait pratique\u0301e par la Banque mondiale ou\u0300 on e\u0301value progressivement la capacite\u0301 des institutions d\u2019un pays. \u00ab Le Burundi avait l\u2019habitude d\u2019avoir une note en dessous de la moyenne. Il faut relever cela. Il faut que le Burundi se donne le luxe d\u2019e\u0302tre e\u0301value\u0301 par les maisons d\u2019annotation en l\u2019occurrence Moody\u2019s qui e\u0301valuent les e\u0301conomies du pays pour attester qu\u2019elles peuvent be\u0301ne\u0301ficier des cre\u0301dits. \u00bb<\/p>\n<p>J.K met un accent particulier sur la relance du secteur agricole. \u00ab Nos producteurs agricoles, ainsi que tous les autres acteurs de la chai\u0302ne de valeur agro-alimentaire, ont besoin d\u2019un appui institutionnel massif. \u00bb Cet investisseur prend, a\u0300 titre d\u2019exemple, la filie\u0300re cafe\u0301. \u00ab Sur les trois dernie\u0300res anne\u0301es (2020-2022), nous avons exporte\u0301 en moyenne 11,291 tonnes de cafe\u0301 par an. Sur les cinq anne\u0301es pre\u0301ce\u0301dentes (2015-2019), nous avions exporte\u0301 en moyenne 16,443 tonnes de cafe\u0301 par an. Nous constatons que les exportations de cafe\u0301 ont chute\u0301 de 45% et que l\u2019anne\u0301e 2019 de la de\u0301-libe\u0301ralisation du secteur cafe\u0301 est une anne\u0301e charnie\u0300re. Il faut donc tirer les lec\u0327ons de cette re\u0301forme catastrophique, entreprise dans la panique sans tenir compte ni de l\u2019avis, ni des inte\u0301re\u0302ts des acteurs de la filie\u0300re cafe\u0301. \u00bb Parmi les re\u0301formes e\u0301conomiques prioritaires, souligne-t-il, devrait figurer la re-libe\u0301ralisation du secteur cafe\u0301, assortie a\u0300 un appui spe\u0301cifique a\u0300 la re\u0301habilitation des entrepreneurs de la filie\u0300re.<\/p>\n<p>Toujours dans le domaine agricole, il trouve que toutes les filie\u0300res gagneraient a\u0300 avoir une chai\u0302ne logistique aussi bien structure\u0301e que celle du cafe\u0301. \u00ab Aujourd\u2019hui, le maillon faible de nos chai\u0302nes logistiques agricoles, c\u2019est la distribution et le conditionnement des produits. Un dispositif incitatif oriente\u0301 devrait e\u0302tre mis en place pour encourager les entrepreneurs et les investisseurs a\u0300 se lancer dans ces activite\u0301s. \u00bb<\/p>\n<p>D\u2019apre\u0300s lui, afin de sortir le pays de la re\u0301cession e\u0301conomique, il est primordial de de\u0301velopper les capacite\u0301s d\u2019exportation du Burundi. \u00ab Nul besoin de re\u0302ver d\u2019exporter vers l\u2019Europe ou les Ame\u0301riques, si nous ne pouvons pas re\u0301ussir a\u0300 commercer avec les pays voisins. Le gouvernement devrait entreprendre la mise en place de Bassins de de\u0301veloppement transfrontalier (BDT), en collaboration avec chacun de nos pays voisins. Il s\u2019agirait juste d\u2019ope\u0301rationnaliser, a\u0300 notre niveau, un dispositif de\u0301ja\u0300 de\u0301cide\u0301 par les Chefs d\u2019E\u0301tat de la CIRGL en 2006. \u00bb<\/p>\n<p>Selon cet investisseur, Ces BDT permettraient au Burundi de se constituer en point d\u2019ancrage commercial et logistique dans l\u2019EAC. \u00ab Cela nous permettrait, en effet, de connecter nos chai\u0302nes d\u2019approvisionnement nationales, aux chai\u0302nes d\u2019approvisionnement re\u0301gionales, tout en accroissant la zone de chalandise de nos services, notamment nos services financiers et services d\u2019appui a\u0300 la gestion des entreprises. Exporter des produits, c\u2019est bien. Exporter des produits et des services, c\u2019est encore mieux. \u00bb<\/p>\n<p>Comme troisie\u0300me axe d\u2019intervention majeur, J.K pre\u0301conise la politique e\u0301nerge\u0301tique. \u00ab Depuis 2009, le Burundi a renonce\u0301 au 100% e\u0301nergie renouvelable dans la production de son e\u0301lectricite\u0301. Actuellement, 37% de l\u2019e\u0301lectricite\u0301 est produite par des centrales thermiques, alimente\u0301es en carburant importe\u0301, donc paye\u0301 en devises e\u0301trange\u0300res. Ce qui est une aberration e\u0301conomique. \u00bb Pour lui, il serait primordial de re\u0301former le mix e\u0301nerge\u0301tique du pays, et de renouer avec l\u2019inde\u0301pendance e\u0301nerge\u0301tique et le 100% e\u0301nergie renouvelable, produit par des centrales hydroe\u0301lectriques et solaires.<\/p>\n<p><strong>Pour plus d&rsquo;informations et d&rsquo;analyses sur la <a href=\"https:\/\/www.africa-press.net\/burundi\">Burundi<\/a>, suivez <a href=\"https:\/\/www.africa-press.net\/\">Africa-Press<\/a><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Africa-Press &#8211; Burundi. Le Burundi vit au rythme de pe\u0301nuries : carburant, sucre, ciment, me\u0301dicaments &#8230; Hausse des prix de denre\u0301es de premie\u0300re ne\u0301cessite\u0301, inflation galopante, dette publique non mai\u0302trise\u0301e &#8230; D\u2019apre\u0300s des e\u0301conomistes, l\u2019e\u0301conomie burundaise est en danger d\u2019implosion. 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