{"id":8381,"date":"2023-01-10T19:02:00","date_gmt":"2023-01-10T19:02:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.africa-press.net\/burundi\/politique\/le-staff-de-lonatel-dans-le-viseur-du-chef-de-letat"},"modified":"2023-01-10T19:02:00","modified_gmt":"2023-01-10T19:02:00","slug":"le-staff-de-lonatel-dans-le-viseur-du-chef-de-letat","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.africa-press.net\/burundi\/politique\/le-staff-de-lonatel-dans-le-viseur-du-chef-de-letat","title":{"rendered":"Le staff de l\u2019Onatel dans le viseur du chef de l\u2019Etat"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #ff6600\"><strong>Africa-Press &#8211; Burundi. <\/strong><\/span>Dans l\u2019e\u0301mission publique de fin d\u2019anne\u0301e, a\u0300 Kirundo, le pre\u0301sident Evariste Ndayishimiye a de\u0301clare\u0301 que le personnel de l\u2019Office national des te\u0301le\u0301communications (Onatel) est a\u0300 l\u2019origine de sa faillite. Il a menace\u0301 de les mettre dehors et d\u2019engager d\u2019autres pour sa redynamisation. Une partie de la socie\u0301te\u0301 civile trouve qu\u2019il ne faut pas jeter le tort au personnel.<\/p>\n<p>\u00ab Chez Onatel, je vous ai dit la solution : Quand l\u2019enfant meurt, la bonne part \u00bb, a de\u0301clare\u0301 le pre\u0301sident Evariste Ndayishimiye, lors de l\u2019e\u0301mission publique du 30 de\u0301cembre. Il re\u0301pondait a\u0300 une question pose\u0301e par une ancienne employe\u0301e de l\u2019Onatel en rapport avec sa pension. \u00ab Dites-moi M. le DG, si on te le donne, peux-tu me dire qu\u2019il continuera a\u0300 tomber en faillite ? Je le sais. Pour vous, la chose publique est de s\u2019approprier \u00bb, a-t-il lance\u0301.<\/p>\n<p>Le chef de l\u2019Etat reconnai\u0302t que ce n\u2019est pas l\u2019actuel directeur ge\u0301ne\u0301ral qui est responsable : \u00ab Tu as trouve\u0301 la situation ainsi. \u00bb Pour le pre\u0301sident Ndayishimiye, s\u2019il e\u0301tait le DG de l\u2019Onatel, il aurait de\u0301ja\u0300 de\u0301missionne\u0301. \u00ab Cela ne sert a\u0300 rien de diriger une socie\u0301te\u0301 en ruine \u00bb, a-t-il justifie\u0301.<\/p>\n<p>Et de de\u0301voiler sa solution pour sauver cette entreprise : \u00ab Il faut mettre en retraite tout le personnel et recruter de vrais travailleurs. Il y a des jeunes qui peuvent redynamiser l\u2019Onatel, faire entrer de l\u2019argent dans le pays et payer ces retraite\u0301s. Mais si c\u2019est toujours l\u2019actuel staff, ne cherchez plus l\u2019Onatel. \u00bb<\/p>\n<p>Pour lui, les employe\u0301s actuels excellent seulement dans le gaspillage du be\u0301ne\u0301fice et du capital. \u00ab Je ne vous dirai jamais merci. Vous ! Je suis en train de chercher une solution. C\u2019est de vous licencier et vous remplacer par des jeunes forme\u0301s en la matie\u0300re pour sauver l\u2019Onatel parce que c\u2019est incompre\u0301hensible \u00bb, a-t-il tranche\u0301.<\/p>\n<p>Le chef de l\u2019Etat a d\u2019ailleurs souligne\u0301 que l\u2019Onatel est la premie\u0300re socie\u0301te\u0301 qui a tout le ne\u0301cessaire parmi d\u2019autres socie\u0301te\u0301s de te\u0301le\u0301phonies. Pour lui, en cinq ans seulement, elle peut payer les retraite\u0301s, son personnel et faire entrer de l\u2019argent dans la caisse de l\u2019Etat. Le pre\u0301sident Ndayishimiye a ainsi de\u0301nonce\u0301 une mauvaise habitude ou\u0300 des cadres ge\u0301raient ces entreprises publiques comme bon leur semblait, en s\u2019appropriant du capital et les inte\u0301re\u0302ts.<\/p>\n<p>Ce qui fait que, selon lui, un directeur ge\u0301ne\u0301ral d\u2019une socie\u0301te\u0301 ou\u0300 l\u2019Etat a mis des capitaux s\u2019estime me\u0302me supe\u0301rieur au ministre. \u00ab Et ce, parce qu\u2019ils conside\u0300rent ces socie\u0301te\u0301s comme leurs propres entreprises \u00bb, a-t-il souligne\u0301.<\/p>\n<p>Pour le pre\u0301sident \u00ab Neva \u00bb, s\u2019ils ne changent pas de comportement, un jour, ils rendront des comptes.<\/p>\n<p><b><b>Faustin Ndikumana : \u00ab Le gouvernement doit assumer sa responsabilite\u0301. \u00bb<\/b><\/b><\/p>\n<p>\u00ab Quand une entreprise publique ou me\u0302me chaque autre socie\u0301te\u0301 tombe en faillite, la responsabilite\u0301 revient d\u2019abord au leadership de l\u2019entreprise \u00bb, analyse Faustin Ndikumana, directeur national de l\u2019association Paroles et Actions pour le Re\u0301veil des Consciences et le Changement des Mentalite\u0301s (Parcem).<\/p>\n<p>A l\u2019Onatel, il indique que le leadership est constitue\u0301 par quatre e\u0301chelons : le staff de direction a\u0300 savoir le directeur ge\u0301ne\u0301ral et les directeurs technique et financier. Ils sont nomme\u0301s par de\u0301cret. Il y a aussi le conseil d\u2019administration nomme\u0301 e\u0301galement par de\u0301cret, le ministe\u0300re de tutelle et le conseil des ministres. \u00ab A tous ces e\u0301chelons, les mesures de redressement peuvent e\u0302tre prises a\u0300 temps avant qu\u2019il ne soit trop tard. Comment une entreprise comme l\u2019Onatel en arrive a\u0300 un tel e\u0301tat de sante\u0301 financie\u0300re alors que tous ces e\u0301chelons devraient avoir de\u0301cide\u0301 a\u0300 temps pour inverser la tendance ? \u00bb<\/p>\n<p>D\u2019apre\u0300s lui, la ple\u0301thore du personnel est aussi a\u0300 la base du dysfonctionnement des entreprises publiques comme l\u2019Onatel. \u00ab C\u2019est souvent lie\u0301 a\u0300 un recrutement politise\u0301 des fois apre\u0300s les campagnes e\u0301lectorales. Les partis politiques qui gagnent s\u2019engagent a\u0300 re\u0301compenser leurs militants. On donne des postes a\u0300 tout va dans les entreprises publiques. Des fois, on exige des sommes aux entreprises pour contribuer ici et la\u0300. \u00bb<\/p>\n<p>M. Ndikumana fait savoir que l\u2019endettement est aussi une cause. \u00ab Des fois, le gouvernement ne rembourse pas re\u0301gulie\u0300rement les dettes contracte\u0301es aupre\u0300s de ces entreprises publiques car il dit que ce sont des dettes de l\u2019Etat a\u0300 l\u2019Etat. \u00bb<\/p>\n<p>En plus de cela, souligne cet e\u0301conomiste, il y a l\u2019environnement concurrentiel. \u00ab Si l\u2019Etat conside\u0300re que l\u2019Onatel est une entreprise qui lui est che\u0300re, pourquoi il donne des autorisations aux autres socie\u0301te\u0301s sans avoir e\u0301tudie\u0301 strate\u0301giquement comment l\u2019Onatel pourra survivre dans cet environnement concurrentiel ? \u00bb<\/p>\n<p>D\u2019autres causes sont entre autres la mauvaise gestion ; la passation des marche\u0301s, le de\u0301tournement. \u00ab Il y a l\u2019Inspection ge\u0301ne\u0301rale de l\u2019Etat et la Cour des comptes qui doivent enque\u0302ter et donner re\u0301gulie\u0300rement des rapports sur l\u2019e\u0301tat de sante\u0301 de ces entreprises. Il y avait me\u0302me une autre entite\u0301 a\u0300 savoir le service charge\u0301 des entreprises publiques. Pourquoi ces services n\u2019ont pas fonctionne\u0301 ? \u00bb<\/p>\n<p>Pour le directeur national de la Parcem, il ne faut pas jeter le tort au personnel. \u00ab Le gouvernement doit assumer la responsabilite\u0301. C\u2019est le commandement qui est mis en cause. Le personnel est un outil qui est mis a\u0300 la disposition du leadership dirigeant de l\u2019entreprise. \u00bb<\/p>\n<p>Quant aux mesures de redressement, il propose une e\u0301tude minutieuse et impartiale de la situation actuelle de l\u2019Onatel. \u00ab S\u2019il y a des dettes a\u0300 payer, il faut rembourser. Il faut un plan strate\u0301gique de redressement et d\u2019orientation qui donne une mission nouvelle a\u0300 l\u2019entreprise en tenant compte de l\u2019environnement concurrentiel actuel. Quel est le secteur ou\u0300 l\u2019Onatel pourrait avoir sa valeur ajoute\u0301e pour qu\u2019elle puisse re\u0301sister ? Il faut tracer un chemin pour survivre. \u00bb<\/p>\n<p>Faustin Ndikumana trouve qu\u2019il faut une privatisation responsable et une recapitalisation de l\u2019entreprise. \u00ab Le personnel de l\u2019Onatel est de\u0301ja\u0300 expe\u0301rimente\u0301 mais il faut un leadership fort. Les compe\u0301tences qui sont a\u0300 la disposition de l\u2019Onatel ne sont pas a\u0300 jeter a\u0300 la poubelle. Il faut prendre le taureau par les cornes en admettant la responsabilite\u0301 qui revient au gouvernement. \u00bb<\/p>\n<p><b><b>Hamza Venant Burikukiye : \u00ab A chaque niveau, les irre\u0301gularite\u0301s et manquements ont e\u0301te\u0301 observe\u0301s. \u00bb<\/b><\/b><\/p>\n<p>Pour le repre\u0301sentant le\u0301gal de l\u2019Association Capes+, la faillite de l\u2019Onatel est une e\u0301vidence. \u00ab Le pre\u0301sident de la Re\u0301publique a bien raison de charger les employe\u0301s de l\u2019Onatel d\u2019e\u0302tre responsables de la faillite de cette entreprise. \u00bb Selon lui, nul n\u2019ignore les gre\u0300ves re\u0301pe\u0301titives du syndicat du personnel de l\u2019Onatel qui ne revendiquaient que l\u2019augmentation des salaires et d\u2019autres avantages sans se soucier de l\u2019ame\u0301lioration du rendement et de la bonne marche de l\u2019entreprise. \u00ab De l\u2019autre co\u0302te\u0301, les dirigeants qui se sont succe\u0301de\u0301s a\u0300 la te\u0302te de l\u2019Onatel, comme les employe\u0301s, sont tous responsables chacun en ce qui le concerne. A chaque niveau, les irre\u0301gularite\u0301s et manquements qui ont ruine\u0301 l\u2019entreprise Onatel ont e\u0301te\u0301 observe\u0301s. \u00bb<\/p>\n<p>Pour Hamza Venant Burikukiye, le redressement de l\u2019Onatel exige une re\u0301forme syste\u0301matique de l\u2019entreprise au niveau administratif,<\/p>\n<p>ope\u0301rationnel et gestion.<\/p>\n<p>De plus, indique-t-il, il faut moderniser les e\u0301quipements adapte\u0301s a\u0300 la technologie du moment et doter l\u2019Onatel du personnel qualifie\u0301 et ge\u0301nie en haute technologie de communication tel que le pro\u0302ne le pre\u0301sident de la Re\u0301publique. \u00ab Il faut aussi des administratifs et gestionnaires financiers de qualite\u0301 et plus performants voire responsables. \u00bb<\/p>\n<p><b><b>Gabriel Rufyiri : \u00ab Il faut un audit organisationnel et financier.\u00bb<\/b><\/b><\/p>\n<p>Selon Gabriel Rufyiri, pre\u0301sident de l\u2019Observatoire de la lutte contre la corruption et les malversations e\u0301conomiques (Olucome), il y a un principe important qui stipule que tout fonctionnaire qui travaille pour le compte de l\u2019Etat ou pour une autre personne doit be\u0301ne\u0301ficier de tous les droits qui lui sont attribue\u0301s a\u0300 savoir un salaire de\u0301cent, les cotisations pour l\u2019INSS, la Mutuelle et autres. \u00ab C\u0327a se trouve dans les conventions internationales que le Burundi a ratifie\u0301es mais aussi dans la Constitution burundaise et d\u2019autres lois qui en de\u0301coulent. \u00bb<\/p>\n<p>Le deuxie\u0300me principe, poursuit-il, est que le gouvernement a une obligation re\u0301glementaire et morale de prote\u0301ger la chose publique. \u00ab Ce ne sont pas les employe\u0301s qui sont responsables de la faillite des socie\u0301te\u0301s publiques, ce sont d\u2019abord les responsables c\u2019est-a\u0300-dire les directeurs ge\u0301ne\u0301raux et le Conseil d\u2019administration qui sont nomme\u0301s pour leur gestion quotidienne. \u00bb<\/p>\n<p>Pour lui, il faut que tous les directeurs ge\u0301ne\u0301raux et les membres du conseil d\u2019administration qui se sont succe\u0301de\u0301 soient responsables de leurs actes. \u00ab Il ne faut pas que le gouvernement condamne les employe\u0301s au lieu de condamner les gestionnaires. \u00bb<\/p>\n<p>Malheureusement, de\u0301plore-t-il, ces directeurs ge\u0301ne\u0301raux de\u0301faillants continuent d\u2019e\u0302tre promus : \u00ab Tout le monde connai\u0302t ceux qui ont ge\u0301re\u0301 l\u2019Onatel avant et apre\u0300s 2005. Ils sont ou\u0300 aujourd\u2019hui ? Il faut que le discours du gouvernement soit cohe\u0301rent en matie\u0300re de la gestion de la chose publique parce que c\u2019est l\u2019argent du contribuable. \u00bb<\/p>\n<p>Pour M.Rufyiri, il faut qu\u2019il y ait du respect de la chose publique de la part des mandataires publics.<\/p>\n<p>Que faire alors ? \u00ab Nous avons entendu que le gouvernement a fait un plan de redressement de l\u2019Onatel. C\u2019est une bonne chose mais il faut qu\u2019il y ait des me\u0301canismes transparents de gestion de ces socie\u0301te\u0301s publiques. Les gestionnaires de ces entreprises dont l\u2019Onatel doivent passer des tests. Il faut recruter comme on le fait a\u0300 l\u2019Office burundais des recettes. \u00bb<\/p>\n<p>Le pre\u0301sident de l\u2019Olucome est contre la nomination sur base du militantisme dans les partis politiques : \u00ab Les militants sont la\u0300 pour satisfaire d\u2019abord leurs proches et leurs familles. Au sein des conseils d\u2019administration, il faut des gens de\u0301voue\u0301s a\u0300 faire respecter la chose publique. Il faut mettre en place des me\u0301canismes de protection des biens de l\u2019Etat. Ce qui n\u2019est pas le cas aujourd\u2019hui. Quand vous regardez la sante\u0301 financie\u0300re de toutes les socie\u0301te\u0301s publiques, c\u2019est la me\u0302me chose. \u00bb<\/p>\n<p>De plus, souligne-t-il, il faut un audit organisationnel et financier de ces entreprises. \u00ab Le favoritisme, le cliente\u0301lisme et le monopole doivent e\u0302tre bannis au sein de ces socie\u0301te\u0301s publiques. \u00bb<\/p>\n<p><b><b>Ge\u0301rard Hakizimana : \u00ab Personne de l\u2019exte\u0301rieur n\u2019est responsable. \u00bb<\/b><\/b><\/p>\n<p>Pour le pre\u0301sident de l\u2019Association Force pour la lutte contre le ne\u0301potisme et le favoritisme (Folucon-F), personne n\u2019ignore que l\u2019Onatel devrait e\u0302tre une entreprise forte et rentable. \u00ab Mais nous savons tous qu\u2019elle tombe en faillite. C\u2019est regrettable. Nous fe\u0301licitons le pre\u0301sident de la Re\u0301publique car il dit toujours la ve\u0301rite\u0301\u00bb.<\/p>\n<p>M.Hakizimana trouve incompre\u0301hensible qu\u2019une entreprise peut tomber en faillite alors qu\u2019elle a des dirigeants.\u00ab Nous constatons<\/p>\n<p>que ce sont ses employe\u0301s qui sont responsables de cette situation. Personne de l\u2019exte\u0301rieur n\u2019est responsable. \u00bb<\/p>\n<p>Pour Ge\u0301rard Hakizimana, il faut une e\u0301tude minutieuse pour voir si le redressement de cette entreprise est possible. \u00ab Nous voyons les socie\u0301te\u0301s prive\u0301es prospe\u0301rer, mais ce n\u2019est pas le cas pour les entreprises publiques. Pourquoi ? \u00bb Et d\u2019insister sur la ne\u0301cessite\u0301 d\u2019examiner la possibilite\u0301 d\u2019une privatisation de l\u2019Onatel ou son maintien dans les mains de l\u2019Etat : \u00ab Nous avons des techniciens qualifie\u0301s pour faire ce travail. \u00bb<\/p>\n<p><b><b>Le mal de l\u2019Onatel<\/b><\/b><\/p>\n<p>En 2021, les repre\u0301sentants du personnel dans les organes sociaux avaient sorti un document intitule\u0301 \u00ab Contributions des organes sociaux regroupant le personnel sur la situation critique actuelle \u00bb. Selon ce document, depuis 1991 jusqu\u2019en 2008, il y a eu une augmentation du chiffre d\u2019affaires annuel jusqu\u2019a\u0300 atteindre plus de 20 milliards de BIF en 2008. \u00ab C\u2019est a\u0300 partir de 2009 jusqu\u2019aujourd\u2019hui que ce dernier n\u2019a cesse\u0301 de chuter passant de 18,5 milliards a\u0300 5,5 milliards en 2019. Pendant la me\u0302me pe\u0301riode, le re\u0301sultat net de l\u2019Onatel reste de\u0301ficitaire de 17,2 milliards en 2019 a\u0300 l\u2019exception des exercices 2007, 2009 et 2012. \u00bb<\/p>\n<p>Selon ces repre\u0301sentants du personnel, les dettes a\u0300 court, moyen et long terme, au 31 de\u0301cembre 2020, totalisaient un montant d\u2019environ 117 milliards de BIF y compris les dettes envers le personnel e\u0301value\u0301es a\u0300 8 milliards de BIF sans compter les inte\u0301re\u0302ts de retard sur les cre\u0301dits bancaires octroye\u0301s au personnel.<\/p>\n<p>Depuis 2001, indiquent les repre\u0301sentants du personnel, l\u2019Onatel a enregistre\u0301 une augmentation des effectifs du personnel dus aux diffe\u0301rents recrutements de nouveaux employe\u0301s en remplacement des de\u0301parts a\u0300 la retraite, des de\u0301ce\u0300s, des de\u0301missions, licenciements, mise en disponibilite\u0301, &#8230;<\/p>\n<p><b>Des investissements foireux<\/b><\/p>\n<p>Selon ces repre\u0301sentants, l\u2019Onatel a participe\u0301 au capital de TELECEL BURUNDI a\u0300 sa cre\u0301ation avec une participation d\u2019un montant d\u2019un million de dollars qui n\u2019a jamais ge\u0301ne\u0301re\u0301 de dividendes jusqu\u2019en 2003. \u00ab Le capital a e\u0301te\u0301 finalement ce\u0301de\u0301 a\u0300 TELECEL Burundi moyennant versement d\u2019un montant de 460 millions de BIF sous une forte pression du personnel pour donner naissance a\u0300 la te\u0301le\u0301phonie mobile (ONAMOB). \u00bb<\/p>\n<p>Ils ont e\u0301galement signale\u0301 plusieurs investissements re\u0301alise\u0301s mais dont \u00ab certains d\u2019entre eux n\u2019ont pas e\u0301te\u0301 rentables. \u00bb Entre autres investissements, l\u2019actionnariat dans les banques BANCOBU et BBCI respectivement 80.000.000 en 2007 et 57.270.000 BIF en 2004. L\u2019actionnariat dans les socie\u0301te\u0301s des TIC locales et internationales, a\u0300 savoir Burundi Backbone System (BBS), West Indian Ocean Cable Company (WIOOC) et une Organisation Re\u0301gionale Africaine de Communication (RASCOM) respectivement avec 800.000 dollars ame\u0301ricains en 2011, 550.000 dollars ame\u0301ricains en 2007 et 350.151 dollars ame\u0301ricains en 2007. L\u2019actionnariat dans la socie\u0301te\u0301 EABS (Est African Back Haule System) \u00ab avec un montant de 60 000 dollars pour un acompte d\u2019un projet qui n\u2019a jamais vu le jour. \u00bb<\/p>\n<p>Ils ont e\u0301galement mentionne\u0301 aussi la signature d\u2019un contrat de marche\u0301 gre\u0301 a\u0300 gre\u0301 (Fe\u0301vrier 2010) de fourniture et d\u2019installation d\u2019un syste\u0300me de gestion et de contro\u0302le du trafic d\u2019interconnexion entre l\u2019ONATEL et les autres ope\u0301rateurs Te\u0301le\u0301coms nationaux et internationaux (phase1) et d\u2019un syste\u0300me convergent de Gestion et facturation de tous les abonne\u0301s de l\u2019ONATEL (phase2) pour un montant de 2.795.549 d\u2019Euro HT. \u00ab Aujourd\u2019hui, les payements de\u0301ja\u0300 effectue\u0301s sur le projet s\u2019e\u0301le\u0300vent a\u0300 1.074.491 Euros HT. Le projet n\u2019est pas a\u0300 sa parfaite exe\u0301cution et les ne\u0301gociations d\u2019un avenant sont en cours pour garder uniquement la partie de\u0301ja\u0300 re\u0301alise\u0301e. \u00bb<\/p>\n<p>Il y a aussi la re\u0301trocession par le gouvernement d\u2019un re\u0301seau a\u0300 fibre optique Me\u0301tropolitain Area Network (MAN) d\u2019un montant de 9 millions de dollars ame\u0301ricains. \u00ab Il n\u2019est pas rentable suite a\u0300 une concurrence de\u0301loyale d\u2019un fournisseur unique d\u2019acce\u0300s de la bande passante (BBS) dont sa mission initiale e\u0301tait le transport de la bande passante jusqu\u2019au point d\u2019atterrissage des ope\u0301rateurs a\u0300 partir duquel ces derniers devraient acheminer le trafic jusqu\u2019aux derniers consommateurs. Malheureusement la socie\u0301te\u0301 BBS s\u2019impose et ope\u0300re comme grossiste et de\u0301taillant. \u00bb<\/p>\n<p>Parmi ces investissements, il y a aussi l\u2019aval du gouvernement pour le financement d\u2019un projet d\u2019extension et de modernisation du re\u0301seau ONAMOB a\u0300 hauteur d\u2019un montant de 30 millions de dollars ame\u0301ricains en 2017 par la signature d\u2019un contrat de marche\u0301 gre\u0301 a\u0300 gre\u0301. \u00ab Le remboursement cause proble\u0300me actuellement suite aux pre\u0301visions non re\u0301alistes. Des proble\u0300mes d\u2019ordre technique, commercial et financier sont observe\u0301s pendant cette pe\u0301riode d\u2019exe\u0301cution. \u00bb<\/p>\n<p><b><b>Le gouvernement propose des mesures de redressement<\/b><\/b><\/p>\n<p>Dans la re\u0301union du 29 septembre 2021, le conseil de se\u0301curite\u0301 a e\u0301tudie\u0301 la situation de l\u2019Onatel. Selon le gouvernement, l\u2019Onatel jouissait au de\u0301part, d\u2019un monopole et ce n\u2019est qu\u2019en 1997 que le secteur a e\u0301te\u0301 libe\u0301ralise\u0301 et il fait face a\u0300 une compe\u0301tition des autres ope\u0301rateurs dans le domaine des te\u0301le\u0301communications. \u00ab L\u2019Onatel de\u0301tient des titres et actions dans les socie\u0301te\u0301s et\/ou institutions financie\u0300res locales et internationales dont la valeur se chiffre a\u0300 plus de 47 milliards de BIF. Mais actuellement, l\u2019Onatel fait face a\u0300 des de\u0301fis lie\u0301s a\u0300 son cadre le\u0301gal, son management, des de\u0301fis techniques, des de\u0301fis lie\u0301s aux financements ainsi que ceux lie\u0301s a\u0300 la gestion des projets (ONAMOB, Re\u0301seau Me\u0301tropolitain a\u0300 Fibre Optique). \u00bb<\/p>\n<p>Comme solution, la note proposait entre autres que l\u2019Onatel doit conduire son de\u0301veloppement sur les 5 anne\u0301es a\u0300 venir selon les axes : revalorisation de la te\u0301le\u0301phonie fixe a\u0300 travers notamment l\u2019introduction du triple play (te\u0301le\u0301phone, l\u2019internet et<\/p>\n<p>chai\u0302nes de te\u0301le\u0301vision), de\u0301ploiement d\u2019un re\u0301seau de boucle me\u0301tropolitain par l\u2019extension de la fibre optique dans les villes de Gitega et Ngozi ainsi que l\u2019optimisation du re\u0301seau Onamob par la couverture nationale en re\u0301seau de te\u0301le\u0301phonie mobile.<\/p>\n<p>La note proposait aussi le redressement administratif et financier par notamment la mise en place des outils modernes et informatise\u0301s de gestion et de contro\u0302le, ainsi que le renouvellement progressif du personnel selon les besoins. Enfin la re\u0301vision de la convention de cre\u0301dit pour le financement du Projet Onamob entre l\u2019Etat du Burundi et la socie\u0301te\u0301 HUAWEI.<\/p>\n<p>Apre\u0300s les e\u0301changes, le conseil des ministres a propose\u0301 des solutions. Parmi elles, le redressement du leadership de l\u2019Onatel \u00ab pour qu\u2019il soit capable de piloter les re\u0301formes a\u0300 envisager. \u00bb, identification parmi les titres et actions de l\u2019Onatel dans les institutions financie\u0300res, ceux qui sont moins rentables et les vendre pour purger une partie de ses dettes, e\u0301valuation de cre\u0301ances de l\u2019Onatel et proce\u0301der a\u0300 leur recouvrement.<\/p>\n<p>Le conseil des ministres a aussi recommande\u0301 de chercher un cabinet d\u2019audit externe pour faire le diagnostic ge\u0301ne\u0301ral de l\u2019Onatel et proposer des mesures de redressement. Le me\u0302me audit va montrer comment le cre\u0301dit contracte\u0301 par l\u2019Etat du Burundi a e\u0301te\u0301 utilise\u0301 par la socie\u0301te\u0301 HUAWEI. Pour des produits de me\u0302me qualite\u0301 chez l\u2019Onatel et les ope\u0301rateurs prive\u0301s, les institutions publiques devraient e\u0302tre amene\u0301es a\u0300 privile\u0301gier les produits de l\u2019Onatel. De plus, le patrimoine de l\u2019Onatel doit e\u0302tre identifie\u0301, valorise\u0301 et rentabilise\u0301. \u00ab Les socie\u0301te\u0301s Onatel et BBS ne doivent pas se concurrencer. Il faut ramener chacune a\u0300 ope\u0301rer dans le cadre de ses missions. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Tout commence avec la libe\u0301ralisation du secteur. En fait, avant cette politique, l\u2019Onatel tenait le monopole \u00bb, confie Privat Kabeba, directeur ge\u0301ne\u0301ral de l\u2019Onatel. Et puis, il s\u2019est invite\u0301 la politique de la Banque Mondiale qui demandait la privatisation des socie\u0301te\u0301s publiques sous pre\u0301texte que l\u2019Etat est un mauvais gestionnaire. Et l\u2019Onatel a e\u0301te\u0301 classe\u0301e parmi les premie\u0300res socie\u0301te\u0301s a\u0300 privatiser. Et cela a dure\u0301 plus de 15 ans. Et il e\u0301tait interdit de faire des investissements.<\/p>\n<p>Or, le personnel devait continuer a\u0300 e\u0302tre paye\u0301. Puis, est venue la pe\u0301riode des commissions de 2008-2009. Parmi les recommandations de ces commissions, on a propose\u0301 un audit au sein de l\u2019Onatel. Et il a eu lieu en 2011, exe\u0301cute\u0301 par une maison d\u2019audit international appele\u0301 Renaissance capital. On a alors recommande\u0301 qu\u2019il ne faut pas privatiser l\u2019Onatel sans faire un investissement minimum pour le rendre compe\u0301titif et pour que l\u2019Etat puisse gagner quelque-chose une fois la socie\u0301te\u0301 privatise\u0301e. Car, explique-t-il, l\u2019e\u0301tat financier e\u0301tait tre\u0300s ne\u0301gatif.<\/p>\n<p>Et puis, ont suivi le travail des commissions techniques pour analyser les investissements a\u0300 faire. Ils ont donne\u0301 le rapport aux concerne\u0301s mais rien n\u2019a suivi.<\/p>\n<p>C\u2019est en 2017, qu\u2019une e\u0301tude de projet de modernisation du re\u0301seau ONAMOB a e\u0301te\u0301 initie\u0301e. Et le de\u0301but de l\u2019exploitation a eu lieu deux ans apre\u0300s, en 2019. Et ce, parce que l\u2019ancien re\u0301seau e\u0301tait obsole\u0300te par rapport a\u0300 la capacite\u0301 des concurrents. \u00ab Comment voulez-vous que l\u2019Onatel concurrence une socie\u0301te\u0301 comme Econet-Leo qui a 450 sites (pilonnes) ou Lumitel qui a plus de 600 sites alors que nous n\u2019en avons que 150 pilonnes ? \u00bb<\/p>\n<p>En ce qui est du re\u0301seau fixe, il indique qu\u2019il est obsole\u0300te. Il n\u2019y a plus de pie\u0300ces de rechange pour re\u0301parer les e\u0301quipements. Le DG de l\u2019Onatel signale que cette socie\u0301te\u0301 n\u2019a pas e\u0301te\u0301 capable de faire l\u2019extension : \u00ab Il y a eu de nouveaux quartiers, mais Onatel n\u2019a pas suivi. \u00bb Il e\u0301voque aussi les cas de vandalisme de leurs mate\u0301riels, des ca\u0302bles pour y re\u0301cupe\u0301rer du cuivre, etc. Et d\u2019avouer que le re\u0301seau fixe peut s\u2019arre\u0302ter d\u2019un moment a\u0300 l\u2019autre. La maintenance n\u2019existe plus dans sa socie\u0301te\u0301<\/p>\n<p>Co\u0302te\u0301 recettes, M.Kabeba indique que les recettes sont alle\u0301es decrescendo alors que la masse salariale n\u2019a cesse\u0301 d\u2019augmenter. La crise de 2015 a touche\u0301 l\u2019Onatel. En effet, explique-t-il, le personnel a passe\u0301 trois a\u0300 cinq mois sans travailler mais ils ont e\u0301te\u0301 paye\u0301s. Ce qui a fait que me\u0302me le peu de re\u0301serves financie\u0300res s\u2019est e\u0301puise\u0301. Avec le proble\u0300me de paiement du personnel, il y a eu des accumulations des retenues non vire\u0301es que c\u0327a soit pour la pension comple\u0301mentaire, le remboursement des cre\u0301dits, pour la Mutuelle, etc.<\/p>\n<p>Des dettes tenaillent cette socie\u0301te\u0301. Il signale par exemple qu\u2019Onatel doit rembourser 30 millions de dollars ame\u0301ricains utilise\u0301s pour la modernisation du re\u0301seau ONAMOB.<\/p>\n<p><b>Que faire ?<\/b><\/p>\n<p>Pour sauver l\u2019Onatel, il estime qu\u2019il faut d\u2019abord y mettre de l\u2019argent. Il propose par exemple un partenariat public prive\u0301 (PPP) pour augmenter la couverture et e\u0301tudier comment multiplier les services et partager les inte\u0301re\u0302ts.<\/p>\n<p>Il sugge\u0300re aussi le renouvellement du personnel qui est pour le moment vieillissant. D\u2019apre\u0300s lui, plus de 50 % du personnel a l\u2019a\u0302ge situe\u0301 entre 51 et 60 ans. \u00ab Il faut au moins qu\u2019on remplace les de\u0301parts, certains services manquant actuellement de personnel tandis que certains postes ne sont plus occupe\u0301s\u00bb.<\/p>\n<p>Parmi son personnel, il indique que les non-qualifie\u0301s sont plus nombreux : \u00ab 205 sur 377 sont des man\u0153uvres non qualifie\u0301es. \u00bb<\/p>\n<p>Il de\u0301plore, en outre, qu\u2019avec l\u2019e\u0301volution de la technologie, la plupart du personnel n\u2019est pas a\u0300 jour. \u00ab Or, en te\u0301le\u0301communication, la technologie avance rapidement. Normalement, la compagnie publique devrait prendre le devant au lieu d\u2019e\u0302tre suiveuse\u00bb.<\/p>\n<p>Privat Kabeba observe que l\u2019Onatel se vide de plus en plus de son personnel. Il signale qu\u2019au 31 de\u0301cembre 2022, 22 personnes sont parties en retraite et au 31 de\u0301cembre 2023, il y aura 32 de\u0301parts. Au 31 de\u0301cembre 2024, c\u0327a sera le tour de 29 personnes a\u0300 partir en retraite tandis qu\u2019au 31 de\u0301cembre 2025, 17 vont partir.<\/p>\n<p>Pour la pe\u0301riode 2020-2022, il y a eu 119 de\u0301parts dans tous les services combine\u0301s. Les raisons avance\u0301es e\u0301tant la retraite, la mise en disponibilite\u0301, le licenciement, la de\u0301mission et le de\u0301ce\u0300s. \u00ab Comme solution provisoire, je suis en train de combiner les services\u00bb. Il estime que son personnel a aussi besoin de formation : \u00ab Si le renouvellement du personnel avait eu lieu, il serait be\u0301ne\u0301fice que ces anciens partent apre\u0300s avoir forme\u0301 les nouveaux, et fait le transfert des connaissances.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Pour plus d&rsquo;informations et d&rsquo;analyses sur la <a href=\"https:\/\/www.africa-press.net\/burundi\">Burundi<\/a>, suivez <a href=\"https:\/\/www.africa-press.net\/\">Africa-Press<\/a><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Africa-Press &#8211; Burundi. Dans l\u2019e\u0301mission publique de fin d\u2019anne\u0301e, a\u0300 Kirundo, le pre\u0301sident Evariste Ndayishimiye a de\u0301clare\u0301 que le personnel de l\u2019Office national des te\u0301le\u0301communications (Onatel) est a\u0300 l\u2019origine de sa faillite. Il a menace\u0301 de les mettre dehors et d\u2019engager d\u2019autres pour sa redynamisation. 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