{"id":8636,"date":"2023-02-11T15:47:00","date_gmt":"2023-02-11T15:47:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.africa-press.net\/burundi\/politique\/repenser-la-presse-media-et-histoire-politique-partie-5-et-fin-2006-2013-les-retours-en-arriere"},"modified":"2023-02-11T15:47:00","modified_gmt":"2023-02-11T15:47:00","slug":"repenser-la-presse-media-et-histoire-politique-partie-5-et-fin-2006-2013-les-retours-en-arriere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.africa-press.net\/burundi\/dossiers\/repenser-la-presse-media-et-histoire-politique-partie-5-et-fin-2006-2013-les-retours-en-arriere","title":{"rendered":"Repenser la presse| M\u00e9dia et histoire politique (Partie 5 et fin) : 2006-2013, les retours en arri\u00e8re"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #ff6600\"><strong>Africa-Press &#8211; Burundi. <\/strong><\/span>Pour son e\u0301tude, Jean-Franc\u0327ois Bastin, journaliste belge a\u0300 la retraite, qui a passe\u0301 plusieurs anne\u0301es au Burundi a\u0300 former des colle\u0300gues tant sur le terrain que dans les amphithe\u0301a\u0302tres, distinguait en 2013, en introduction a\u0300 son cours sur le traitement me\u0301diatique de l\u2019actualite\u0301 au Burundi dans le cadre du Master comple\u0301mentaire de journalisme, cinq pe\u0301riodes dans l\u2019e\u0301volution du traitement me\u0301diatique de l\u2019actualite\u0301 au Burundi, depuis l\u2019ave\u0300nement de la re\u0301publique.<\/p>\n<p>Cette dernie\u0300re pe\u0301riode est tre\u0300s contraste\u0301e. Elle est e\u0301videmment marque\u0301e par l\u2019e\u0301mergence d\u2019un pouvoir le\u0301gitime\u0301 par des e\u0301lections. Un pouvoir a\u0300 la fois plus fort (pour cette raison), mais encore complexe et relativement fragile, entretenant avec la presse des relations en dents de scie, repre\u0301sentatives de ces incertitudes. Finalement, ce qui va le plus changer politiquement pendant cette le\u0301gislature, c\u2019est le pouvoir lui-me\u0302me, les rapports de force au sein du parti dominant, le jeu des influences personnelles, les crises d\u2019autorite\u0301 successives (affaires Basabose, Nzomukunda, Radjabu, Nzobonimpa)&#8230; Et tout cela ne sera pas sans incidences sur les e\u0301volutions de la presse.<\/p>\n<p>Au niveau du service public qui a conquis une certaine autonomie, qui a pris le tournant du pluralisme pendant la pe\u0301riode de l\u2019a\u0302ge d\u2019or, les choses vont redevenir plus difficiles. Pendant treize mois, on note d\u2019abord une grande stabilite\u0301. La RTNB reste sur ses acquis pluralistes, sur la lance\u0301e de sa couverture exemplaire des e\u0301lections de 2005. Fin 2006, le ministre de la communication de\u0301cide de nommer un nouveau directeur ge\u0301ne\u0301ral et ce changement apparai\u0302t rapidement comme une tentative de reprise en main politique du me\u0301dia national au profit du CNDD-FDD. D\u2019autres nominations suivent, le pluralisme est a\u0300 nouveau contrarie\u0301.<\/p>\n<p>Peu a\u0300 peu, le contraste va redevenir saisissant entre le me\u0301dia d\u2019Etat et les radios prive\u0301es, celles-ci offrant un meilleur \u00ab service public \u00bb que celui-la\u0300. C\u2019est surtout le cas des trois radios qui dominent le secteur depuis de longues anne\u0301es : Bonesha, RPA et Isanganiro. Entre elles et le nouveau pouvoir, la situation se de\u0301grade rapidement. RPA, qui a soutenu franchement le CNDD-FDD pendant la campagne, e\u0301volue tre\u0300s vite vers la critique du re\u0301gime et de la politique gouvernementale. Les autres radios travaillent sur leur lance\u0301e des anne\u0301es pre\u0301ce\u0301dentes, mais le contexte a change\u0301, le rapport de forces presse-pouvoir n\u2019est plus le me\u0302me. En d\u2019autres termes, l\u2019a\u0302ge d\u2019or est bien fini. Le CNDD-FDD supporte de plus en plus mal la critique, et parfois la simple information&#8230; C\u2019est la grande diffe\u0301rence par rapport a\u0300 l\u2019anne\u0301e-charnie\u0300re 1993 qui avait vu les journalistes changer leur fusil d\u2019e\u0301paule, inverser leurs me\u0301thodes de travail et leur positionnement par rapport au pouvoir : cette fois, ils gardent la me\u0302me ligne professionnelle (pluralisme critique), ils travaillent comme avant, mais ils sont aussito\u0302t perc\u0327us et biento\u0302t traite\u0301s par le re\u0301gime comme des adversaires politiques. Le pre\u0301sident du parti, Hussein Radjabu se montre particulie\u0300rement agressif a\u0300 leur e\u0301gard. Il profe\u0300re des menaces, il y a des arrestations et des proce\u0300s&#8230;<\/p>\n<p>En 2006, on peut franchement parler d\u2019un conflit pouvoir-presse. Les incidents se multiplient<b>(1)<\/b> , les trois directeurs des principales radios (Isanganiro, RPA, Bonesha) sont personnellement vise\u0301s. Le premier est jete\u0301 en prison, les deux autres doivent se cacher pour ne pas subir le me\u0302me sort. La crise connai\u0302t son paroxysme au moment de l\u2019affaire du \u00ab faux putsch \u00bb ou\u0300 l\u2019ancien pre\u0301sident Ndayizeye et l\u2019ancien vice-pre\u0301sident Kadege sont implique\u0301s contre toute e\u0301vidence, emprisonne\u0301s, juge\u0301s et finalement innocente\u0301s apre\u0300s cinq mois de de\u0301tention. Mais de\u0300s le de\u0301but, avant que ce montage ne s\u2019effondre, la presse n\u2019a cesse\u0301 d\u2019en de\u0301monter les me\u0301canismes. Et c\u2019est donc gra\u0302ce a\u0300 elle, paradoxalement, que la de\u0301mocratie tient bon ; ce sont les radios, dont la popularite\u0301 ne se de\u0301ment pas, qui assurent le mieux la continuite\u0301 de\u0301mocratique&#8230;<\/p>\n<p><b><b>La rechute de la RTNB<\/b><\/b><\/p>\n<p>A la RTNB tout se complique quand une crise e\u0301clate de\u0301but 2007 au sommet de l\u2019Etat, opposant partisans et adversaires de Hussein Radjabu, le chef du parti dominant, conside\u0301re\u0301 jusqu\u2019ici comme l\u2019homme fort du re\u0301gime. Elle se re\u0301percute imme\u0301diatement au sein de la RTNB qui se met a\u0300 fonctionner de fac\u0327on chaotique.<\/p>\n<p>C\u2019est du jamais vu dans l\u2019histoire de la Radio-Te\u0301le\u0301vision d\u2019Etat : elle devient pendant quelques jours l\u2019enjeu d\u2019un conflit interne au pouvoir. Le directeur ge\u0301ne\u0301ral est proche du ministre qui est proche de Radjabu. La RTNB est entrai\u0302ne\u0301e dans ce conflit et elle penche d\u2019abord, dans son information, du co\u0302te\u0301 de celui qui va perdre le combat. L\u2019e\u0301pisode le plus extraordinaire de cette de\u0301rive est la censure par le Journal te\u0301le\u0301vise\u0301 du porte-parole du CNDD-FDD en personne ! Celui-ci a \u00ab le tort \u00bb de s\u2019opposer a\u0300 Radjabu&#8230; La RTNB apparai\u0302t clairement comme un acteur direct de la crise au sein du parti. Elle perd une bonne part du cre\u0301dit durement acquis depuis deux ans et elle sort e\u0301videmment de\u0301force\u0301e de cet e\u0301garement puisque son directeur ge\u0301ne\u0301ral se trouve maintenant en sursis, marque\u0301 par son appartenance au camp perdant&#8230;<\/p>\n<p>Le remplacement de ce DG s\u2019effectue en 2008, mais il ne change rien a\u0300 la volonte\u0301 de mainmise du parti dominant sur le me\u0301dia public, au contraire&#8230; La RTNB continue a\u0300 re\u0301gresser. On ne revient pas a\u0300 l\u2019e\u0301poque du parti unique, a\u0300 l\u2019information monolithique, il y a encore du pluralisme, surtout a\u0300 la radio qui re\u0301siste mieux que la te\u0301le\u0301vision, mais on revient a\u0300 l\u2019e\u0301poque de l\u2019information minimaliste, a\u0300 contenu principalement officiel. Inutile de dire qu\u2019on n\u2019entend plus le moindre \u00ab e\u0301ditorial \u00bb critique a\u0300 l\u2019e\u0301gard des autorite\u0301s, comme la re\u0301daction radio en avait pris l\u2019habitude jubilatoire a\u0300 l\u2019e\u0301poque de l\u2019a\u0302ge d\u2019or&#8230; Moins l\u2019on traite d\u2019informations, moins l\u2019on risque d\u2019ennuis.<\/p>\n<p>Il y a donc d\u2019une part un appauvrissement journalistique, il y a d\u2019autre part une re\u0301apparition puis un de\u0301veloppement exponentiel de la propagande, qui ne cherche me\u0302me plus a\u0300 se cacher. Les comptes-rendus des conseils des ministres font leur retour en force, non seulement a\u0300 l\u2019antenne mais aussi dans l\u2019information. Ils sont lus in extenso par le porte-parole du gouvernement dans les journaux parle\u0301s et te\u0301le\u0301vise\u0301s. Ceux-ci redeviennent des tribunes gouvernementales, la re\u0301forme de 2003 est balaye\u0301e, le Burundi se retrouve dans une situation paradoxale du point de vue de la de\u0301mocratie : il vient d\u2019avancer au plan politique, il recule au plan me\u0301diatique. Le service public est a\u0300 nouveau victime d\u2019un abus de pouvoir. Autre manifestation de ce recul : l\u2019insertion de messages pre\u0301sidentiels, juste avant et apre\u0300s les journaux te\u0301le\u0301vise\u0301s, comme au temps du parti unique. Il y a la\u0300 une volonte\u0301 non dissimule\u0301e d\u2019investir l\u2019espace journalistique, ce qui met le pouvoir en contradiction avec lui-me\u0302me : de\u0301mocratique par son e\u0301lection, anti-de\u0301mocratique par sa gestion du service public audiovisuel, alors pre\u0301cise\u0301ment que celui-ci vient de favoriser cette e\u0301lection par son fonctionnement pluraliste.<\/p>\n<p>Cela dit, en gardant a\u0300 l\u2019esprit l\u2019ensemble du champ me\u0301diatique, ce retour en arrie\u0300re doit e\u0302tre relativise\u0301. Il apparai\u0302t surtout comme un combat d\u2019arrie\u0300re-garde. La RTNB perd la\u0300, de\u0301finitivement peut-e\u0302tre, sa chance de participer a\u0300 la renaissance du Burundi. Car les radios prive\u0301es<b>(2)<\/b> , elles, n\u2019ont pas cesse\u0301 de faire du journalisme, et ce sont elles que les Burundais e\u0301coutent massivement.<\/p>\n<p>Le bras de fer entre Radjabu et les me\u0301dias va tourner a\u0300 l\u2019avantage des seconds<b>(3)<\/b> . Mais ce n\u2019est qu\u2019un re\u0301pit. Les menaces et les intimidations a\u0300 l\u2019e\u0301gard de la presse ne cesseront jamais vraiment, jusqu\u2019a\u0300 aujourd\u2019hui (emprisonnement et condamnation du journaliste Ruvakuki en 2012, libe\u0301ration pour raisons de sante\u0301 en 2013). Les relations pouvoir-presse vont suivre une ligne sinusoi\u0308dale, de crises en accalmies selon les besoins du moment et les pressions exte\u0301rieures.<\/p>\n<p>Du coup, de\u0300s 2006, la Synergie reprend du service. Dans le droit fil de sa fonction de\u0301mocratique, mais dans un ro\u0302le de plus en plus e\u0301vident de voix d\u2019opposition. Se sentant menace\u0301es, les radios prive\u0301es ont le re\u0301flexe de se regrouper, comme elles l\u2019avaient fait lors de la campagne e\u0301lectorale, mais dans des conditions force\u0301ment tre\u0300s diffe\u0301rentes. RPA est dans le coup cette fois, et pas la RTNB. Et si \u00ab opposition \u00bb il y a, elle ne se confond pas avec \u00ab l\u2019opposition \u00bb politique, cense\u0301e agir au parlement. Il ne faut pas oublier que, dans cette de\u0301mocratie expe\u0301rimentale, l\u2019opposition politique est assez inde\u0301finissable dans la mesure ou\u0300 des partis minoritaires sont associe\u0301s a\u0300 l\u2019exe\u0301cutif (vice-pre\u0301sidences et postes ministe\u0301riels) et ou\u0300 le FNL a rejoint les institutions, notamment militaires. Comme on l\u2019a dit plus haut, l\u2019opposition finit par s\u2019exercer, de fac\u0327on de\u0301sordonne\u0301e, au sein me\u0302me du parti dominant. Cette complexite\u0301 de\u0301mocratique est difficile a\u0300 comprendre et a\u0300 faire comprendre, elle ne facilite pas le travail des journalistes. La Synergie est un pis-aller. Elle fonctionne par a\u0300-coups, dans un climat de tension qui n\u2019est pas propice a\u0300 un traitement serein de l\u2019actualite\u0301. Il est tre\u0300s difficile dans un tel climat de s\u2019en tenir aux faits, d\u2019enque\u0302ter me\u0301thodiquement, d\u2019obtenir un maximum d\u2019informations, d\u2019organiser des de\u0301bats utiles, de faire avancer la connaissance des dossiers les plus importants.<\/p>\n<p>La Synergie, sans doute malgre\u0301 elle, apparai\u0302t finalement comme la principale force d\u2019opposition, ce qui n\u2019est pas son ro\u0302le, ni vraiment de sa compe\u0301tence. Elle se manifeste re\u0301gulie\u0300rement, produisant un journal parle\u0301 identique sur cinq ou six chai\u0302nes<b>(4)<\/b> , ge\u0301ne\u0301ralement en re\u0301action a\u0300 une menace, une interdiction ou une mesure d\u2019emprisonnement d\u2019un journaliste. Journal souvent re\u0301e\u0301dite\u0301, et toujours centre\u0301 sur un e\u0301ditorial commun, soulignant la force de cette union synergique. Ainsi pousse\u0301es par des urgences successives, les radios se laissent entrai\u0302ner sur le terrain de la politique, au de\u0301triment de la rigueur journalistique. Celle-ci n\u2019est pas assez constante, elle manque parfois de cohe\u0301rence, qu\u2019il s\u2019agisse de la contextualisation, de la hie\u0301rarchie et du suivi de l\u2019information.<\/p>\n<p><b><b>Des synergies de moins en moins efficaces<\/b><\/b><\/p>\n<p>Ce mouvement de re\u0301sistance me\u0301diatique va culminer en 2010, anne\u0301e e\u0301lectorale. Les radios vont aux e\u0301lections en Synergie, comme en 2005, mais bien davantage encore qu\u2019en 2005. Le rapport de forces a change\u0301, elles ressentent donc le besoin d\u2019e\u0302tre encore plus fortes. Et c\u2019est finalement moins une synergie qu\u2019une forteresse qui se constitue. Une synergie est une manie\u0300re de rassembler des moyens, d\u2019e\u0301changer des services, de partager des informations, c\u2019est le\u0301ger, souple, mobile. Une forteresse, c\u2019est lourd, statique, beaucoup plus difficile a\u0300 faire bouger. La Synergie de 2010 sera apparemment plus puissante mais en re\u0301alite\u0301 moins efficace que celle de 2005.<\/p>\n<p>Il faut savoir qu\u2019entre-temps, une nouvelle radio prive\u0301e est apparue : Rema FM, qui a pris le contre-pied des autres radios en se mettant ouvertement au service des autorite\u0301s et du CNDD-FDD et en n\u2019he\u0301sitant pas a\u0300 attaquer ses cons\u0153urs. C\u2019est le premier proble\u0300me a\u0300 re\u0301gler pour la Synergie de 2010. Elle choisit de le traiter en inte\u0301grant Rema. Le but est tre\u0300s clairement de neutraliser la concurrence, la voix potentiellement discordante, mais il y a un risque inverse : celui de se neutraliser soi-me\u0302me. La Synergie n\u2019ira pas jusque-la\u0300, mais la comparaison avec 2005 est sans appel : malgre\u0301 des ambitions beaucoup plus e\u0301leve\u0301es, celle de 2010 aura moins de rendement journalistique, elle aura du mal a\u0300 ge\u0301rer des e\u0301ve\u0301nements auxquels elle n\u2019e\u0301tait pas pre\u0301pare\u0301e.<\/p>\n<p>La Synergie des me\u0301dias comme mode de traitement de l\u2019actualite\u0301 est une singularite\u0301 pour ne pas dire une exclusivite\u0301 burundaise et, a\u0300 ce titre, me\u0301rite d\u2019importants de\u0301veloppements<b>(5)<\/b> .<\/p>\n<p>La comparaison entre les Synergies de 2005 et 2010 est e\u0301videmment passionnante du point de vue \u00ab scientifique \u00bb, elle est re\u0301ve\u0301latrice de nombreuses proble\u0301matiques lie\u0301es a\u0300 l\u2019e\u0301volution de la presse burundaise, a\u0300 sa politisation, a\u0300 sa force d\u2019influence, a\u0300 ses faiblesses the\u0301oriques et structurelles, mais aussi a\u0300 l\u2019histoire du Burundi, aux contradictions de la socie\u0301te\u0301, au formalisme de la de\u0301mocratisation, aux relations ambigue\u0308s entre ce pays et le monde. Mais le plus important ici est surtout de pointer les acquis, les limites, les avantages et les inconve\u0301nients de cette me\u0301thode de travail journalistique en vue de futurs e\u0301ve\u0300nements, afin que leur couverture soit la meilleure possible.<\/p>\n<p>Premier constat, commun aux deux e\u0301ve\u0301nements : en 2010 comme en 2005, il y a un accord complet entre les acteurs politiques et me\u0301diatiques pour confe\u0301rer la me\u0302me importance majeure au premier des scrutins inaugurant le cycle e\u0301lectoral, a\u0300 savoir le scrutin communal. Peu importe que ce ne soit \u00ab que \u00bb des e\u0301lections locales, destine\u0301es a\u0300 former des conseils communaux : ni les partis, ni les me\u0301dias ne s\u2019inte\u0301ressent aux enjeux locaux, seul comptera le re\u0301sultat global, le total des pourcentages re\u0301alise\u0301s par chacun des partis en additionnant les voix de leurs e\u0301lus municipaux&#8230; En 2010 comme en 2005, le vote communal e\u0301clipse tous les autres, pourtant constitutionnellement plus importants (assemble\u0301e nationale, pre\u0301sidence), qui apparaissent de\u0300s lors comme des formalite\u0301s. Il y a la\u0300 un proble\u0300me pour l\u2019exercice de\u0301mocratique, qui rele\u0300ve d\u2019abord de la politologie, mais qui concerne aussi les me\u0301dias dans la mesure ou\u0300 ils choisissent de l\u2019ignorer. En 2010, alors que la Synergie de\u0301marre le 5 mai, seize jours avant le scrutin communal pre\u0301vu pour le 21 mai, alors qu\u2019elle couvre la campagne<b>(6)<\/b> avec une super-re\u0301daction ge\u0301ne\u0301rale e\u0301manant de quinze radios, elle n\u2019aborde pratiquement jamais les sujets locaux. L\u2019impatience e\u0301lectorale est la plus forte, peu importe l\u2019enjeu, tout se joue de\u0300s le premier scrutin, tout se passe comme s\u2019il n\u2019y avait qu\u2019une seule et me\u0302me e\u0301lection. Pour preuve : le retentissement inoui\u0308 de ces communales.<\/p>\n<p>Deuxie\u0300me constat, pre\u0301cise\u0301ment : l\u2019absence d\u2019analyse des re\u0301sultats. Ceci est vrai en 2005, ou\u0300 l\u2019on manque de re\u0301fe\u0301rences, mais plus encore en 2010, alors que la re\u0301daction centrale dispose des re\u0301sultats de 2005, commune par commune. Or, ni dans la communication des re\u0301sultats, ni dans les commentaires, on ne compare les chiffres de 2010 a\u0300 ceux de 2005. On se prive ainsi d\u2019un outil d\u2019analyse tre\u0300s important, qu\u2019il s\u2019agisse des communales ou des le\u0301gislatives. Cette comparaison permettrait d\u2019observer l\u2019e\u0301volution de l\u2019e\u0301lectorat en cinq ans, par rapport aux principaux partis, mais aussi en fonction des re\u0301gions, de certaines villes et provinces dont le vote est assez particulier, s\u2019e\u0301cartant des moyennes nationales. Pour ne donner que quelques exemples, ces analyses permettraient de mettre en e\u0301vidence lors des communales de 2010 : la victoire du FNL dans Bujumbura rural, soit 57,48% des suffrages contre 26,60 pour le CNDD-FDD ; la position minoritaire du CNDD-FDD dans la capitale (28,28%) ; la perce\u0301e du MSD dans la me\u0302me ville (18,29%) ; l\u2019effondrement ge\u0301ne\u0301ral du Frodebu (-18% par rapport a\u0300 2005) qui ne profite gue\u0300re au CNDD-FDD (+6%) ; le redressement ge\u0301ne\u0301ral de l\u2019Uprona, etc. La carte politique du Burundi 2010 est nettement diffe\u0301rente de celle de 2005, mais qui le sait, qui le dit ? Et quand viennent les le\u0301gislatives, apre\u0300s le retrait e\u0301lectoral d\u2019une majorite\u0301 de partis, la Synergie n\u2019analyse pas davantage l\u2019effet de l\u2019abstention et le de\u0301placement des voix qui de\u0301montrent pourtant l\u2019immense profit que le CNDD-FDD tire partout de cette de\u0301fection, notamment a\u0300 Bujumbura ou\u0300 ce parti double pratiquement en pourcentage son score des communales (55,8% contre 28,3), ou\u0300 l\u2019Uprona triple le sien (35,5% contre 11,9) et le Frodebu Nyakuri le de\u0301cuple (5% contre 0,54) !<\/p>\n<p><b><b>Les me\u0301dias dans un ro\u0302le de plus en plus politique<\/b><\/b><\/p>\n<p>Troisie\u0300me constat, propre a\u0300 la Synergie 2010 : son extre\u0302me difficulte\u0301 a\u0300 ge\u0301rer les effets du premier scrutin. La Synergie est prise de court par les e\u0301ve\u0301nements. Par les re\u0301sultats qui confortent la position dominante du CNDD-FDD et par les re\u0301actions des autres partis. A peine ouvert, sur un enjeu the\u0301oriquement local, le cycle e\u0301lectoral<b>(7)<\/b> semble de\u0301ja\u0300 se refermer. Le grand de\u0301bat organise\u0301 par la Synergie le 27 mai illustre parfaitement cette se\u0301quence de de\u0301sarroi. On sent qu\u2019il a e\u0301te\u0301 pre\u0301pare\u0301 de longue date et que les e\u0301ve\u0301nements n\u2019y changent rien. La Synergie a pre\u0301vu de consacrer de longs e\u0301changes a\u0300 trois sujets (programmes<b>(8)<\/b> , campagne, me\u0301dias), elle s\u2019y tient alors que l\u2019actualite\u0301 est bouscule\u0301e par des accusations de fraudes, la cre\u0301ation de l\u2019ADC-Ikibiri (le 25 mai) et le renoncement des principaux partis concurrents du CNDD-FDD (sauf l\u2019Uprona) a\u0300 pre\u0301senter des candidats aux e\u0301lections suivantes. Le de\u0301bat est largement vide\u0301 de ce qui devrait en faire la substance : l\u2019e\u0301lection elle-me\u0302me, ses re\u0301sultats et la contestation dont elle fait l\u2019objet. Le sujet de la fraude est a\u0300 peine aborde\u0301, sous forme d\u2019accusations de\u0301sordonne\u0301es et sans preuves tangibles, le sujet de la nouvelle opposition n\u2019est pas aborde\u0301 du tout ! Pas un mot, pas une question sur la strate\u0301gie des \u00ab vaincus \u00bb, ni par rapport aux sie\u0300ges (parfois majoritaires) qu\u2019ils ont obtenus dans les conseils communaux, et dont on ne sait s\u2019ils vont les occuper, ni par rapport aux objectifs de leur alliance, ni par rapport aux conse\u0301quences de leur de\u0301fection e\u0301lectorale. Or ce sont la\u0300 des proble\u0300mes bru\u0302lants, cruciaux pour l\u2019avenir, y compris a\u0300 tre\u0300s court terme. Le prochain scrutin est pre\u0301sidentiel, a-t-il encore un sens ? Tout le monde l\u2019attendait avec inte\u0301re\u0302t sinon impatience, surtout l\u2019affrontement des \u00ab poids lourds \u00bb Nkurunziza-Rwasa-Ndayizeye. On imagine ce que ce scrutin aurait signifie\u0301 en termes de combat politique et de de\u0301passement de la contradiction hutu-tutsi, mais les \u00ab petites \u00bb communales sont passe\u0301es par la\u0300 et l\u2019horizon se vide d\u2019un coup. Les Burundais font face soudain a\u0300 un de\u0301sert e\u0301lectoral. Il n\u2019y a plus qu\u2019un seul candidat a\u0300 la pre\u0301sidence : le pre\u0301sident sortant.<\/p>\n<p>Ce de\u0301sert est tout aussi terrible pour la Synergie, conc\u0327ue pour accompagner tout le processus, des communales aux collinaires, pendant plus de quatre mois. Que doit-elle faire, comment re\u0301agir a\u0300 cette situation qui n\u2019a pas e\u0301te\u0301 anticipe\u0301e ? C\u2019est la\u0300 qu\u2019on mesure le mieux le proble\u0300me structurel de la Synergie 2010 : elle est tellement ple\u0301thorique, allant de Rema a\u0300 RPA, que sa capacite\u0301 de re\u0301action s\u2019en trouve limite\u0301e. Elle ne se pose me\u0302me pas la question de son utilite\u0301 : doit-elle se de\u0301ployer partout pour une e\u0301lection pre\u0301sidentielle ou\u0300 le candidat unique n\u2019a besoin que d\u2019une voix pour e\u0302tre e\u0301lu ? La seule question qui compte de\u0301sormais est celle de l\u2019abstention. Mais on n\u2019est plus vraiment dans le journalisme, les proble\u0300mes de couverture e\u0301lectorale et de traitement de l\u2019actualite\u0301 passent au second plan. La Synergie devient une sorte de microcosme ou\u0300 se joue la crise ge\u0301ne\u0301rale : sur les antennes de Rema des attaques fusent contre d\u2019autres radios auxquelles elle est pourtant associe\u0301e, les autres ripostent, et la Radio nationale participe a\u0300 la Synergie de fac\u0327on variable, un pied dedans, un pied dehors. Bref, la Synergie devient elle-me\u0302me un enjeu de la crise.<\/p>\n<p>Quatrie\u0300me constat qui se de\u0301gage de la double expe\u0301rience 2005-2010 : la fonction essentiellement de\u0301mocratique de la Synergie, au-dela\u0300 de son utilite\u0301 pour ne pas dire de sa ne\u0301cessite\u0301 technique<b>(9)<\/b> . La de\u0301mocratie est indissociable des liberte\u0301s fondamentales, dont la liberte\u0301 d\u2019expression. Une presse pluraliste est indispensable a\u0300 l\u2019exercice de la de\u0301mocratie. Il est donc normal que la presse soit particulie\u0300rement active pendant les temps forts de cet exercice, c\u2019est-a\u0300-dire les pe\u0301riodes e\u0301lectorales. Mais au Burundi, il faut ajouter une donne\u0301e supple\u0301mentaire a\u0300 ce raisonnement, qui tient a\u0300 l\u2019histoire de ce pays, ou\u0300 la presse a e\u0301te\u0301 longtemps associe\u0301e au pouvoir et ou\u0300 la politique a toujours e\u0301te\u0301 suspecte de servir des inte\u0301re\u0302ts particuliers pluto\u0302t que l\u2019inte\u0301re\u0302t ge\u0301ne\u0301ral. D\u2019ou\u0300 le souci pour sortir le pays de la guerre d\u2019instaurer une de\u0301mocratie constitutionnelle et de veiller aux liberte\u0301s qui la fondent. C\u2019est pourquoi la radio, me\u0301dia archi-dominant, populaire et multiple, fait l\u2019objet de toutes les attentions ; c\u2019est pourquoi se cre\u0301e la Synergie (principalement radiophonique), cense\u0301e e\u0301viter que trop de re\u0301dactions ne s\u2019engagent de fac\u0327on partisane<b>(10)<\/b> ; c\u2019est pourquoi les journalistes se voient investis de\u0300s 2005 d\u2019une mission qui de\u0301passe leur strict devoir d\u2019information : on attend d\u2019eux qu\u2019ils soient les gardiens du bon de\u0301roulement des ope\u0301rations e\u0301lectorales. Et c\u2019est bien ainsi qu\u2019ils conc\u0327oivent leur ro\u0302le : ils se conside\u0300rent en charge d\u2019une sorte de surveillance du scrutin, ils se pressent dans toutes les communes et ils assistent en de nombreux endroits au de\u0301pouillement des bulletins de vote, donnant beaucoup de re\u0301sultats \u00ab en direct \u00bb, avant me\u0302me les annonces des CECI, des CEPI et de la CENI. En 2005, la voix des me\u0301dias couvre celle des institutions, c\u2019est elle qui valide heure par heure les ope\u0301rations e\u0301lectorales puis les re\u0301sultats des scrutins<b>(11)<\/b> . Si personne ne les conteste vraiment, c\u2019est parce que la Synergie les authentifie. Mais le plus inte\u0301ressant est que le phe\u0301nome\u0300ne se reproduira a\u0300 l\u2019identique cinq ans plus tard.<\/p>\n<p>En 2010, la presse n\u2019arrive pas aux e\u0301lections avec la me\u0302me assurance, la Synergie, on l\u2019a explique\u0301, s\u2019est constitue\u0301e de manie\u0300re plus de\u0301fensive, dans un climat de suspicion, entre me\u0301dias et pouvoir mais aussi entre me\u0301dias eux-me\u0302mes. Et pourtant elle joue exactement le me\u0302me ro\u0302le de\u0301mocratique : elle est partout, elle donne e\u0301norme\u0301ment de chiffres en direct, avant les proclamations officielles, elle valide ainsi de nombreux de\u0301pouillements, bref elle authentifie les re\u0301sultats. C\u2019est e\u0301videmment une raison supple\u0301mentaire de son de\u0301sarroi au lendemain des communales, quand les protestations se multiplient, que les de\u0301c\u0327us renoncent aux scrutins suivants et que ceux-ci se trouvent de\u0300s lors prive\u0301s de leurs principaux enjeux. La fonction de\u0301mocratique de la Synergie l\u2019emporte sur sa fonction journalistique : au lieu de se consacrer a\u0300 l\u2019analyse des re\u0301sultats et des plaintes, d\u2019essayer d\u2019e\u0301tablir s\u2019il y a eu des fraudes et dans quelles proportions, elle continue malgre\u0301 ses de\u0301chirements a\u0300 couvrir les scrutins suivants avec la me\u0302me me\u0301thode de travail. Elle va donc authentifier jusqu\u2019au bout le processus e\u0301lectoral.<\/p>\n<p>Cette crise politico-me\u0301diatique de 2010 ouvre-t-elle une nouvelle pe\u0301riode de l\u2019histoire du traitement de l\u2019actualite\u0301 au Burundi ? C\u2019est possible. Le peu de recul ne permet pas de l\u2019affirmer avec certitude, mais il est e\u0301vident que l\u2019abandon du terrain e\u0301lectoral et donc parlementaire par les principaux partis concurrents du CNDD-FDD a laisse\u0301 les principales radios prive\u0301es en premie\u0300re ligne, seules a\u0300 porter de fac\u0327on constante d\u2019autres paroles que celles des autorite\u0301s, sorties renforce\u0301es des e\u0301lections. Ou\u0300 est passe\u0301e l\u2019opposition, de\u0301ja\u0300 tre\u0300s faible avant 2010 ? Il n\u2019y a que des re\u0301ponses vagues a\u0300 cette question. L\u2019ADC-Ikibiri, assemblage des de\u0301c\u0327us de 2010, n\u2019est pas une force politique. Elle a un besoin absolu des me\u0301dias pour exister un peu. Les me\u0301dias n\u2019ont pas besoin d\u2019elle. Tout est dit dans cette formule.<\/p>\n<p>Les anne\u0301es qui suivent 2010 te\u0301moignent de ce ro\u0302le politique endosse\u0301 par les radios les plus e\u0301coute\u0301es. Le journaliste Roland Rugero en te\u0301moigne sur le site d\u2019Iwacu<b>(12)<\/b> : \u00ab Le CNDD-FDD n\u2019a en face que les me\u0301dias (eux-me\u0302mes composante de la socie\u0301te\u0301 civile) comme contre-pouvoir \u00bb. Le fait est que les radios prive\u0301es dont les plus anciennes se regroupent re\u0301gulie\u0300rement en synergie, sont perc\u0327ues et se perc\u0327oivent elles-me\u0302mes comme une force d\u2019opposition politique. Une situation qui ne facilite pas un traitement de l\u2019actualite\u0301 purement journalistique, uniquement soucieux des faits. La socie\u0301te\u0301 civile occupe une place beaucoup plus importante dans leurs informations que toutes les institutions et me\u0302me les services publics. Il y a la\u0300 comme un phe\u0301nome\u0300ne de compensation, une volonte\u0301 d\u2019agir comme un contre-poids. L\u2019exemple le plus frappant a\u0300 cet e\u0301gard est celui de RPA qui fonctionne fre\u0301quemment en opposition syme\u0301trique a\u0300 Rema, radio ouvertement engage\u0301e du co\u0302te\u0301 gouvernemental. Sur de nombreux sujets, les deux radios offrent chacune une version contredisant l\u2019autre<b>(13)<\/b>. Ce \u00ab bino\u0302me antagoniste \u00bb Rema-RPA n\u2019est pas syste\u0301matique, mais il se manifeste re\u0301gulie\u0300rement, sans que l\u2019on puisse en de\u0301tailler les me\u0301canismes, conscients ou inconscients. Il faut noter par ailleurs que RPA traite beaucoup plus d\u2019informations que Rema, et souvent de fac\u0327on plurielle, ce qui n\u2019est pratiquement jamais le cas de Rema.<\/p>\n<p>La confrontation pouvoir\/presse est une donne\u0301e de la vie publique burundaise. Rien ne permet d\u2019envisager sa fin prochaine. Au contraire, l\u2019approche des e\u0301lections de 2015 pourrait encore l\u2019accentuer. La longue bataille autour de la nouvelle loi sur la presse en est la meilleure preuve. Ce n\u2019est pas le lieu ici d\u2019analyser les textes, celui de la loi de 2003 et ceux des moutures successives de la loi finalement promulgue\u0301e en 2013, mais il est clair que celle-ci a pour objectif premier de limiter, voire d\u2019empe\u0302cher la liberte\u0301 de la presse. En attendant, l\u2019effet le plus e\u0301vident de ces lois est de pousser la plupart de journalistes a\u0300 faire (au moins) autant de politique que de journalisme&#8230;<\/p>\n<p>L\u2019actualite\u0301 est foisonnante au Burundi, un sujet chasse l\u2019autre, d\u2019autres reviennent en boucle, inlassablement, comme le the\u0300me de l\u2019inse\u0301curite\u0301, mis a\u0300 toutes les sauces, me\u0301langeant parfois les faits divers les plus minuscules et les crimes les plus graves, a\u0300 caracte\u0300re manifestement politique. C\u2019est un des effets de cet affrontement, de cette pression constante sur les me\u0301dias. Ce foisonnement de l\u2019actualite\u0301 \u2013 politique, sociale, e\u0301conomique, judiciaire, se\u0301curitaire, sous-re\u0301gionale, etc<b>(14)<\/b> \u2013 est une aubaine pour les journalistes, mais il a aussi ses exigences, il les oblige a\u0300 classer les faits, les hie\u0301rarchiser, a\u0300 les analyser, les contextualiser, a\u0300 suivre leur e\u0301volution, a\u0300 toujours mieux expliquer les e\u0301ve\u0301nements afin de contribuer a\u0300 ce que l\u2019on pourrait appeler \u00ab l\u2019intelligence nationale \u00bb. La liberte\u0301 d\u2019expression est une condition sine qua non de la de\u0301mocratie, mais elle a besoin d\u2019un minimum de se\u0301re\u0301nite\u0301 et la liberte\u0301 de la presse qui en fait partie ne peut s\u2019exercer vraiment qu\u2019avec un maximum de rigueur professionnelle.<\/p>\n<p>____________________<\/p>\n<p>(1)Journalistes se\u0301questre\u0301s et brutalise\u0301s lors d\u2019une confe\u0301rence de presse du de\u0301pute\u0301 Basabose encercle\u0301e par la police. Incarce\u0301rations des journalistes Kabura, Kiramvu et Nibizi. Discours public de menace tenu par Radjabu au stade Rwagasore.<\/p>\n<p>(2) Pour ne parler que des radios, qui restent archi-dominantes dans l\u2019espace me\u0301diatique. Mais on notera l\u2019apparition d\u2019une modeste te\u0301le\u0301vision concurrente (Renaissance) puis d\u2019un pe\u0301riodique de qualite\u0301 (Iwacu).<\/p>\n<p>(3) Il sera biento\u0302t e\u0301vince\u0301 du pouvoir, juge\u0301 et condamne\u0301. Il est toujours en prison.<\/p>\n<p>(4) Principalement Bonesha, Isanganiro, RPA, Renaissance et CCIB.<\/p>\n<p>(5) Voir le me\u0301moire de Nestor Ndikumana, MCJ, juin 2011 : \u00ab Traitement me\u0301diatique de l\u2019information e\u0301lectorale : Etude comparative de la synergie des me\u0301dias burundais de 2005 et de 2010, cas des e\u0301lections communales \u00bb<\/p>\n<p>(6) Ce qui, rappelons-le, n\u2019e\u0301tait pas le cas de la Synergie en 2005.<\/p>\n<p>(7) Pour me\u0301moire, le calendrier des scrutins : communal 24\/05 (au lieu du 21\/05), pre\u0301sidentiel 20\/06, Pour me\u0301moire, le calendrier des scrutins : communal 24\/05 (au lieu du 21\/05), pre\u0301sidentiel 20\/06, le\u0301gislatif 23\/07, se\u0301natorial 28\/07, collinaire 07\/09.<\/p>\n<p>(8) Ce qui de\u0301montre encore une fois que ce scrutin communal est ve\u0301cu comme une e\u0301lection nationale.<\/p>\n<p>(9) Cf p.27.<\/p>\n<p>(10) Seule RPA en 2005 ne rejoint pas la Synergie pour pre\u0301server sa liberte\u0301 re\u0301dactionnelle et se de\u0301clarer en faveur du CNDD-FDD.<\/p>\n<p>(11) Malgre\u0301 de nombreuses entorses au re\u0300glement, certaines irre\u0301gularite\u0301s et les plaintes de plusieurs partis, dont le Parena et le CNDD.<\/p>\n<p>(12) 15 avril 2013<\/p>\n<p>(13) Exemple e\u0301tudie\u0301 au cours : bulletins Rema et RPA du 01\/08\/12, versions oppose\u0301es d\u2019un proble\u0300me de menaces politiques (nie\u0301es ou ave\u0301re\u0301es) en commune de Gihanga, avec te\u0301moignages contradictoires. Seules ces deux radios traitent de cette affaire.<\/p>\n<p>(14) Citons dans le de\u0301sordre et de fac\u0327on non exhaustive de nombreux sujets traite\u0301s ces dernie\u0300res anne\u0301es : engagement militaire en Somalie, alertes au terrorisme, lois sur l\u2019homosexualite\u0301, les partis, la socie\u0301te\u0301 civile, la Citons dans le de\u0301sordre et de fac\u0327on non exhaustive de nombreux sujets traite\u0301s ces dernie\u0300res anne\u0301es : engagement militaire en Somalie, alertes au terrorisme, lois sur l\u2019homosexualite\u0301, les partis, la socie\u0301te\u0301 civile, la presse, violences policie\u0300res, affaire de Businde, violences politiques, faits de guerre ou de re\u0301bellion, controverse sur la notion d\u2019exe\u0301cution extrajudiciaire, massacre de Gatumba, nombreux proce\u0300s a\u0300 caracte\u0300re politique (Manirumva, Kavumbagu, Gatumba, Faustin Ndikumana, Ruvakuki&#8230;), arrestations sans mandat, de\u0301tentions sans proce\u0300s ni poursuites judiciaires, affaires Sinduhije (arrestation a\u0300 Dar-es-Salam, accusation de chef de guerre, retour a\u0300 Bujumbura), commissions d\u2019enque\u0302te spe\u0301ciales (Gatumba, Bagorikunda, incendie du Marche\u0301 central&#8230;), arrestations et proce\u0300s de de\u0301tenteurs de l\u2019autorite\u0301 accuse\u0301s de crimes, crises au CNDD-FDD et a\u0300 l\u2019Uprona, croisades pre\u0301sidentielles, controverses constitutionnelles, alle\u0301gations de fraudes et de corruption, conflits fonciers, gre\u0300ves, mouvements de protestation, campagnes de boycott, etc, sans parler des confe\u0301rences internationales et ateliers concernant le Burundi, des enjeux de l\u2019E.A.C., des innombrables proble\u0300mes de la vie quotidienne, des questions de sante\u0301 et de scolarite\u0301, du marasme e\u0301conomique, de la de\u0301pre\u0301ciation mone\u0301taire, etc.<\/p>\n<p><strong>Pour plus d&rsquo;informations et d&rsquo;analyses sur la <a href=\"https:\/\/www.africa-press.net\/burundi\">Burundi<\/a>, suivez <a href=\"https:\/\/www.africa-press.net\/\">Africa-Press<\/a><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Africa-Press &#8211; Burundi. 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