{"id":8703,"date":"2023-02-16T19:38:00","date_gmt":"2023-02-16T19:38:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.africa-press.net\/burundi\/politique\/des-mesures-administratives-non-sans-effets"},"modified":"2023-02-16T19:38:00","modified_gmt":"2023-02-16T19:38:00","slug":"des-mesures-administratives-non-sans-effets","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.africa-press.net\/burundi\/toutes-les-actualites\/des-mesures-administratives-non-sans-effets","title":{"rendered":"Des mesures administratives non sans effets"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #ff6600\"><strong>Africa-Press &#8211; Burundi. <\/strong><\/span>Les mesures administratives sont tombe\u0301es en vrac ces derniers temps et sont loin de faire l\u2019unanimite\u0301 : interdiction de tout rassemblement de jeunes gens de\u0301s\u0153uvre\u0301s sur la place publique sous peine de se faire embarquer pour des travaux d\u2019inte\u0301re\u0302t ge\u0301ne\u0301ral, interdiction de griller du mai\u0308s au bord de la rue et l\u2019harmonisation du prix de la viande. Les concerne\u0301s ou victimes bougonnent. Une source de de\u0301stabilisation pour certains qui peinent a\u0300 trouver des alternatives.<\/p>\n<p>Mardi 7 fe\u0301vrier 2023 vers 11h 30, en plein centre-ville de Bujumbura, des policiers arme\u0301s circulent pour arre\u0302ter des personnes qui sont en villes sans rien faire. Ils arre\u0302tent un a\u0300 un vers un camion de la Police nationale du Burundi ou\u0300 ils sont en embarque\u0301s.<\/p>\n<p>A cette journe\u0301e, le soleil tape tre\u0300s fort au centre-ville. Mais, les agents de police, eux, guettent toute personne sans occupation en ville. Ils ro\u0302dent aux alentours des kiosques de la Brarudi. \u00ab Je dois acheter une limonade pour que les policiers me laissent tranquille \u00bb, commente un jeune homme rencontre\u0301 sur les lieux.<\/p>\n<p>Selon lui, il est venu pour un rendez-vous avec son ami. \u00ab Cela est vraiment ge\u0302nant, pourquoi, je ne peux pas venir a\u0300 un rendez-vous sans crainte de se faire arre\u0302ter \u00bb, a-t-il commente\u0301 avant de re\u0301pondre a\u0300 un appel te\u0301le\u0301phonique.<\/p>\n<p>Tout a\u0300 coup, un jeune homme chevelu est arre\u0302te\u0301 par un agent de police, il est conduit vers le camion gare\u0301 devant les restes de l\u2019ancien marche\u0301 central de Bujumbura ou\u0300 il rejoint une dizaine d\u2019autres jeunes de\u0301ja\u0300 arre\u0302te\u0301s.<\/p>\n<p>Celui-ci essaye de s\u2019expliquer sans vraiment convaincre l\u2019agent de police qui le conduit lentement vers le camion. Une phrase est sur les le\u0300vres de tous ceux qui passent par le centre-ville. \u00ab Toi aussi, tu peux e\u0302tre embarque\u0301. Si tu n\u2019as rien a\u0300 faire ici \u00bb.<\/p>\n<p>D\u2019apre\u0300s les citadins interroge\u0301s au centre-ville de Bujumbura, notamment dans les environs du parking desservant le nord de la capitale politique, la chasse aux jeunes gens sans occupation a commence\u0301 juste apre\u0300s la mesure annonce\u0301e le 31 janvier.<\/p>\n<p>Si c\u2019est bien e\u0301vident que tu es de\u0301s\u0153uvre\u0301, font-ils savoir, la police te conduit au chantier du stade Intwari pour aider dans les travaux de construction. \u00ab C\u2019est pourquoi il y a moins d\u2019attroupements au tour des kiosques de la Brarudi \u00bb, a explique\u0301 une vendeuse de cre\u0301dits te\u0301le\u0301phoniques sur les lieux.<\/p>\n<p>Vers midi de la me\u0302me journe\u0301e du 7 janvier, une vingtaine de jeunes hommes est conduit dans un camion de la police au stade. \u00ab Il va revenir pour embarquer d\u2019autres personnes \u00bb, a la\u0302che\u0301 un convoyeur de bus.<\/p>\n<p>Une personne rencontre\u0301e a\u0300 l\u2019entre\u0301e du Stade Intwari en construction, fait savoir que ceux qui sont arre\u0302te\u0301s sont employe\u0301s comme des aide-mac\u0327ons en de\u0301plac\u0327ant du moellon, du sable, des planches, etc.<\/p>\n<p><b>La prise de risque des vendeuses de mai\u0308s cuit<\/b>Pour ce qui est de l\u2019interdiction du mai\u0308s grille\u0301 ou cuit au bord de la rue, la mesure a e\u0301te\u0301 respecte\u0301e. Seules, quelques-unes des femmes qui vivaient de ce commerce osent s\u2019aventure a\u0300 refaire ce commerce re\u0301prime\u0301.<\/p>\n<p>C\u2019est comme K.N, vendeuse de mai\u0308s cuit, rencontre\u0301e sur le boulevard Patrice Lumumba non loin de la galerie Hakizimana. Celle-ci est tre\u0300s connue dans cette galerie. C\u2019est la\u0300 ou\u0300 elle a beaucoup plus de clients re\u0301guliers.<\/p>\n<p>Samedi 11 janvier vers 21h 15, la dame est assise sur un tabouret. Elle est la\u0300, elle semble tranquille me\u0302me si l\u2019inquie\u0301tude se lit sur son visage, elle propose du mai\u0308s cuit bravant l\u2019interdiction de ce commerce. Devant elle, un gros sachet a\u0300 moitie\u0301 plein du mai\u0308s cuit non e\u0301pluche\u0301.<\/p>\n<p>Les clients viennent. Des commerc\u0327ants de ve\u0302tements et de souliers a\u0300 la galerie ache\u0300tent. Des chauffeurs de taxi, des passants, etc. \u00ab J\u2019ai choisi de venir a\u0300 mes risques et pe\u0301rils \u00bb, reconnai\u0302t cette maman de 4 enfants.<\/p>\n<p>Selon elle, elle s\u2019est trouve\u0301e dans l\u2019obligation de ne pas respecter la mesure administrative interdisant le commerce du mai\u0308s grille\u0301 ou cuit au bord de la route. \u00ab Je crains de mourir au milieu de mes enfants, je suis veuve, je travaille seule, mon mari est mort, il y a 4 ans \u00bb.<\/p>\n<p>Elle indique que ses cons\u0153urs qui ont des familles et des terres a\u0300 l\u2019inte\u0301rieur du pays ont de\u0301ja\u0300 regagne\u0301 leurs collines natales. \u00ab Moi, je n\u2019ai pas ou\u0300 aller. J\u2019irais chez ma grande s\u0153ur. Mais, est-ce qu\u2019elle pourrait m\u2019accueillir et nourrir mes enfants en plus de sa famille ? \u00bb, se demande cette veuve.<\/p>\n<p>Elle fait du commerce la peur au ventre, pour gagner un peu d\u2019argent pour nourrir ses enfants et confie qu\u2019avant l\u2019interdiction de son commerce, elle gagnait au moins 5 mille BIF par jour, ce n\u2019est pas e\u0301norme.<\/p>\n<p>Sur la route Mutaga III, traversant les quartiers de Kinanira, ces femmes qui grillent du mai\u0308s au bord des axes e\u0301taient nombreuses avant l\u2019interdiction de cette activite\u0301 ge\u0301ne\u0301ratrice de revenus.<\/p>\n<p>Actuellement personne sur la route entre le bar dit \u00ab Kuri Frodebu \u00bb et celui dit \u00ab Kwa Vy\u2019isi \u00bb personne ne grille du mai\u0308s, c\u2019e\u0301tait pourtant une alternative a\u0300 la brochette pour certains.<\/p>\n<p>Les grossistes du mai\u0308s frais ne sont plus observables. \u00ab Je me suis rabattue sur la commercialisation de l\u2019arachide grille\u0301e \u00bb, te\u0301moignent une jeune maman, assise derrie\u0300re une petite table avec de petits sachets d\u2019arachides. Elle est avec ses deux fillettes, une au dos et une autre endormie sur ses cuisses. Selon elle, le mai\u0308s grille\u0301 ou cuit pour le moment est conside\u0301re\u0301 comme un produit prohibe\u0301. \u00ab La vendeuse et l\u2019acheteur sont tous punis une fois attrape\u0301s \u00bb.<\/p>\n<p>Les sources sur places font savoir que la police est venue pour les empe\u0302cher de faire leur petit commerce de mai\u0308s grille\u0301. \u00ab Ils sont venus en pick-up et en jeep et ont e\u0301teint nos braseros \u00bb.<\/p>\n<p>Ces femmes indiquent qu\u2019elles se sont incline\u0301es aux ordres des autorite\u0301s, mais que leur vie va e\u0302tre de plus en plus difficile. \u00ab Nous ne voyons pas comment nous allons payer nos loyers et faire vivre nos familles \u00bb, indique une me\u0300re de deux enfants abandonne\u0301e par son mari.<\/p>\n<p>A sa cons\u0153ur de renche\u0301rir : \u00ab Nous finirons par faire griller le mai\u0308s de nouveau. S\u2019ils veulent, ils nous jetteront en prison avec nos enfants, au moins la\u0300-bas nous y serons nourris gratuitement \u00bb.<\/p>\n<p>Quelques administratifs locaux interroge\u0301s sont cate\u0301goriques, quand une mesure tombe, il faut s\u2019exe\u0301cuter sinon on s\u2019expose a\u0300 des sanctions. \u00ab Mais il n\u2019est pas interdit d\u2019en parler quand il y a une rencontre avec les plus hautes autorite\u0301s \u00bb.<\/p>\n<p><b>Grogne chez les bouchers <\/b>Autre casse-te\u0302te : la re\u0301gulation du prix de la viande. Les bouchers du marche\u0301 Bujumbura City Market (BCM) dit \u00ab Kwa Siyoni \u00bb ne vendent plus de la viande sans os. \u00ab C\u2019est pour ne pas fermer boutique \u00bb.<\/p>\n<p>Les bouchers disent travailler a\u0300 perte, suite a\u0300 la mesure du ministe\u0300re de l\u2019Inte\u0301rieur, de fixer les prix de la viande par kilogramme. Au marche\u0301, ces commerc\u0327ants indiquent qu\u2019ils pre\u0301fe\u0300rent la vendre avec os a\u0300 10 mille BIF.<\/p>\n<p>Ils demandent que les prix soient re\u0301duits, me\u0302me a\u0300 l\u2019abattage pour qu\u2019ils s\u2019approvisionnent sur un tarif raisonnable. \u00ab Avec la mesure du gouvernement de re\u0301duire le prix de la viande par kilogramme a\u0300 10 mille, c\u2019est dur pour nous. A l\u2019abattoir, nous achetons a\u0300 10 mille BIF le kilo \u00bb, confie Dieudonne\u0301 Gasigwa, boucher au BCM (Kwa Siyoni).<\/p>\n<p>Des questions et toujours des questions : \u00ab Comment allons-nous nous approvisionner et a\u0300 combien allons-nous vendre ? \u00bb Les bouchers expliquent que le transport pour une vache se fait a\u0300 22 mille BIF de l\u2019abattoir de Kanyosha et de 10 mille BIF a\u0300 partir de l\u2019abattoir de Kamenge : \u00ab Nous nous retrouvons en train de nous approvisionner a\u0300 10.500 BIF \u00bb<\/p>\n<p>Pour Dieudonne\u0301 Gasigwa, vendre a\u0300 10 mille BIF un kilo de viande avec os et a\u0300 11 mille BIF sans os comme l\u2019exige le ministe\u0300re de l\u2019Inte\u0301rieur est tout simplement impossible. \u00ab C\u2019est pourquoi vous ne trouvez pas de la viande sans os sur le marche\u0301. Je ne peux pas vendre de la bonne viande sans os \u00bb.<\/p>\n<p><b>Plus de nid douillet en paille ! Amoureux, ou\u0300 irez-vous ? <\/b><\/p>\n<p>Le ministre de l\u2019Inte\u0301rieur vient de frapper fort : les amoureux n\u2019auront plus le droit de se marier dans une maison en toit de chaume. Avec leur faible pouvoir d\u2019achat, la plupart des jeunes burundais se demandent s\u2019ils vont s\u2019en sortir. Et quid de la le\u0301galite\u0301 de cette mesure ? Le point.<\/p>\n<p>Par Parfait Nzeyimana, Yaga<\/p>\n<p>Un jour, un pote a\u0300 moi a voulu faire de l\u2019humour et m\u2019a pose\u0301 une colle : \u00ab Sais-tu pourquoi les oiseaux sont plus intelligents que les hommes ? \u00bb. Inutile de vous dire que j\u2019ai se\u0301che\u0301. Et de me re\u0301pondre avec son habituel air goguenard que tout le monde lui connai\u0302t : \u00ab Parce qu\u2019ils construisent une maison avant de fonder une famille \u00bb.<\/p>\n<p>J\u2019ai mis quelques secondes pour re\u0301aliser ce qu\u2019il venait de me jeter a\u0300 la figure. Oui, c\u2019est vrai que les oiseaux font d\u2019abord un nid avant de proce\u0301der a\u0300 la ponte des \u0153ufs qui e\u0301cloront et leur donneront des oisillons.<\/p>\n<p>La relation entre cette histoire et la de\u0301cision du ministre de l\u2019Inte\u0301rieur enjoignant aux futurs e\u0301poux d\u2019avoir une maison en to\u0302les ou au moins en tuiles, avant de se marier, vous parai\u0302t-elle e\u0301vidente ?<\/p>\n<p><b>Me\u0302me un SDF a le droit de se marier<\/b>De toutes les fac\u0327ons, les lois burundaises n\u2019interdisent pas aux citoyens de choisir librement leurs conjoint(e)s, sans tenir en conside\u0301ration leurs pouvoirs d\u2019achat, ce qui veut dire que me\u0302me un sans domicile fixe (SDF) a le droit de se marier.<\/p>\n<p>Le Code des personnes et de la famille en vigueur au Burundi de\u0301finit le mariage comme une union volontaire de l\u2019homme et de la femme, conforme a\u0300 la loi civile (article 87). En aucun cas, il ne fait allusion a\u0300 la construction des maisons en dur (ou autres conditions e\u0301conomiques) comme un pre\u0301alable a\u0300 un mariage.<\/p>\n<p>Dernie\u0300rement, il a e\u0301te\u0301 a proce\u0301de\u0301 a\u0300 un petit calcul pour voir combien il faudrait de\u0301bourser pour avoir une maison ayant une toiture en to\u0302les. Il faut de\u0301bourser entre 300 et 400 mille FBu.<\/p>\n<p>Or, le pouvoir d\u2019achat d\u2019un Burundais moyen e\u0301tait de 221,5 dollars par an en 2021 (soit 458 682,2 FBu au cours moyen de la BRB du 13 fe\u0301vrier 2023), selon les donne\u0301es de la Banque mondiale.<\/p>\n<p>Avec ces revenus, un Burundais, de surcroi\u0302t, jeune voulant fonder une famille, peut-il disposer de cette somme qui vaut, plus ou moins, a\u0300 ce que gagne un Burundais moyen pendant toute une anne\u0301e ?<\/p>\n<p><b>Mais que penser de cette mesure ? <\/b>A.C. est un jeune garc\u0327on de 24 ans, il habite a\u0300 Kibenga, un des quartiers de la ville de Bujumbura. Il croque la vie a\u0300 pleines dents. Il a du mal a\u0300 comprendre la de\u0301cision du ministre : \u00ab Est-ce que cela ne va pas engendrer des me\u0301sententes entre l\u2019administration et les jeunes qui n\u2019ont pas les moyens de s\u2019acheter des to\u0302les avant de se marier ? \u00bb<\/p>\n<p>Si le gouvernement veut que les gens construisent des maisons en to\u0302les en peu de temps, il devrait peut-e\u0302tre subventionner les mate\u0301riaux de construction, la to\u0302le en premier, pour faciliter la ta\u0302che aux jeunes, ajoute le jeune homme.<\/p>\n<p>D\u2019autres pays ont de\u0301ja\u0300 essaye\u0301 d\u2019e\u0301radiquer les maisons en paille, mais le constat est que si vous voulez combattre efficacement ces maisons, il faut prendre des pre\u0301cautions et des mesures d\u2019accompagnement, indique encore une fois ce jeune homme.<\/p>\n<p>Cap sur Gitega ou\u0300 j\u2019ai rencontre\u0301 A.I., une femme marie\u0301e de 26 ans qui habite a\u0300 Magarama. Elle ne savait pas qu\u2019une mesure pareille avait e\u0301te\u0301 prise.<\/p>\n<p>Quand elle a finalement compris que c\u2019est bien le cas, elle a simplement laisse\u0301 e\u0301chapper un long soupir et une courte phrase mais qui en dit long : \u00ab Hagiye kugwira ibikwerere hamwe n\u2019abakobwa bazosazira iwabo !\u00bb, pour dire que \u00ab le nombre de jeunes gens en a\u0302ge de se marier mais qui n\u2019entendent pas se lancer dans cette aventure va augmenter, de me\u0302me que les filles qui vont coiffer Sainte Catherine ! \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Pourquoi ? \u00bb, ai-je glisse\u0301. \u00ab Wibaza ko ari abahungu bangahe bazoshobora kwubaka inzu z\u2019amabati hariya mu misozi ? (Tu penses qu\u2019il y a combien de jeunes hommes qui pourront se construire une maison avec des to\u0302les ondule\u0301es sur nos collines ? NDLR), a-t-elle demande\u0301, dubitative.<\/p>\n<p><b>Quid de la le\u0301galite\u0301 de la mesure ? <\/b>\u00ab Heureusement que la mesure ne concerne que ceux qui projettent de se marier. Si cela concernait tous les Burundais et leur interdisait a\u0300 tous de construire et d\u2019habiter dans des maisons en toit de chaume, cela aurait e\u0301te\u0301 autre chose \u00bb, indique Me Emery Bayizere de l\u2019Ordre des avocats pre\u0300s la Cour d\u2019appel de Gitega.<\/p>\n<p>\u00ab La loi re\u0301gissant le mariage est tre\u0300s claire la\u0300-dessus. En ce qui concerne le domicile des e\u0301poux, apre\u0300s la ce\u0301le\u0301bration du mariage, la construction d\u2019une maison en to\u0302les ou en tuiles ne figure nulle part dans la loi re\u0301gissant le mariage au Burundi \u00bb, explique ce juriste.<\/p>\n<p>Selon lui, leur interdire de convoler en justes noces parce qu\u2019ils n\u2019ont qu\u2019une maison en chaume reviendrait a\u0300 leur priver du droit a\u0300 une union libre que la loi leur autorise pourtant. \u00ab Cette condition est un blocage quant a\u0300 leur droit reconnu par le droit positif burundais \u00bb, statue Me Emery Bayizere de l\u2019Ordre des avocats pre\u0300s la Cour d\u2019appel de Gitega.<\/p>\n<p><b>Des mesures qui ne font pas l\u2019unanimite\u0301 dans l\u2019opinion<\/b><\/p>\n<p>Ces derniers jours, les administratifs ont pris des mesures qui ne font pas l\u2019unanimite\u0301. C\u2019est notamment la fermeture des restaurants et bistrots ne respectant pas les normes d\u2019hygie\u0300nes ou les prix officiels des boissons. Pour le sociologue Lambert Hakuziyaremye, l\u2019autorite\u0301 doit prendre des mesures qui n\u2019e\u0301touffent pas les initiatives de la population. Reportage.<\/p>\n<p>Par Gilbert Nkurunziza, Burundi Eco<\/p>\n<p>Buyenzi est le quartier populaire le plus connu de Bujumbura. Il est connu aussi pour son affairisme et ses garages a\u0300 ciel ouvert et a\u0300 chaque coin de rue. Ce qui fait que beaucoup de gens y ont e\u0301lu domicile ou y exercent des activite\u0301s ge\u0301ne\u0301ratrices de revenus.<\/p>\n<p>Pour cela, l\u2019assainissement de ce quartier pose un proble\u0300me. Il y a quelques jours, les administratifs a\u0300 la base ont promis de fermer les bistrots et les restaurants qui ne respectent pas les re\u0300gles d\u2019hygie\u0300ne. Cela dans le but de promouvoir l\u2019assainissement et de lutter contre l\u2019e\u0301pide\u0301mie de chole\u0301ra qui a fait quelques incursions dans certains quartiers de Bujumbura au mois de janvier 2023.<\/p>\n<p><b>Quel est l\u2019e\u0301tat des lieux ? <\/b>Le soir du vendredi 11 janvier 2023, nous avons visite\u0301 un restaurant qui se trouve a\u0300 la 11e\u0300me avenue de ce quartier. Comme d\u2019habitude, ce restaurant pre\u0301pare la nourriture en plein air.<\/p>\n<p>Ce soir-la\u0300, c\u2019e\u0301tait tout a\u0300 fait le contraire. \u00ab De\u0301sormais, nous cuisinons a\u0300 l\u2019inte\u0301rieur du restaurant. Si jamais nous faisons le contraire, nous nous attirons les foudres des administratifs a\u0300 la base. Ces derniers nous ont mis en garde brandissant les sanctions voire la fermeture du restaurant. Cela s\u2019inscrit dans le cadre de renforcer l\u2019assainissement dans le quartier \u00bb, fait savoir un employe\u0301 de ce restaurant.<\/p>\n<p>Un autre restaurant visite\u0301 est celui situe\u0301 a\u0300 la 13e\u0300me avenue du quartier de Buyenzi qui est connu pour sa spe\u0301cialite\u0301, du \u00ab chapati \u00bb, une sorte de cre\u0302pe. Dans les conditions normales, ces cre\u0302pes sont pre\u0301pare\u0301es juste a\u0300 l\u2019entre\u0301e du restaurant, mais depuis les avertissements des administratifs, tout a change\u0301 : \u00ab Nous avons du\u0302 changer l\u2019endroit de pre\u0301paration de nos chapatis, car la police et les administratifs a\u0300 la base nous l\u2019ont oblige\u0301 en vue de promouvoir l\u2019assainissement \u00bb, indique un des gestionnaires du restaurant. Jusqu\u2019a\u0300 preuve du contraire, nous avons appris que de\u0301sormais aucun restaurant n\u2019est autorise\u0301 a\u0300 pre\u0301parer la nourriture en plein air.<\/p>\n<p>Par contre, au niveau des bistrots, aucun changement n\u2019a e\u0301te\u0301 constate\u0301. Les bars que nous avons visite\u0301s a\u0300 la 3e\u0300me avenue, a\u0300 la 7e\u0300me avenue, a\u0300 la 8e\u0300me avenue et a\u0300 la 9e\u0300me avenue travaillent comme a\u0300 l\u2019accoutume\u0301e.<\/p>\n<p><b>Priorite\u0301s aux inte\u0301re\u0302ts de la population<\/b>Avec la Covid-19 et la guerre en Ukraine, le Burundi a connu une crise e\u0301conomique avec des conse\u0301quences multiformes sur sa population. A cela s\u2019ajoute la pe\u0301nurie des devises et la pe\u0301nurie du carburant qui ont fait que les prix sur le marche\u0301 ont augmente\u0301.<\/p>\n<p>En conse\u0301quence, le citoyen lambda s\u2019est retrouve\u0301 oblige\u0301 de se de\u0301brouiller pour survivre. Malheureusement, de\u0301plore un tenancier d\u2019un bistrot, les de\u0301cisions prises de\u0301stabilisent certains de\u0301brouillards. \u00ab Les de\u0301cisions prises s\u2019attaquent a\u0300 un phe\u0301nome\u0300ne social qui ne peut pas s\u2019arre\u0302ter net. Pourtant, on ne change pas une socie\u0301te\u0301 par une mesure \u00bb, explique Lambert Hakuziyaremye, sociologue et professeur dans plusieurs universite\u0301s. Pour lui, si on empe\u0302che a\u0300 un individu, par exemple, qui n\u2019a pas les moyens de se marier, c\u2019est une forme de bafouer ses droits.<\/p>\n<p>Par contre, le de\u0301veloppement est un processus. Avant de prendre des mesures dissuasives dans n\u2019importe quel domaine, il faut montrer clairement aux concerne\u0301s ce qu\u2019il faut faire pour re\u0301pondre a\u0300 l\u2019exigence ou leur proposer des alternatives.<\/p>\n<p>Pour y arriver, il faut multiplier les opportunite\u0301s, cre\u0301er un environnement favorable aux affaires et mettre en place des initiatives du gouvernement qui profitent aux personnes de\u0301munies. \u00ab Cela dans le but d\u2019augmenter le niveau de vie des citoyens \u00bb.<\/p>\n<p>Hakuziyaremye souligne que l\u2019autorite\u0301 doit s\u2019assurer que la mesure prise n\u2019e\u0301touffe pas les initiatives de la population e\u0301tant, bien su\u0302r, entendu que toutes les mesures doivent mettre en avant les inte\u0301re\u0302ts de la population.<\/p>\n<p><b>\u00ab Associer les concerne\u0301s dans un processus de\u0301cisionnel \u00bb <\/b><\/p>\n<p>Pour le Pr Sime\u0301on Barumwete, spe\u0301cialiste des politiques publiques, chaque entite\u0301 administrative peut prendre des mesures pour la bonne marche de la socie\u0301te\u0301. Mais, il estime que l\u2019administration et les administre\u0301s doivent se concerter pour ne pas se heurter a\u0300 la non-adhe\u0301sion.<\/p>\n<p>Propos recueillis par Emery Kwizera, Iwacu<\/p>\n<p><b>Que dire de l\u2019interdiction de se retrouver sur la place publique sans rien faire, un phe\u0301nome\u0300ne appele\u0301 \u00ab Ligala \u00bb ?<\/b>C\u2019est vrai que si vous e\u0302tes dans l\u2019administration, voir des jeunes qui sont attroupe\u0301s sur la place publique sans rien faire, fait penser peut-e\u0302tre qu\u2019ils n\u2019ont rien a\u0300 faire et qu\u2019ils peuvent s\u2019adonner aux pratiques ou aux comportements nocifs, notamment la consommation des stupe\u0301fiants.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas bon que des jeunes ayant la force de travailler soient attroupe\u0301s dans les rues sans rien faire. Cela montre qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019activite\u0301s. Cela pose un proble\u0300me non pas uniquement au niveau de l\u2019administration, mais au niveau de leurs familles.<\/p>\n<p><b>Faut-il pour autant les chasser ?<\/b>La question est de savoir pourquoi on les voit attroupe\u0301s dans les places publiques sans rien faire. Quand me\u0302me, il y a un proble\u0300me qui est connu au Burundi. Celui du cho\u0302mage.<\/p>\n<p>Les jeunes terminent leurs e\u0301tudes, ils ne trouvent pas de travail. C\u2019est vrai, on a mis en place des programmes pour l\u2019autonomisation des jeunes pour les encadrer dans l\u2019entrepreneuriat. Mais, peut-e\u0302tre que ces programmes n\u2019ont pas assez de moyens pour atteindre tout le monde.<\/p>\n<p>Il faut se poser des questions de savoir pourquoi ils sont la\u0300. S\u2019ils sont des de\u0301linquants, il faut les sanctionner. S\u2019ils sont oisifs, sans rien faire, il faut leur donner du travail.<\/p>\n<p>Le proble\u0300me majeur reste de savoir pourquoi ils sont la\u0300. Peut-e\u0302tre au lieu de prendre des mesures re\u0301pressives, il faut aller vers la pre\u0301vention, les e\u0301couter pour qu\u2019ils expriment leurs proble\u0300mes.<\/p>\n<p>Aussi, il ne faut pas ge\u0301ne\u0301raliser. Certainement, qu\u2019il y a des jeunes qui sont au centre-ville pour s\u2019informer. Par ce que c\u2019est un grand carrefour ou\u0300 ils peuvent trouver des informations, des appels d\u2019offres, etc.<\/p>\n<p>Les gens se rencontrent pour e\u0301changer sur des opportunite\u0301s. Il ne faut pas ge\u0301ne\u0301raliser pour dire que les jeunes qui sont attroupe\u0301s sont oisifs ou des de\u0301linquants. Il peut y avoir des jeunes de bonne foi. Peut-e\u0302tre d\u2019autres attendent les membres de leurs familles qui viennent de l\u2019inte\u0301rieur du pays&#8230;<\/p>\n<p><b>Que faudrait-il faire alors ?<\/b>Il appartient a\u0300 la police de proximite\u0301 de ne pas ge\u0301ne\u0301raliser et de s\u2019informer avant d\u2019embarquer tout le monde dans des camions. Il faut distinguer les de\u0301linquants et les vrais citoyens.<\/p>\n<p>A la police de bien faire son travail. L\u2019Etat est garant de l\u2019ordre public, mais aussi, on ne peut pas limiter les droits des citoyens sans qu\u2019ils n\u2019aient commis des de\u0301lits ou des crimes. Nous sommes dans un pays de liberte\u0301.<\/p>\n<p><b>L\u2019autorite\u0301 a interdit les maisons en couverture de paille pour les jeunes marie\u0301s<\/b>Depuis les anne\u0301es 1980, notamment sous la deuxie\u0300me Re\u0301publique, avec le pre\u0301sident Bagaza, il voulait qu\u2019au niveau du Burundi, il n\u2019y ait plus de maisons en paille. Or, il se pourrait que dans les anne\u0301es 1990, le Burundi est entre\u0301 dans des crises presque interminables.<\/p>\n<p>On a oublie\u0301 les objectifs du de\u0301veloppement que l\u2019on s\u2019e\u0301tait fixe\u0301. Normalement, il y a l\u2019unicite\u0301 de l\u2019administration. Les engagements qui ont e\u0301te\u0301 pris par les re\u0301gimes pre\u0301ce\u0301dents devraient e\u0302tre poursuivis par le re\u0301gime actuel.<\/p>\n<p>Le proble\u0300me, c\u2019est qu\u2019au Burundi, il arrive que des mesures soient prises sans qu\u2019elles ne soient inscrites dans des projets de de\u0301veloppement. Nous avons un Programme National de De\u0301veloppement qui est la\u0300 jusqu\u2019en 2027. Dans le programme, il n\u2019existe pas ce volet qui dit que les maisons en paille doivent disparai\u0302tre. Mais si on dit, il faut abolir les maisons en paille, cela devrait e\u0302tre louable.<\/p>\n<p><b>Faut-il donc exiger les jeunes marie\u0301s d\u2019avoir une maison en tuile ou en to\u0302le ?<\/b>Exiger aux gens qui se marient qu\u2019ils prouvent qu\u2019ils sont en mesure d\u2019habiter dans une maison saine, qui remplit les normes, je pense que ce n\u2019est pas mauvais.<\/p>\n<p>Mais il faut expliquer aux gens que la commune a une option, un engagement que d\u2019ici 2025 par exemple, il n\u2019y ait plus des maisons en paille. Il faut que cela soit explique\u0301 sur toutes les collines. Il faut que les citoyens soient conscients et informe\u0301s de cet objectif pour que chaque citoyen s\u2019engage a\u0300 respecter ces mesures.<\/p>\n<p><b>Et la mesure qui fixe le prix de la viande ?<\/b>Par contre, fixer le prix de la viande rele\u0300ve de la loi de l\u2019Offre et de la demande. Le Burundi s\u2019est engage\u0301 dans la politique de libe\u0301ralisation des prix sauf pour le sucre et le carburant. Sinon, il faut nous dire que la viande est devenue un produit strate\u0301gique.<\/p>\n<p>Il faudrait de plus que cela soit une mesure prise par le ministe\u0300re du Commerce qui a les compe\u0301tences de le faire et non par des administratifs chacun dans son coin.<\/p>\n<p><b>Une autre mesure prise par certaines autorite\u0301s concerne l\u2019interdiction de vendre du mai\u0308s grille\u0301 ou cuit dans la rue&#8230;<\/b>Ces questions naissent parce que la pauvrete\u0301 a augmente\u0301. On voit que les gens pour essayer de survivre essaient parfois de griller du mai\u0308s sur le coin de la rue, porter un panier contenant du manioc pour le vendre. Le commerce ambulant, etc.<\/p>\n<p>Tout cela, c\u2019est du commerce informel. Et cela peut participer dans la concurrence de\u0301loyale pour des gens qui paient l\u2019impo\u0302t et le loyer. Il ne faut pas autoriser toutes les pratiques de re\u0301silience. Cela peut e\u0302tre dangereux pour les passants, mais aussi pour la se\u0301curite\u0301.<\/p>\n<p>Donc, il faut encourager les gens a\u0300 se mettre ensemble a\u0300 travailler dans un endroit prote\u0301ge\u0301. Quand on laisse les gens offrir du n\u2019importe quoi dans la rue, on peut me\u0302me offrir des produits pe\u0301rime\u0301s.<\/p>\n<p>On comprend qu\u2019on est dans la pauvrete\u0301. Mais, me\u0302me dans la pauvrete\u0301, il faut que l\u2019Etat re\u0301gule et donne des autorisations a\u0300 des gens qui s\u2019engagent a\u0300 respecter certaines normes de commerce notamment pour ne pas favoriser la concurrence de\u0301loyale. Le commerce est re\u0301gi par des lois et des normes, il faut les respecter.<\/p>\n<p><b>Cette mesure n\u2019a-t-elle pas besoin d\u2019autres mesures d\u2019accompagnement ?<\/b>C\u2019est vrai au regard de ce qui se passe, il faut encadrer ces femmes qui vendent du mai\u0308s grille\u0301. Il faut une bonne e\u0301ducation. Mais, il faut montrer d\u2019autres alternatifs comme les regrouper dans des associations. Il faut leur donner un petit capital, elles peuvent ouvrir un restaurant ou\u0300 elles peuvent servir le mai\u0308s grille\u0301, mais dans une maison connue ou\u0300 on peut ve\u0301rifier si les normes sont respecte\u0301es.<\/p>\n<p><b>Un conseil a\u0300 l\u2019administration dans son processus de de\u0301cision<\/b>Les citoyens sont intelligents, ils savent ou\u0300 se trouvent leurs inte\u0301re\u0302ts. Ce qui est important, c\u2019est de leur expliquer pourquoi. Quels sont les avantages d\u2019une telle de\u0301cision. Il faut associer les administre\u0301s.<\/p>\n<p>Si les gens critiquent, c\u2019est par ce qu\u2019ils n\u2019ont pas e\u0301te\u0301 informe\u0301s a\u0300 temps. Ils ont vu les de\u0301cisions tomber. Ils ont e\u0301te\u0301 informe\u0301s le jour de la prise des de\u0301cisions alors qu\u2019il y a moyen de sensibiliser les gens, de les e\u0301duquer, de les pre\u0301venir et de les associer dans la de\u0301cision.<\/p>\n<p>S\u2019ils ont participe\u0301 dans tous le processus de\u0301cisionnel, ils sont pre\u0302ts a\u0300 adhe\u0301rer et faciliter la mise en \u0153uvre de la de\u0301cision de l\u2019administration. Si on leur impose, les de\u0301cisions se heurtent a\u0300 la non-adhe\u0301sion.<\/p>\n<p>Prof Sime\u0301on Barumwete : \u00ab Les citoyens sont intelligents, ils savent ou\u0300 se trouvent leurs inte\u0301re\u0302ts. Ce qui est important, c\u2019est de leur expliquer pourquoi. Quels sont les avantages d\u2019une telle de\u0301cision&#8230; \u00bb<\/p>\n<p>Mesures du Mininter : salue\u0301es d\u2019une part, re\u0301prouve\u0301es de l\u2019autre<\/p>\n<p>Les mesures prises par le Ministe\u0300re de l\u2019inte\u0301rieur dans un communique\u0301 officiel du 31 janvier 2023 ont suscite\u0301 des re\u0301actions divergentes dans la communaute\u0301. De la mesure administrative prise a\u0300 l\u2019endroit des administrateurs communaux a\u0300 la mesure d\u2019harmonisation des prix de la viande sans oublier les mesures de fermeture des cabarets et restaurants insalubres, la lutte contre l\u2019oisivete\u0301, la censure des maisons en paille, certaines mesures ne passent pas.<\/p>\n<p>Par Dieudonne\u0301 Bwitonzi et Noriega Vyizigiro<\/p>\n<p>A partir des recommandations e\u0301mises durant la retraite gouvernementale qui s\u2019est de\u0301roule\u0301e au de\u0301but de l\u2019anne\u0301e 2023 dans la province de Kayanza, les ministres ont e\u0301te\u0301 instruits d\u2019effectuer des descentes sur terrain afin de re\u0301unir les de\u0301side\u0301ratas et les pre\u0301occupations de la population et ce, chacun dans son domaine de compe\u0301tence.<\/p>\n<p>Le 31 janvier 2023, Le Ministre de l\u2019Inte\u0301rieur Martin Niteretse indiquait via un communique\u0301 officiel ce qui a de\u0301coule\u0301 des e\u0301changes avec la population et exhortait les administrateurs de veiller au respect de l\u2019application de ces mesures. Dans ce communique\u0301 adresse\u0301 a\u0300 l\u2019endroit des gouverneurs de province, le Ministre de\u0301clarait : \u00ab En vue de prendre en compte les dole\u0301ances et les pre\u0301occupations de la population et dans le souci de faire respecter les mesures prises, j\u2019ai l\u2019honneur de vous rappeler pour actions, certaines de ces mesures assorties des e\u0301changes avec la population \u00bb.<\/p>\n<p><b>Autorisation pre\u0301alable du gouverneur<\/b>Selon cette correspondance, les administrateurs communaux ne sont plus autorise\u0301s a\u0300 quitter leurs circonscriptions sans l\u2019autorisation pre\u0301alable du gouverneur. Il en sera de me\u0302me pour la participation dans les re\u0301unions organise\u0301es par les partenaires. Mais quelles e\u0301taient re\u0301ellement les conse\u0301quences jusqu\u2019ici ? Un observateur sous couvert d\u2019anonymat salue la mesure et explique pourquoi : \u00ab Il y a des administrateurs qui partent dans leurs affaires prive\u0301es avec les ve\u0301hicules de service en se servant des charges communales. Cette de\u0301cision vient donc a\u0300 point nomme\u0301 car la mesure va avoir un effet contraignant, pre\u0301ventif et protecteur \u00bb, explique-t-il.<\/p>\n<p><b>Mesures d\u2019hygie\u0300ne et harmonisation des prix de la viande <\/b>Parmi les mesures figurent les dispositions d\u2019harmonisation du prix de la viande. A l\u2019inte\u0301rieur comme en mairie de Bujumbura, un kilo de viande sans os doit e\u0302tre dore\u0301navant vendu a\u0300 11.000Fbu et 10.000Fbu pour un kg de viande avec os. Alors que les acheteurs se re\u0301jouissent de cette baisse des prix, les bouchers eux se lamentent et disent travailler a\u0300 perte.<\/p>\n<p>Se\u0301bastien Ntakarutimana dit Mupago est un boucher qui effectue son commerce en Mairie de Bujumbura. Pour lui, cette mesure n\u2019a pas pris en compte certaines re\u0301alite\u0301s autour du commerce de la viande : \u00ab Aujourd\u2019hui le cou\u0302t des vaches n\u2019est pas le me\u0302me sur tout le territoire national. Quand je m\u2019approvisionne a\u0300 Gihanga, il y a plus de chances que je revois les prix a\u0300 la baisse alors que s\u2019il faut que je me rende a\u0300 l\u2019inte\u0301rieur du pays pour m\u2019approvisionner, je dois augmenter les prix pour espe\u0301rer une marge de be\u0301ne\u0301fice, vu les charges occasionne\u0301es \u00bb, relate-t-il.<\/p>\n<p>Mamert Ndikuriyo, un autre boucher du marche\u0301 de Ruvumera explique : \u00ab En respectant ces prix du gouvernement, les bouchers ne tirent pas de profit \u00bb avant d\u2019expliciter : \u00ab Nous pouvons acheter la viande a\u0300 9500 fbu pour la revendre a\u0300 10.000 Fbu. La quantite\u0301 qu\u2019on vendait par jour a significativement baisse\u0301, par peur de perdre \u00bb<\/p>\n<p>Les ho\u0302tels, les restaurants et les cabarets qui ne remplissent pas les mesures d\u2019hygie\u0300ne sont de\u0301sormais scrute\u0301s a\u0300 la loupe par la mesure qui vise a\u0300 fermer tout e\u0301tablissement insalubre. Si la majorite\u0301 s\u2019accorde a\u0300 l\u2019inte\u0301grite\u0301 de cette mesure pour le maintien de l\u2019hygie\u0300ne, les proprie\u0301taires de ces commerces demandent une mesure d\u2019accompagnement.<\/p>\n<p>Parmi les te\u0301moignages recueillis, les responsables demandent a\u0300 ce qu\u2019ils soient accorde\u0301s un de\u0301lai de pre\u0301avis afin que la sentence ne leur tombe pas dessus par surprise. \u00ab Nous appre\u0301cions ces mesures mais elles devraient tout de me\u0302me e\u0302tre accompagne\u0301es. Si un agent mandate\u0301 par le Ministe\u0300re constate que mon lieu de commerce ne respecte pas les mesures d\u2019hygie\u0300ne, c\u0327a serait mieux qu\u2019il m\u2019accorde un pre\u0301avis et non mettre les verrous* directement \u00bb<\/p>\n<p><b>Lutte contre l\u2019oisivete\u0301 et maison en pailles<\/b>L\u2019autre mesure qui figure dans ce circulaire pre\u0301voit que de\u0301sormais les sans emploi qui errent dans les villes doivent e\u0302tre soumis aux travaux d\u2019inte\u0301re\u0302ts publics et ce be\u0301ne\u0301volement. Cette mesure a d\u2019ailleurs commence\u0301 a\u0300 e\u0302tre mise en \u0153uvre dans la mairie de Bujumbura et dans d\u2019autres provinces comme Bubanza, Rutana et Muyinga.<\/p>\n<p>Ne\u0301anmoins, le bien-fonde\u0301 de cette mesure risque d\u2019e\u0302tre mal compris par pas mal de gens. Au Burundi, il n\u2019y a aucune loi qui interdit les gens de se rencontrer, sauf cas majeur (sante\u0301 ou de\u0301fis se\u0301curitaires). A cela s\u2019ajoute la situation inquie\u0301tante du cho\u0302mage qui s\u2019observe dans le pays.<\/p>\n<p>Alain est un jeune de 32 ans diplo\u0302me\u0301 en sciences sociales a\u0300 l\u2019Universite\u0301 Sagesse d\u2019Afrique. Le 30 janvier 2023, il e\u0301tait dans l\u2019e\u0301quipe de jeunes sans-emplois trouve\u0301s a\u0300 l\u2019endroit commune\u0301ment appele\u0301 Bata au centre-ville de Bujumbura pour e\u0302tre emmene\u0301s a\u0300 participer dans les travaux de re\u0301novation du stade Intwari.<\/p>\n<p>Il raconte : \u00ab Je viens de passer 3 ans au cho\u0302mage. Dans le souci de me trouver une activite\u0301 ge\u0301ne\u0301ratrice de revenus, je me rends souvent a\u0300 Bata pour chercher des te\u0301le\u0301phones a\u0300 bas prix, les re\u0301parer et les revendre a\u0300 un prix nettement e\u0301leve\u0301 afin de gagner de petits be\u0301ne\u0301fices. C\u0327a me permet de joindre les deux bouts \u00bb Avant de de\u0301plorer : \u00ab Survivre a\u0300 Bujumbura est un casse-te\u0302te. Je suis un jeune cho\u0302meur qui ne baisse pas les bras malgre\u0301 les difficulte\u0301s mais j\u2019ai e\u0301te\u0301 assimile\u0301 a\u0300 un de\u0301linquant ce jour-la\u0300 \u00bb<\/p>\n<p>Selon le me\u0302me communique\u0301, \u00ab L\u2019administration doit veiller a\u0300 ce qu\u2019il n\u2019y ait plus de mariage dans de maisons en paille \u00bb. Mais qui voudrait vivre dans une maison en paille ? \u00ab Les gens construisent des maisons en paille parce qu\u2019ils n\u2019ont pas d\u2019argent qui leur permettent d\u2019avoir un logement de\u0301cent \u00bb c\u2019est ce que nous explique un sociologue sous couvert d\u2019anonymat.<\/p>\n<p>Selon lui, le Gouvernement devrait apporter une re\u0301ponse claire a\u0300 cette question socie\u0301tale tout en prenant en compte la conjoncture actuelle relative aux conditions de vie de la population burundaise. \u00ab Oui, il faut lutter contre les maisons en paille, mais faudrait-il encore plus que le Gouvernement s\u2019investisse dans cette question en faisant le tout possible pour ame\u0301liorer les conditions de vie de la population burundaise. \u00bb L\u2019instauration d\u2019une loi pre\u0301cisant les conditions requises pour pre\u0301tendre au mariage, incluant les revenus du ou de la marie\u0301e, pourrait servir de voie de sortie e\u0301galement. Conclut-il.<\/p>\n<p><strong>Pour plus d&rsquo;informations et d&rsquo;analyses sur la <a href=\"https:\/\/www.africa-press.net\/burundi\">Burundi<\/a>, suivez <a href=\"https:\/\/www.africa-press.net\/\">Africa-Press<\/a><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Africa-Press &#8211; Burundi. 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