Africa-Press – Cameroun. Sur le plateau de Canal Presse (Canal 2 International), Dieudonné Tedjisse, porte-parole du PCPDC, a lancé un réquisitoire sévère contre l’État, l’accusant d’avoir « failli à son devoir de protection de sa jeunesse ». Il appelle à une prise de conscience collective et à des mesures radicales pour endiguer une « chute morale » qu’il juge profonde.
Le constat est amer, l’accusation, directe. Invité sur Canal Presse (Canal 2 International), Dieudonné Tedjisse a dressé un portrait alarmant de l’état de la jeunesse, pointant du doigt une défaillance nationale. « La nation a failli à son devoir de protection de sa jeunesse », a-t-il martelé, enjoignant chacun à une remise en cause: « Les gens qui n’arrivent pas à connaître les normes, remettons-nous en cause pour comprendre que la nation a failli. »
Pour l’homme politique, cette crise n’est pas nouvelle, mais représente un échec cuisant des idéaux fondateurs. Il a rappelé l’esprit de la Semaine de la Jeunesse, instaurée en 1966: « c’était pour réconcilier la nation avec elle-même ». Un objectif qui semble, selon lui, appartenir à un passé révolu, face à la réalité actuelle.
Face à cette dégradation, les responsables désignés diffèrent. « Il a accusé les réseaux sociaux, moi j’accuse le gouvernement », a-t-il déclaré, opposant sa vision à celle d’un précédent intervenant. Son parti, le PCPDC, aurait depuis longtemps identifié la solution: « nous avons pensé depuis longtemps qu’il fallait instaurer une unité de guerre cybernétique pour protéger notre espace numérique. » Une proposition radicale qui traduit une perception du web comme un champ de bataille à défendre activement.
Tedjisse a aussi fustigé l’approche qu’il juge timorée et incohérente des autorités face aux questions de mœurs en milieu scolaire. « Vous parlez de tolérance administrative. Vous ne pouvez pas engager la tolérance administrative lorsque vous voulez traiter la question des mœurs dans les écoles de façon isolée. Il faut mettre ça dans un cadre », a-t-il plaidé, critiquant une action en silo et dépourvue de vision globale.
Le problème, selon lui, est systémique et remonte même à la formation des enseignants. « Il y a des enseignants qui sont entrés à l’école normale […] qui sont incapables de faire ça », a-t-il déploré, suggérant une baisse de niveau et d’engagement au cœur même de l’institution éducative.
Son diagnostic final est sans appel: « Non, la pression est élevée, le mal est profond. Notre nation est en train d’atteindre des fonds en termes de chutes morales. » Ce discours, mêlant critique institutionnelle, appel à la mobilisation et propositions offensives, sonne comme un avertissement solennel. Il pose une question fondamentale: face à une jeunesse perçue comme en grande détresse morale et sociale, l’État est-il encore en capacité de remplir son rôle protecteur et éducatif, ou a-t-il, comme l’affirme Tedjisse, déjà failli? Le débat, porté sur la place publique, appelle désormais à des réponses concrètes.





