Africa-Press – Cameroun. Des appels se multiplient de la part des organisations de la société civile au Cameroun pour obtenir des clarifications officielles concernant les circonstances du décès d’au moins 15 civils le 26 avril, dans un village de la province de Boyo, dans la région du Nord-Ouest anglophone, alors qu’aucune déclaration des autorités locales ou gouvernementales n’a été faite plus de trois jours après l’incident.
Selon des rapports sur le terrain, l’opération a eu lieu entre 3 et 4 heures du matin, dans la nuit du 25 au 26 avril 2026, dans le village de Ndzirim Nyam, relevant de la commune de Jakiri. Les auteurs présumés de cette opération seraient des membres de la Brigade d’Intervention Rapide (BIR), une unité des forces de défense et de sécurité camerounaises.
Radio France Internationale a rapporté que l’opération visait un site où se trouvaient des membres d’un groupe séparatiste actif dans la région, ainsi que des habitants locaux.
La nature des événements reste floue, avec des questions sur un éventuel échange de tirs ou des affrontements directs. Alors que des rapports préliminaires faisaient état de 14 civils tués, le bilan a ensuite été révisé à au moins 15 morts, dont des femmes, avec un nombre indéterminé de personnes toujours portées disparues. Des rapports ont également fait état de l’incendie de plus de 30 motos et de plusieurs maisons durant l’opération.
Cyril Roland Pichon, directeur exécutif de l’organisation « Nouvelles Droits de l’Homme », a appelé les autorités camerounaises à fournir des éclaircissements urgents sur l’incident, soulignant que ces événements se reproduisent de manière tragique, laissant les victimes et leurs familles sans réponses ni justice. Il a indiqué que son organisation continue de collecter des informations en vue de tenir les responsables pour compte.
De son côté, Amadou Tarenté, de l’organisation « Conscience Africaine », a insisté sur le fait que toutes les parties impliquées dans le conflit, qu’il s’agisse des forces gouvernementales ou des groupes armés, ont à maintes reprises commis des violations à l’encontre des civils depuis le début du conflit, ignorant les principes de distinction et de proportionnalité qui devraient protéger les populations civiles lors des opérations militaires.
Cet incident survient moins de deux semaines après l’événement de Muyuka dans la région du Sud-Ouest, où des séparatistes ont attaqué un bar et y ont mis le feu, faisant au moins six morts, en plus de civils qui ont péri dans l’incendie sur place, selon des sources locales.





