Africa-Press – Cameroun. La Voie lactée a longtemps constitué une barrière visuelle importante pour les astronomes, car des nuages de poussière, de gaz et des étoiles denses cachent de vastes parties de l’univers lointain. Cependant, une étude récente publiée sur une plateforme de recherche scientifique a révélé l’existence d’une des plus grandes structures cosmiques connues, un amas supermassif caché derrière notre galaxie depuis des millions d’années.
Cette structure cosmique est connue sous le nom de « Vela-Banzi » – signifiant « découverte étendue » dans la constellation de la Voile – et représente un vaste ensemble de galaxies et d’amas galactiques situé à environ 800 millions d’années-lumière de la Terre, dans une région astronomiquement désignée comme « zone d’évitement », qui est difficile à observer en raison de la densité des étoiles et de la poussière de la Voie lactée.
Un amas qui dépasse notre galaxie de milliers de fois
Les nouvelles données montrent que l’amas supermassif s’étend sur environ 300 millions d’années-lumière, soit environ 3000 fois la largeur de la Voie lactée. Cette immense structure contient au moins 20 amas galactiques, chacun abritant des centaines ou des milliers de galaxies liées entre elles par la gravité.
Les estimations indiquent que sa masse totale équivaut à environ 30 quadrillions de soleils (30 suivi de 15 zéros), ce qui en fait l’une des plus grandes structures connues dans l’univers proche, surpassant même en taille et en masse l’amas « Laniakea » auquel appartient notre galaxie, et se rapprochant de la taille de l’amas célèbre « Shapley ».
Les chercheurs ont également découvert que la majeure partie de la masse est concentrée dans deux noyaux géants qui se déplacent lentement l’un vers l’autre, illustrant comment ces structures géantes se forment et fusionnent au fil des milliards d’années.
Le nom « Banzi » a été choisi dans la langue Xhosa d’Afrique du Sud, signifiant « découverte étendue », en référence à la révélation de cette structure cosmique cachée.
Comment les scientifiques ont-ils percé la barrière de la Voie lactée?
Observer ce qui se trouve derrière notre galaxie représente un défi majeur en raison de la barrière dense créée par les étoiles et la poussière de la Voie lactée. La chercheuse a expliqué dans un communiqué officiel que des millions ou des milliards d’étoiles proches du plan galactique rendent la vision à travers presque impossible, et que les couches de poussière deviennent plus épaisses à mesure que l’on s’approche du centre de la galaxie.
Pour surmonter cet obstacle, les scientifiques ont rassemblé d’énormes ensembles de données comprenant environ 65 000 mesures de distance des galaxies, ainsi que près de 8000 nouvelles mesures de décalage vers le rouge, un indicateur qui aide les scientifiques à déterminer la vitesse d’éloignement des galaxies et leur position dans l’espace.
Le télescope radio MeerKAT en Afrique du Sud a joué un rôle clé dans cette réalisation, car il a pu détecter les signaux radio émis par l’hydrogène dans les galaxies, des signaux capables de percer la poussière qui bloque la lumière visible.
Le télescope MeerKAT a fourni environ 2000 mesures directes, permettant d’observer des galaxies qui n’étaient pas visibles avec des télescopes optiques traditionnels, et a aidé les scientifiques à cartographier avec une précision sans précédent les limites de l’amas supermassif et son mouvement interne.
Pourquoi cette découverte change-t-elle notre compréhension de l’univers?
L’importance de « Vela-Banzi » ne réside pas seulement dans sa taille, mais aussi dans son impact sur la compréhension des scientifiques de la structure à grande échelle de l’univers. Les amas supermassifs sont des laboratoires naturels pour tester les modèles cosmologiques qui expliquent la formation, l’évolution et la distribution de la matière dans l’univers.
Les chercheurs affirment que connaître les tailles de ces structures et leurs mouvements est essentiel pour vérifier l’exactitude des modèles cosmologiques actuels. La chercheuse estime que comprendre la distribution de la matière et le mouvement des galaxies aide les scientifiques à comparer la réalité avec les simulations théoriques de l’univers.
Cette découverte met également en lumière un fait important: de grandes parties de l’univers restent cachées, non pas en raison de leur immense distance, mais parce qu’elles se trouvent derrière des obstacles d’observation naturels comme le disque de la Voie lactée.
Malgré cette avancée, la carte de « Vela-Banzi » reste incomplète, car certaines galaxies n’émettent pas de signaux radio forts, rendant leur observation difficile même avec les appareils les plus récents.
Cependant, les scientifiques s’attendent à ce que les années à venir, avec l’évolution des télescopes radio, révèlent d’autres structures cosmiques qui pourraient être encore plus grandes et plus complexes que cet amas géant.





