
Africa-Press – Cameroun. Investir au Cameroun) – Au cours d’une interview réalisée en marge des rencontres de printemps de la Banque Mondiale et du FMI par Atlantic Council, le ministre camerounais de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat) a fustigé la lenteur du processus de restructuration de la dette des pays moins développés notamment dans le « cadre commun » du G20.
« Le cadre commun est une bonne initiative, mais elle prend beaucoup de temps », a déclaré le membre du gouvernement, interrogé sur les raisons pour lesquelles son pays n’avait pas postulé à ce programme. Conçu par les plus grands prêteurs bilatéraux du monde, le cadre commun pour les traitements de la dette a été mis en place pour soutenir la restructuration de la dette des pays moins développés confrontés au choc du Covid 19. Il intègre des créanciers comme la Chine qui n’ont pris part à l’initiative de suspension du service de la dette (ISSD ou DSSI en anglais) lancée en 2020 par le Club de Paris.
Depuis sa mise en place, le programme ne fait pas courir grand monde, ce qui conforte la position du ministre camerounais. L’Éthiopie et la Zambie qui ont adhéré début 2021 sont toujours en pourparlers avec les créanciers, tandis que le Tchad, première nation à solliciter le programme, n’a obtenu d’approbation qu’en novembre 2022. « Les expériences récentes du Tchad, de l’Éthiopie et de la Zambie montrent que le Cadre commun pour le traitement de la dette au-delà de la DSSI doit être amélioré », avait alors estimé la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, dans une tribune.
Pour Alamine Ousmane Mey, « s’il s’agit d’une réponse à une crise, elle doit pouvoir s’appliquer le plus rapidement possible ». Le membre du gouvernement suggère que dans l’avenir, les créanciers incluent des options de suspension de paiement du service de la dette sur une période définie (deux ans par exemple) en cas de crise. « Lorsqu’il y a une crise, nous ne devons plus passer par de longues discussions pour être en mesure de déclencher le processus », a-t-il déclaré. Et de poursuivre : « nous pourrons alors probablement doter la communauté mondiale d’instruments financiers qui l’aideront en cas de crise ».
Selon le Club de Paris, le Cameroun a bénéficié, entre 2020 et 2021, de 218 milliards de FCFA de report sur le service de la dette dans le cadre de l’ISSD.
Cédrick Jiongo
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