Africa-Press – Cameroun. Comme à son habitude, le président du Cameroun, Paul Biya, va répondre aux abonnés absents. Mais, contrairement à ses habitudes, il n’a pas délégué le Premier ministre, Chef du gouvernement, pour le représenter. L’homme qui dirige le Cameroun depuis 39 ans, a préféré envoyer dans la capitale fédérale du Nigeria, Ferdinand Ngoh Ngoh, ministre d’Etat, Secrétaire général de la présidence de la République.
Selon l’éditorialiste de la Crtv, Jean Atangana, le choix du Chef de l’Etat camerounais n’est pas fait au hasard, compte tenu du fait que les questions de sécurité dans les pays riverains du lac Tchad constitueront le principal sujet de débat. «Dans ses attributions, le secrétaire général de la présidence de la République est chargé entre autres, de la coordination des questions de sécurité, hors mis naturellement celles relevant de l’état-major particulier du chef de l’État», a rappelé Jean Atangana dans un commentaire sur la désignation de Ferdinand Ngoh Ngoh.
La réunion de haut niveau de ce jour à Abuja, sera présidée par le Chef d’Etat du Nigeria, Muhammadu Buhari, président en exercice de la Commission du bassin du Lac Tchad.
En plus des pays membres, que sont le Cameroun, le Nigeria, la RCA, le Niger et le Tchad, la réunion sera exceptionnellement élargie aux organisations sous régionales comme la CDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) et la CEEAC (Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale), ainsi qu’aux pays amis, notamment la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis.
Les participants vont cogiter sur les conséquences du décès, le 20 avril 2021, du Chef de l’Etat tchadien, le Marechal Idriss Deby Itno, sur la sécurité dans les pays du bassin du Lac Tchad et même dans le Sahel.
Cette préoccupation est née du fait qu’Idriss Deby Itno, était la tête de proue de la lutte contre les attaques terroristes de Boko Haram et d’autres groupes armés opérant dans le bassin du Lac Tchad et dans les régions du Sahel. Rendant hommage à l’illustre disparu, l’Union africaine a indiqué que sous son règne, «le Tchad a joué un rôle central dans la promotion et le maintien de la paix et de la sécurité, notamment dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent dans le Bassin du Lac Tchad et dans les régions du Sahel, ainsi que des liens intrinsèques entre la stabilité du Tchad et celle de la Libye».
Il faudra donc trouver les voies et moyens pouvant permettre au Tchad de demeurer au premier plan de la lutte contre le terrorisme. «Il est question d’aller soutenir ce pays qui est un membre éminent de la Commission du bassin du Lac Tchad et qui œuvre depuis des années pour la sécurisation de la zone sahélo-saharienne et en Afrique centrale. Alors, compte tenu de la situation qui prévaut là-bas, on craint que le Tchad, dans sa situation actuelle, n’est plus les moyens politiques et financiers pour continuer de soutenir cet effort de guerre contre le terrorisme dans la région», a expliqué à la Crtv-Radio, Simon Pierre Omgba Mbida, Sous-Directeur Afrique au ministère des Relations Extérieures.





