Africa-Press – CentrAfricaine. Dans une interview accordée à la radio Ndékè Luka, Malik Yakoub, président du collectif des ressortissants de Sikikédé, a tenu des propos très fermes et totalement hors sujet contre l’opposition politique dans sa localité. Il a déclaré que l’opposition n’était pas la bienvenue à Sikikédé, estimant qu’elle agit sans l’avis des autorités administratives. Ce discours, qui se veut direct, laisse pourtant apparaître un sérieux décalage entre ce qu’il dit et ce qu’il prétend défendre.
Malik Yakoub affirme parler au nom de la jeunesse. Mais une jeunesse responsable n’est pas celle qui rejette le débat ou la contradiction. Ce n’est pas celle qui ferme la porte à toute idée différente. Depuis l’indépendance, la République centrafricaine a connu des périodes difficiles, mais l’objectif a toujours été de bâtir un pays où chacun peut s’exprimer. C’est ce que Barthélemy Boganda a tenté de poser comme base: une société ouverte, construite sur des principes communs.
En prenant position contre l’opposition, Malik Yakoub s’éloigne de cette vision. Il ne distingue pas la critique constructive des tentatives de déstabilisation. Il réduit tout discours politique à une menace, comme si l’existence d’un avis contraire mettait en danger la stabilité de la région. Pourtant, même les pays les plus rigides tolèrent une forme d’opposition. C’est une réalité de toute organisation politique: il y a ceux qui gouvernent, et ceux qui proposent une autre voie.
Ce qui étonne, c’est le ton qu’il utilise. Il donne l’impression de vouloir plaire, de forcer une démonstration de loyauté envers Faustin Archange Touadera, au point de perdre le sens de la nuance. À l’écoute de son entretien, on perçoit une forme de précipitation dans ses réponses, comme s’il parlait avant de réfléchir. Il parle avec sa bouche avant que son cerveau lui dicte des choses à dire. Il cherche à démontrer une idée, mais les mots ne suivent pas. Il finit par tourner en rond, et ses arguments deviennent flous.
Quand on parle au nom des jeunes, on porte une responsabilité. On doit encourager le dialogue, pousser à la réflexion, créer un espace où chaque voix peut se faire entendre. Dire que l’opposition ne doit pas s’installer parce qu’elle n’a pas consulté les autorités, ce n’est pas un argument politique. C’est un blocage. Et cela ne construit rien.
Il faut rappeler que la paix, la vraie, ne vient pas du silence imposé. Elle vient de l’équilibre entre ceux qui gouvernent et ceux qui contestent. Ce qu’on attend d’un responsable local, surtout d’un représentant de la jeunesse, ce n’est pas un discours fermé, mais une capacité à rassembler. Malik Yakoub aurait pu appeler au respect des règles, au dialogue entre les partis, à la transparence. Au lieu de cela, il s’est enfermé dans une logique d’exclusion.
Les élections approchent. Elles concernent tous les Centrafricains, y compris ceux de Sikikédé. La participation passe aussi par la diversité des opinions. Empêcher une partie de la population de s’exprimer, c’est prendre le risque de créer des tensions supplémentaires. Ce n’est pas ce que les jeunes attendent. Ce n’est pas ce que le pays attend.
Source: Corbeau News Centrafrique
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