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Selon la coordination de la coalition des patriotes pour le changement (CPC), Wagner transforme les accords de paix centrafricains en opération de pillage des ressources aurifères et de prise d’otage massive.
Le 25 août 2025, la Coordination Générale de la Coalition des Patriotes pour le Changement lance une accusation explosive contre les mercenaires russes du groupe a Wagner. Selon le communiqué officiel, des combattants du mouvement 3R auraient été pris en otage le 17 août par Wagner sur le chantier aurifère stratégique de Soura-Kota, dans l’Ouham-Pendé. Cette révélation fracassante expose une réalité que beaucoup soupçonnaient déjà: les fameux accords de paix de Ndjamena du 19 avril ne servent qu’à habiller légalement une prise de contrôle militaire et économique du territoire centrafricain par les Russes et leurs complices centrafricains.
Jean-Pierre Zanguendé-Goyamba, porte-parole politique de la CPC, ne mâche pas ses mots en qualifiant cette opération d’“acte barbare”. L’accusation porte précisément sur la méthode employée: “Les mercenaires russes du groupe Wagner, en dépit d’un Accord, exigent aux combattants du mouvement 3R un désarmement forcé en violation des termes dudit Accord”. Cette formulation révèle toute l’hypocrisie du processus: utiliser des accords de paix comme prétexte pour imposer par la force ce qui devait se faire dans le cadre d’un processus négocié et consensuel. L’absence stratégique de la MINUSCA lors de cette opération interroge également sur la coordination entre les forces internationales officielles et les mercenaires privés russes.
Ce qui rend cette dénonciation particulièrement glaçante, c’est la révélation du sort réservé aux jeunes désarmés. La CPC affirme sans détour que “ces jeunes sont enrôlés et formés par Wagner qui les utilise comme exécutants de leurs basses besognes, ou les envoie sur le terrain des opérations en Ukraine”. Cette accusation transforme le processus de désarmement en véritable filière de recrutement forcé pour alimenter les conflits extérieurs de la Russie. Le communiqué devient encore plus dramatique quand il précise: “À ce jour, des centaines de ces jeunes envoyés en Ukraine sont décimés. Leurs parents ne les verront plus jamais”. Cette phrase résonne comme un réquisitoire contre un système qui transforme des combattants centrafricains en chair à canon pour les ambitions géopolitiques russes.
L’analyse stratégique de la CPC va au cœur des véritables enjeux économiques de cette opération. Selon la coalition, “ces fameux accords signés à Ndjamena ne sont qu’une énième manœuvre de Wagner pour avoir un libre accès aux zones d’exploitation aurifère et diamantifère qu’occupent l’UPC et les 3R”. Cette lecture géopolitique transforme les accords de paix en simple paravent juridique pour légaliser le pillage organisé des ressources minières centrafricaines. Wagner n’aurait donc pas pour objectif de pacifier le territoire, mais de sécuriser son accès exclusif aux gisements les plus rentables en neutralisant militairement ceux qui les contrôlent actuellement.
La CPC ne se contente pas d’accuser Wagner, elle vise directement le sommet de l’État centrafricain. “L’objectif de ces Accords, dit pompeusement de paix, n’est pas de restaurer la paix en Centrafrique, mais de faciliter l’exploitation mafieuse du pays par M. Touadéra et son allié Wagner”, dénonce explicitement le communiqué. Cette accusation frontale transforme le président centrafricain en complice actif d’un système d’exploitation néocoloniale déguisé en processus de paix. Le terme “exploitation mafieuse” n’est pas choisi au hasard: il suggère un système organisé de captation illégale des ressources nationales au profit d’intérêts privés étrangers et locaux.
L’analyse tactique de la suspension du désarmement prévu le 8 août démontre selon la CPC une manipulation psychologique sophistiquée. Officiellement, cette suspension était justifiée par un manque de financement. Mais pour la coalition, “il s’agit en réalité d’une stratégie pour maintenir la pression sur les combattants non désarmés, afin de les forcer à entrer dans le jeu de Wagner”. Cette interprétation transforme les difficultés logistiques en arme de chantage: créer une incertitude permanente pour pousser les groupes armés à accepter des conditions de plus en plus défavorables par épuisement et découragement.
Devant cette situation qu’elle qualifie de dérive autoritaire, la CPC lance un appel à la résistance qui résonne comme un cri d’alarme national. “La Coordination Générale de la CPC lance un vibrant appel aux combattants de l’UPC, du 3R, du MPC, du FPRC, des Anti-Balaka et du mouvement Azandé à résister aux manœuvres de morcellement organisées par M. Touadéra et son allié Wagner, et à opposer une farouche résistance pour libérer le peuple centrafricain”. Cette exhortation à l’unité transcende les clivages habituels entre groupes armés pour les fédérer contre ce qui est présenté comme une occupation étrangère déguisée.
Cette offensive de communication de la CPC montre une stratégie de délégitimation totale du processus de paix officiel. En dénonçant publiquement les méthodes de Wagner et l’implication du pouvoir de Bangui, la coalition transforme les accords de Ndjamena en imposture diplomatique et replace le conflit centrafricain dans une dimension géopolitique plus large. Le message est clair: il ne s’agit plus d’un conflit interne à résoudre par la négociation, mais d’une résistance nationale contre une occupation étrangère soutenue par un pouvoir illégitime.
Cette escalade rhétorique risque de compliquer considérablement la recherche d’une solution négociée en Centrafrique. En transformant Wagner en ennemi absolu et Touadéra en collaborateur, la CPC ferme la porte à tout compromis et annonce la poursuite, voire l’intensification, du conflit armé. Les accusations d’envoi forcé de jeunes Centrafricains sur le front ukrainien, si elles se confirment, ajoutent une dimension internationale explosive à cette crise qui dépasse largement les frontières centrafricaines.
Source: Corbeau News Centrafrique
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