
Quelques heures après la proclamation des résultats définitifs des élections présidentielles par le conseil constitutionnel, le Président de la République a adressé un message solennel à la nation qui salue ses résultats électoraux mécaniquement fabriqués et connu d’avance par l’opinion à hauteur de 78%, consacre par la même occasion le troisième mandat présidentiel et l’avènement de la septième République tant programmé.
Cette adresse à la nation fait l’éloge de la stabilité retrouvée, de la paix garantie par des forces non conventionnelles et étrangères ainsi que du bilan que la cohorte du pouvoir de Bangui juge positif.
Ce message a insisté à maintes reprises sur la notion de “main tendue” à la véritable opposition démocratique comme si le dire une fois ne le rendait pas audible.
S’appuyant sur des faits réels et non des opinions, l’on remarque que le pouvoir de Bangui a organisé des élections groupées à l’image de la finale de la coupe d’afrique des nations Maroc 2025 qui a dégouté le monde entier parce que contestées par un peuple terrorisé par l’hégémonie du nébuleux groupe paramilitaire des Wagner sans oublier la milice privée du pouvoir qui excelle dans la traque des citoyens.
Il apparaît important de souligner à ce stade que le mutisme de la population et l’absence de liesse populaire dans les quartiers qui s’apparente à un silence qui précède la tempête contraste avec les ecrasants résultats électoraux proclamés par le conseil constitutionnel.
C’est sans évidence la prise de conscience de ce constat honteux qui justifie l’inondation des boîtes de messagerie des centrafricains par des messages anxiogènes teintés de campagne de promotion de la paix en provenance de l’Autorité Nationale des Élections…chose inédite.
Il faut également noter que cette victoire non légitime décriée par tout un peuple qui contraste avec cette main tendue à l’opposition démocratique ne peut decrisper le climat politique actuel car en deux mandats soit une décennie de gouvernance, le pouvoir de Bangui n’a daigné dialoguer ou discuter avec l’opposition démocratique sur des questions sensibles qui engagent la vie socio-politique des centrafricains.
On en déduit en conséquence de ce constat que l’avenir de la démocratie en République centrafricaine est sombre avec un présidentialisme très fort assorti de la concentration de pouvoirs, de l’inexistence de la notion de séparation de pouvoirs, d’une justice politisée, d’une armée nationale aux ordres, d’un parti-État avec une prochaine assemblée nationale monocolore.
À cela s’ajoutent l’avenir de la mission onusienne en Centrafrique qui interroge et la décision du pouvoir américain de retirer des financements aux organismes partenaires au développement degraderont d’avantage le lendemain sécuritaire et socio-économique.
Il est évident que le pouvoir de Bangui qui passe son temps à danser ne veut entendre raison mais la résultante de la vérité des urnes le rattrapera.
Devant cette croisade illusoire qui discorde avec une victoire écrasante couronnée de près de 78% voix et la non adhésion de la majorité du peuple, le citoyen lambda s’interroge :
1- Après trois années d’autisme et de surdité, pourquoi le pouvoir de Bangui tend la main aujourd’hui à l’opposition démocratique ?
2- Cette adhésion massive de la population au projet de société du pouvoir de Bangui qui s’est confirmée par les résultats électoraux proclamés par le conseil constitutionnel n’est-elle pas suffisante pour entrer dans la septième République ?
3- En quoi cette victoire à la soviétique non légitime et décriée par le peuple changera t-elle le quotidien des centrafricains ?
4- L’Autorité Nationale des Élections et le Conseil constitutionnel ont-ils caché la vérité des urnes aux centrafricains ?
En tout état de cause, l’opposition démocratique est consciente et avertie que le pouvoir de Bangui propose mecaniquement et de façon amnésique un dialogue politique qui a valeur de formalisme sans une réelle volonté de changement.
A l’image de son ministre conseiller spécial qui se targue d’être ministre de la Républiq
ue depuis 2005 sans pour autant s’interroger sur son utilité pour la Centrafrique ou les retombés de son magistère, le mandat supplémentaire illégal imposé par les muscles aux centrafricains n’est que le prolongement de la souffrance du peuple et du temps perdu pour la République.
En attendant, les habitants de Limassa et par extension tout le peuple centrafricain vous signale que forcer un mandat supplémentaire illégal n’est pas la solution idoine aux maux centrafricains car il n’est qu’une aggravation des causes du problème c’est-à-dire qu’il ne fait que prolonger un pouvoir mais ne résout pas la crise qui à la longue risque de vous rattraper.
Nous rappelons in fine qu’il faut se méfier d’un peuple apeuré et meurtri dans son âme qui ne parle pas…
Attention Monsieur le Président, la peur corollaire de l’indifférence et de l’inaction du peuple vous donne l’impression que vos errements, vos mépris envers le peuple sont légitimes et légaux.
Un penseur disait que le pouvoir de l’État n’est pas un héritage familial où on negocie des mandats supplémentaires indéfiniment mais au contraire il s’agit d’une responsabilité limitée dans le temps alors n’attendez pas que le peuple dépositaire de la souveraineté vous chasse pour comprendre que c’est le moment de partir.
Attention Monsieur le tyran, nous avons le flair et l’aptitude de prévenir des différents dangers à travers nos diverses analyses géopolitiques et geostrategiques mais malheureusement nous ne savons pas jouer aux pompiers qui ont vocation à sauver des vies et des biens en cas d’incendies ou de sinistres de tout genre.
Au delà de tout, nous tenons à signaler qu’on ne récolte que ce qu’on a semé et qu’au final, les mêmes causes produisent toujours et toujours les mêmes effets…
Malheur à ceux où celles qui s’attendent paradoxalement à un résultat différent.