Mada Contesté Après Sa Défaite à Bria 1

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Mada Contesté Après Sa Défaite à Bria 1
Mada Contesté Après Sa Défaite à Bria 1

Africa-Press – CentrAfricaine.
Après son revers cuisant à Bria 1, le ministre Ernest Mada concentre tous ses efforts sur le Conseil constitutionnel pour tenter d’invalider son redoutable rival Max Balénda, déclaré vainqueur par l’autorité nationale des élections dès le premier tour avec plus de 60% des suffrages.

Ernest Mada occupe actuellement le poste de ministre chargé du secrétariat général du gouvernement. Mais ce titre prestigieux ne suffit visiblement pas à apaiser sa frustration électorale dans la circonscription de Bria 1, où il ambitionnait de représenter le parti au pouvoir, le MCU.

L’histoire de cette bataille commence bien avant le scrutin général, lors des primaires du MCU. À cette étape importante, Ernest Mada s’était déjà heurté à la popularité de Max Balénda, le député sortant qui l’avait largement devancé. Ce premier revers aurait dû lui servir d’avertissement sur la difficulté de sa mission.

Refusant d’admettre cette première défaite, Ernest Mada avait alors choisi la voie juridique. Il s’était tourné vers le tribunal administratif avec une requête visant à disqualifier purement et simplement Max Balénda de la course électorale. Cette tentative de contourner le verdict des urnes s’était soldée par un échec retentissant.

Les magistrats du tribunal administratif lui avaient donné tort sans ambiguïté, estimant sa demande infondée. Mais loin de se décourager, Ernest Mada était revenu à la charge avec une nouvelle requête devant la même juridiction. Il espérait ainsi obtenir l’annulation de la candidature de son adversaire avant même le scrutin général.

Cette seconde offensive juridique connut le même sort que la première: un rejet catégorique. Le tribunal administratif maintint sa position initiale, ouvrant ainsi la voie au déroulement normal du scrutin. Les deux hommes allaient donc s’affronter devant les électeurs de Bria 1, qui auraient le dernier mot.

Le jour du vote arriva et le verdict des urnes fut sans appel. Max Balénda récolta initialement 15 000 voix, un chiffre ramené à 12 000 par l’Autorité nationale des élections après vérification. Face à lui, Ernest Mada n’obtint qu’un millier de suffrages, soit un écart de plus de dix contre un.

Cette disproportion signifiait une victoire écrasante dès le premier tour pour le député sortant, qui dépassait largement les 60 % requis. Pourtant, même confronté à cette réalité arithmétique implacable, Ernest Mada refusa d’accepter sa défaite. Il décida alors de porter son combat devant une nouvelle instance: le Conseil constitutionnel.

Depuis plusieurs jours maintenant, toute son énergie se concentre sur cette institution suprême. Ernest Mada multiplie les démarches auprès des juges constitutionnels, espérant les convaincre d’invalider l’élection de Max Balénda malgré l’évidence des chiffres. Mais cette bataille s’annonce ardue, car plusieurs magistrats se montrent réticents à soutenir une cause aussi fragile.

Devant ces résistances, Ernest Mada a choisi de concentrer ses efforts sur une cible précise. Il s’agit de la juge Sylvie Naïssem, vice-présidente du Conseil constitutionnel, qu’il tente de rallier à sa cause par divers moyens. Le 17 janvier dernier, vers 19 heures, une première rencontre a eu lieu entre le ministre et la juge constitutionnelle.

Lors de cet entretien, madame Naïssem lui aurait fait comprendre la difficulté de sa démarche. L’écart considérable entre les deux candidats rendait toute contestation difficilement défendable sur le plan juridique. Mais Ernest Mada, loin de se laisser décourager par cet avis, a décidé de persévérer dans sa stratégie.

Il affirme d’ailleurs publiquement avoir déjà rallié trois juges à sa cause. Selon ses propres déclarations, il ne lui manquerait plus qu’un quatrième juge pour obtenir la majorité nécessaire au sein du Conseil constitutionnel. Cette recherche active d’un soutien supplémentaire l’a conduit à intensifier ses démarches auprès de madame Naïsem.

Le 28 janvier, soit onze jours après leur première entrevue, Ernest Mada a renouvelé son approche. Cette fois, il a préféré envoyer des émissaires plutôt que de se présenter lui-même devant la vice-présidente. La nature exacte de cette mission reste floue, alimentant diverses spéculations dans les milieux politiques de Bangui.

Certaines voix évoquent des tentatives de corruption, d’autres parlent simplement de pressions politiques classiques. Quoi qu’il en soit, la détermination d’Ernest Mada ne faiblit pas, malgré les obstacles juridiques et l’opposition de plusieurs juges. Cette obstination s’explique peut-être par les multiples casquettes qu’il porte au sein de l’appareil du MCU.

En plus de son portefeuille ministériel, il exerce les fonctions de directeur de cabinet du directeur national des campagnes du parti au pouvoir. Ce directeur national n’est autre que le président de l’Assemblée nationale, lui-même premier secrétaire du MCU. Ernest Mada dispose donc d’un réseau étendu et d’influences qu’il compte bien mobiliser dans cette bataille.

Durant la campagne électorale, il n’avait d’ailleurs pas caché ses intentions devant les habitants de Bria 1. Sur le terrain, devant témoins, il répétait à qui voulait l’entendre qu’il changerait le cours des choses au niveau du Conseil constitutionnel. Même si une seule personne votait pour lui, voire aucune, il promettait de mobiliser tout son poids politique.

Aujourd’hui, ces déclarations prennent tout leur sens et ne ressemblent plus à de simples paroles en l’air. Ernest Mada agit exactement comme il l’avait annoncé, perturbant le processus électoral et tentant d’influencer les membres du Conseil constitutionnel. Reste à savoir si ses manœuvres répétées auprès de madame Sylvie Naïsem aboutiront ou si la justice constitutionnelle résistera à ces pressions

 

Source: Corbeau News Centrafrique

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