Africa-Press – CentrAfricaine. Depuis plus d’une dizaine de jours, la capitale centrafricaine traverse une période très sombre de son histoire.
Il s’agit d’une crise énergétique récurrente plus particulièrement d’une peinerie aiguë de distribution d’électricité et d’eau potable aux consommateurs.
Les établissements publics et privés, les entreprises, les commerces ainsi que la population banguissoise agonisent sous le poids du dysfonctionnement de ces deux entreprises de souveraineté qui distribuent l’électricité et l’eau potable.
Ce phénomène qui n’est pas nouveau aux consommateurs freine d’une part la croissance économique en fragilisant la production et d’autre part dégrade les conditions de vie des centrafricains et impacte la vie sociale, les secteurs de l’éducation, de la santé etc…
Ce fléau qui s’est accentué graduellement sous le magistère de ce régime despotique est la derivée du manque chronique de planification, de budget d’investissement ou d’extension, de maintenance ou de modernisation des infrastructures, de l’absence d’une réforme efficace ainsi que de sérieux problème de gouvernance.
Cette crise énergétique récurrente qui n’est une surprise ni une fatalité dépasse un simple effondrement technique ou structurel mais elle est le reflet ou la révélation d’un échec de gouvernance basé sur l’improvisation devenue la règle, la corruption, la prédation, les détournements des fonds alloués aux investissements ou à la modernisation des infrastructures vetustes.
Par ailleurs, cette crise énergétique devenue familière où le peuple s’efforce à s’adapter au phénomène interroge ou fait réfléchir sur la capacité du pouvoir de Bangui à répondre favorablement aux besoins vitaux de la population ainsi qu’à sa capacité à impulser une réforme efficace et ses limites à s’inscrire dans la dynamique d’un développement durable.
L’on constate avec stupeur que le discours du Président de la République à la nation après la proclamation des résultats définitifs des élections présidentielles par le conseil constitutionnel contraste avec ce constat car mensonger et creux de contenus.
L’on en déduit au final que ce pouvoir tyrannique se préoccupe beaucoup plus pour sa survie que de s’occuper des intérêts de la population qui n’aspire qu’au minimum.
Face à ce désarroi, le citoyen lambda abandonné à son propre sort s’interroge:
1- Les besoins primaires de ce peuple sont-ils réellement des priorités pour ce pouvoir?
2- La récurrence des problèmes d’eau et d’électricité en Centrafrique relève-t-elle de la négligence, de sabotage, du mépris envers les besoins fondamentaux du peuple, de l’incompétence ou de l’incapacité du pouvoir à satisfaire une de ses responsabilités régaliennes?
3- En conséquence de ce qui précède, pourquoi forcer de manière illégale un mandat supplémentaire si ce n’est pour prolonger la souffrance d’un peuple déjà martyrisé et agonisant?
4- En d’autres termes, à quoi servira cette septième République si le pouvoir de Bangui peine à fournir le minimum de besoins vitaux à la population?
5- Face à cette incapacité de gestion et au manque d’idées novatrices devenuent virales, pourquoi le pouvoir de Bangui ne privatise t-il pas les deux sociétés de distribution d’électricité et d’eau potable?
N’oublions pas que la fourniture adaptée de l’électricité est un levier indispensable au développement tous azimuts d’un pays et que la distribution d’eau potable à la population contribue à l’amélioration de la santé et réduit sensiblement l’espérance de vie qui est lui aussi un indicateur de croissance économique.
En attendant cette septième République pour la consécration de l’illusion, les habitants de Limassa et par extension tout le peuple centrafricain vous signale que forcer un mandat supplémentaire illégal n’est pas la solution idoine aux maux centrafricains car il n’est qu’une aggravation des causes du problème c’est-à-dire qu’il ne fait que prolonger un pouvoir mais ne résout pas la crise qui à la longue risque de vous rattraper.
Nous rappelons in fine qu’il faut se méfier d’un peuple apeuré et meurtri dans son âme qui ne parle pas…
Attention Monsieur le Président, la peur corollaire de l’indifférence et de l’inaction du peuple vous donne l’impression que vos errements, vos mépris envers le peuple sont légitimes et légaux.
Ce pays qui symbolise le sacrifice de vie et l’héritage du feu Président fondateur Barthélémy Boganda à connu de pires tyrans que vous mais qui ont fini leur mégalomanie dans la poubelle de l’histoire.
Un penseur disait que le pouvoir de l’État n’est pas un héritage familial où on negocie des mandats supplémentaires indéfiniment mais au contraire il s’agit d’une responsabilité limitée dans le temps alors n’attendez pas que le peuple dépositaire de la souveraineté vous chasse pour comprendre que c’est le moment de partir.
Attention Monsieur le tyran, nous avons le flair et l’aptitude de prévenir des différents dangers à travers nos diverses analyses géopolitiques et geostrategiques mais malheureusement nous ne savons pas jouer aux pompiers qui ont vocation à sauver des vies et des biens en cas d’incendies ou de sinistres de tout genre.
Au delà de tout, nous tenons à signaler qu’on ne récolte que ce qu’on a semé et qu’au final, les mêmes causes produisent toujours et toujours les mêmes effets…
Source: Corbeau News Centrafrique
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