Ancien Rebelle Devenu Cauchemar Des Commerçants

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Ancien Rebelle Devenu Cauchemar Des Commerçants
Ancien Rebelle Devenu Cauchemar Des Commerçants

Africa-Press – CentrAfricaine.
À Ouadda-Maïkaga, Robert, chef du cantonnement forestier et ancien rebelle, applique les méthodes apprises durant sa vie de combattant pour soumettre les commerçants de charmoutes de la Haute-Kotto dans la terreur.

Pour bien comprendre cette histoire, il faut revenir quelques années en arrière. Monsieur Robert, actuel roi de Maïkaga, est un ancien commandant rebelle qui a bénéficié du programme de désarmement et de réinsertion mis en place. Après avoir quitté la rébellion, il a été désigné chef du cantonnement forestier de Ouadda-Maïkaga. Pour assoir son empire, Dès sa prise de fonction, il s’est empressé de recruter des auxiliaires parmi ses anciens compagnons d’armes de la rébellion qui avaient également déposé les armes.

Ces auxiliaires, tous d’anciens rebelles comme leur chef, forment désormais une équipe qui sème la terreur parmi les chasseurs et les commerçants de la zone. Leur mission officielle consiste à surveiller l’exploitation forestière mais leurs méthodes rappellent davantage les pratiques de la rébellion que le travail administratif. Robert a ainsi reconstitué une structure de commandement similaire à celle qu’il dirigeait durant ses années dans la rébellion.

À titre d’exemple, il y a quelques jours, Robert a lancé une série d’opérations dans les villages environnants de Ouadda-Maïkaga pour traquer les commerçants de charmoutes. Il était parti accompagné de ses auxiliaires dans le village Boungou, situé à 45 kilomètres de Ouadda-Maïkaga. Pendant que lui reste en ville à coordonner les actions, ses auxiliaires sillonnent la brousse pour débusquer les chasseurs et tous ceux qui préparent ou achètent de la viande séchée. C’était une confusion totale. Le chef du cantonnement forestier, monsieur Robert exige de chacun une somme à payer peu importe les autorisations présentées. Même ceux qui arrivent de Bria avec des documents en règle doivent repayer car il refuse de reconnaître les papiers délivrés ailleurs que dans son service de cantonnement.

Cette pratique oblige les commerçants à débourser plusieurs fois pour la même activité. Après avoir rançonné les gens à Boungou, Robert et ses auxiliaires se sont dirigés vers Gbali, un village situé à 60 kilomètres de Ouadda. Là encore, ils ont envoyé leurs hommes dans la forêt pour débusquer les chasseurs et tous ceux impliqués dans le commerce de la viande séchée.

Sur place, parmi les commerçants capturés, figure un chasseur. Mais son cas est terrible. Les auxiliaires de Robert lui ont tout pris: colgate, savon de toilettes, argent et tout ce qu’ils peuvent confisquer sur lui.

Le malheureux chasseur a dû marcher pendant des kilomètres pour rejoindre Ouadda-Maïkaga afin de s’expliquer devant le sous-préfet qui semble pourtant au courant des agissements de Robert.

Les descentes répétées de Robert dans les villages ont créé un climat de peur parmi les chasseurs et commerçants de la zone. Beaucoup ont renoncé à exercer leur activité préférant rester en ville plutôt que de risquer une rencontre avec les auxiliaires de Robert. Les forêts autrefois fréquentées par les professionnels de la chasse sont maintenant désertées.

Les conséquences économiques de cette situation se font rapidement sentir sur les marchés locaux. Le prix du pot de charmoutes a grimpé jusqu’à 3 000 francs CFA en raison de la raréfaction du produit. Cette viande séchée au soleil reste pourtant indispensable dans les foyers car elle se conserve pendant des années sans réfrigération. Dans les villages où l’électricité demeure un luxe inaccessible, les charmoutes représentent la principale source de protéines animales stockables.

Les familles qui comptaient sur ce commerce pour subsister voient leurs revenus disparaître du jour au lendemain. Les chasseurs n’osent plus s’aventurer dans la brousse de peur de tomber sur les auxiliaires qui patrouillent désormais partout. Les éleveurs qui transformaient une partie de leur production en viande séchée hésitent maintenant à poursuivre cette activité devenue trop périlleuse.

La méthode de Robert repose sur une division claire des tâches où ses anciens compagnons d’armes servent d’agents de terrain pendant qu’il coordonne les opérations depuis son bureau. Cette organisation rappelle les structures de commandement qu’il maîtrisait durant sa période de rébellion. La reconversion administrative n’a modifié que le cadre formel sans transformer les pratiques d’intimidation et d’extorsion.

 

Source: Corbeau News Centrafrique

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