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Quelque chose de grave se passe derrière les collines du Camp Kassaï. À Kpata, la population a commencé à fuir, chassée par des éleveurs Peuls armés qui font la loi depuis plusieurs semaines.
Le village de Kpata n’est pas un endroit que l’on trouve facilement sur une carte de la République centrafricaine. Pour y accéder, il faut passer par le septième arrondissement, en passant par le Camp Kassaï. De là, il faut gravir et redescendre trois collines l’une après l’autre, marcher entre chaque montée, et recommencer jusqu’à atteindre ce coin du 9e arrondissement de Bangui. Ce bout de terre, autrefois recouvert de broussailles, s’est peuplé progressivement au fil des années, jusqu’à former de véritables villages.
C’est justement parce que cette zone commençait à prendre vie que ce qui s’y passe aujourd’hui frappe davantage. Des éleveurs Peuls armés ont investi le secteur, et leur présence a suffi à faire basculer la vie quotidienne des habitants. La peur s’est installée si vite que les familles ont commencé à ramasser leurs affaires et à quitter les lieux sans attendre.
Dès que la situation a éclaté, les BIR et des éléments russes de la milice Wagner se sont déplacés sur place pour constater ce qui se passait réellement. Leur venue sur le terrain montre que l’affaire a rapidement dépassé le cadre d’un simple incident. Mais pendant que les soldats se déplaçaient, les habitants, eux, continuaient de partir.
Ce qui rend cette affaire encore plus lourde à porter, c’est l’identité de ceux qui se trouvent derrière ces troupeaux. Les éleveurs Peuls qui sèment ce chaos ce sont ceux qui gardent les troupeaux du dictateur Faustin-Archange Touadéra. Ce ne sont pas des étrangers qui ont débarqué par hasard dans la zone, ce sont des hommes liés directement à l’entourage du chef de l’État.
Ce lien entre les éleveurs et le président ne doit rien au hasard. Le père de Touadéra est Peul, et ces mêmes familles assurent depuis longtemps la garde de son bétail dans plusieurs secteurs autour de Bangui. C’est cette proximité avec le pouvoir qui rend toute tentative d’intervention ferme particulièrement compliquée à mener jusqu’au bout.
Source: Corbeau News Centrafrique
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