Stade Boganda: Temple Républicain Ou Mise En Scène

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Stade Boganda: Temple Républicain Ou Mise En Scène
Stade Boganda: Temple Républicain Ou Mise En Scène

Africa-Press – CentrAfricaine. Pour la prestation de serment de Faustin-Archange Touadéra prévue le 30 mars, le pouvoir a jeté son dévolu sur le stade Boganda. Et c’est le professeur Alexis Ndui Yabela, ministre directeur de cabinet du Premier ministre, qui a été chargé de transformer cette décision en « évidence constitutionnelle ».
professeur Alexis Ndui Yabela , directeur de cabinet du premier ministre Félix Moloua, a déroulé son argumentaire avec une assurance professorale. La Constitution a changé, explique-t-il: autrefois, le président prêtait serment devant la Cour constitutionnelle ; aujourd’hui, il le fait devant le peuple, en présence des corps constitués de l’État. Sur ce point, le texte dit effectivement ce qu’il dit. Jusque-là, rien de scandaleux.

Mais Ndui Yabela ne s’est pas arrêté à la lettre. Il a sorti l’artillerie lourde: le sacro-saint principe du parallélisme des formes. Un président élu directement par le peuple souverain ne saurait, selon lui, s’incliner symboliquement devant des juges constitutionnels nommés par décret présidentiel. L’argument a une certaine élégance juridique… à condition de ne pas trop gratter.

Car le ministre a ensuite commis l’erreur classique: il a invoqué la France en exemple. « Jamais un président français ne prête serment devant le Conseil constitutionnel », a-t-il affirmé. C’est rigoureusement exact. Ce qu’il s’est bien gardé d’ajouter, c’est que la cérémonie française se déroule dans la sobriété protocolaire du palais de l’Élysée, loin des tribunes, des foules mobilisées et des sonorisations géantes. Invoquer la Ve République pour justifier un grand-messe dans un stade de football, c’est comme citer la modestie d’un moine pour défendre un banquet royal.

Le Complexe sportif Barthélemy Boganda peut accueillir des dizaines de milliers de spectateurs. La Constitution parle bien du « peuple » et des « corps constitués », mais elle ne mentionne ni estrade monumentale, ni retransmission spectacle, ni ambiance de meeting populaire. Entre un serment républicain sobre et une cérémonie d’investiture pensée pour impressionner les foules, la ligne est ténue. Le ministre a passé de longues minutes à défendre la première. Le 30 mars, c’est très clairement la seconde que les Centrafricains verront défiler à Boganda.

Au final, derrière le vernis juridique et les références hexagonales portés par le Professeur Alexis Ndui Yabella, se dessine surtout une volonté: celle de donner à l’entrée dans cette nouvelle ère les allures d’un événement populaire et solennel.

Source: Corbeau News Centrafrique

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