Les Balalou, Piri, Baïpou: Aveugles du Régime

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Les Balalou, Piri, Baïpou: Aveugles du Régime
Les Balalou, Piri, Baïpou: Aveugles du Régime

Africa-Press – CentrAfricaine. Le MCU se fissure entre réalistes lucides et fanatiques qui refusent d’ouvrir les yeux sur l’effondrement en cours.
Fari Tahéruka Shabazz identifie une fracture profonde au sein de l’appareil du pouvoir. D’un côté, ceux qui commencent à admettre l’échec. De l’autre, une aile radicale qui s’enfonce dans le déni total, l’auto-illusion politique, le refus obstiné de voir ce qui crève pourtant les yeux de tous.

Cette frange fanatisée regroupe des figures connues: Maxime Balalou, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Bertrand Arthur Piri, ministre de l’énergie, Sylvie Baïpo-Temon, ministre des affaires étrangères, et d’autres du même acabit. Ces personnalités incarnent l’aveuglement volontaire poussé à son paroxysme. Elles continuent de produire et relayer un discours mensonger, non seulement pour tromper la population et les partenaires extérieurs, mais aussi, et c’est là le plus spectaculaire, pour se tromper elles-mêmes. C’est de la mythomanie.

Fari Tahéruka Shabazz observe ce phénomène avec une fascination mêlée de stupeur. Ces cadres du régime ne comprennent plus, ou ne veulent plus comprendre, les dynamiques géopolitiques réelles, les conséquences concrètes de la crise de la MINUSCA, du retrait progressif des forces internationales, des vides sécuritaires et humanitaires qui s’ouvrent partout. Pour eux, il suffit de répéter les slogans, de maintenir la façade, d’affirmer que tout va bien ou que la rupture commence maintenant.

L’exemple le plus frappant reste la déclaration de Maxime Balalou, prononcée à la télévision centrafricaine le 26 janvier 2026, juste après la validation de la réélection par le Conseil constitutionnel. Il déclare alors: « Cette nouvelle mandature marque l’ouverture d’une nouvelle ère pour notre pays. Le temps n’est plus au discours de haine ni aux divisions. Il est désormais temps pour les Centrafricains de s’unir afin de relever ensemble les défis du développement ». Fari Tahéruka Shabazz décortique ces phrases avec une précision chirurgicale. Dans ces quelques mots, Balalou trahit involontairement la vérité qu’il essaie de cacher. Il parle d’une « nouvelle ère » et d’une « rupture » qui commence seulement maintenant, ce qui signifie implicitement que les dix années précédentes n’étaient pas une rupture, pas une nouvelle ère, mais exactement l’inverse: division, haine, absence de développement.

Il appelle à « s’unir » et à « relever les défis du développement », ce qui sous-entend que les Centrafricains ne sont pas unis et que le développement n’a pas eu lieu pendant une décennie entière. Ainsi, même quand ils essaient de mentir, ils se trahissent. Leur propre discours dévoile l’échec patent du régime qu’ils défendent avec tant de véhémence.

Cette dissonance cognitive permanente les caractérise, affirme Fari Tahéruka Shabazz. Ils mentent aux autres, mais surtout ils se mentent à eux-mêmes, car admettre la réalité signifierait reconnaître que tout ce en quoi ils ont cru, tout ce pour quoi ils se sont battus, tout ce qu’ils ont défendu publiquement pendant des années, était une illusion complète.

Ces « aveugles » deviennent de plus en plus minoritaires au sein même du MCU. Leur fanatisme persiste parce que c’est leur seul mode de survie psychologique et politique. Reconnaître l’échec équivaudrait pour eux à s’effondrer entièrement, à perdre leur raison d’être, leur identité construite autour de ce pouvoir qui s’étiole.

Mais leur discours sonne creux, contradictoire, et de plus en plus ridicule devant la réalité qui s’impose chaque jour. Pas d’eau dans les quartiers de Bangui, pas d’électricité dans les hôpitaux, une invasion de moustiques en pleine saison sèche, des épidémies qui se multiplient, la colère des porteurs de tenue qui monte, le vide laissé par la MINUSCA qui s’agrandit. Tous ces faits s’accumulent et rendent le discours officiel intenable.

Fari Tahéruka Shabazz les voit comme les derniers remparts d’un mensonge qui ne trompe plus personne, pas même eux au fond. Ils continuent par inertie, par refus d’accepter la fin, par incapacité à imaginer un après où ils n’auraient plus leur place. Leur rhétorique creuse devient un rituel vide, une liturgie répétée mécaniquement alors que le temple s’écroule autour d’eux.

Cette aile radicale du MCU s’accroche à des formules toutes faites, à des slogans usés jusqu’à la corde, à des promesses qui n’engagent plus personne. Ils parlent de développement dans un pays où les opérations chirurgicales se font à la lumière des téléphones portables. Ils évoquent l’unité nationale dans un pays fracturé par dix ans de conflits mal gérés. Ils annoncent une nouvelle ère alors que l’ancienne n’a produit que ruines et désillusions.

Fari Tahéruka Shabazz note que même à l’intérieur du parti, ces voix commencent à sonner faux. Les cadres lucides, ceux qui voient venir l’effondrement, prennent leurs distances. Ils ne contredisent pas ouvertement Balalou et ses semblables, mais ils ne les soutiennent plus non plus. Le silence remplace l’adhésion. Les applaudissements se font rares et contraints.

Cette marginalisation progressive des fanatiques au sein même de leur propre camp témoigne d’un basculement en cours. Quand les plus zélés deviennent une minorité bruyante mais isolée, quand leurs propres alliés les abandonnent discrètement, c’est que la fin approche. Personne ne veut être le dernier à défendre l’indéfendable, le dernier à croire ce que plus personne ne croit.

Les Balalou, Piri, et autres figures de cette aile radicale continueront probablement à nier la réalité jusqu’au bout. Ils persisteront dans leur aveuglement parce qu’ils n’ont pas d’autre choix. Admettre l’échec reviendrait à admettre qu’ils ont gaspillé des années de leur vie à servir un projet vide, à défendre l’indéfendable, à mentir pour rien.

Fari Tahéruka Shabazz les observe avec un mélange de pitié et d’incompréhension. Comment peut-on s’enfermer à ce point dans le mensonge? Comment peut-on continuer à parler de nouvelle ère quand tout s’effondre? Comment peut-on appeler au développement quand les infrastructures les plus basiques n’existent pas? Cette capacité à se mentir à soi-même dépasse l’entendement ordinaire

 

Source: Corbeau News Centrafrique

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