Touadéra S’accroche Au Pouvoir, Banguissois En Pénurie

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Touadéra S'accroche Au Pouvoir, Banguissois En Pénurie
Touadéra S'accroche Au Pouvoir, Banguissois En Pénurie

Africa-Press – CentrAfricaine.
Le 19 janvier 2026, le Conseil constitutionnel valide le coup d’État électoral de Faustin-Archange Touadéra pour un troisième mandat de sept ans avec 77,90 % des voix. Pendant ce temps, dans les quartiers de Bangui, des milliers de personnes font la queue dès trois heures du matin, bidons à la main, pour quelques litres d’eau.

À Nzangoyya , dans le sixième arrondissement, les femmes et les enfants parcourent des kilomètres jusqu’à Nguitangola. Parfois l’eau n’est même pas potable. Une habitante raconte qu’elle paie 500 francs par jour pour huit à dix bidons, mais l’attente dure de sept heures du matin jusqu’à seize ou dix-sept heures. Les files s’allongent sans fin.

Le chef de quartier supplie en vain les membres du gouvernement. Selon lui, ce manque d’eau potable n’est plus un simple désagrément mais une urgence sanitaire. Les hôpitaux renvoient des enfants chez eux faute d’eau, comme à Saint-Charles. Des écoles ferment leurs portes. Les petits commerces s’arrêtent.

À Damala, commune de Bimbo, les fontaines sont à sec depuis plus de cinq ans. Les habitants implorent les autorités nationales de les aider. Dans le quartier Fatima, toujours au sixième arrondissement, aucune goutte de la Sodéka depuis 2004. Vingt-deux ans d’abandon complet.

Dans les quatrième, septième et huitième arrondissements, l’eau coule deux ou trois minutes par jour au maximum. Les gens avancent même l’heure de réveil pour arriver à temps. Certains se lèvent à trois heures du matin et rentrent bredouilles.

Sur le plateau de l’émission Patara, Raymond Adouma de l’opposition ne mâche pas ses mots. Il affirme que la Constitution de 2016 interdit clairement de tripler le mandat. On ne peut pas s’amuser avec le peuple, martèle-t-il. Ce régime ne cherche qu’à se maintenir au pouvoir coûte que coûte, alors qu’il est honni par la population.

Adouma rappelle les promesses non tenues. Cinq mille châteaux d’eau annoncés, un seul à Bimbo et même pas terminé. Des pompes promises, jamais livrées. De la crypto-monnaie annoncée à grands coups de publicité, sans aucun effet sur la vie quotidienne des gens. Pendant ce temps, les responsables perdent leur temps à danser et montrer leur ventre.

Quentin Gbouando de la société civile insiste sur le fait que cette situation dure depuis longtemps. Si l’État avait développé une politique décente, on ne serait pas là chaque année à en parler sur le plateau. Il interpelle le gouvernement pour qu’il prenne des mesures sérieuses face à cette calamité qui ronge la capitale.

Fidèle Gouandjika, représentant du pouvoir, adopte une posture de déni. Selon lui, le Centrafricain ne meurt pas de soif, il y a de l’eau. C’est un problème saisonnier, affirme-t-il, pendant la saison des pluies ces problèmes n’existent pas. C’est la saison sèche dans le monde entier, ajoute-t-il comme si cela justifiait tout.

Gouandjika considère que l’élection a été transparente, inclusive, démocratique. Pour lui, il ne s’agit pas d’un troisième mandat mais d’un premier mandat d’une nouvelle République. Le président a battu tous les autres à plate couture avec 77,90 %. Les opposants et la société civile ont boycotté et dénoncé des irrégularités, mais le Conseil constitutionnel a tranché.

L’animateur Armando Yanguendji note que les responsables indiqués ont fui pour venir sur ce plateau parce qu’ils n’ont rien fait de bien. Gouandjika, lui, promet qu’on pourra d’ici dix ou quinze ans construire une centrale nucléaire. Il demande même si l’équipe de l’émission n’est pas fatiguée de faire ce sujet chaque année.

Adouma répond que la population n’est pas au centre des préoccupations du régime en place. Ce régime s’en fout complètement. Le taux de pauvreté atteint désormais 68 % et risque d’augmenter encore. L’espérance de vie est passée de soixante ans avant 2016 à cinquante-trois ans aujourd’hui. Une chute vertigineuse qui coïncide avec l’arrivée de Touadéra à la présidence.

Les investissements de la Banque mondiale destinés à l’eau et à l’électricité sont détournés ou mal utilisés. Aucun investissement direct de l’État dans les infrastructures vitales. Les annonces se multiplient, les réalisations se comptent sur les doigts d’une main. Les Banguissois continuent de se lever avant l’aube, de marcher des kilomètres, d’attendre des heures pour remplir leurs bidons.

La société civile demande au gouvernement d’organiser un vrai dialogue après toutes les tensions qui ont entouré le processus électoral. Les refus de dialogue, les désagréments, les boycotts ont laissé des traces. Mais rien ne change. Les mêmes promesses reviennent en boucle. Les mêmes excuses saisonnières.

Dans les rues de Bangui, les bidons s’accumulent devant les fontaines. Les enfants portent des jerricanes trop lourds pour eux. Les femmes enceintes attendent debout pendant des heures. Les malades renoncent à se laver. Les écoles restent fermées. Les hôpitaux fonctionnent au ralenti.

Pendant ce temps, au palais, on valide un troisième mandat contesté. On parle de centrales nucléaires dans quinze ans. On minimise la souffrance quotidienne en la qualifiant de problème saisonnier. On danse, on montre son ventre, on promet l’uranium et le pétrole. Les Banguissois, eux, ne demandent qu’une chose: que l’eau coule quand ils ouvrent le robinet

 

Source: Corbeau News Centrafrique

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