Africa-Press – CentrAfricaine. Avec la paix qui commence à revenir à Zemio, sous-préfecture du Haut-Mbomou, les habitants commencent à sortir petit à petit de leur cachette pour vaquer librement à leur occupation. Malheureusement, des obstacles créés par les soldats de forces armées centrafricains continuent.
En effet, tout a commencé la semaine dernière quand un groupe de quatre cultivateurs a quitté son village situé sur l’axe Djema pour venir à Zemio , dans la préfecture du Haut-Mbomou. Ces pauvres citoyens centrafricains ont quitté leurs champs pour rejoindre Zemio centre. Ils portaient sur la tête leurs produits agricoles destinés à la vente. Arrivés à Zemio, ils ont passé la nuit chez des parents et ont écoulé leurs récoltes sans incident.
Encouragés par ce premier déplacement réussi, ils sont rentrés au village et ont raconté à leurs voisins que la ville avait retrouvé son calme après les attaques frontales et mortelles du 4 avril 2025. Un an plus tard, la population commençait à croire que la paix revenait peu à peu.
Motivés par ces nouvelles, dix autres cultivateurs ont pris la même décision. Ils ont chargé leurs produits sur la tête et ont marché plusieurs kilomètres à pied jusqu’à Zemio. Eux aussi ont dormi chez des proches et ont vendu leurs marchandises dans de bonnes conditions. Satisfaits, ils ont décidé d’aller plus loin: traverser la rivière Mbomou pour rendre visite à des membres de leur famille partis en exil en République démocratique du Congo.
Les dix hommes ont franchi la frontière sans encombre et ont rejoint leurs proches en RDC. Mais pendant ce temps, derrière eux, la situation a changé.
Des soldats des forces armées centrafricaines, informés d’une manière ou d’une autre, se sont présentés au domicile des familles qui avaient accueilli les cultivateurs. Ils ont demandé où étaient partis ces visiteurs. On leur a répondu qu’ils étaient déjà repartis. Les militaires n’ont pas accepté cette explication. Ils ont emmené les chefs de famille et les ont placés en garde à vue à la gendarmerie.
L’information est rapidement parvenue aux dix cultivateurs restés en RDC. Comprenant que le retour était devenu risqué, ils ont choisi de rester en exil.
Les personnes interpellées ont passé deux ou trois jours en garde à vue avant d’être libérées. Toutefois, les soldats avaient déjà confisqué les vélos et d’autres biens des familles. À ce jour, ces objets restent toujours bloqués à la gendarmerie.
Cette histoire a semé la peur parmi les habitants de l’axe Djema. Les cultivateurs craignent désormais de venir vendre leurs produits à Zemio. Ils redoutent que les militaires les prennent pour des miliciens et les Arrêtent pour rien, sans possibilité de retour.
C’est ainsi que les éléments des forces armées centrafricaines interviennent dans cette zone. Des cultivateurs ordinaires, venus simplement écouler leurs récoltes et rendre visite à leur famille, se retrouvent aujourd’hui contraints de prolonger leur exil par crainte des conséquences.
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