Africa-Press – CentrAfricaine. La colère gronde à l’Agence Centrafricaine pour la Formation Professionnelle et l’Emploi (ACFPE). Après avoir imposé des tenues de défilé à des prix exorbitants pouvant atteindre 140 000 francs CFA, la directrice générale Renée Bimbo vient de livrer des habits qui provoquent un tollé général parmi le personnel. Des “zagbo”, mal taillés, aux couleurs douteuses, que les employés comparent aux uniformes de prisonniers américains ou aux tenues de travailleurs saisonniers dans les champs mexicains.
La scène de l’essayage, organisée sur ordre de la directrice, a viré au cauchemar pour les agents. Hommes et femmes ont découvert avec stupéfaction des kimonos aux tailles complètement inadaptées. Une employée portant normalement du 38 se retrouve avec du 50. Un homme de taille moyenne hérite d’un habit si large qu’il doit le tenir à deux mains pour éviter qu’il ne tombe. “C’est comme les uniformes qu’on voit dans les prisons américaines, avec des tailles bizarres qui obligent les détenus à tenir leur pantalon pour ne pas qu’il glisse”, témoigne un cadre de l’agence interrogé par la rédaction du CNC.
“Elle nous traite comme des boys, comme des esclaves dans ses champs personnels”, lance une employée révoltée. Pour beaucoup d’agents, le choix de ces “zagbo” n’est pas un accident. C’est un message. Un message d’humiliation délibérée envoyé par une directrice qui ne supporte pas la contestation et qui veut rappeler à son personnel qu’ils sont sous sa domination totale.
La situation est particulièrement difficile pour les femmes. Les tenues qui leur ont été attribuées sont décrites comme “le pire du pire”. Des coupes bizarres, des couleurs criardes, des tissus de mauvaise qualité. Plusieurs employées sont allées protester directement auprès de la directrice. Sa réponse a glacé tout le monde: “Maintenant je connais mes ennemis. Je sais qui sont mes ennemis dans cette agence.”
Autrement dit, venir se plaindre des habits équivaut à se déclarer ennemi de Renée Bimbo. Contester la qualité des tenues, c’est rejoindre le camp des opposants. Le message est clair: vous acceptez ce qu’on vous donne, ou vous êtes marqués comme hostiles.
“Comment une personne qui prétend savoir s’habiller peut-elle nous imposer de telles horreurs?”, s’interroge un employé. La directrice, qui affiche pourtant une certaine élégance dans sa tenue personnelle, semble avoir délibérément choisi les pires modèles possibles pour ses subordonnés. “Si elle savait vraiment s’habiller, jamais elle n’aurait validé de tels habits. C’est impossible. Ça prouve soit son incompétence totale en matière de style, soit sa volonté de nous humilier”, analyse un autre agent.
Face au désastre, certains employés ont annoncé qu’ils iront chez un couturier à leurs propres frais pour faire reprendre les habits. D’autres, majoritaires, refusent catégoriquement de défiler avec ces tenues. “On va devenir la risée de Bangui si on sort comme ça le 1er décembre. Les autres institutions vont se moquer de nous. C’est inacceptable”, prévient un cadre.
Mais Renée Bimbo a déjà anticipé ce boycott. Elle a prévenu qu’en cas de refus massif du personnel, elle fera appel aux demandeurs d’emploi inscrits à l’ACFPE pour remplacer ses propres agents lors du défilé. Une déclaration qui a achevé de démontrer, aux yeux du personnel, le mépris total de la directrice pour les gens qu’elle est censée diriger.
“Elle va ramasser des chômeurs pour défiler à notre place? C’est pathétique. Ça montre qu’elle ne comprend rien au fonctionnement d’une administration. Le défilé du 1er décembre, c’est la représentation de l’institution, pas un casting de figurants qu’on remplace comme on veut”, s’insurge un employé.
Cette affaire des “zagbo” vient s’ajouter à une longue liste de griefs contre Renée Bimbo. On se souvient qu’elle avait confisqué la gestion des tenues de défilé pour s’approprier les ristournes de 10 à 20% normalement destinées aux activités sociales du personnel. Elle avait imposé des prix délirants – jusqu’à 140 000 FCFA pour des habits valant 15 000 à 20 000 FCFA sur le marché – tout en écartant le service des ressources humaines du processus de commande.
Aujourd’hui, le résultat est là: des habits indignes, des employés humiliés, une directrice qui traite ses agents en ennemis dès qu’ils osent protester. L’ambiance à l’ACFPE est explosive. Plusieurs sources évoquent des discussions entre délégués du personnel pour envisager des actions collectives si la situation ne change pas rapidement.
Le défilé du 1er décembre, censé être une célébration de la République, risque de devenir le théâtre d’un fiasco monumental pour l’ACFPE. Une agence publique dont la mission est de former des professionnels et de faciliter l’emploi, mais qui n’est même pas capable d’habiller décemment ses propres employés. Une agence dirigée par une femme qui transforme chaque activité institutionnelle en opportunité d’enrichissement personnel et qui traite son personnel avec un mépris que même les administrations les plus dysfonctionnelles du pays n’oseraient pas afficher aussi ouvertement.
Source: Corbeau News Centrafrique
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