{"id":21708,"date":"2022-04-23T17:59:45","date_gmt":"2022-04-23T17:59:45","guid":{"rendered":"https:\/\/www.africa-press.net\/centrafricaine\/politique\/afrique-france-reconnaitre-que-notre-histoire-commune-nest-pas-terminee"},"modified":"2022-04-23T18:04:03","modified_gmt":"2022-04-23T18:04:03","slug":"afrique-france-reconnaitre-que-notre-histoire-commune-nest-pas-terminee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.africa-press.net\/centrafricaine\/dossiers\/afrique-france-reconnaitre-que-notre-histoire-commune-nest-pas-terminee","title":{"rendered":"Afrique-France\u00a0: \u00ab\u00a0Reconna\u00eetre que notre histoire commune n\u2019est pas termin\u00e9e\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #ff6600\"><strong>Africa-Press &#8211; CentrAfricaine. <\/strong><\/span>Comment r\u00e9inventer les liens entre l&rsquo;Afrique, la France et l&rsquo;Europe au moment o\u00f9 le monde entre dans une nouvelle \u00e8re de questionnement de la d\u00e9mocratie, d&rsquo;autoritarisme assum\u00e9, de populisme en expansion, de repli sur soi et de confiance \u00e9branl\u00e9e par des ins\u00e9curit\u00e9s de toutes sortes ? Voil\u00e0 un vaste programme qui conduit \u00e0 s&rsquo;immerger dans une relation complexe \u00e0 tous points de vue, dans le temps, dans l&rsquo;espace et dans l&rsquo;imaginaire. Achille Mbembe et R\u00e9my Rioux s&rsquo;y sont attel\u00e9s. Grand sp\u00e9cialiste des situations postcoloniales, co-initiateur depuis 2017, avec Felwine Sarr, des Ateliers de la pens\u00e9e de Dakar, Achille Mbembe enseigne \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 du Witwatersrand en Afrique du Sud. \u00c0 la demande du pr\u00e9sident Emmanuel Macron, il a r\u00e9dig\u00e9 un rapport sur \u00ab les nouvelles relations Afrique-France : relever ensemble les d\u00e9fis de demain \u00bb. R\u00e9my Rioux, directeur g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;Agence fran\u00e7aise de d\u00e9veloppement (AFD), fort d&rsquo;une trentaine d&rsquo;ann\u00e9es de hautes responsabilit\u00e9s au sein de l&rsquo;appareil \u00e9tatique fran\u00e7ais \u00e0 la suite d&rsquo;un parcours d&rsquo;excellence r\u00e9publicaine (Normale sup, Sciences Po, Ehess, ENA), est auteur en 2019 de R\u00e9conciliations, dont l&rsquo;une des id\u00e9es phares est d\u00e9j\u00e0, au-del\u00e0 de \u00ab d\u00e9coloniser le colonisateur \u00bb, de se r\u00e9concilier avec soi et avec autrui. Ensemble, ils ont r\u00e9fl\u00e9chi et livr\u00e9 leurs id\u00e9es Pour un monde en commun.<\/p>\n<p><b>Le Point Afrique :<\/b><\/p>\n<p>Pour un monde en commun ne faut-il pas d&rsquo;abord mettre en place une histoire et une m\u00e9moire en commun ? Comment s&rsquo;y prendre ?<\/p>\n<p><b>Achille Mbembe :<\/b><\/p>\n<p>Le fait est que nous avons un pass\u00e9 en commun, en tout cas la France et l&rsquo;Afrique. Tout comme l&rsquo;Afrique et les autres parties du monde, l&rsquo;Europe en g\u00e9n\u00e9ral, mais aussi les \u00c9tats-Unis et d&rsquo;autres parties de notre plan\u00e8te. Ce pass\u00e9, on ne peut pas l&rsquo;effacer. Il existe objectivement. Cela dit, avoir un pass\u00e9 en commun ne veut pas n\u00e9cessairement dire qu&rsquo;on aura un futur ensemble. Ce pass\u00e9, il faut savoir l&rsquo;interpr\u00e9ter, sinon il est st\u00e9rile, et ce futur, il faut savoir l&rsquo;inventer. Ces deux t\u00e2ches d&rsquo;interpr\u00e9tation et d&rsquo;invention sont au c\u0153ur de notre r\u00e9flexion dans ce livre. L&rsquo;interpr\u00e9tation suppose que l&rsquo;on puisse partager un certain nombre de cl\u00e9s. Pour moi, comme je le pense pour R\u00e9my Rioux, l&rsquo;une de ces cl\u00e9s consiste \u00e0 reconna\u00eetre que notre histoire commune n&rsquo;est pas termin\u00e9e. Et qu&rsquo;au-del\u00e0 de la simple lutte des int\u00e9r\u00eats, elle rec\u00e8le d&rsquo;\u00e9normes gisements de sens, \u00e0 condition \u00e9videmment que nous sachions les identifier, ce qui exige un changement de regard. L&rsquo;autre cl\u00e9 consiste \u00e0 reconna\u00eetre que notre pass\u00e9 et surtout notre histoire future ne fera sens que dans la perspective du soin que nous accorderons au vivant dans son ensemble, et du souci que nous manifesterons \u00e0 son \u00e9gard.<\/p>\n<p><b>R\u00e9my Rioux :<\/b><\/p>\n<p>Nous avons souhait\u00e9 ce dialogue apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es de discussions non publiques, entre Achille et moi, pour comparer et combiner nos r\u00e9flexions \u00e0 partir de positions qui sont \u00e9videmment tr\u00e8s diff\u00e9rentes. Achille, depuis un point de vue acad\u00e9mique, et moi, du c\u00f4t\u00e9 des institutions et de l&rsquo;action, et avec tous deux le d\u00e9sir d&rsquo;une r\u00e9invention.<\/p>\n<p>Nous avons un trait commun Achille et moi. Nous sommes tous deux historiens de formation et nous avons donc ce souci du temps long et du temps court. Nous sommes sensibles aux moments, \u00e0 leurs profondeurs et \u00e0 leurs promesses. C&rsquo;est la raison pour laquelle nous avons d\u00e9cid\u00e9 de prendre position dans un livre \u00e0 ce moment tr\u00e8s pr\u00e9cis. Nous avons le sentiment qu&rsquo;il se joue quelque chose maintenant sur la question du renouvellement de nos liens avec l&rsquo;Afrique.<\/p>\n<p>Je me suis rendu fin mars au Rwanda, un pays avec lequel nous avons re-tiss\u00e9 des liens forts \u00e0 la faveur du quinquennat du pr\u00e9sident Macron. Avec la restitution des \u0153uvres d&rsquo;Abomey et le Sommet de Montpellier, la r\u00e9conciliation avec le Rwanda est sans doute l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment le plus visible, le plus fort de ce projet de r\u00e9invention. La demande est tr\u00e8s forte du c\u00f4t\u00e9 des autorit\u00e9s rwandaises de recr\u00e9er des liens positifs, dans l&rsquo;intelligence \u00e9videmment du pass\u00e9, apr\u00e8s la reconnaissance par la voix du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique en mai dernier de la responsabilit\u00e9 de la France dans le g\u00e9nocide des Tutsis. Au Niger aussi o\u00f9 je me suis rendu cette semaine, \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Abdou Moumouni en particulier, j&rsquo;ai senti ce m\u00eame d\u00e9sir de red\u00e9finir les termes de notre relation. Et l&rsquo;Agence Fran\u00e7aise de D\u00e9veloppement, que je dirige, est un capteur et un acteur de ce moment.<\/p>\n<p>#Niger Rencontre entre @RiouxRemy et les \u00e9tudiants de @UAMNiamey sur les d\u00e9fis communs \u00e0 l&rsquo;Afrique et l&rsquo;Europe et les nouvelles formes d&rsquo;actions collectives pour agir en faveur d&rsquo;un #MondeEnCommun.<\/p>\n<p>Merci aux \u00e9tudiantes et aux \u00e9tudiants ! #DeveloppementDurable #DuCot\u00e9DesAutres pic.twitter.com\/xhk59uhLY3<\/p>\n<p><b>\u00ab Cette question autour de l&rsquo;histoire et de la m\u00e9moire s&rsquo;explique par le fait qu&rsquo;il nous semble extr\u00eamement important de partager la connaissance de cette histoire, de cette m\u00e9moire au niveau des \u00e9l\u00e8ves. Quelque chose se joue donc au niveau de l&rsquo;\u00e9ducation et de l&rsquo;enseignement qui pourrait permettre aux nouvelles g\u00e9n\u00e9rations de prendre conscience de cette histoire, de cette m\u00e9moire commune\u2026 \u00bb Qu&rsquo;est-ce<\/b><\/p>\n<p>que cela vous inspire ?<\/p>\n<p><b>R. R. :<\/b><\/p>\n<p>C&rsquo;\u00e9tait une proposition du rapport d&rsquo;Achille Mbemb\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 lors du Nouveau Sommet Afrique-France de Montpellier du 8 octobre. Et plusieurs fois dans notre ouvrage, nous appelons \u00e0 une reprise des \u00e9tudes et de la recherche entre l&rsquo;Europe et l&rsquo;Afrique. Beaucoup d&rsquo;initiatives sont d&rsquo;ailleurs prises en ce moment m\u00eame. Nous y avons r\u00e9cemment contribu\u00e9 en appuyant une toute nouvelle revue scientifique baptis\u00e9e \u201cGlobal Africa\u201d, lanc\u00e9e \u00e0 Saint Louis du S\u00e9n\u00e9gal. Elle est publi\u00e9e en fran\u00e7ais, en anglais, en swahili aussi. Pour en faire un tremplin, o\u00f9 Les publications de jeunes chercheurs africains et europ\u00e9ens pourront y trouver leur place. Ces recherches nouvelles vont ensuite se diffuser, percoler dans les programmes scolaires. Au Niger par exemple, j&rsquo;ai visit\u00e9 mardi une \u00e9cole \u00e0 Birni N&rsquo;Gaour\u00e9 et j&rsquo;ai constat\u00e9 dans les manuels des enfants des chapitres sur l&rsquo;histoire coloniale, sur l&rsquo;int\u00e9gration r\u00e9gionale en Afrique de l&rsquo;Ouest ou encore sur les politiques de d\u00e9veloppement de la sous-r\u00e9gion. Nous ne partons donc pas de rien m\u00eame si beaucoup reste \u00e0 faire dans les ann\u00e9es \u00e0 venir pour que ce travail de v\u00e9rit\u00e9 et d&rsquo;histoire puisse aller le plus loin possible.<\/p>\n<p><b>A. M. :<\/b><\/p>\n<p>Un bon nombre d&rsquo;exp\u00e9riences sont d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 en cours m\u00eame si elles ne sont pas souvent connues. Je pense par exemple a tout ce que fait la Fondation pour la M\u00e9moire de l&rsquo;Esclavage. D&rsquo;autres pourraient \u00eatre envisag\u00e9es, et j&rsquo;en parle dans le rapport remis au Pr\u00e9sident Emmanuel Macron dans le cadre du Nouveau Sommet Afrique-France. D&rsquo;autres propositions ont \u00e9t\u00e9 \u00e9mises par Felwine Sarr et B\u00e9n\u00e9dicte Savoy dans leur rapport sur la restitution des \u0153uvres d&rsquo;art, et par Benjamin Stora sur celui sur l&rsquo;Alg\u00e9rie. Cela dit, le chantier est \u00e9norme. Nous avons besoin de nouveaux investissements dans la recherche sur l&rsquo;Afrique. Le plus grand d\u00e9fi, \u00e0 mes yeux, est celui du r\u00e9armement intellectuel. Tout le reste, la d\u00e9mocratie, l&rsquo;entrepreneuriat, les progr\u00e8s du num\u00e9rique, le d\u00e9veloppement d\u00e9pendra de ce r\u00e9investissement dans l&rsquo;intelligence. Les nouvelles connaissances, il faut les produire. J&rsquo;aimerais par exemple voir un nombre important d&rsquo;\u00e9tudiants africains travailler ou se sp\u00e9cialiser sur la France ou sur l&rsquo;Europe.<\/p>\n<p>De ce point de vue, nous avons besoin de r\u00e9\u00e9quilibrer les choses. Je sais que des initiatives sont en pr\u00e9paration, par exemple, du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;\u00c9cole Normale Sup\u00e9rieure avec le nouveau directeur Fr\u00e9deric Worms, du c\u00f4t\u00e9 du CNRS avec sa nouvelle strat\u00e9gie sur l&rsquo;Afrique, et du cot\u00e9 de bien d&rsquo;autres institutions qui ont tr\u00e8s bien compris, comme nous le disons dans la premi\u00e8re partie de notre livre, que l&rsquo;Afrique est le laboratoire o\u00f9 se joue une partie de l&rsquo;avenir de la plan\u00e8te. Mais ces efforts ne m\u00e8neront nulle part s&rsquo;ils ne sont pas co-construits. Il est donc absolument n\u00e9cessaire de sortir d&rsquo;une approche en termes d&rsquo;assistanat, de d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats fran\u00e7ais ou d&rsquo;expansion de l&rsquo;influence fran\u00e7aise. Il faut d\u00e9sormais r\u00e9fl\u00e9chir en termes de politique du bien commun. R\u00e9my Rioux a parl\u00e9 de la nouvelle revue \u201cGlobal Africa\u201d. Elle est un exemple de la nouvelle mani\u00e8re de faire qu&rsquo;appellent les temps. Il faut proc\u00e9der au m\u00eame type d&rsquo;exp\u00e9rimentation dans le domaine des arts, des r\u00e9cits, de la musique, du sport \u00e9videmment, mais \u00e9galement dans toutes les formes nouvelles de culture que favorisent les nouvelles technologies. Dans la diss\u00e9mination des connaissances, l&rsquo;\u00e9cole est un \u00e9l\u00e9ment important du dispositif dans la construction de ce r\u00e9cit, mais elle n&rsquo;est pas le seul.<\/p>\n<p><b>R. R. :<\/b><\/p>\n<p>Il se passe quelque chose dans nombre de pays, de villes et d&rsquo;universit\u00e9s. Il y a un r\u00e9seau d&rsquo;une bonne volont\u00e9 tout \u00e0 fait palpable. Le rapport d&rsquo;Achille Mbembe d&rsquo;octobre dernier, a particip\u00e9 \u00e0 cadrer les choses. Ce qu&rsquo;il faut maintenant, c&rsquo;est mobiliser les forces, les financements pour qu&rsquo;un plus grand nombre d&rsquo;acteurs prenne conscience de ce qui est en train de se passer. Il faut cr\u00e9er les structures nouvelles de notre relation, pour aller plus loin.<\/p>\n<p><b>A. M. :<\/b><\/p>\n<p>En fait, la plupart des recommandations faites lors du Nouveau Sommet Afrique-France gravitent autour de cette hypoth\u00e8se centrale qu&rsquo;est le r\u00e9armement intellectuel et le r\u00e9investissement dans l&rsquo;intelligence. C&rsquo;est le cas du Fonds de soutien \u00e0 l&rsquo;innovation pour la d\u00e9mocratie. C&rsquo;est aussi le cas de la Maison des mondes africains, du Campus Nomade que nous appelons de tous nos v\u0153ux, et qui devrait favoriser une meilleure circulation des savoirs, des connaissances et des chercheurs et \u00e9tudiants \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;Afrique et entre la France et l&rsquo;Europe et celle-ci. Cet imp\u00e9ratif de \u00ab d\u00e9fronti\u00e9risation \u00bb est une condition sine qua non pour la construction d&rsquo;un monde en commun. Je pense aussi \u00e0 la mise en place d&rsquo;un grand Collegium franco-africain. Ce serait un lieu sp\u00e9cialis\u00e9 o\u00f9 se rencontreraient de fa\u00e7on r\u00e9guli\u00e8re des chercheurs fran\u00e7ais et africains travaillant, en particulier, \u00e0 l&rsquo;interface des sciences humaines, des sciences sociales, des sciences de la nature, de l&rsquo;environnement et de la sant\u00e9, et de la critique de la technologie.<\/p>\n<p><b>Au regard de la situation internationale d\u00e9licate, sur quels points pensez-vous qu&rsquo;il faille porter une attention particuli\u00e8re pour maintenir l&rsquo;\u00e9quilibre souhait\u00e9 dans la construction de ce monde en commun ?<\/b><br \/>\n<b>R. R. :<\/b><\/p>\n<p>Il y a trois parties dans notre livre. Nous venons d&rsquo;\u00e9voquer la premi\u00e8re partie qui porte sur l&rsquo;Afrique-monde et la deuxi\u00e8me, autour de la th\u00e9matique du d\u00e9passement de l&rsquo;h\u00e9ritage colonial. La question qui vient apr\u00e8s tient \u00e0 la d\u00e9finition de la d\u00e9marche qui donnera \u00e0 nos relations une nouvelle forme, plus vaste, plus respectueuse, plus ambitieuse, et plus utile aussi. Ce point est crucial dans un monde de plus en plus fragment\u00e9 o\u00f9 la tentation de repli sur soi est si forte, dans un monde en \u00e9tat de guerre, \u00e0 nouveau en Europe avec l&rsquo;agression de la Russie contre l&rsquo;Ukraine. Cette brutalit\u00e9 concerne aussi l&rsquo;Afrique, avec de fortes ramifications dans les pays du Sahel par exemple.<\/p>\n<p>Notre vision, avec Achille Mbembe, n&rsquo;est pas un ang\u00e9lisme ou une absence de constat de la d\u00e9gradation de la situation internationale. Mais nous avons la conviction que quelque chose peut na\u00eetre entre l&rsquo;Afrique et l&rsquo;Europe, et que notre dialogue rec\u00e8le un potentiel d&rsquo;innovation, de construction, un m\u00e9lange in\u00e9dit du tr\u00e8s moderne et du tr\u00e8s ancien, et pour peu que nous sachions renouveler nos liens.<\/p>\n<p>C&rsquo;est l&rsquo;une des questions qui est pos\u00e9e en France \u00e0 nos concitoyens, appel\u00e9s dans les urnes pour red\u00e9finir notre projet collectif. Voulons-nous poursuivre le renouvellement de la relation entre l&rsquo;Afrique et la France, ou bien choisissons-nous une autre voie ? Notre ouvrage est une prise de position tr\u00e8s claire dans ce d\u00e9bat.<\/p>\n<p><b>A. M. :<\/b><\/p>\n<p>Au fond, tous ces d\u00e9fis tournent autour de la question du vivant, de l&rsquo;habitabilit\u00e9 de la Terre, du futur de la raison et de la d\u00e9mocratie. C&rsquo;est tout cela qui est en jeu. Nous sommes en effet \u00e0 un moment o\u00f9 le mod\u00e8le de la d\u00e9mocratie lib\u00e9rale est violemment contest\u00e9 par des forces qui pr\u00f4nent l&rsquo;uniformisation culturelle et des conceptions exclusives, voire ethniques de la citoyennet\u00e9. La b\u00eatise identitaire a le vent en poupe \u00e0 peu pr\u00e8s partout. Cela est vrai autant en Afrique, qu&rsquo;en Europe, aux \u00c9tats-Unis, en Inde et dans beaucoup d&rsquo;endroits. Un vrai repli autoritaire et un d\u00e9sir d&rsquo;Apartheid accompagnent dans beaucoup de pays ce moment de brutalisme n\u00e9olib\u00e9ral. Nous observons partout une d\u00e9tresse sociale \u00e9norme. La question est de savoir comment r\u00e9pondre \u00e0 cette d\u00e9tresse humaine. Cela peut-il \u00eatre fait par des m\u00e9canismes de repr\u00e9sentation ou de m\u00e9diation r\u00e9invent\u00e9s ? Comment y parvenir dans un contexte o\u00f9 l&rsquo;\u00e9mergence des nouvelles technologies ainsi que la pouss\u00e9e du populisme et de l&rsquo;extr\u00e9misme remettent en question la possibilit\u00e9 m\u00eame de gouverner ? En Afrique en tout cas, les r\u00e9ponses \u00e0 ces questions passent par de nouvelles mani\u00e8res d&rsquo;animation de l&rsquo;intelligence collective et une conception \u00e9largie \u00e0 la fois du vivant et de l&rsquo;en-commun.<\/p>\n<p><b>Une candidate populiste comme Marine Le Pen para\u00eet loin de cette construction d&rsquo;un monde en commun. Pourquoi ?<\/b><br \/>\n<b>R. R. :<\/b><\/p>\n<p>Permettez-moi d&rsquo;abord de signaler ma surprise de voir l&rsquo;Agence fran\u00e7aise de d\u00e9veloppement (AFD), que je dirige, mise en accusation directement dans la campagne \u00e9lectorale fran\u00e7aise. Le 13 avril dernier, lors de sa conf\u00e9rence de presse sur sa future politique internationale et dans divers \u00e9chos de presse, Madame Le Pen a \u00e9voqu\u00e9 un projet de \u00ab refonte \u00bb de l&rsquo;AFD.<\/p>\n<p>Je ne vois pas ce qui nous est pr\u00e9cis\u00e9ment reproch\u00e9 sauf peut-\u00eatre, finalement, le fait d&rsquo;\u00eatre une institution de la R\u00e9publique au service d&rsquo;une politique internationale de la France qui cherche pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 combiner, \u00e0 articuler l&rsquo;Europe et l&rsquo;Afrique, la France et le monde, l&rsquo;international et le national, comme c&rsquo;est notre projet depuis que j&rsquo;en ai pris la responsabilit\u00e9 aux lendemains de la COP21 et conform\u00e9ment au souhait de la repr\u00e9sentation nationale et du pr\u00e9sident Macron.<\/p>\n<p>Je salue le travail formidable de tous mes coll\u00e8gues de l&rsquo;AFD qui \u0153uvrent, partout dans le monde, \u00e0 tisser des liens dans tant de domaines d&rsquo;int\u00e9r\u00eat commun. Je l&rsquo;ai encore constat\u00e9, ces derni\u00e8res semaines, en me rendant en Nouvelle Cal\u00e9donie, en Indon\u00e9sie, en Ouganda, au Sud Kivu, au Rwanda puis au Niger. Avec l&rsquo;ambition de partager en France et en Europe, les innovations, les enseignements, tout ce que nous avons compris dans la centaine de pays o\u00f9 nous intervenons.<\/p>\n<p>L&rsquo;autre ligne politique, aujourd&rsquo;hui propos\u00e9e, vise \u00e0 l&rsquo;inverse \u00e0 \u00e9loigner, \u00e0 s\u00e9parer et \u00e0 opposer syst\u00e9matiquement le national et l&rsquo;international. Cela ne peut pas \u00eatre le choix des acteurs qui sont engag\u00e9s dans la coop\u00e9ration internationale<\/p>\n<p><b>A. M. :<\/b><\/p>\n<p>Madame Le Pen et son mouvement politique ne sont pas en faveur d&rsquo;un monde en commun. Ils militent ouvertement pour un rabougrissement de la France et pour une r\u00e9gression universelle. Il suffit de lire le programme du Rassemblement National, de le lire mot \u00e0 mot. Et elle le dit elle-m\u00eame de fa\u00e7on tr\u00e8s explicite. A titre d&rsquo;exemple, les \u00c9tats africains qui s&rsquo;opposeraient \u00e0 la r\u00e9admission de leurs expuls\u00e9s de France se verraient refuser toute demande de visa, se verraient refuser tout transfert d&rsquo;argent, tout versement d&rsquo;aide au d\u00e9veloppement. S&rsquo;agissant de l&rsquo;Afrique, Madame Le Pen est pour une politique, je dirais, de la terre br\u00fbl\u00e9e. Derri\u00e8re les euph\u00e9mismes de la remigration ou de la pr\u00e9f\u00e9rence nationale, se cache un projet tout \u00e0 fait dangereux de mon point de vue. Son accession au pouvoir en France augurerait, \u00e0 mon avis, une p\u00e9riode sans pr\u00e9c\u00e9dent de brutalit\u00e9 contre tous ceux qui ne sont pas des siens, \u00e9rigeant la discrimination en nouveau principe constitutionnel. Il s&rsquo;en suivrait une acc\u00e9l\u00e9ration du sentiment anti-fran\u00e7ais en Afrique.<\/p>\n<p><b>Que diriez-vous aux Africains qui s&rsquo;interrogent et ne sont pas convaincus par ce monde en commun dont nous avons parl\u00e9 pendant cet entretien ?<\/b><br \/>\n<b>R. R. :<\/b><\/p>\n<p>Dans l&rsquo;international, il y a le national. La crise du Covid-19, la crise climatique, ces grands d\u00e9fis auxquels nous faisons tous face ont montr\u00e9 avec beaucoup de clart\u00e9 la voie \u00e0 suivre. Il faut bien s\u00fbr commencer par prot\u00e9ger et vacciner ses concitoyens, ses proches. Mais nous avons aussi compris tr\u00e8s vite que la somme des protections de nos diff\u00e9rents territoires et communaut\u00e9s \u00e9tait insuffisante, si nous ne nous prot\u00e9gions pas tous. Nous avons absolument besoin d&rsquo;une capacit\u00e9 internationale d&rsquo;action, une capacit\u00e9 collective dans chaque r\u00e9gion, pourquoi pas entre l&rsquo;Europe et l&rsquo;Afrique aussi, et plus largement dans un cadre multilat\u00e9ral r\u00e9invent\u00e9. C&rsquo;est ce que nous avons appel\u00e9 dans la troisi\u00e8me partie du livre \u201cUne diplomatie du vivant\u201d. Nous y appelons \u00e0 la red\u00e9finition d&rsquo;une diplomatie capable d&rsquo;articuler le national et l&rsquo;international, de s&rsquo;\u00e9tendre \u00e0 l&rsquo;ensemble du vivant \u2013 pas seulement \u00e0 la protection des humains mais de la la biodiversit\u00e9 toute enti\u00e8re. Cette diplomatie du vivant mobiliserait des forces, non pas pour les r\u00e9\u00e9quilibrer, puisque que nous sommes d\u00e9j\u00e0 dans un monde fortement d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9, mais pour les rassembler et pour aller ensemble de l&rsquo;avant et prendre les d\u00e9cisions collectives difficiles et complexes que requiert la transformation profonde de nos soci\u00e9t\u00e9s dans les crises qui les traversent.<\/p>\n<p>Libre \u00e0 tous les Africains, \u00e0 tous les Europ\u00e9ens et \u00e0 tous les Fran\u00e7ais de s&rsquo;engager sur ce chemin ou pas, au terme d&rsquo;un d\u00e9bat d\u00e9mocratique inform\u00e9 de ces enjeux. Nous sentons, avec Achille, qu&rsquo;il existe aujourd&rsquo;hui une tr\u00e8s forte aspiration \u00e0 unrenouveau des formes d\u00e9mocratiques, pour les rendre \u00e0 nouveau ad\u00e9quates \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution de nos soci\u00e9t\u00e9s et aux p\u00e9rils qui les guettent. Et la question de la participation de la jeunesse \u00e0 nos d\u00e9lib\u00e9rations et \u00e0 nos prises de d\u00e9cision d\u00e9mocratiques est sans doute la plus pressante. Nos formes d\u00e9mocratiques sont toutes en question aujourd&rsquo;hui et ce livre s&rsquo;adresse \u00e0 tous ceux qui aspirent \u00e0 les r\u00e9inventer.<\/p>\n<p><b>Pour b\u00e2tir ce monde en commun, on a besoin de la jeunesse. Comment cr\u00e9er plus de liens entre les jeunesses africaines, fran\u00e7aises et europ\u00e9ennes ? Il y a en effet comme un gap particuli\u00e8rement visible actuellement en France \u00e0 l&rsquo;occasion de la pr\u00e9sidentielle o\u00f9 les jeunes Africains ou des diasporas sont encore per\u00e7us sous le prisme de la migration ou des revendications m\u00e9morielles.<\/b><br \/>\n<b>R. R. :<\/b><\/p>\n<p>Nous le voyons dans les urnes et dans les enqu\u00eates d&rsquo;opinion aujourd&rsquo;hui. La jeunesse, comme les diasporas du reste, expriment avec beaucoup de force leurs attentes et leurs aspirations pour un monde en commun. La lutte contre le changement climatique en est la manifestation la plus claire, mais ce combat est plus large encore. Il faut absolument trouver les instruments et les moyens de r\u00e9pondre \u00e0 cette demande qui est de nature tr\u00e8s politique, au sens le plus noble du terme.<\/p>\n<p>Il faut approfondir encore le dialogue et favoriser les \u00e9changes, pour trouver les solutions pour le d\u00e9veloppement durable. Achille Mbembe a parfaitement raison d&rsquo;encourager les jeunes chercheurs europ\u00e9ens et africains \u00e0 travailler ensemble pour rendre possibles nos transformations. Et si nous faisions de m\u00eame, avec ambition, entre nos jeunes ing\u00e9nieurs, nos jeunes m\u00e9decins, nos jeunes enseignants, que nous devons former en nombre beaucoup plus \u00e9lev\u00e9 ?<\/p>\n<p>Nous avons en Afrique, en Europe comme dans le monde entier, une crise globale de professions de l&rsquo;humain, de professions du soin, de professions de l&rsquo;\u00e9ducation. Je suis s\u00fbr que nous sommes capables de cr\u00e9er plus de mouvement entre jeunes professionnels, en tous sensIl faut pour cela penser \u00e0 une autre \u00e9chelle, entre l&rsquo;Europe et l&rsquo;Afrique ou m\u00eame au plan global, et que des institutions mettent en place les instruments d&rsquo;un tel projet.<\/p>\n<p><b>A. M. :<\/b><\/p>\n<p>Pour revenir \u00e0 cette question de la jeunesse, il y a un certain nombre d&rsquo;attentes et notamment une attente de futur. Il y a un d\u00e9sir de futur. C&rsquo;est une question qu&rsquo;il faut prendre au s\u00e9rieux. Beaucoup ont le sentiment que leur futur est gag\u00e9, que leur vie elle-m\u00eame est gag\u00e9e et qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas d&rsquo;avenir. Afin de rouvrir des perspectives d&rsquo;avenir pour tous, il ne suffira pas de louer les vertus des incubateurs, des startups ou de l&rsquo;entrepreneuriat. Il faudra aussi r\u00e9pondre \u00e0 la puissante demande de sens qui travaille les nouvelles g\u00e9n\u00e9rations confront\u00e9es \u00e0 la double menace du brutalisme \u00e9conomique et de combustion du monde.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Pour un monde commun. Regards crois\u00e9s entre l\u2019Afrique et \u00adl\u2019Europe\u00a0\u00bb (Actes Sud, 2022).<\/p>\n<p><strong>Pour plus d&rsquo;informations et d&rsquo;analyses sur la <a href=\"https:\/\/www.africa-press.net\/centrafricaine\">CentrAfricaine<\/a>, suivez <a href=\"https:\/\/www.africa-press.net\/\">Africa-Press<\/a><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Africa-Press &#8211; CentrAfricaine. 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