{"id":6444,"date":"2021-05-03T11:25:54","date_gmt":"2021-05-03T11:25:54","guid":{"rendered":"https:\/\/www.africa-press.net\/centrafricaine\/?p=6444"},"modified":"2021-05-03T13:31:30","modified_gmt":"2021-05-03T13:31:30","slug":"en-centrafrique-des-victimes-des-exactions-russes-brisent-la-loi-du-silence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.africa-press.net\/centrafricaine\/politique\/en-centrafrique-des-victimes-des-exactions-russes-brisent-la-loi-du-silence","title":{"rendered":"des victimes des exactions russes brisent la loi du silence"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #ff6600\"><strong><a href=\"https:\/\/www.africa-press.net\/\">Africa-Press<\/a> &#8211; <a href=\"https:\/\/www.africa-press.net\/centrafricaine\">CentrAfricaine<\/a>.\u00a0 <\/strong><\/span>\u00a0\u00c0 Bangui, la pr\u00e9sence des mercenaires russes et les exactions dont ils sont accus\u00e9s sont des sujets dont on parle \u00e0 voix basse, en priv\u00e9, et dans l\u2019anonymat. \u00ab C\u2019est l\u2019\u00e9l\u00e9phant au milieu de la pi\u00e8ce \u00bb, estime une source diplomatique. \u00ab On ne voit que lui, mais on fait comme s\u2019il n\u2019\u00e9tait pas l\u00e0 \u00bb. Officiellement d\u2019ailleurs, ils ne sont pas l\u00e0. Le narratif russe sur le sujet est extr\u00eamement rod\u00e9. L\u2019ambassadeur de Russie \u00e0 Bangui reconna\u00eet l\u2019envoi de 535 hommes qu\u2019il pr\u00e9sente comme des \u00ab instructeurs \u00bb qui \u00ab ne prennent pas part aux combats \u00bb, sauf \u00ab s\u2019ils sont pris pour cible \u00bb.<\/p>\n<p>De nombreuses sources s\u00e9curitaires nationales et internationales contredisent pourtant cette version. Elles \u00e9voquent 800 \u00e0 2 000 mercenaires d\u00e9ploy\u00e9s dans le pays, aux c\u00f4t\u00e9s des forces arm\u00e9es centrafricaines, souvent \u00ab en premi\u00e8re ligne \u00bb lors des affrontements et \u00e9galement pr\u00e9sents aux postes de contr\u00f4les et lieux strat\u00e9giques.<\/p>\n<p>Pour une partie de l\u2019opinion, lass\u00e9e de subir l\u2019occupation et les violences des groupes arm\u00e9s, les Russes sont des sauveurs. Ils ont jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9terminant dans la contre-offensive qui a permis de reprendre la majorit\u00e9 des grandes villes du pays. Leur action est \u00e9galement soutenue par une campagne de communication active des autorit\u00e9s. Rares sont les voix discordantes qui osent publiquement questionner leurs m\u00e9thodes, dans le climat de peur qui s\u2019est install\u00e9 dans certaines r\u00e9gions du pays.<\/p>\n<p>Le 31 mars dernier, pour la premi\u00e8re fois, un groupe d\u2019experts ind\u00e9pendants vient pourtant briser cette omerta. Dans un communiqu\u00e9, le Groupe de travail de l\u2019ONU sur l\u2019utilisation de mercenaires rattach\u00e9 au Haut-Commissariat aux droits de l\u2019homme des Nations unies de Gen\u00e8ve, d\u00e9nonce le recours accru \u00e0 des soci\u00e9t\u00e9s de s\u00e9curit\u00e9 priv\u00e9es par les autorit\u00e9s de Bangui. Et alerte sur une longue liste d\u2019exactions qui leur sont \u00ab imputables \u00bb : \u00ab ex\u00e9cutions sommaires massives, d\u00e9tentions arbitraires, torture pendant les interrogatoires, disparitions forc\u00e9es, d\u00e9placements forc\u00e9s de population civile, ciblage indiscrimin\u00e9 d\u2019installations civiles, violations du droit \u00e0 la sant\u00e9 et attaques croissantes contre les acteurs humanitaires. \u00bb<\/p>\n<p>Trois entit\u00e9s russes sont cit\u00e9es dans ce communiqu\u00e9 : le \u00ab Groupe Wagner \u00bb, consid\u00e9r\u00e9 comme le bras arm\u00e9 priv\u00e9 de Moscou, dont certains combattants sont depuis peu sous le coup d\u2019une plainte pour un possible crime de guerre en Syrie ; \u00ab Sewa Security Services\u00bb, soci\u00e9t\u00e9 de droit centrafricain fond\u00e9e \u00e0 Bangui en 2017 et consid\u00e9r\u00e9e comme la filiale de Wagner dans le pays ; et enfin \u00ab Lobaye Invest SARLU \u00bb, une soci\u00e9t\u00e9 mini\u00e8re fond\u00e9e en Centrafrique en 2017, dont l\u2019un des responsables a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9 sous sanctions par les \u00c9tats-Unis. Le Groupe de travail dit avoir recueilli les preuves de leur \u00ab implication dans une s\u00e9rie d\u2019attaques violentes \u00bb survenues en Centrafrique depuis d\u00e9cembre dernier.<\/p>\n<p>Plusieurs rapports internes des Nations unies que RFI a consult\u00e9s viennent \u00e9tayer ces accusations. L\u2019un d\u2019eux recense au moins une centaine de victimes de violations des droits de l\u2019homme et du droit international humanitaire commises soit par les Faca et leurs alli\u00e9s russes soit par les \u00e9l\u00e9ments russes seuls, entre le 1er janvier 2021 et mi-avril. Parmi ces violations : 26 ex\u00e9cutions extrajudiciaires, 5 viols ainsi que 27 cas d\u2019arrestations arbitraires et de privation de libert\u00e9. \u00ab De nombreux civils ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s ou bless\u00e9s (\u2026) bien qu\u2019ils soient tr\u00e8s loin de cibles militaires l\u00e9gitimes \u00bb, pr\u00e9cisent les auteurs de ce rapport.<\/p>\n<p>Parmi les pr\u00e9fectures les plus affect\u00e9es : celle de la Ouaka, au nord-est de Bangui. Pendant deux mois, Bambari, chef-lieu de cette pr\u00e9fecture, situ\u00e9e \u00e0 370 kilom\u00e8tres de la capitale, a v\u00e9cu sous le joug des rebelles de la Coalition des Patriotes pour le changement (CPC) men\u00e9e par l\u2019ex-pr\u00e9sident Boziz\u00e9. Ils y ont emp\u00each\u00e9 la tenue de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle le 27 d\u00e9cembre et impos\u00e9 aux populations un climat de violences : menaces, taxations, arrestations. Le 15 f\u00e9vrier 2021, les Faca et leurs alli\u00e9s russes entrent \u00e0 Bambari pour reprendre la localit\u00e9.<\/p>\n<p><b>\u00ab Ils voulaient tuer des gens \u00bb<\/b><\/p>\n<p>Ce jour-l\u00e0, les \u00ab instructeurs russes \u00bb, cens\u00e9s ne pas combattre, jouent un r\u00f4le d\u00e9cisif. La r\u00e9bellion leur oppose une r\u00e9sistance farouche. Les combats sont violents. Ils font notamment rage autour de la mosqu\u00e9e Al-Takwa, situ\u00e9e non loin d\u2019une base de l\u2019UPC, un groupe arm\u00e9 issu de l\u2019ex-S\u00e9l\u00e9ka, aujourd\u2019hui membre de la r\u00e9bellion. Fuyant la progression des Russes, des rebelles se replient \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la mosqu\u00e9e, o\u00f9 des civils avaient trouv\u00e9 refuge.<\/p>\n<p>\u00ab Les rebelles sont entr\u00e9s et les Russes ont tir\u00e9 tout de suite, alors qu\u2019il y avait des civils \u00bb, rapporte un t\u00e9moin. \u00ab Les Russes sont entr\u00e9s et ont cri\u00e9 : \u201cO\u00f9 est S\u00e9l\u00e9ka ? O\u00f9 est S\u00e9l\u00e9ka ?\u201d \u00bb, affirme un autre habitant de Bambari pr\u00e9sent sur les lieux. \u00ab L\u2019imam a dit : \u201cCouchez-vous ! Couchez-vous !\u201d Puis les Russes ont commenc\u00e9 \u00e0 tirer n\u2019importe o\u00f9. J\u2019\u00e9tais d\u00e9pass\u00e9. Il y avait des femmes et des enfants \u00bb, poursuit cet habitant qui se souvient avoir aper\u00e7u juste avant de s\u2019enfuir un v\u00e9hicule arm\u00e9 d\u2019une mitrailleuse positionn\u00e9 dans sa direction.<\/p>\n<p>Deux rapports confidentiels que RFI a pu consulter corroborent le r\u00e9cit de ces t\u00e9moins. L\u2019un d\u2019eux, sign\u00e9 de la division des droits de l\u2019homme de la Mission onusienne dans le pays (Minusca) conclut \u00e0 \u00ab un usage excessif de la force \u00bb de la part des mercenaires russes. Selon ce document, \u00ab trois jeunes hommes \u00bb sont \u00ab ex\u00e9cut\u00e9s \u00bb \u00e0 la mosqu\u00e9e ce 15 f\u00e9vrier \u00ab par les Faca et les forces russes \u00bb. \u00ab Ils n\u2019ont pas cherch\u00e9 \u00e0 savoir qui \u00e9tait rebelle et qui \u00e9tait civil. Ils voulaient tuer des gens \u00bb, abonde une source s\u00e9curitaire. Des photos prises apr\u00e8s les combats t\u00e9moignent de l\u2019usage d\u2019armes lourdes au regard des impacts.<\/p>\n<p>Le m\u00eame jour, une sc\u00e8ne similaire se r\u00e9p\u00e8te au centre de sant\u00e9 urbain Elevage \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du camp de d\u00e9plac\u00e9s du m\u00eame nom. Les versions divergent sur la chronologie des faits mais convergent sur un point : les \u00e9l\u00e9ments russes engagent le feu dans le centre de sant\u00e9. Au moins un civil est tu\u00e9, selon un t\u00e9moignage corrobor\u00e9 par l\u2019un des rapports confidentiels que RFI a consult\u00e9s. \u00ab Qu\u2019il s\u2019agisse de lieux prot\u00e9g\u00e9s par le droit international humanitaire, ce n\u2019est pas leur probl\u00e8me. De toute fa\u00e7on, ils ne le connaissent pas \u00bb, d\u00e9plore une source humanitaire.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019issue de deux jours de combats \u00e0 Bambari, les cadavres sont rassembl\u00e9s dans l\u2019enceinte de la mosqu\u00e9e : une quinzaine au total, selon une vid\u00e9o visionn\u00e9e par RFI et authentifi\u00e9e par Amnesty International. Un t\u00e9moin pr\u00e9sent lors de l\u2019identification de ces corps assure que parmi eux se trouvaient \u00ab des enfants, des vieilles femmes, et des personnes \u00e2g\u00e9es, victimes de balles perdues \u00bb.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9poque, tr\u00e8s peu d\u2019informations filtrent sur ces \u00e9v\u00e9nements sanglants. Mais en coulisses, le trouble grandit \u00e0 Bangui. Le 23 f\u00e9vrier, une d\u00e9l\u00e9gation compos\u00e9e de plusieurs chefs d\u2019agences et d\u2019ONG (Unicef, Ocha, UNHCR, OMS, UNFPA et CCO), du chef de la s\u00fbret\u00e9 et de la s\u00e9curit\u00e9 des Nations unies (UNDSS) et d\u2019un repr\u00e9sentant de l\u2019ambassade de France se d\u00e9place \u00e0 Bambari pour \u00ab s\u2019enqu\u00e9rir de la situation \u00bb. Mais la mission est \u00e9court\u00e9e, \u00ab sur demande du pr\u00e9fet de la Ouaka qui a indiqu\u00e9 ne pas avoir \u00e9t\u00e9 officiellement saisi \u00bb de cette mission, selon le rapport r\u00e9dig\u00e9 \u00e0 l\u2019issue de ce d\u00e9placement.<\/p>\n<p><b>Je suis vivant par la gr\u00e2ce de Dieu \u00bb<\/b><\/p>\n<p>Six semaines plus t\u00f4t, un autre incident survenu \u00e0 un poste de contr\u00f4le avait d\u00e9j\u00e0 suscit\u00e9 l\u2019inqui\u00e9tude sur les m\u00e9thodes employ\u00e9es par les Russes. Ce 28 d\u00e9cembre 2020, les hommes de Moscou sont positionn\u00e9s, comme souvent, aux c\u00f4t\u00e9s des Faca \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de Grimari, \u00e0 80 km \u00e0 l\u2019ouest de Bambari sur la route menant \u00e0 Bangui. Un camion transportant des marchandises et une trentaine de civils ne s\u2019arr\u00eate pas \u00e0 un check point, malgr\u00e9 les avertissements des Faca. Les Russes ouvrent le feu. Bilan : trois civils tu\u00e9s et 15 autres bless\u00e9s, selon un rapport toujours confidentiel des Nations unies.<\/p>\n<p>\u00ab Des coll\u00e8gues qui \u00e9taient \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi ont \u00e9t\u00e9 touch\u00e9s par les tirs. On a essay\u00e9 de se cacher dans le camion, mais ils continuaient \u00e0 tirer \u00bb, raconte Michel (*), interrog\u00e9 dans un \u00e9tablissement de sant\u00e9 peu apr\u00e8s l\u2019incident. \u00ab Moi-m\u00eame, j\u2019ai re\u00e7u quatre balles. Je suis vivant par la gr\u00e2ce de Dieu \u00bb, poursuit ce t\u00e9moin. Pourquoi le camion ne s\u2019est pas arr\u00eat\u00e9 ? \u00ab C\u2019est un vieil engin, peu maniable. Il faut du temps pour r\u00e9trograder. Et le barrage n\u2019\u00e9tait pas visible de loin \u00bb, explique quelques semaines plus tard \u00e0 RFI un membre de l\u2019\u00e9quipage, gravement bless\u00e9. Un \u00e9pais pansement lui recouvre l\u2019\u0153il gauche, transperc\u00e9 par une balle ce jour-l\u00e0.<\/p>\n<p>Toutes les personnes interrog\u00e9es t\u00e9moignent, dans ce cas aussi, d\u2019un usage excessif de la force. Selon le rapport interne et confidentiel r\u00e9dig\u00e9 par la Minusca, aucun des passagers n\u2019\u00e9tait en tenue militaire. Les pneus et le moteur du v\u00e9hicule ont \u00e9t\u00e9 \u00e9pargn\u00e9s par les tirs. La cabine o\u00f9 se trouvaient les passagers a en revanche, elle, \u00e9t\u00e9 cibl\u00e9e. Cela \u00ab peut indiquer que les tireurs avaient l\u2019intention de tuer autant de personnes que possible \u00bb, conclut ce rapport.<\/p>\n<p>\u00ab \u00c0 la fin, un soldat russe a sorti une arme lourde, il voulait d\u00e9truire le camion \u00bb, raconte encore Michel. \u00ab C\u2019est un Faca, dit-il, qui s\u2019est interpos\u00e9 pour l\u2019en emp\u00eacher \u00bb. L\u2019\u00ab arme lourde \u00bb dont parle Michel \u00e9tait une \u00ab roquette \u00bb, selon le rapport interne des Nations unies, qui pr\u00e9cise : \u00ab Le pire a \u00e9t\u00e9 \u00e9vit\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p><b>A Bambari, de nombreuses arrestations arbitraires<\/b><\/p>\n<p>Retour \u00e0 Bambari. Le 16 f\u00e9vrier, la ville est donc officiellement \u00ab lib\u00e9r\u00e9e \u00bb. Pour les habitants, c\u2019est la fin d\u2019une douloureuse occupation par les groupes arm\u00e9s. C\u2019est aussi le d\u00e9but des op\u00e9rations de ratissage men\u00e9es par les Faca et leurs alli\u00e9s russes. Selon des sources concordantes, dans leur traque, ces derniers proc\u00e8dent \u00e0 de nombreuses arrestations, dont m\u00eame certaines autorit\u00e9s centrafricaines d\u00e9noncent, dans l\u2019anonymat, le caract\u00e8re \u00ab syst\u00e9matique \u00bb et \u00ab arbitraire \u00bb. \u00ab Les rebelles se fondent au sein de la population pour tenter d\u2019\u00e9chapper aux forces de s\u00e9curit\u00e9 \u00bb, justifie une source proche du minist\u00e8re centrafricain de la Justice, tout en d\u00e9plorant, elle aussi, le \u00ab flou juridique \u00bb qui entoure ces arrestations. Combien de personnes ont-\u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9es au cours de ces op\u00e9rations ? Sur la base de quels \u00e9l\u00e9ments de preuve ? O\u00f9 sont-elles ? En l\u2019absence de communication officielle sur le sujet, impossible de r\u00e9pondre \u00e0 ces questions.<\/p>\n<p>Une chose est s\u00fbre, ces derni\u00e8res semaines la liste des familles \u00e0 la recherche de leurs proches disparus s\u2019allonge \u00e0 Bambari. Plusieurs t\u00e9moins expriment leur crainte d\u2019\u00eatre arr\u00eat\u00e9s sur la base d\u2019une simple suspicion d\u2019appartenance \u00e0 la r\u00e9bellion ou suite \u00e0 une d\u00e9nonciation. \u00ab Certains de mes voisins ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s, simplement parce qu\u2019ils \u00e9taient montr\u00e9s du doigt comme faisant partie de la CPC. Quelqu\u2019un dit : \u201ccelui-l\u00e0 c\u2019est un ami ou un beau-fr\u00e8re d\u2019un CPC\u201d. Et m\u00eame si ce sont des mensonges, on t\u2019arr\u00eate \u00bb, raconte Abou* un habitant de Bambari. \u00ab Mon fr\u00e8re a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 en plein centre-ville apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9nonc\u00e9 par un de ses coll\u00e8gues \u00bb, t\u00e9moigne aussi Fran\u00e7ois*. Lib\u00e9r\u00e9 depuis, gr\u00e2ce aux bonnes relations de sa famille avec les forces arm\u00e9es, le jeune homme a d\u2019abord, selon son fr\u00e8re, \u00e9t\u00e9 conduit \u00e0 la police, puis cagoul\u00e9 et emmen\u00e9 au camp Setero de Bambari o\u00f9 les mercenaires russes se sont install\u00e9s.<\/p>\n<p>Lorsque nous rencontrons Marthe*, \u00e0 Bangui, cela fait d\u00e9j\u00e0 un mois qu\u2019elle est \u00e0 la recherche de son fils disparu, depuis son arrestation \u00e0 Bambari le 23 f\u00e9vrier. Des t\u00e9moins, dit-elle, lui ont racont\u00e9 l\u2019avoir vu \u00eatre embarqu\u00e9 avec deux de ses amis, en plein march\u00e9 o\u00f9 il tenait un petit commerce, puis emmen\u00e9 dans une voiture par des hommes en tenue l\u2019accusant, lui aussi, d\u2019\u00eatre un membre de la CPC, ce que sa m\u00e8re nie. \u00ab Je l\u2019ai d\u2019abord cherch\u00e9 en vain \u00e0 la police, puis \u00e0 la gendarmerie, puis je suis all\u00e9e au camps des Russes \u00bb, raconte Marthe. \u00ab La premi\u00e8re fois, un Faca sur place m\u2019a dit : \u201cIl n\u2019est plus ici, il ne faut plus revenir. Si tu reviens, on va te tuer\u201d. \u00bb Trois jours apr\u00e8s, Marthe d\u00e9cide pourtant de tenter sa chance \u00e0 nouveau. Cette fois on l\u2019informe que son fils aurait \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 Bangui. Une fois dans la capitale, Marthe sillonne tous les lieux possibles de d\u00e9tention connus. En vain. \u00ab Dans mon quartier, les gens me conseillent d\u2019arr\u00eater mes recherches. Ils disent que c\u2019est trop dangereux. \u00bb<\/p>\n<p><b>Climat de suspicion g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9<\/b><\/p>\n<p>Ces arrestations participent au climat de peur engendr\u00e9 par la pr\u00e9sence des mercenaires russes dans certaines r\u00e9gions du pays, et qui transpire au fil de cette enqu\u00eate. Malgr\u00e9 les esp\u00e9rances qu\u2019avaient soulev\u00e9es leur intervention au sein de la population, la m\u00e9fiance grandit. \u00ab Nous aussi on en avait marre des rebelles. Quand on a appris que les Russes arrivaient, on a estim\u00e9 que c\u2019\u00e9tait une bonne nouvelle \u00bb, t\u00e9moigne le proche d\u2019un autre disparu de Bambari. \u00ab Mais quand on voit ce qu\u2019ils font aujourd\u2019hui, on se demande s\u2019ils sont venus pour s\u2019en prendre aux rebelles ou \u00e0 nous, les civils. \u00bb Une autre habitant, r\u00e9sume, amer : \u00ab En janvier nous \u00e9tions sous la coupe de l\u2019ex-S\u00e9l\u00e9ka. Maintenant nous sommes entre le marteau et l\u2019enclume. \u00bb<\/p>\n<p>Marthe esp\u00e8re encore qu\u2019elle retrouvera son fils, et redoute de faire le trajet retour vers Bambari. \u00ab Les Russes ont \u00e9rig\u00e9 une barri\u00e8re sur la route \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de Grimari. \u00c0 l\u2019aller, j\u2019y suis pass\u00e9e en bus. Ils ont fait descendre tout le monde, et nous ont fouill\u00e9s un \u00e0 un. Les hommes sont d\u00e9shabill\u00e9s. Et si tu as une petite cicatrice, m\u00eame d\u2019accident ou de soins m\u00e9dicaux sur le corps, on te soup\u00e7onne d\u2019\u00eatre un balaka ou un ex-S\u00e9l\u00e9ka. Et tu es foutu \u00bb, raconte Marthe. En Centrafrique, certains combattants portent des scarifications. Aux yeux des Russes, toute trace pouvant y faire penser ou \u00eatre assimil\u00e9e \u00e0 des blessures au cours des combats, est consid\u00e9r\u00e9e comme un signe d\u2019appartenance \u00e0 la r\u00e9bellion. Ce jour-l\u00e0, selon Marthe, certains passagers ne sont pas remont\u00e9s dans le bus. Combien ? Cette m\u00e8re de famille ne sait pas le dire. \u00ab Tout le monde a tellement peur, que quand on te permet de continuer ta route, tu ne poses pas de question. C\u2019est chacun pour soi \u00bb, raconte-t-elle.<\/p>\n<p>Ces t\u00e9moignages sur la recherche de cicatrices reviennent r\u00e9guli\u00e8rement au fil de notre enqu\u00eate. \u00ab Quand quelqu\u2019un est malade ici, on le soigne traditionnellement. On incise la peau de la personne avec des lames pour appliquer des produits traditionnels. Quand les Russes voient \u00e7a, ils disent que tu es un CPC. Et c\u2019est fini pour toi \u00bb, d\u00e9taille une autorit\u00e9 de la r\u00e9gion de Bossangoa, \u00e0 300 kilom\u00e8tres au nord-ouest de Bangui, t\u00e9moin de ces fouilles serr\u00e9es.<\/p>\n<p>Bossangoa est le fief du groupe arm\u00e9 anti-balaka de l\u2019ancien pr\u00e9sident et d\u00e9sormais coordonnateur g\u00e9n\u00e9ral de la CPC, Fran\u00e7ois Boziz\u00e9. L\u00e0-bas, peut-\u00eatre plus qu\u2019ailleurs, la crainte des arrestations arbitraires est pr\u00e9sente. Les t\u00e9moignages contre les agissements des Russes y sont nombreux. Deux rapports hebdomadaires produits par les Nations unies que nous avons consult\u00e9 rapportent les abus qui y sont commis par des \u00ab soldats des forces bilat\u00e9rales \u00bb \u2013 l\u2019euph\u00e9misme utilis\u00e9 par l\u2019ONU pour d\u00e9signer les mercenaires russes. Fin mars dans la r\u00e9gion, plusieurs cas de civils bless\u00e9s pris pour cibles sur la base d\u2019un simple soup\u00e7on d\u2019appartenance \u00e0 la CPC y sont signal\u00e9s.<\/p>\n<p><b>Viols collectifs<\/b><\/p>\n<p>Parmi les violations des droits de l\u2019homme \u00e9galement document\u00e9es, en toute discr\u00e9tion, par les Nations unies, il y a les violences sexuelles. Dans un de ses rapports dat\u00e9s du 25 f\u00e9vrier, consignant une s\u00e9rie d\u2019\u00ab exactions attribu\u00e9es aux forces alli\u00e9es russes \u00bb, un cas de viol collectif est d\u00e9taill\u00e9. \u00c0 Yalok\u00e9, \u00e0 200 kilom\u00e8tres au nord-ouest de la capitale, six hommes ont cass\u00e9 la porte de la maison d\u2019une femme de 24 ans et \u00ab l\u2019ont viol\u00e9e collectivement (3 de ces \u00e9l\u00e9ments) sous la menace de leurs armes entre 23h et 2h du matin \u00bb, peut-on lire dans ce document. En la mati\u00e8re, les all\u00e9gations sont nombreuses. RFI a recueilli plusieurs t\u00e9moignages, toujours anonymes, pour des raisons de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p>C\u2019est donc \u00e0 l\u2019abri des regards que Gabriella*, la vingtaine, accepte de nous parler. Ce 15 f\u00e9vrier \u00e0 Bangui, la jeune fille cherche en vain une moto-taxi pour rentrer chez elle, alors qu\u2019approche l\u2019horaire du couvre-feu. Un v\u00e9hicule s\u2019arr\u00eate \u00e0 sa hauteur. \u00c0 l\u2019int\u00e9rieur, sept hommes en tenue militaire. \u00ab C\u2019\u00e9taient des Russes, un seul parlait fran\u00e7ais. Un autre portait une barbe et des tatouages \u00bb, se souvient la jeune femme. \u00ab Ils m\u2019ont propos\u00e9 de monter dans leur voiture. J\u2019ai pens\u00e9 qu\u2019ils allaient me d\u00e9poser pr\u00e8s de chez moi. Je suis mont\u00e9e. Et ils m\u2019ont emmen\u00e9e. \u00bb<\/p>\n<p>Gabriella comprend tr\u00e8s vite le pi\u00e8ge qui vient de lui \u00eatre tendu. Elle est ensuite conduite dans un lieu inconnu. Elle rep\u00e8re des armes, des lits, puis se souvient avoir \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9e dans une pi\u00e8ce encombr\u00e9e de cartons, avec pour unique meuble un matelas pos\u00e9 \u00e0 m\u00eame le sol. Encore sous le choc, Gabriella raconte avec difficult\u00e9 le calvaire qui s\u2019ensuit : un viol collectif qui dure toute la nuit. \u00ab Un premier homme est venu. J\u2019ai pens\u00e9 que c\u2019\u00e9tait termin\u00e9. Mais d\u2019autres hommes sont arriv\u00e9s \u00bb. Cinq Russes abusent d\u2019elle cette nuit-l\u00e0, les uns apr\u00e8s les autres, raconte la jeune femme. \u00ab Ils m\u2019ont tortur\u00e9e comme un animal. Je ne comprends pas. Je suis un \u00eatre humain comme eux \u00bb, lance Gabriella. Elle est lib\u00e9r\u00e9e le lendemain matin avec l\u2019injonction de garder le silence sous peine de repr\u00e9sailles. Aujourd\u2019hui, elle dit ressentir de la peur \u00e0 la seule vue d\u2019un homme blanc en tenue militaire. \u00ab Je pensais que les Russes \u00e9taient l\u00e0 pour nous secourir \u00bb, r\u00e9p\u00e8te-t-elle.<\/p>\n<p>Ces accusations de viol touchent tous les acteurs du conflit en cours. En janvier, RFI alertait sur une augmentation des cas de violences sexuelles \u00e0 Bouar commis par les rebelles de la CPC. Parmi ces violences, des viols ont cibl\u00e9 notamment \u00ab des femmes des Faca \u00bb, rapportait alors une source s\u00e9curitaire. Plus r\u00e9cemment de retour d\u2019une mission d\u2019\u00e9valuation \u00e0 Bambari au nord-ouest de Bangui, la coordination humanitaire de l\u2019ONU (Ocha) s\u2019alarmait dans un rapport confidentiel lui-aussi, d\u2019une \u00ab inqui\u00e9tante recrudescence des cas de violences sexuelles \u00bb au cours des derniers mois dans la ville et ses environs.<\/p>\n<p><b>Pillages, saccages et occupation de b\u00e2timents publics<\/b><\/p>\n<p>Un autre aspect des m\u00e9thodes employ\u00e9es par les Russes interpelle les observateurs \u00e0 Bangui : les pillages qui se multiplient. \u00ab Quand ils sont arriv\u00e9s, les Russes ont tout pris. Ils prennent tout \u00bb, raconte une autorit\u00e9 de la r\u00e9gion de Bossangoa. \u00ab Ils tuent m\u00eame les cochons. Ils n\u2019ach\u00e8tent pas de nourriture. Quand ils ont envie de manger, ils tuent les b\u00eates que les gens \u00e9l\u00e8vent. Ils les ramassent et ils les mangent. Ils ramassent les matelas en mousse, sur lesquelles les gens dorment, et m\u00eame les chaises en plastique. Ils pillent trop ! \u00bb, s\u2019\u00e9nerve cette personnalit\u00e9. L\u2019argent, la nourriture mais aussi les motos ainsi que les t\u00e9l\u00e9phones.<\/p>\n<p>Bossangoa et sa r\u00e9gion sont consid\u00e9r\u00e9es comme le fief de l\u2019ex-pr\u00e9sident Boziz\u00e9, coordonnateur de la r\u00e9bellion CPC. Cette dimension a sans doute jou\u00e9 dans la violence focalis\u00e9e contre les biens de ces communaut\u00e9s en particulier. Un rapport r\u00e9dig\u00e9 par une source s\u00e9curitaire sur les diff\u00e9rentes op\u00e9rations militaires qui y ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es depuis fin f\u00e9vrier fait \u00e9tat de plusieurs civils tu\u00e9s, de maisons incendi\u00e9es, et de vivres pill\u00e9s.<\/p>\n<p>Dans la commune de Benzambe, berceau des Boziz\u00e9, une organisation locale a \u00e9galement recens\u00e9 plus 120 habitations br\u00fbl\u00e9es, dont la maison familiale de l\u2019ex-pr\u00e9sident. Les Forces centrafricaines et les Russes \u00e9taient sur les lieux au moment des incendies, pr\u00e9cise un membre de cette organisation, toujours encore en train de travailler pour d\u00e9terminer les circonstances exactes de ce qu\u2019il qualifie avec euph\u00e9misme de \u00ab d\u00e9rapages \u00bb. \u00ab Les Russes ont br\u00fbl\u00e9 toutes les maisons \u00bb, raconte Jacques, un habitant de cette localit\u00e9, qui a d\u00fb se r\u00e9fugier dans la brousse. \u00ab Il y a eu trop de destructions \u00bb, d\u00e9plore-t-il.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 la lib\u00e9ration d\u2019une partie de la r\u00e9gion de Bossangoa, certains d\u00e9plac\u00e9s h\u00e9sitent encore \u00e0 retourner chez eux. Certains t\u00e9moins \u00e9voquent un climat de \u00ab psychose \u00bb. \u00ab Il ne faut pas perdre de vue que l\u2019arriv\u00e9e des Russes \u00e0 Bossangoa a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e d\u2019une campagne de d\u00e9nigrement orchestr\u00e9e par les groupes arm\u00e9s. C\u2019est pour cela qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 accueillis avec une grande m\u00e9fiance \u00bb, avance en guise d\u2019explication une autorit\u00e9 religieuse. D\u2019autant, pr\u00e9cise-t-il, que les groupes arm\u00e9s continuent \u00e0 s\u2019en prendre aux civils r\u00e9fugi\u00e9s en brousse. \u00ab Je reviens d\u2019une visite pastorale \u00e0 30 kilom\u00e8tres au nord de Bossangoa, les gens se plaignent parce que les anti-balaka continuent de les traquer en brousse. Ils prennent la population en otage pour pouvoir survivre. \u00bb Car si les grandes villes ont \u00e9t\u00e9 \u00ab lib\u00e9r\u00e9es \u00bb, des \u00e9l\u00e9ments des groupes arm\u00e9s sont encore dans la brousse, notamment dans le nord-ouest du pays, et poursuivent leur harc\u00e8lement contre les populations.<\/p>\n<p>Fait aussi r\u00e9guli\u00e8rement reproch\u00e9 aux paramilitaires russes : l\u2019occupation de b\u00e2timents publics dont des \u00e9coles et des \u00e9glises, selon un document de travail interne des Nations unies. \u00c0 Bossangoa, les Russes occupent aujourd\u2019hui encore la mairie. \u00c0 Boukoko, \u00e0 quelques kilom\u00e8tres au nord de Mba\u00efki, une ville situ\u00e9e \u00e0 110 kilom\u00e8tres au sud-ouest de la capitale, c\u2019est dans un centre de recherche agricole public qu\u2019ils se sont install\u00e9s. Ils sont rest\u00e9s deux mois. \u00ab Les Russes sont arriv\u00e9s les premiers, les Faca \u00e9taient \u00e0 l\u2019arri\u00e8re. Ce jour-l\u00e0, j\u2019ai entendu les balles siffler et je suis parti en courant. Ils tiraient \u00e0 bout portant \u00bb, t\u00e9moigne un habitant. Il parle vite, comme encore \u00e9tonn\u00e9 par le souvenir de ce jour, de la violence employ\u00e9e alors que, selon lui, les rebelles \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 partis. \u00ab Ils ont commenc\u00e9 \u00e0 piller, \u00e0 casser les portes et les emporter pour en faire des lits, prendre les matelas chez les gens. Chez moi ils ont pris mes chaussures, mes panneaux solaires et mes ustensiles de cuisine \u00bb, d\u00e9crit-il.<\/p>\n<p>RFI a pu visionner des photos prises dans la station peu apr\u00e8s le d\u00e9part des forces russes. Elles confirment les descriptions de saccages. Sur les murs de ce qui \u00e9tait autrefois la biblioth\u00e8que, on aper\u00e7oit de larges taches de sang. \u00ab C\u2019est vrai que quand ils sont venus les rebelles sont partis. Mais une arm\u00e9e conventionnelle est cens\u00e9e prot\u00e9ger les civils et les institutions. Nous, ils nous faisaient peur. C\u2019\u00e9tait un cauchemar leur pr\u00e9sence \u00bb, tremble-t-il encore. Selon cet habitant, peu osaient s\u2019aventurer aux abords de la base russe. Sauf en cas d\u2019extr\u00eame n\u00e9cessit\u00e9, pour aller n\u00e9gocier une indispensable autorisation de d\u00e9placement.<\/p>\n<p><b>\u00ab La zone est min\u00e9e \u00bb<\/b><\/p>\n<p>Les Russes ont finalement quitt\u00e9 Boukoko le 16 f\u00e9vrier pour poursuivre leur offensive plus au nord dans le pays. Non sans laisser des traces derri\u00e8re eux. Notamment un \u00e9trange engin non identifi\u00e9, raconte Martial*, un habitant, encore tout effray\u00e9. \u00ab \u00c7a ressemble \u00e0 une mine. C\u2019est un tube, reli\u00e9 \u00e0 un fil. Ils l\u2019ont laiss\u00e9 sous un arbre \u00bb, t\u00e9moigne Martial. Selon lui, les Russes en avaient dispos\u00e9s \u00e0 plusieurs endroits de Boukoko. Et celui-ci est rest\u00e9. \u00ab Le maire a demand\u00e9 aux Faca de l\u2019enlever, mais ils ne savent pas comment faire. Alors on a mis des bois autour pour que les enfants n\u2019y aillent pas. \u00bb De quoi s\u2019agit-il ? Une mine ou un autre engin ? Difficile \u00e0 dire. Personne n\u2019ose s\u2019en approcher. Encore moins le toucher.<\/p>\n<p>Cette all\u00e9gation, elle non plus, n\u2019est pas isol\u00e9e. Le 10 janvier, le Premier ministre Firmin Ngrebada se rendait \u00e0 Boali, \u00e0 moins de 100 kilom\u00e8tres au nord de Bangui, pour remonter le moral des troupes qui combattent alors au front. Des journalistes ont \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s \u00e0 couvrir le d\u00e9placement. Devant eux, le lieutenant-colonel Wallo, \u00e0 la t\u00eate du BIT6, en charge de l\u2019op\u00e9ration sur ce front, avertit le Premier ministre qu\u2019il ne peut pas le laisser approcher de sa r\u00e9sidence, car \u00ab la zone est min\u00e9e \u00bb. Un peu plus tard ce m\u00eame jour, alors que les forces se mettent en rang \u00e0 la limite de la zone sous leur contr\u00f4le pour recevoir une r\u00e9compense de la part du Premier ministre, une explosion est entendue. Rire g\u00e9n\u00e9ral dans les rangs. \u00ab La zone est min\u00e9e \u00bb, r\u00e9p\u00e8tent-ils.<\/p>\n<p>Propagande ou r\u00e9alit\u00e9 ? Un document interne des Nations unies parle de \u00ab suspicions \u00bb. Il confirme en revanche l\u2019utilisation de \u00ab Booby Trap \u00bb (pi\u00e8ges) dans certaines r\u00e9gions, en violation \u00ab des principes de conduite des hostilit\u00e9s \u00bb. \u00ab Une chose est s\u00fbre, il y a une volont\u00e9 de communiquer autour de la pr\u00e9sence sur le terrain d\u2019engins pi\u00e9g\u00e9s \u00bb, note un observateur avis\u00e9. \u00ab Probablement \u00e0 des fins strat\u00e9giques \u00bb, dit-il, pour prendre l\u2019ascendant psychologique et cr\u00e9er la psychose parmi les groupes arm\u00e9s. Et notamment les dissuader d\u2019emprunter les chemins de transhumance qui leur permettent de contourner les axes o\u00f9 se concentrent les forces alli\u00e9es.<\/p>\n<p>Le 11 janvier dernier, la chute d\u2019un autre \u00ab engin \u00bb non identifi\u00e9 sur le march\u00e9 de Ndanga, \u00e0 l\u2019ouest de Bangui, avait \u00e9galement sem\u00e9 la panique. Bilan : 10 morts et 16 bless\u00e9s de sources concordantes. Il est attest\u00e9 qu\u2019un drone russe survolait la zone \u00e0 ce moment-l\u00e0. \u00c0 cette \u00e9poque, Fran\u00e7ois Boziz\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 localis\u00e9 dans la zone mais de source s\u00e9curitaire, les rebelles s\u2019\u00e9taient d\u00e9j\u00e0 retir\u00e9s au moment o\u00f9 l\u2019engin est tomb\u00e9. Contact\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9poque, la Minusca assurait ne pas \u00eatre au courant de cet \u00e9v\u00e9nement. De quel engin s\u2019agissait-il ? \u00c9tait-ce \u00ab un drone \u00e9quip\u00e9 \u00bb comme l\u2019assure la Coordination des organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile pour la paix en Centrafrique dans une lettre adress\u00e9e le 2 mars au pr\u00e9sident de l\u2019Assembl\u00e9e nationale ? Personne ne semble en mesure de le dire.<\/p>\n<p><b>\u00ab On documente ce qu\u2019il se passe en cachette \u00bb<\/b><\/p>\n<p>Dans un pays o\u00f9 l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la justice est difficile, beaucoup craignent \u00e0 Bangui que les violations des droits de l\u2019homme imput\u00e9es aux Russes restent impunies. \u00c0 plusieurs reprises au cours de cette enqu\u00eate, RFI a contact\u00e9 des sources qui disaient envisager de porter plainte contre les agissements des paramilitaires russes, avant de renoncer. \u00ab Si tu d\u00e9nonces ce qu\u2019ils font, tu seras imm\u00e9diatement tax\u00e9 d\u2019\u00eatre pro-Boziz\u00e9. C\u2019est un climat de terreur, s\u2019emporte une source de la soci\u00e9t\u00e9 civile. Beaucoup de gens nous contactent pour nous rapporter ce qu\u2019il se passe mais refusent de porter plainte. \u00bb Des cas de menaces de mort contre les rares qui s\u2019y sont risqu\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 signal\u00e9s. \u00ab Alors, on documente ce qu\u2019il se passe en cachette en attendant que la paix revienne \u00bb, abonde un \u00e9lu.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tat d\u2019urgence et les interdictions de circuler qu\u2019entra\u00eenent les op\u00e9rations en cours freinent \u00e9galement les possibilit\u00e9s d\u2019enqu\u00eates et la collecte de preuves. \u00ab Les Russes ne veulent pas qu\u2019on les prenne en photo \u00bb, assure un \u00e9lu. \u00ab Si tu sors ton t\u00e9l\u00e9phone, ils vont l\u2019arracher, poursuit-il. Ils ne veulent pas de t\u00e9moins. \u00bb \u00c0 cela s\u2019ajoute la petite musique de la propagande qui s\u2019est install\u00e9e. Impossible de critiquer les agissements des Russes sur le terrain sans \u00eatre per\u00e7u comme un opposant \u00e0 la politique du gouvernement, voire un complice des groupes arm\u00e9s. \u00ab Les autorit\u00e9s font la publicit\u00e9 des Russes. Elles r\u00e9p\u00e8tent que tout ce qu\u2019ils font, c\u2019est bien \u00bb, regrette cet \u00e9lu. Au sein d\u2019une organisation internationale, une source explique : \u00ab Nous avons constat\u00e9 un pic d\u2019alerte sur des all\u00e9gations d\u2019ex\u00e9cutions sommaires mais nous ne les documentons pas pour la s\u00e9curit\u00e9 de nos staff \u00bb. En Centrafrique, personne n\u2019a oubli\u00e9 la mort des trois journalistes russes, assassin\u00e9s en 2018 pr\u00e8s de Sibut, une ville situ\u00e9e \u00e0 300 kilom\u00e8tres au nord de Bangui, dans des circonstances troubles, alors qu\u2019ils enqu\u00eataient d\u00e9j\u00e0 sur les activit\u00e9s mini\u00e8res du Groupe Wagner.<\/p>\n<p>En coulisses, la pol\u00e9mique monte \u00e9galement sur le positionnement de la Minusca, accus\u00e9e de garder le silence sur la pr\u00e9sence de mercenaires dans le pays, et sur les graves violations des droits de l\u2019homme qui sont document\u00e9es. D\u2019autant que les Etats-Unis, premier contributeur financier des missions de maintien de la paix, ont plac\u00e9 sous sanction fin septembre huit individus dont certains sont li\u00e9s aux entreprises cit\u00e9es par le Groupe de travail de l\u2019ONU sur l\u2019utilisation de mercenaires. Parmi eux, Dmitry Sytii fondateur de la Lobaye Invest et connu \u00e0 Bangui comme \u00e9tant le traducteur du conseiller \u00e0 la pr\u00e9sidence Valery Zakharov.<\/p>\n<p><b>Le \u00ab silence \u00bb de la Minusca<\/b><\/p>\n<p>R\u00e9cemment, le discours du chef de la mission de l\u2019ONU s\u2019est tout de m\u00eame infl\u00e9chi. Le 9 avril, de retour d\u2019un voyage \u00e0 Moscou, Mankeur Ndiaye annonce sur RFI des enqu\u00eates sur ces exactions imput\u00e9es \u00e0 des mercenaires russes, et affirme que Moscou avait accept\u00e9 de coop\u00e9rer. Le jour-m\u00eame, le conseiller russe \u00e0 la S\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure du pr\u00e9sident Touad\u00e9ra, Valery Zakharov, r\u00e9agit sur Twitter pour d\u00e9noncer des d\u00e9clarations \u00ab fausses \u00bb. Il affirme avoir contact\u00e9 \u00e0 ce propos le vice-ministre russe des Affaires \u00e9trang\u00e8res, Sergue\u00ef Verchinine. \u00ab Il m\u2019a fait savoir que les crimes qui auraient \u00e9t\u00e9 commis par les instructeurs russes ne faisaient pas l\u2019objet de son \u00e9change avec le chef de la Minusca \u00bb, assure le conseiller.<\/p>\n<p>Quoi qu\u2019il en soit, les propos du chef de la Minusca constituent un changement notable. En d\u00e9cembre 2020, Mankeur Ndiaye, n\u2019h\u00e9sitait pas au cours d\u2019une interview \u00e0 la RTS, la t\u00e9l\u00e9vision publique s\u00e9n\u00e9galaise, \u00e0 soutenir la version de Moscou selon laquelle les renforts russes seraient des \u00ab instructeurs \u00bb d\u00e9ploy\u00e9s l\u00e9galement dans le cadre d\u2019un accord de d\u00e9fense entre Bangui et Moscou.<\/p>\n<p>\u00ab Anticipant des r\u00e9v\u00e9lations g\u00eanantes (\u2026), depuis quelques semaines, la Minusca semble prendre ses distances vis-\u00e0-vis de ce \u201cpartenaire priv\u00e9 du gouvernement centrafricain\u201d dont on ne parle jamais mais qui est partout \u00bb, analysait r\u00e9cemment le chercheur Thierry Vircoulon dans un billet publi\u00e9 sur le blog de l\u2019Institut fran\u00e7ais des relations internationales (Ifri). \u00ab Apr\u00e8s trois ans de c\u00e9cit\u00e9 et de silence, la Minusca va-t-elle retrouver la vue et la parole ? \u00bb, s\u2019interrogeait le chercheur.<\/p>\n<p>Pour une source s\u00e9curitaire, la question doit \u00eatre pos\u00e9e diff\u00e9remment. \u00ab L\u2019arriv\u00e9e des Russes, c\u2019est avant tout l\u2019\u00e9chec de la Minusca et de toute la communaut\u00e9 internationale. Le vrai scandale, c\u2019est d\u2019\u00eatre oblig\u00e9 de faire venir un millier de mercenaires, alors qu\u2019il y a d\u00e9j\u00e0 plus de 10 000 casques bleus dans le pays \u00bb, se d\u00e9sole-t-elle.<\/p>\n<p>Pour un haut fonctionnaire de la Minusca, si les critiques sont l\u00e9gitimes, beaucoup \u00e0 Bangui s\u2019accommodent en silence de la situation, pas m\u00e9contents qu\u2019un acteur s\u2019att\u00e8le enfin concr\u00e8tement sur le terrain \u00e0 la lutte contre les groupes arm\u00e9s. Et de conclure : \u00ab Les Russes ne participent pas \u00e0 une op\u00e9ration de maintien de la paix. Ils font la guerre. Et la guerre, c\u2019est sale. \u00bb<\/p>\n<p>*les pr\u00e9noms ont \u00e9t\u00e9 chang\u00e9s<\/p>\n<p><b>Droit de r\u00e9ponse<\/b><\/p>\n<p>L\u2019ambassade de Russie en RCA r\u00e9affirme enfin dans ce courrier que \u00ab les instructeurs russes ne sont pas des mercenaires. Ils sont venus en RCA \u00e0 la demande officielle des autorit\u00e9s centrafricaines et apr\u00e8s notification au Conseil de s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019ONU. \u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Africa-Press &#8211; CentrAfricaine.\u00a0 \u00a0\u00c0 Bangui, la pr\u00e9sence des mercenaires russes et les exactions dont ils sont accus\u00e9s sont des sujets dont on parle \u00e0 voix basse, en priv\u00e9, et dans l\u2019anonymat. \u00ab C\u2019est l\u2019\u00e9l\u00e9phant au milieu de la pi\u00e8ce \u00bb, estime une source diplomatique. \u00ab On ne voit que lui, mais on fait comme s\u2019il [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":82,"featured_media":6443,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[11,2,20,10],"tags":[36,58,30],"class_list":["post-6444","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-homepage-french","category-politique","category-top-nouvelles","category-toutes-les-actualites","tag-africa-press","tag-africa-press-centrafricaine","tag-centrafricaine"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v26.1 (Yoast SEO v27.0) - 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