Africa-Press – Congo Brazzaville. A quelque 3000 années-lumière, l’étoile cataloguée sous le nom de J0705+0612 s’est brusquement éteinte en septembre 2024. Plus exactement, elle a perdu presque 40 fois sa luminosité habituelle. Un affadissement qui s’est prolongé durant neuf mois, jusqu’en mai 2025. Or ce type d’astre, similaire au Soleil, ne peut connaître de telles variations sans qu’une cause extérieure ne soit invoquée. Des observations à l’aide de multiples télescopes et instruments de sondage ont permis de dénicher le coupable: un nuage de gaz et de poussières se déplaçant lentement.
Un objet au centre du nuage
Selon l’étude publiée dans la revue The Astronomical Journal, ce nuage se situe à deux milliards de kilomètres de l’étoile et mesure près de 200 millions de kilomètres de diamètre. Les données indiquent aussi que ce nuage n’est pas isolé. Il est lié gravitationnellement à un second objet en son centre, lui-même en orbite dans les régions externes du système. Sa masse minimale correspond à plusieurs fois celle de Jupiter, mais sa nature exacte reste indéterminée: planète, naine brune ou étoile de très faible masse?
En mars 2025, l’équipe a utilisé l’instrument GHOST (Gemini High-resolution Optical SpecTrograph), récemment installé sur Gemini South. En décomposant la lumière stellaire filtrée par le nuage, les chercheurs ont identifié la présence de métaux, notamment du fer et du calcium, sous forme de gaz. La finesse des mesures a permis de reconstruire les mouvements des gaz et, pour la première fois, de détecter des vents de métaux dans un disque orbitant autour d’un objet secondaire.
Collision planétaire lointaine?
L’étoile hôte est âgée de plus de deux milliards d’années, bien au-delà de la phase où les disques protoplanétaires sont censés subsister. Un reliquat de formation initiale paraît donc peu probable. Les auteurs avancent l’hypothèse d’une collision tardive entre deux planètes dans les régions externes du système qui aurait produit une énorme quantité de débris, rapidement étalés en nuage et maintenus par la gravité de l’objet secondaire. Des données d’archives suggèrent d’ailleurs que des épisodes d’assombrissement similaires ont déjà eu lieu en 1937 et en 1981, selon un cycle d’environ 44 ans.





