Africa-Press – Congo Kinshasa. Soixante-seize prêtres catholiques, membres de la Fraternité des prêtres séculiers de Bunia en Ituri, exigent la levée immédiate de l’état de siège en vigueur depuis plusieurs mois dans la province. Cette demande a été officiellement formulée dans une déclaration rendue publique le jeudi 21 août à Bunia. Selon eux, l’état de siège n’a pas produit les résultats escomptés, notamment en ce qui concerne le rétablissement de l’autorité de l’État et la garantie de la paix et de la sécurité des civils.
Ces religieux prennent pour preuve la détérioration de la situation sécuritaire depuis juillet 2025, marquée par des tueries, arrestations et détentions arbitraires, extorsions, menaces et tortures touchant les communautés locales.
Ils réclament également l’organisation d’enquêtes « crédibles » afin d’arrêter et juger, sans distinction, tous les auteurs des crimes commis dans la province.
Ces prêtres dénoncent que ces violences ont même atteint l’Église catholique. Ils rappellent le saccage et la profanation de la paroisse Saint Jean de Capistran à Lopa par des miliciens CODECO, ainsi que l’attaque meurtrière attribuée aux ADF contre la paroisse Bienheureuse Anuarite de Komanda, survenue il y a quelques semaines. Cette attaque avait causé la mort d’au moins 43 civils, dont des fidèles catholiques surpris en pleine veillée de prières.
Ils illustrent aussi leur plainte par de nombreux enlèvements de civils sans défense et par la profanation, le 19 août dernier, de la Propédeutique Saint Kizito de Bunia. Ces faits témoignent, selon eux, de l’inefficacité des forces de l’ordre, de l’échec de l’état de siège, et de l’inaction de la MONUSCO.
Ces hommes d’Église demandent aussi le départ des casques bleus de la MONUSCO de l’Ituri, dénonçant leur incapacité à protéger les civils face aux massacres, et appellent les Forces armées de la RDC (FARDC) à traquer tous les groupes armés sans distinction. Ils exhortent enfin les miliciens à déposer les armes et les fidèles catholiques à prier pour la paix et le vivre-ensemble dans la province.
En réponse aux accusations d’inaction, la MONUSCO rappelle qu’elle agit dans le cadre d’un mandat défini par le Conseil de sécurité des Nations unies, en appui aux autorités nationales. Elle souligne qu’elle ne dispose pas de pouvoir exécutif autonome, mais travaille en partenariat avec les institutions congolaises pour renforcer la protection des civils et promouvoir la paix en RDC.
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