Africa-Press – Congo Kinshasa. Cinq figures de l’opposition ont annoncé la création de la coalition « Génération Rupture » (GR), une plateforme politique dont l’objectif est de rompre radicalement avec le système en place. Les initiateurs Ados Ndombasi, Marley Vuvu, Alain Bolodjwa, Jonathan Ngbele et Owen Bosenge ont exprimé leur volonté de proposer une alternative face à une classe politique qu’ils jugent usée, complice et déconnectée des réalités du peuple.
Dans leur déclaration, lu vendredi devant la presse, les membres fondateurs de GR pointent du doigt les dysfonctionnements structurels qui minent la RDC -République Démocratique du Congo- depuis son indépendance. Selon eux, la crise congolaise résulte principalement du mode de dévolution du pouvoir, lequel entraîne une remise en question perpétuelle de la légitimité des institutions et de leurs animateurs.
Cette instabilité, affirment-ils, a conduit à la privatisation de l’appareil étatique, affaiblissant de facto l’efficacité de l’action publique. Les conséquences sont visibles: disparités criantes dans les investissements publics, inégalités dans le traitement des agents de l’État, et paralysie générale du système administratif. Pour GR, cette pratique devient une norme inquiétante, au détriment de toute ambition de gouvernance démocratique.
Les membres de Génération Rupture dressent un tableau sombre de la situation actuelle du pays. À leurs yeux, la société congolaise est en train de s’effondrer. L’État, selon eux, est désarticulé, et la dégradation s’accélère sur les plans sécuritaire, social, économique et politique. Aucune solution efficace ne semble être apportée par les autorités en place.
Ils évoquent notamment le lourd tribut humain payé par la population: plus de six millions de Congolais massacrés, plus de sept millions déplacés, d’innombrables cas de violences sexuelles et des familles entières ruinées. Ces drames, estiment-ils, ne sont que le fruit d’un système politique corrompu, dominé par des élites motivées par la cupidité et non par le bien commun.
La coalition dénonce également l’héritage d’une ancienne classe politique qu’elle accuse de continuer à entretenir des liens de soumission avec des intérêts étrangers. Pour GR, cette dépendance favorise la déstabilisation du pays et participe à un projet sournois de balkanisation de la RDC -République Démocratique du Congo-.
Dans ce contexte, Génération Rupture fustige les pratiques de division fondées sur l’ethnie, la région ou le clan, qu’elle considère comme des armes utilisées par la classe dirigeante pour fracturer la nation. Pourtant, souligne-t-elle, le peuple congolais n’a jamais cessé d’aspirer à l’unité et à une coexistence pacifique.
Autre point central de leur déclaration: la caporalisation de la justice congolaise. La coalition estime que l’instrumentalisation du pouvoir judiciaire est l’un des principaux obstacles à la consolidation de l’État de droit. Elle dénonce l’impunité, l’injustice et les discriminations qui résultent de cette mainmise sur la justice, citant notamment le cas de Jacky Ndala comme symbole des abus.
Sur le plan socio-économique, GR rejette les affirmations du gouvernement concernant l’augmentation du budget de l’État. Au contraire, elle observe une dégradation constante des conditions de vie des agents publics et de l’ensemble des citoyens, mettant en péril la stabilité des familles et l’avenir de la jeunesse.
Enfin, la coalition critique vivement l’inefficacité des politiques publiques en matière d’investissement. Selon elle, l’État n’exécute pas ses propres budgets et refuse de soutenir les initiatives privées pourtant porteuses d’espoir pour l’emploi et le développement. Résultat: une jeunesse marginalisée, abandonnée au chômage et à la pauvreté.
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