Blocage à Washington et Doha, Olenghankoy Prône Dialogue

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Blocage à Washington et Doha, Olenghankoy Prône Dialogue
Blocage à Washington et Doha, Olenghankoy Prône Dialogue

Africa-Press – Congo Kinshasa. Le constat Olenghankoy est amer. « On vit une situation paradoxale ». Les processus de paix de Washington et Doha, a-t-il décrié, ont montré leurs limites et peut-être même leur impuissance à stopper la crise qui sévit dans l’est de la RDC.

« Nous voyons coexister des accords signés entre les protagonistes, d’une part à Washington entre Kinshasa et Kigali, sans oublier les deux importants accords entre la RDC et les Etats-Unis. D’autre part à Doha, une Déclaration des principes et un accord-cadre entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23. Mais visiblement dans l’impasse », regrette le président du Conseil national de suivi de l’accord de la Saint-Sylvestre (CNSA).

Pire encore, désavoue le leader du parti FONUS, les pourparlers de Doha semblent bloqués et incapables d’avancer jusqu’à la signature d’un accord définitif et complet. « Tout ceci a une conséquence dans le fonctionnement déréglé de l’Etat et dans la vie de la nation. C’est malheureusement la continuation de la guerre, avec son lot de morts, de destructions et de souffrances multiformes subies principalement par les populations de la partie orientale du pays », a-t-il déploré dans sa communication de mardi 27 janvier 2026.

Il existe un risque, prévient Joseph Olenghankoy, que les populations finissent par se sentir abandonnées, notamment par l’indifférence de l’État. Toutefois, fort de son expérience, le vieux routier croit dur comme fer que le « dialogue inclusif » peut encore sauver les meubles, dans la mesure où il constitue un front complémentaire aux deux autres (Washington et Doha). Sans le front politique, martèle l’ex-candidat à la présidentielle de 2006, les négociations en cours resteraient boiteuses, incomplètes et incapables de traiter toutes les facettes de la crise congolaise. Celle-ci, ajoute-t-il, parce qu’elle est multiforme, ne peut être résolue que par une solution globale, holistique et intégrant toutes ses dimensions.

Pour engager le pays sur le chemin de la sortie de crise, il n’y a plus lieu de tergiverser, conseille Olenghankoy. Il est temps de définir des options claires, tenant compte de l’ensemble des paramètres militaro‐sécuritaires, diplomatiques et politiques. « Il faut, sans atermoiements, faux-fuyants et autres subterfuges, savoir si ces paramètres imposent ou conseillent telle voie, tenir à une victoire militaire, ou telle autre, la solution politique par le dialogue; alors seulement on peut choisir et assumer le choix pour le faire aboutir », a-t-il indiqué.

Le dirigeant du CNSA a déjà compris que la voie de la sagesse passe par le dialogue. C’est d’ailleurs ce que le président de la République, Félix Tshisekedi, ne cesse de rappeler dans ses différents propos. En plus, il se réjouit du fait que le même plan soit unanimement recommandé par les partenaires internationaux disposés à accompagner la RDC.

Le dialogue n’est pas inconnu aux Congolais

Joseph Olenghankoy a rappelé que le dialogue n’était pas une inconnue pour le peuple congolais ni pour sa classe politique, soulignant la richesse de l’expérience historique du pays. Il a cité plusieurs moments clés, de la Table ronde de Bruxelles à la Conférence nationale souveraine animé par Étienne Tshisekedi wa Mulumba et l’Union sacrée autour de l’UDPS, en passant par le Dialogue inter-congolais de Sun City et le Dialogue inclusif du Centre interdiocésain de Kinshasa. Selon lui, ces expériences ont permis d’affirmer des leaders politiques et militaires, de rétablir la paix militaire et civile, et d’instaurer des institutions solides ainsi qu’un système politique fonctionnel.

Il a ajouté que ces expériences montrent que lorsque les Congolais se rassemblent pour réfléchir sur le sort de leur pays. Ils mobilisent le meilleur du génie national pour le bien-être de la société. Il a pris l’exemple du dialogue de Sun City, qui a non seulement rétabli la paix mais aussi permis l’adoption de nouvelles institutions et d’une Constitution pérenne, ouvrant la voie à l’organisation soutenue d’élections régulières.

Toutefois, le leader des FONUS a souligné la nécessité de tirer les leçons des échecs passés, citant notamment le dialogue de la cité de l’OUA, qui avait manqué d’inclusivité et produit des résultats fragmentaires, ainsi que d’autres dialogues limités par des défaillances dans l’organisation ou la définition des enjeux.

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