Africa-Press – Congo Kinshasa. Responsable des questions militaires au sein du panel des facilitateurs de l’Union africaine, Olusegun Obasanjo se dit convaincu que la paix durable dans l’est de la RDC exige des solutions ancrées dans les réalités africaines. L’ancien président nigérian a mis en garde contre une dépendance excessive à l’égard d’approches dictées de l’extérieur, notamment Washington et Doha.
Obasanjo appelle à s’attaquer aux causes profondes du conflit. La crise sécuritaire qui fait rage dans la partie orientale de la RDC ne concerne pas uniquement le M23, a-t-il précisé, soulignant que nombreux griefs n’ont pas été suffisamment pris en compte par les initiatives de paix américaine et qatarie.
« Les solutions importées de Washington, Doha, Paris ou d’ailleurs peuvent être utiles, mais elles ne peuvent à elles seules apporter une solution complète et durable », a-t-il déclaré mardi à l’issue de l’entretien que le président ougandais, Yoweri Museveni, a accordé à la délégation de la médiation africaine conduite par le Togolais Faure Gnassingbé.
Alors que l’administration Tshisekedi est focalisée sur les processus de Washington et de Doha, Olusegun Obasanjo a indiqué que le panel de l’UA avait délibérément pris la responsabilité de mettre en œuvre des réponses africaines aux défis africains, tout en restant ouvert à un soutien constructif de la part de ses partenaires internationaux.
« En tant que facilitateurs, nous nous sommes donné pour mission de trouver des solutions africaines aux problèmes africains. Nous considérons que le président Museveni occupe une position unique et nous l’accompagnons pour voir comment ces solutions africaines peuvent se concrétiser », a-t-il dit.
Dans la foulée, il a souligné que l’implication des partenaires hors du continent devait être complémentaire et non dominante.
« Nous ne repoussons pas ceux qui ont manifesté leur intérêt, que ce soit de Washington, du Qatar, de France ou d’ailleurs, car ils sont utiles au processus que nous essayons de faire progresser », a-t-il ajouté.
S’attaquer aux causes profondes
Dans sa déclaration, l’ancien président nigérian a martelé aussi sur l’importance de diagnostiquer correctement les causes profondes du conflit en RDC.
« Le problème qui nous réunit aujourd’hui est un problème que nous connaissons tous. Il s’agit du défi que représente la gestion, ou la mauvaise gestion, de la diversité au sein de la RDC, et des relations entre la RDC et ses voisins », a-t-il affirmé.
Ainsi, a-t-il appelé à établir un diagnostic précis et administrer le traitement approprié. Se félicitant du rôle que joue l’Union africaine dans cette crise, il a réaffirmé la nécessité pour l’Afrique de prendre en main son programme de paix et de sécurité.





