Africa-Press – Congo Kinshasa. La baie de Ngaliema s’apprête à tourner la page des constructions anarchiques. Le samedi 14 février 2026, le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a effectué une visite d’évaluation sur ce site stratégique, annonçant de facto le début d’un processus qui devrait conduire à la démolition des bâtisses érigées en violation des normes urbanistiques.
La descente sur le terrain de Shabani s’inscrit dans une dynamique de restauration de l’autorité de l’État dans des zones considérées comme sensibles. La baie de Ngaliema, confrontée depuis plusieurs années à une prolifération d’occupations irrégulières, est devenue l’un des symboles du désordre urbain qui fragilise la capitale congolaise.
L’itinéraire emprunté par la délégation a couvert des points jugés névralgiques, dont l’avenue Adama, située derrière la station Engen Socimat, jusqu’au site de captage d’eau de la Regideso, au cœur de la baie. Ce périmètre est considéré comme stratégique, tant pour l’approvisionnement en eau que pour la prévention des catastrophes naturelles.
Au-delà de la simple démolition annoncée, l’enjeu est double: libérer les emprises publiques et sécuriser les infrastructures essentielles. Les constructions érigées sans autorisation sont pointées du doigt pour leur impact sur l’écoulement des eaux et l’aggravation des inondations qui frappent régulièrement Kinshasa.
Les autorités entendent ainsi prévenir de nouveaux drames humains et matériels. Chaque saison des pluies rappelle la vulnérabilité de certains quartiers, où l’occupation anarchique des terrains compromet les dispositifs naturels d’évacuation des eaux.
Pour le gouvernement, l’opération à venir se veut également pédagogique. Il s’agit d’envoyer un signal fort contre l’impunité en matière d’urbanisme et de rappeler l’obligation de respecter les normes établies en matière de construction et d’aménagement du territoire.
Autour du patron de la sécurité intérieure, plusieurs membres du gouvernement central ont pris part à la mission, notamment la ministre des Affaires foncières, O’Neige Nsele, et son collègue de l’Urbanisme et habitat, Alexis Gisaro. Les autorités provinciales de Kinshasa étaient également représentées, traduisant ainsi une coordination entre les différents niveaux de pouvoir.





