Africa-Press – Congo Kinshasa. Le président national du parti politique Base Républicaine, Hugo Nzala, appelle à l’ouverture d’un dialogue national face à la crise sécuritaire et institutionnelle que traverse la RD-Congo.
Dans une interview accordée à Yabiso News CD, il estime que la question dépasse les rivalités politiques et touche à l’essence même de la souveraineté nationale.
« Il faut un dialogue pour voir comment résoudre ces problèmes. C’est cela, l’intérêt du dialogue », affirme-t-il.
Revenant sur la séquence de décembre 2013, il rappelle que sous la présidence de Joseph Kabila, le gouvernement congolais avait signé les accords de Nairobi avec le M23.
« Ces accords prévoyaient un certain nombre d’engagements que le gouvernement devait prendre, et le M23 également. Je ne vais pas faire une évaluation de ce qui a été fait, mais cela a permis aux États de la région de rester solidaires avec la RDC », explique-t-il.
Selon lui, ce cadre avait favorisé un certain alignement régional, notamment à travers le cantonnement des combattants.
Il évoque également l’Accord-cadre d’Addis-Abeba et les concertations nationales, inscrites « dans le même esprit », c’est-à-dire celui d’un dialogue destiné à consolider la cohésion interne et à ouvrir l’espace politique.
Mais la dynamique change après l’élection de Félix Tshisekedi en 2018. La coalition FCC-CACH, puis sa rupture en 2020 et la mise en place de l’Union sacrée marquent un nouveau tournant politique. « Juste six mois après, le M23 reprend les armes », rappelle Hugo Nzala, soulignant qu’en 2022 la situation s’est encore détériorée dans l’Est du pays.
« Il faut constater que le gouvernement n’a pas fait le travail de sécurisation des territoires face à une force négative », affirme-t-il. Pour lui, la crise actuelle pose la question même de l’effectivité de l’État. « Ce n’est pas un État, parce qu’aujourd’hui je ne peux pas prendre un vol et aller à Bukavu », illustre-t-il, pointant une souveraineté fragilisée.
Concernant les accusations d’ingérence étrangère, il estime que « nous voyons le Rwanda derrière » et que « notre pays est agressé ». Il nuance toutefois en évoquant la présence de Congolais dans les rangs rebelles: « Quand on regarde la situation dans son ensemble, c’est un fonctionnement de l’agression qui passe par des proxies. »
Face à ce tableau, Hugo Nzala défend la nécessité d’un dialogue national inclusif. « L’ensemble des animateurs des institutions ont la mission de gérer le pays. Mais si ces problèmes mettent à mal des concepts aussi vitaux que la souveraineté nationale, on ne peut pas croiser les bras », insiste-t-il. Pour lui, le mandat électif ne saurait constituer un bouclier face aux critiques lorsque l’intégrité territoriale est menacée.
Interrogé sur la portée de son analyse, il assume: « Oui, c’est une question nationale. Ce n’est pas une question de régime politique. »
À ses yeux, le dialogue n’est pas dirigé contre un pouvoir en place, mais vise à « voir comment résoudre ces problèmes ».





