Africa-Press – Congo Kinshasa. Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a fermement rappelé, mercredi 25 février 2026 à Ottawa au Canada, l’impératif de ne pas imputer les crimes du M23-AFC, supplétifs du Rwanda à la communauté Banyamulenge, lors d’une une conférence publique sur la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).
« Les M23-AFC ne représentent pas la communauté Banyamulenge. De ce fait, les crimes commis par ce mouvement ne sont pas imputables à cette communauté », a déclaré Patrick Muyaya, ministre de la Communication et Médias.
Selon le ministre Muyaya, les Banyamulenge sont les premières victimes de la stigmatisation orchestrée par le Rwanda.
« Nous avons un pays avec 9 frontières: les Bazombo du côté du Kongo-Central, les Bakongo du côté de Brazzaville, les Bateke du côté du Gabon, les Babemba au Katanga. Plus au nord, les Zalumu avec le Soudan, les Tutsis et Hutus du côté du Rwanda, les Nande avec l’Ouganda (…) », a-t-il illustré pour dénoncer l’instrumentalisation communautaire par le Rwanda.
« Nous avons plus de 450 ethnies. Nous nous soutenons et nous tolérons mutuellement. Quel que soit le problème, un chef d’État d’un pays voisin ne peut pas venir commettre des massacres, utiliser les corps des femmes comme une arme, sous prétexte de protéger une communauté », a soutenu le porte-parole.
Concernant les avancées diplomatiques et réformes internes, Patrick Muyaya a évoqué des progrès diplomatiques notables.
« Première reconnaissance rwandaise, en 30 ans, de son exploitation illicite de minerais en RDC. Nous avons dit qu’il y aurait pas de mixage car ces opérations ont maintenu notre arrmée dans l’état dans lequel il se trouve(…). Nous sommes dans un processus de nettoyage qui nous permettra de reconstruire notre armée ».
« La question du Rwanda est réglée. Cela prendra encore 2, 3 ou 6 mois, mais diplomatiquement, nous avons un accord avec le gouvernement américain. Lorsque le partenariat stratégique sur lequel le président Trump tient assorti d’un mémorandum de sécurité sera scellé, il posera les bases du retour de la paix », a rassuré le ministre, insistant sur la distinction entre régime et peuple rwandais.
« Il faut faire la démarcation entre ce qui relève du régime rwandais de ce qui relève du peuple rwandais».
Différences fondamentales entre la RDC et. le Rwanda
Aux dires de Patrick Muyaya, « la différence fondamentale avec le Rwanda, c’est qu’il s’agit d’un pays despotique, alors que nous sommes un pays démocratique. Au Rwanda, aucun Rwandais ne peut relayer ce que je dis, sinon il sera arrêté ».
« Nous, Congolais, véhiculons le poison rwandais. Le Rwanda gouverne par le crime: vous osez dénoncer, vous mourrez. Leur désinformation devient notre information. À Uvira, par exemple, le prétexte était de protéger la communauté: ils ont pris de pauvres populations qui ont abandonné leurs champs et les enfants des écoles pour les faire servir à leur cause, pensant qu’il y aurait des massacres ensuite. Est-ce arrivé? Non, car nous avons pris conscience qu’il ne faut pas donner de prétextes. ».
Mesures gouvernementales et question des FDLR
Selon les propos tenus par le porte-parole, le gouvernement congolais agit sur tous les fronts: économique, humanitaire, diplomatique et judiciaire.
« Sans justice, il ne peut y avoir de paix », a martelé Muyaya.
S’agissant des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), « Ce sont des réfugiés qui doivent rentrer au Rwanda et ne représentent pas une menace sécuritaire pour ce pays. Nous avons pris l’engagement de traiter cette question sur notre territoire, mais nous ne pourrons le faire durablement tant que les troupes rwandaises occupent notre sol ».
« N’oublions pas qu’en 97, c’était un Rwandais, James Kabarebe sanctionné aujourd’hui par les USA , qui dirigeait les Forces armées de la RDC. Il est l’architecte de toutes ces guerres. Le RCD a occupé le Kivu pendant 3 ans, et les FDLR étaient toujours là. Aujourd’hui, le Rwanda brandit l’idéologie génocidaire pour surfer sur la culpabilité de la communauté internationale», a-t-il conclu





