Africa-Press – Congo Kinshasa. Les organisations de défense des droits humains du Nord-Kivu ont lancé, le 27 novembre 2025, depuis Beni, une alerte urgente à l’intention du Gouvernement congolais, du Conseil de sécurité de l’ONU, des États-Unis, de l’Union européenne, de l’Union Africaine et du Qatar. Elles dénoncent ce qu’elles qualifient de « nouveau plan de sabotage » des processus de paix engagés à Washington et à Doha, attribué aux autorités rwandaises.
Selon ces organisations, des informations concordantes indiquent une intensification discrète des préparatifs militaires le long de plusieurs axes stratégiques. Elles affirment que des mouvements récents d’éléments M23-AFC auraient permis le déploiement, en première ligne, de militaires rwandais mieux équipés, chargés de conduire de nouvelles avancées vers des zones fortement convoitées. Ces positionnements concerneraient notamment les environs de Masisi, Walikale, le secteur de Shabunda, Lulingu et les accès vers le Maniema et la Tshopo, des territoires riches en sites miniers.
Les organisations estiment que la prise de Goma et de Bukavu n’aurait pas suffi, selon leur analyse, à placer Kinshasa en situation de faiblesse, ce qui, selon elles, expliquerait la volonté présumée de Kigali d’étendre la pression en direction de Kalemie, Kindu et Kisangani. Elles redoutent que cette stratégie puisse créer un nouveau cycle de violences, d’importants déplacements de populations et une aggravation d’une crise humanitaire déjà critique.
Dans leur communiqué, les acteurs de la société civile mettent en garde contre « une politique du chaos » susceptible de compromettre les efforts diplomatiques engagés sur les deux fronts internationaux. Ils rappellent que les derniers mouvements observés dans le Parc national des Virunga, autour de Kibati ou encore dans la zone de Shabunda, pourraient annoncer une extension des opérations militaires vers des zones jusqu’ici relativement préservées, au risque d’embraser de nouvelles régions.
Ces acteurs sociaux exhortent les autorités congolaises à une réponse immédiate et coordonnée, notamment par une vigilance accrue de la chaîne de commandement, afin d’éviter toute défaillance ou infiltration pouvant affaiblir la défense du territoire. Ils appellent également à une communication régulière et transparente envers les populations pour éviter la propagation de rumeurs et renforcer la confiance.
Aux partenaires internationaux, les organisations demandent d’user de tous les leviers diplomatiques pour obtenir un retrait « immédiat et inconditionnel » des Forces rwandaises du territoire congolais et pour dissuader toute manœuvre susceptible de compromettre les discussions en cours à Washington et à Doha.
Elles rappellent « qu’aucune paix durable ne peut naître de l’occupation, du pillage des ressources ni du déplacement forcé des civils », insistant sur la nécessité de protéger les populations menacées et de préserver l’intégrité territoriale de la RDC. Pour les signataires, l’urgence d’agir s’impose avant que la situation « ne bascule vers une nouvelle catastrophe ».





