Sud-Kivu: Conflit entre Wazalendo et M23 à Karembo

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Sud-Kivu: Conflit entre Wazalendo et M23 à Karembo
Sud-Kivu: Conflit entre Wazalendo et M23 à Karembo

Africa-Press – Congo Kinshasa. Depuis 48 heures, Rubimbi vit au rythme des rafales. Les affrontements entre Wazalendo et les rebelles de l’AFC/M23 autour du site minier de Karembo plongent le territoire de Walungu dans une spirale de violence. Exploitants en fuite, villages désertés, activités paralysées: la région suffoque sous les bombardements.

Le calme apparent du groupement de Rubimbi s’est brutalement effondré lorsque les premiers tirs ont déchiré le ciel lundi matin. Autour de Karembo, un site aurifère stratégique situé à la frontière avec Mwenga, les combattants Wazalendo et les troupes de l’AFC/M23 se livrent une bataille acharnée. « Nous n’avions jamais entendu des explosions aussi proches », confie Prisca, commerçante rescapée, qui a fui avec ses enfants à l’aube.

Les habitants décrivent une zone devenue méconnaissable, où la fumée des bombardements forme un voile noir constant. Plusieurs maisons auraient été touchées, et les activités minières sont totalement à l’arrêt. « On a tout laissé derrière. Même nos outils sont encore là-bas. C’était ça ou mourir », raconte Patrick, un creuseur artisanal établi à Karembo depuis trois ans.

La panique s’est aggravée lorsque des exploitants chinois ont eux aussi pris la fuite, surpris par l’intensité des combats. Leur départ précipité a envoyé un signal alarmant à la population. « Quand nous avons vu les Chinois courir vers la brousse, nous avons compris que la situation était hors de contrôle », témoigne un jeune exploitant local, tremblant encore.

Dans les villages voisins, les écoles, marchés et centres de santé ont fermé, laissant les familles sans ressources. Les routes sont quasi impraticables, barrées par les combats ou les mouvements de population. « Nous vivons comme dans une cage, sans savoir si nous verrons demain », explique Mama Solange, déplacée vers Nyangezi.

Les autorités locales appellent à une intervention rapide pour empêcher l’escalade. Pendant ce temps, la population attend, terrée, espérant l’arrivée d’un calme qui tarde à revenir. « C’est toute la région qui suffoque. Nous avons besoin d’être protégés », insiste un acteur de la société civile de Walungu.

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