Djibouti S’oppose à la Reconnaissance du Somaliland par Israël

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Djibouti S'oppose à la Reconnaissance du Somaliland par Israël
Djibouti S'oppose à la Reconnaissance du Somaliland par Israël

Africa-Press – Djibouti. Lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies consacrée aux menaces contre la paix et la sécurité internationales, la République de Djibouti a exprimé une condamnation sans équivoque de la décision unilatérale d’Israël de reconnaître le Somaliland, région sécessionniste du nord de la Somalie. Prenant la parole au nom de Djibouti, Son Excellence Mohamed-Siad Doualeh, Ambassadeur et Représentant permanent de Djibouti auprès des Nations Unies, a qualifié cette reconnaissance d’atteinte grave au droit international et à la stabilité régionale.

Dès l’ouverture de son intervention, l’ambassadeur djiboutien a remercié la Slovénie pour avoir convoqué cette réunion urgente, soulignant la gravité des enjeux pour la Corne de l’Afrique et pour l’ordre international. Djibouti s’est aligné sur la position du groupe A3+1 et a rappelé les condamnations exprimées par l’Union africaine, l’IGAD, la Ligue arabe, l’Organisation de la coopération islamique, ainsi que par de nombreux États de la région et d’ailleurs. Selon Djibouti, la reconnaissance du Somaliland par Israël constitue une violation flagrante des normes fondamentales du droit international, notamment celles consacrées par la Charte des Nations Unies et l’Acte constitutif de l’Union africaine, qui consacrent le respect de la souveraineté, de l’unité et de l’intégrité territoriale des États.

L’ambassadeur Doualeh a rappelé que le Conseil de sécurité lui-même a toujours affirmé l’unité et l’intégrité territoriale de la Somalie, et que toute tentative de reconnaissance d’une entité sécessionniste va à l’encontre de cette position constante. Il a qualifié la décision israélienne de « reckless », soulignant qu’elle constitue une ingérence directe dans les affaires intérieures de la Somalie et qu’elle encourage la fragmentation d’un État déjà fragilisé par des décennies de conflit. Pour Djibouti, un tel précédent est extrêmement dangereux, non seulement pour la Somalie, mais pour l’ensemble du continent africain.

Des risques sécuritaires majeurs pour la région

L’intervention a également mis en lumière les conséquences potentielles de cette reconnaissance sur la sécurité régionale. Djibouti estime que ces actions risquent d’attiser les tensions internes en Somalie, d’encourager les groupes armés et terroristes, et de compromettre les efforts conjoints de l’ONU, de l’Union africaine et du gouvernement somalien en faveur de la paix et de la stabilité.

L’ambassadeur a invité le Conseil à prendre très au sérieux l’analyse du gouvernement fédéral somalien, notamment celle publiée le 26 décembre 2025, qui alerte sur les ramifications sécuritaires de cette décision. Il a par ailleurs salué le rejet par la Somalie de toute tentative de relocalisation forcée de Palestiniens sur son territoire, rappelant que de tels actes constituent une violation du droit international.

Dans un passage particulièrement fort de son intervention, prononcé en français, Mohamed Siad Doualeh a dénoncé ce qu’il a qualifié de « faux contrat », fruit, selon lui, de la détresse et de l’irresponsabilité de certains représentants du nord de la Somalie. Il a vivement critiqué la puissance occupante qu’est Israël, l’accusant de mépris pour le droit international et d’agir en toute impunité, allant jusqu’à évoquer les crimes commis à l’encontre du peuple palestinien.

Ce langage direct et sans détour a marqué les esprits au sein du Conseil, illustrant la profondeur de l’indignation djiboutienne face à ce qu’elle considère comme une remise en cause de l’ordre juridique international.

En conclusion, Djibouti a réaffirmé son soutien indéfectible à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la République fédérale de Somalie. Le pays a appelé le Conseil de sécurité à réaffirmer clairement trois principes essentiels: aucun État ne doit reconnaître unilatéralement une région sécessionniste d’un État souverain ; ces reconnaissances unilatérales constituent une menace pour la paix et la sécurité internationales ; la préservation de la paix passe par le respect des frontières existantes.

Pour Djibouti, la question dépasse le seul cas somalien. L’ambassadeur Doualeh a conclu en soulignant que la crédibilité et la pertinence des Nations Unies au XXIe siècle se joueront en grande partie en Afrique. Des centaines de millions de citoyens de la Corne de l’Afrique, a-t-il rappelé, observent attentivement l’action du Conseil et attendent de lui clarté, courage et fidélité aux principes de la Charte des Nations Unies.

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