Africa-Press – Djibouti. Une nouvelle étape vient d’être franchie dans la modernisation du secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) à Djibouti. Une assise consacrée au lancement des associations professionnelles sectorielles du BTP s’est tenue hier dans la salle de conférences de la Chambre de commerce de Djibouti, marquant une avancée significative dans la dynamique de structuration de cette filière stratégique pour l’économie nationale.
Organisée par la Chambre de commerce de Djibouti, la rencontre s’inscrit dans le cadre du projet de financement du logement abordable, soutenu par la Banque mondiale avec l’appui technique du ministère de la Ville, de l’Habitat et de l’Urbanisme. L’événement s’est déroulé en présence du président de la Chambre de commerce, M. Youssouf Moussa Dawaleh, de la ministre de la Ville, de l’Urbanisme et de l’Habitat, Mme Amina Abdi Aden, de la secrétaire d’État chargée des Investissements et du Développement du secteur privé, Mme Safia Mohamed Ali Gadileh, ainsi que de nombreux représentants du secteur et de hauts cadres des ministères concernés.
Le secteur du BTP, pilier du développement économique et social, est appelé à jouer un rôle accru dans la réalisation des priorités nationales, notamment en matière de logement, d’infrastructures publiques, d’équipements collectifs et de création d’emplois. Sa structuration apparaît aujourd’hui comme une nécessité afin de renforcer sa performance, sa compétitivité et sa contribution à l’économie nationale.
Réunis autour d’une même table, les différents acteurs du BTP ont partagé un objectif commun: amorcer un processus capable de transformer durablement le secteur. L’assise avait ainsi pour vocation de poser les bases d’une organisation concertée du BTP autour de quatre sous-secteurs, en vue de la création progressive d’associations professionnelles sectorielles.
Plus concrètement, il s’agissait de présenter les enjeux et les bénéfices de cette structuration pour les entreprises, tout en identifiant, pour chaque sous-secteur, un groupe de travail chargé de préparer l’assemblée générale constitutive correspondante. Cette approche vise à doter le secteur d’outils de gouvernance et de représentation mieux adaptés aux réalités du terrain.
Malgré son poids économique et son fort potentiel, le BTP demeure confronté à plusieurs défis structurels, parmi lesquels une organisation fragmentée, une faible structuration collective, des difficultés d’accès au financement et aux marchés, ainsi qu’un déficit de reconnaissance et de valorisation des métiers.
Face à ce constat, le Gouvernement a opté pour une approche progressive et inclusive. En étroite collaboration avec la Chambre de commerce de Djibouti, le ministère de la Ville, de l’Urbanisme et de l’Habitat a engagé un travail approfondi de concertation avec l’ensemble des acteurs, privilégiant l’activation des cadres existants et la mise en place de mécanismes de représentation efficaces plutôt que de simples réformes réglementaires.
Un secteur locomotive pour l’économie nationale
Prenant la parole en ouverture, le président de la Chambre de commerce de Djibouti, M. Youssouf Moussa Dawaleh, a souligné l’importance stratégique du BTP, qu’il a qualifié de secteur clé au regard de son impact socio-économique. Selon lui, la compétitivité et la performance du BTP influencent directement des domaines essentiels tels que le logement abordable, les infrastructures publiques, l’investissement privé et l’emploi des jeunes.
Il a rappelé que lorsque le secteur se renforce, l’ensemble de l’économie nationale gagne en attractivité et en capacité de production, tandis que son affaiblissement entraîne ralentissement des chantiers, hausse des coûts et dégradation de la qualité des ouvrages. La structuration du BTP, a-t-il insisté, ne constitue ni une contrainte ni une formalité administrative, mais bien une opportunité de bâtir un secteur plus solidaire, plus respecté et plus durable. Un message partagé par la secrétaire d’État chargée des Investissements et du Développement du secteur privé, Mme Safia Mohamed Ali Gadileh, qui a rappelé que le BTP est un véritable secteur locomotive, résumant cette réalité par l’adage bien connu: quand le bâtiment va, tout va.
Pour la ministre de la Ville, de l’Urbanisme et de l’Habitat, Mme Amina Abdi Aden, cette journée marque le passage de la réflexion à l’action. Elle a souligné que la création des associations sectorielles permettra de renforcer la représentativité des entreprises nationales, en particulier les petites et moyennes entreprises, et de favoriser leur intégration dans la commande publique et les grands projets structurants.
La structuration engagée, a-t-elle précisé, contribuera à améliorer la qualité des ouvrages, à renforcer la sécurité sur les chantiers et à créer un environnement plus favorable à l’investissement et à l’emploi. Elle s’inscrit pleinement dans la vision gouvernementale d’un développement urbain durable, inclusif et maîtrisé, au service des citoyens et des territoires.
La ministre a enfin rappelé que si l’État jouera pleinement son rôle de régulateur et d’accompagnateur, la réussite de cette dynamique dépendra avant tout de l’engagement des professionnels du secteur, appelés à s’approprier ces nouvelles structures et à porter collectivement l’ambition d’un BTP djiboutien fort, compétitif et créateur de valeur.
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