Circulation Maritime Internationale Et Ordre Des Océans

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Circulation Maritime Internationale Et Ordre Des Océans
Circulation Maritime Internationale Et Ordre Des Océans

Africa-Press – Djibouti. La question de la libre circulation maritime était au cœur de la « Conférence sur l’Initiative pour la navigation maritime dans le détroit d’Ormuz », tenue vendredi 17 avril à Paris par le président français et le Premier ministre britannique. Seul intervenant africain, par visioconférence, le président Ismail Omar Guelleh, ne s’est pas contenté d’un simple plaidoyer diplomatique.

Face au blocage du détroit d’Ormuz, la position défendue par le chef de l’État djiboutien mérite d’être soulignée pour sa clarté. Refusant les lectures étroites de la souveraineté maritime, il a rappelé une évidence trop souvent ignorée: la mer est un espace à partager et la liberté de navigation est un principe fondateur de l’ordre international.

Ce rappel constitue une réponse directe à la tentation croissante de certains États de transformer leurs eaux en instruments de pression géopolitique, tentation qu’on n’observe pas qu’à Ormuz. À cet égard, l’initiative visant à envisager une force internationale de régulation et de sécurisation des voies maritimes marque un tournant. Non pas vers une militarisation accrue des mers, mais vers une responsabilisation collective face à un bien commun universel.

En ce domaine, notre pays est loin d’être un acteur périphérique. Sentinelle non bruyante d’un autre passage maritime stratégique – le Bab el Mandeb – Djibouti s’illustre dans une forme de diplomatie pragmatique, ancrée dans l’expérience et tournée vers la coopération. En rappelant son engagement constant pour la sécurisation de ce passage névralgique, le Président Guelleh ne fait pas que défendre les intérêts nationaux, fidèle en cela à une vision où la stabilité régionale devient un levier de sécurité globale.

Il faut également souligner la portée hautement symbolique – et politique – de la participation de notre pays à cette conférence, en tant qu’unique représentant africain. Ce fait, loin d’être anecdotique, consacre l’émergence d’un pays dont la voix compte désormais dans les grandes délibérations internationales.

Au fond, cet épisode diplomatique met en lumière une tension caractéristique de notre époque. Elle oppose la divergence des intérêts nationaux à la nécessité d’une régulation globale. Le détroit d’Ormuz n’est pas seulement un théâtre de conflit. Il est le miroir d’un monde où l’interdépendance économique se heurte à la persistance des logiques de puissance.

Face à ce paradoxe, l’appel lancé par Djibouti résonne comme une mise en garde autant qu’un espoir. Si les mers cessent d’être des espaces de coopération, elles deviendront inévitablement des lignes de front. Et dans un monde où 90 % du commerce transite par voie maritime, le prix de cette dérive serait tout simplement insupportable.

L’enjeu dépasse donc les contingences du moment. Il touche à l’architecture même de la paix internationale. Préserver la liberté de navigation, c’est préserver la circulation des richesses, mais aussi celle des équilibres.

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