Africa-Press – Djibouti. Le 17 avril 2026, le Stade Gouled a accueilli la 9ème édition du Meeting International de Djibouti, un rendez-vous sportif qui s’installe progressivement comme un repère important de l’athlétisme en Afrique de l’Est. Dans un contexte marqué par des conditions climatiques exigeantes, la compétition a rassemblé des athlètes venus de plusieurs pays, offrant une lecture claire des dynamiques actuelles du demi-fond et du sprint sur le continent.
Au-delà de l’enjeu sportif, cette édition a également servi de vitrine institutionnelle. Autour de la Fédération djiboutienne d’athlétisme, plusieurs acteurs étaient présents: représentants du Comité olympique, autorités militaires et sécuritaires, responsables administratifs et partenaires publics. Une mobilisation qui traduit l’importance accordée à cet événement. « Ce meeting n’est pas seulement une compétition, c’est un outil de développement sportif », a affirmé un officiel en marge de la rencontre. « Il permet de structurer notre calendrier et d’offrir des opportunités à nos athlètes. »
Des performances révélatrices du niveau régional
La compétition s’est ouverte avec le 800 mètres des athlètes à besoins spécifiques, remporté par Awaleh Moumin Mahamoud en 2’21’’30. Une épreuve saluée pour sa portée symbolique. « L’inclusion fait partie intégrante de notre vision du sport », a rappelé un représentant de l’Agence nationale des personnes handicapées. « Ce type de course doit continuer à être valorisé. »
Sur la piste, les premières tendances se sont rapidement dessinées. Le 400 mètres dames a vu la victoire de Hawa Omar Galab en 1’20’’80. Sans être une performance de référence internationale, ce chrono confirme une certaine stabilité chez l’athlète djiboutienne.
« L’objectif était de gérer la course malgré la chaleur », a-t-elle expliqué. « Ce sont des conditions qui demandent de l’expérience. » Mais c’est sur les longues distances que Djibouti a clairement marqué des points. Le 10 000 mètres a offert un podium entièrement djiboutien, avec la victoire de Hani Idriss Hersi en 28’46’’89, devant Aden Wabéri Darar et Ayeh Farah Ayeh. Une performance significative face à une concurrence éthiopienne pourtant habituée à dominer ces épreuves. « Nous avions une stratégie collective », a détaillé Hersi. « L’idée était de contrôler le rythme dès le départ pour éviter toute surprise. »
Ce résultat a été largement commenté par les observateurs présents. « C’est un signal fort », a estimé un entraîneur régional. « Djibouti montre qu’il peut rivaliser sur le fond avec les meilleures nations africaines. »
Dans les disciplines plus explosives, la hiérarchie a été plus ouverte. Le saut en longueur a été remporté par le Sénégalais Abulhaziz, auteur d’une performance maîtrisée. « Les conditions n’étaient pas idéales, mais tout le monde était logé à la même enseigne », a-t-il souligné. « Il fallait surtout rester concentré. »
Sur le 400 mètres hommes, le Zambien Lucheme Kennedy s’est imposé en 46’’73, devant le Burkinabé Zegue Mickailou et le Djiboutien Geldon Ahmed Ousleyeh. « Le niveau était homogène », a analysé Kennedy. « Ce genre de meeting permet de se confronter à différents styles de course, c’est très utile. »
Les épreuves de 800 mètres ont confirmé cette diversité. Chez les dames, la Rwandaise Iribagiza Honorine a pris le dessus en 2’05’’75. « J’ai essayé d’imposer mon rythme dès le premier tour », a-t-elle indiqué. « Dans ces conditions, il vaut mieux éviter les courses trop tactiques. »
Chez les hommes, le format en deux séries a donné lieu à des scénarios distincts. Mohamed Awaleh Wabéri s’est imposé dans la première, tandis que la seconde a été remportée par un athlète marocain en 1’46’’18, devant Abdourahman Ibrahim Djama. « C’est frustrant de finir deuxième, mais le chrono reste intéressant », a réagi Djama. « Il y a des enseignements à tirer.»
Une relève en construction et des confirmations attendues
Le 3000 mètres cadets a mis en lumière Mohamed Issa Mahamoud, vainqueur en 8’22’’01. Un résultat encourageant pour l’avenir. « Il y a un vrai potentiel chez les jeunes », a commenté un technicien. «Mais il faut maintenant les accompagner sur la durée. »
Sur le 1500 mètres dames, l’Éthiopienne Yodanos Tsigab Berha s’est imposée en 4’04’’84, devançant la Djiboutienne Kadra Mohamed Dembil dans une course serrée. « J’ai dû rester concentrée jusqu’au bout », a expliqué la vainqueure. « La concurrence était proche. »
Chez les hommes, Mahamoud Mohamed Ali a remporté l’épreuve en 3’49’’71, confirmant sa régularité. « Ce n’est pas mon meilleur temps, mais la victoire est là », a-t-il déclaré. « Il faudra encore travailler pour franchir un cap. »
Le 5000 mètres dames a été dominé par Samia Hassan Nour en 15’43’’12, devant deux compatriotes, Deka et Soumeya Ahmed Mahamoud. Un triplé qui illustre la profondeur de l’effectif djiboutien sur cette distance. « On s’entraîne ensemble toute l’année », a rappelé Nour. « Cette cohésion se voit en compétition. »
La journée s’est conclue par le relais 4×400 mètres, remporté par l’équipe de la Police nationale. Une victoire collective qui a été saluée par le public. « Le relais, c’est toujours un moment particulier », a confié un entraîneur. « Cela résume l’esprit d’équipe et la discipline. »
Un événement en progression mais encore perfectible
Si cette 9e édition a globalement été jugée réussie, plusieurs observateurs ont souligné des axes d’amélioration. La gestion des horaires, l’adaptation aux conditions climatiques et l’attractivité internationale restent des défis à relever. « Il y a une vraie progression, mais il faut continuer à structurer l’événement », a estimé un responsable sportif. « L’objectif doit être d’attirer encore plus d’athlètes de haut niveau. » Même constat du côté des participants.
« L’organisation est bonne, mais il y a des détails à améliorer », a noté un athlète étranger. « Cela fait partie du processus.»
Malgré ces réserves, le Meeting International de Djibouti confirme sa place dans le paysage sportif régional. Il offre une plateforme de compétition essentielle pour les athlètes locaux, tout en favorisant les échanges avec d’autres nations.
« C’est un rendez-vous important pour nous », a résumé un dirigeant de la fédération. « Il permet de mesurer notre niveau et de préparer les grandes échéances. »
À terme, les ambitions sont claires: inscrire durablement Djibouti sur la carte de l’athlétisme international. Une trajectoire encore en construction, mais déjà portée par des résultats encourageants et une mobilisation croissante des acteurs du sport. Dans un contexte où la concurrence est forte, notamment avec les grandes nations de la région, Djibouti avance avec ses moyens et ses spécificités. « Nous ne sommes pas encore au sommet, mais nous progressons », a conclu un entraîneur. « Et ce meeting en est la preuve. »
Pour plus d’informations et d’analyses sur la Djibouti, suivez Africa-Press





