Africa-Press – Djibouti. En vue de mettre en place sous ses cieux, un programme ambitieux d’assurance maladie universelle et garantir ainsi à sa population des soins gratuits pour tous, la République de Djibouti s’est engagée, depuis plusieurs décennies, une transformation de son système sanitaire. Entre extension des infrastructures et investissements dans le capital humain, le pays a réalisé des avancées tangibles. Retour sur une politique volontariste qui redessine en profondeur le paysage sanitaire national.
Dans la Corne de l’Afrique, Djibouti s’impose progressivement comme un modèle sanitaire. Longtemps confronté à des contraintes structurelles telles que l’insuffisance d’infrastructures, la pression démographique, les flux migratoires,… le pays a su, en l’espace de deux décennies, redéfinir les contours de sa politique de santé. Sous l’impulsion du Président de la République, Ismaïl Omar Guelleh, la santé est devenue un pilier central du développement national, au même titre que l’éducation ou les infrastructures.
Une évolution que les autorités présentent aujourd’hui comme un véritable « pas de géant », et qui s’inscrit dans une vision permettant de garantir des soins pour tous et partout sur le territoire.
À l’indépendance en 1977, le système de santé djiboutien était rudimentaire. On ne comptait alors que quelques structures médicales et un nombre très limité de professionnels de santé. La situation s’est progressivement améliorée grâce à une politique volontariste de l’État, appuyée par des partenaires internationaux tels que l’Organisation mondiale de la Santé.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes: le pays est passé de seulement trois postes de santé à plus de quarante aujourd’hui, accompagnés d’un réseau élargi de centres de santé communautaires et de polycliniques offrant des services spécialisés. Parallèlement, le nombre d’hôpitaux de référence a considérablement augmenté, passant de deux à sept structures, avec de nouveaux établissements en cours de construction.
Cette expansion du maillage sanitaire traduit une volonté claire: rapprocher les soins des populations. Dans un pays où les disparités territoriales restent marquées, notamment entre la capitale et les régions de l’intérieur, cet effort constitue un levier essentiel pour améliorer l’accès aux services de santé.
Une politique centrée sur l’accès universel
Au-delà des infrastructures, la grande réforme du système de santé djiboutien repose sur un principe fondamental: l’accès universel aux soins. C’est dans cette perspective qu’a été mise en place l’Assurance Maladie Universelle (AMU), véritable pierre angulaire de la politique sanitaire nationale.
Ce dispositif vise à garantir une couverture médicale à l’ensemble de la population, y compris les plus vulnérables. Il s’inscrit dans une logique de justice sociale, en réduisant les barrières financières qui empêchaient jusque-là une partie des citoyens d’accéder aux soins.
L’ambition affichée par les autorités est en phase avec les orientations de l’Organisation mondiale de la Santé, qui considère la couverture sanitaire universelle comme un objectif prioritaire pour les systèmes de santé modernes. À Djibouti, cette politique se traduit par une amélioration progressive des indicateurs sanitaires, notamment en matière d’espérance de vie et de mortalité infantile, en baisse constante depuis plusieurs décennies.
Un système de santé performant ne peut exister sans ressources humaines qualifiées. Consciente de cet enjeu, la République de Djibouti a investi massivement dans la formation des professionnels de santé.
La création de l’École de médecine de Djibouti en 2008 constitue un tournant majeur. Chaque année, cette institution forme de nouveaux médecins, contribuant à réduire la dépendance du pays vis-à-vis de l’expertise étrangère. En parallèle, l’Institut des sciences de la santé assure la formation des personnels paramédicaux, renforçant ainsi l’ensemble de la chaîne de soins. Les résultats sont significatifs: de seulement cinq médecins à l’indépendance, le pays en compte aujourd’hui plusieurs centaines, toutes spécialités confondues. Un progrès considérable qui témoigne de la montée en puissance du capital humain dans le secteur de la santé.
Une stratégie nationale structurée et ambitieuse
La transformation du système de santé djiboutien ne relève pas du hasard. Elle s’appuie sur une planification stratégique rigoureuse, incarnée par les différents Plans nationaux de développement sanitaire (PNDS).
Le dernier en date, couvrant la période 2020-2024, met l’accent sur cinq priorités majeures: l’extension des soins de qualité, l’intégration des services de prévention et de traitement, l’amélioration de la gouvernance, le renforcement du financement et le développement des systèmes d’information sanitaire.
Ces orientations traduisent une approche globale, qui ne se limite pas à la seule prise en charge des maladies, mais intègre également les déterminants sociaux de la santé. Elles témoignent aussi d’une volonté d’aligner le système djiboutien sur les standards internationaux.
Le développement du secteur de la santé à Djibouti repose également sur une coopération étroite avec de nombreux partenaires. L’Organisation mondiale de la Santé, la Banque mondiale, l’UNICEF ou encore l’Agence française de développement jouent un rôle clé dans l’appui technique et financier aux réformes engagées.
Ces partenariats ont permis de financer des projets structurants, tels que le renforcement des soins de santé primaire, la lutte contre les maladies transmissibles, ou encore l’amélioration de la santé maternelle et infantile.
Ils ont également contribué à introduire des innovations, notamment en matière de financement basé sur la performance, qui vise à améliorer la qualité des services en conditionnant les ressources à des résultats concrets.
La stratégie actuelle repose sur une approche intégrée, combinant investissements dans les infrastructures, renforcement des ressources humaines, innovations technologiques et amélioration de la gouvernance. L’objectif est clair: faire du système de santé djiboutien un modèle de résilience et d’équité dans la région.
En définitive, la politique de « soins pour tous » engagée par Djibouti s’inscrit dans une dynamique de long terme, marquée par des avancées significatives.
En décembre 2024, à l’occasion du 10e anniversaire de l’Assurance Maladie Universelle (AMU), le Ministre du Travail Djiboutien, chargé de la formalisation et de la protection sociale, Omar Abdi Saïd, a indiqué qu’après une décennie de progrès et d’espoir, l’Assurance Maladie Universelle a permis d’offrir une couverture maladie à plus de 40% de la population, transformant ainsi des milliers de vies.
Si le chemin vers une couverture sanitaire universelle complète reste encore semé d’embûches, les progrès réalisés témoignent d’une volonté politique forte et d’une capacité d’adaptation remarquable.
À l’heure où de nombreux pays en développement peinent à garantir un accès équitable aux soins, Djibouti apparaît comme un exemple dans le domaine. Les résultats déjà visibles, laissent entrevoir un avenir où la santé ne sera plus un privilège à Djibouti mais un droit pour tous.
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