Africa-Press – Gabon. Sorti le 1er mai 2025 aux éditions Jets d’Encre, «Les disparus de Libreville» de François Mavilos est un roman policier dont l’action se déploie au cœur de la capitale gabonaise. Entre réalisme cru, rumeurs occultes et enquête haletante, ce livre, pourtant disponible dans tout l’espace francophone, est passé presque inaperçu au Gabon.
C’est une étrange ironie: un roman qui se déroule à Libreville, qui met en scène une enquêtrice gabonaise et qui porte le nom même de la capitale, n’a guère fait de bruit dans les cercles littéraires locaux. Et pourtant, Les disparus de Libreville est tout sauf anodin. Thriller sombre et dense, il dévoile les fractures sociales, la persistance des croyances occultes et l’atmosphère ambivalente d’une ville décrite comme «vibrante et oppressante». François Mavilos, auteur français installé au Gabon, y déploie une intrigue où chaque disparition devient une métaphore des silences et des fantômes de la société contemporaine.
Une enquête au carrefour du rationnel et de l’occulte
Le récit s’ouvre sur deux drames terrifiants: la disparition du jeune Pierre, six ans, et le meurtre de sa sœur Sophia. La ville entière vacille. Dans ce décor de peur et de rumeurs, la lieutenante Sylvie Nguema, fraîchement revenue sur le terrain, prend la tête de l’enquête, épaulée par le commandant Le Morel, figure ambiguë dont les zones d’ombre nourrissent le suspense.
L’investigation progresse entre indices matériels (taxi abandonné, traces de sang, témoins effrayés) et rumeurs de pratiques occultes qui déforment la vérité. François Mavilos ne se contente pas de bâtir une intrigue policière classique: il fait dialoguer le rationnel et l’invisible, les procédures de police et les murmures de l’ésotérisme, donnant à Libreville une épaisseur inédite dans la littérature du polar.
Un auteur voyageur et un éditeur tourné vers l’Afrique
François Mavilos, né en 1964 dans le nord de la France, est un éternel voyageur: de l’Afghanistan à Madagascar, en passant par le Congo, il a sillonné les continents avant de s’installer au Gabon, pays où il a rencontré sa femme et trouvé matière à une œuvre littéraire ancrée dans l’Afrique contemporaine. Sa spécialité: le thriller et le polar, où se croisent manipulations, corruptions et croyances troublantes.
Son roman est publié par Jets d’Encre, maison française qui, depuis 2007, accompagne plusieurs auteurs gabonais tels qu’Éric Dodo Bounguendza, Teclet Boubimba, Fahd Mo, Dominique Douma ou Mayft Nzaou. Grâce à un partenariat de l’éditeur avec Hachette, Les disparus de Libreville est disponible dans toutes les grandes librairies francophones et figure déjà dans le catalogue de l’Institut français du Gabon. Cette reconnaissance contraste avec le silence relatif qui entoure sa réception au pays.
Par son intrigue haletante, son ancrage gabonais et son ouverture à l’universel, Les disparus de Libreville s’inscrit dans la dynamique d’un renouveau de la littérature gabonaise contemporaine, décidée à rompre avec l’étiquette de «littérature silencieuse». Encore faut-il que les lecteurs gabonais s’en emparent pour donner à ce roman la résonance qu’il mérite.
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