Procès Du Naufrage De L’Esther Miracle Au Tribunal

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Procès Du Naufrage De L'Esther Miracle Au Tribunal
Procès Du Naufrage De L'Esther Miracle Au Tribunal

Africa-Press – Gabon. Trente-quatre mois après le naufrage du ferry Esther Miracle au large de Libreville, qui avait fait 30 morts et 16 disparus, le procès des principaux responsables s’ouvrira enfin le 30 janvier prochain. Une audience très attendue, appelée à éclairer les zones d’ombre sur les responsabilités et sur les défaillances du dispositif national de secours.

Plus de deux ans après le drame du ferry Esther Miracle, le procès tant attendu s’ouvrira le 30 janvier prochain devant le Tribunal correctionnel de Libreville. Les familles des victimes, les rescapés et les accusés espèrent enfin voir la lumière sur une affaire qui a profondément marqué le pays.

À la barre, Fidèle Angoue Mba, ancien directeur général de la Marine marchande, Blaise Mbadinga, patron de la société Royal Coast Marine, qui exploitait le navire, ainsi que plusieurs de leurs collaborateurs. Ils devront répondre des chefs d’«homicide involontaire», «blessures involontaires», «omission de porter secours» et «faux et usage de faux».

Le procès vise à déterminer les responsabilités individuelles et collectives, mais aussi à évaluer l’efficacité du dispositif national de secours. Le signal de détresse avait été lancé vers 3 heures du matin le 9 mars 2023, mais les secours ne seraient intervenus qu’au bout de six heures, un délai jugé dramatique par les parties civiles.

Une audience maintes fois reportée

Le dossier avait déjà été appelé le 7 août 2025, mais l’audience avait été renvoyée à la rentrée judiciaire 2025-2026. Les avocats des prévenus avaient alors sollicité la convocation de responsables politiques de l’époque, notamment l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze et son ministre des Transports, Brice Constant Paillat, afin d’éclairer les moyens mis en œuvre lors des opérations de secours. Le Tribunal a finalement rejeté cette requête: le procès se tiendra donc sans ces personnalités.

Le naufrage de l’Esther Miracle, qui transportait 161 passagers, a causé officiellement 30 morts et fait 16 disparus dont les corps n’ont jamais été retrouvés. L’épave du navire, elle, n’a toujours pas été sortie de l’eau. Mais, contrairement à certaines rumeurs, plusieurs responsables sont bel et bien détenus depuis mars 2023 à la prison de Gros-Bouquet, parfois au-delà des délais prévus par le Code de procédure pénale, ce qui nourrit l’attente et les tensions autour de ce procès.

Pour les familles endeuillées, les survivants et les accusés, l’ouverture de ce procès représente un moment crucial. Les débats devraient permettre de confronter les positions des uns et des autres et de fixer enfin les responsabilités. En attendant, le pays retient son souffle, d’autant plus qu’au-delà des prévenus, c’est toute la chaîne de sécurité maritime et de gestion des crises qui sera scrutée par l’opinion publique. Pour certains observateurs, ce procès deviendra soit une banale gestion d’un drame, soit une véritable catharsis nationale.

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