Tribunal Ecclésiastique de Libreville et Nullité de Mariage

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Tribunal Ecclésiastique de Libreville et Nullité de Mariage
Tribunal Ecclésiastique de Libreville et Nullité de Mariage

Africa-Press – Gabon. Face à l’augmentation des mariages en crise et des demandes de déclaration de nullité, l’Archidiocèse de Libreville a officiellement présenté, le 24 janvier 2026, le Tribunal ecclésiastique de Première instance. Cette juridiction canonique a pour mission principale d’examiner la validité des mariages célébrés dans l’Église catholique, tout en traitant d’autres causes contentieuses et pénales, dans le respect de la vérité et des consciences.

Institué le 10 janvier 2026 par l’évêque diocésain, le Tribunal ecclésiastique de Première instance de Libreville a été officiellement présenté au grand public, aux fidèles et aux professionnels des médias le 24 janvier 2026, à la paroisse Saint-André des Trois-Quartiers, à l’occasion d’une conférence de presse organisée par l’Archidiocèse de Libreville. Cette rencontre visait à faire connaître le rôle, le sens et la mission de cette institution juridique propre à l’Église catholique.

Chargé de juger certaines causes selon le droit canonique, le Tribunal ecclésiastique de Première instance de Libreville intervient principalement dans l’examen des demandes de déclaration de nullité de mariage. «Dans l’Église, il n’y a ni séparation ni divorce, mais il est possible d’examiner un mariage en crise afin de déterminer s’il existait, dès l’origine, un empêchement rendant ce mariage invalide», a expliqué l’abbé Rosel-Espoir Kouka Malela, vicaire judiciaire et président dudit tribunal. Lorsque cette invalidité est établie, l’Église déclare que le mariage n’a, en réalité, jamais existé.

Prendre en compte les dossiers relatifs aux abus sexuels

Outre les causes matrimoniales, le tribunal est également compétent pour traiter des causes contentieuses opposant des fidèles entre eux, ainsi que des causes pénales relevant du droit canonique. Il prendra notamment en compte les dossiers relatifs aux abus sexuels, avec pour objectif de garantir une justice ecclésiale équitable, rigoureuse et respectueuse de la dignité des personnes.

La juridiction ecclésiastique est compétente pour juger les fidèles catholiques ainsi que les litiges impliquant une partie catholique et une partie non catholique, pour les matières relevant du droit canonique. À ce sujet, le vicaire judiciaire a tenu à lever toute ambiguïté quant à un éventuel conflit de compétences avec la justice civile. «Les juridictions civiles et ecclésiastiques sont indépendantes et chacune instruit des matières bien précises. Il ne saurait donc y avoir de conflit de compétences», a-t-il précisé.

Une peine interdisant toute responsabilité au sein de l’Église

Les effets juridiques des décisions rendues par le tribunal sont définis par le Code de droit canonique. Pour les causes pénales les plus graves, les sanctions peuvent aller jusqu’au renvoi de l’état clérical pour un prêtre ou à l’excommunication pour un fidèle, une peine qui interdit toute fonction ou responsabilité au sein de l’Église, sans pour autant exclure la personne de la communauté ecclésiale.

La mise en place de ce tribunal intervient dans un contexte marqué, au sein de l’Archidiocèse de Libreville, par l’augmentation des demandes de nullité de mariage, des séparations conjugales et des causes contentieuses et pénales. Loin d’être un instrument de condamnation, le Tribunal ecclésiastique se veut avant tout un tribunal au service de la vérité, de la justice et de la paix des consciences.

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